J\ / / if.-»..^- L'ILLUSTRATION HORTICOLE Gand, imprimerie Eug. Yandcr Haeghen. L'ILLUSTRATION HORTICOLE JOURNAL POPULAIRE DE L'HORTICULTURE DAXS TOUTES SES BRANCHES PUBLIÉ SOUS L\ DIKECTIOX DE MESSIEURS J. LINDEN ET LUCIEN LINDEN ET REDIGE PAR EMILE RODIGAS MAX GARNIER (.NUMliKO PARAISSANT LE Lj DU MOls) (nLMÉRCI I'AKAISSANT ].K 30 Dt: MOISJ QUARANTE-ET-UNIEME VOLUME OU PREMIER DE LA SIXIÈME SÉRIE BRUXELLES nUE 33ELLIAIID, N" lOO 1894 6™^ Série. TOME P'. l^o Livraison. 15 Janvier 1894 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal iDternationâl populaire de rHorticulture DANS TOUTES SES BRANCHES PIBLIE SOUS LE PATRONAGE M J. Ll IM DEN Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le ôO du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSXRiVXIO]^ HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. Pages A nos leclcurs .5 Chronique horticole 6 Les trois plus belles plantes nouvelles de 1893 12 Revue des plantes nouvelles ou recommandables 13 Petites notes de culture 16 Plantes lleuries en décembre à Kew 18 TEXTE ET PLANCHE COLOniEE PI. 1. Maranla majeslica. 10 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE LUNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles. Gand, impr. Eiig. Vanderliacghen . TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLI ET LE JOLRNAL DES ORCHIDÉES > ■<»♦*■ < Les annonces paraissent à la fois dans L'Illustration Horticole et dar Le Journal des Orchidées, « ces remarquables publications j )) comme dit î Revue de L Horticulture belge et étrangère dans son numéro du l'^"" janvier 189-j offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs e aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaus répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lu par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. Leur circulation est universelle. ]^, B« — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture h assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelle de serre. Prix des annonces tons les 2 journaux ensemble : Par Pour Pour Pour Pour raniiée entièrf numéro 3 insertions G insertions 12 insertions ou 24 insertions Une page entière fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page 30 » 60 » 100 » 180 >^ 300 Un tiers de page » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page » 20 » 40 « 70 » 110 » 180 Un sixième de page » 15 » 30 » 50 •> 90 » 150 Un huitième de page » 12 » 25 « 40 » 70 » 125 Un seizième de page » 6 » 12 » 20 » 35 » 75 On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'ILLUSTRATION HORTICOLE et du JOURNAL DES ORCHIDÉE 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 10 et le 25 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. A NOS LECTEURS L'Illustration Horticole transformée ne commencera pas son premier numéro sans exprimer à ses souscripteurs, déjà si nombreux, ses remercie- ments très chaleureux. Nous considérons comme un devoir de reconnaître cet accueil bienveillant en améliorant encore le nouveau journal, et nous nous attacherons à adopter tous les perfectionnements qui nous paraîtront de nature à le rendre aussi varié et aussi attrayant que possible. Le Numéro paraissant le 15 de chaque mois, et dont la rédaction est confiée à M. Emile Rodigas, s'occupera plus spécialement des plantes de serre, avec quelques incursions dans les autres domaines de l'tlorticulture* lorsque l'occasion s'en présentera. Le Numéro du 30, dont M. Max Garnier est le rédacteur, sera consacré aux plantes de jardin, fruits, fleurs et légumes, et à celles qui sont le mieux appropriées à l'ornementation des appartements. Une part y sera faite aussi, exceptionnellement, aux autres parties de l'horticulture. La partie actualifé aura sa place réservée dans cha(|ue numéro, et nos lecteurs y trouveront notamment le compte-rendu de toutes les grandes expo- sitions dans un délai de quelques jours après leur ouverture. Enfin les planches coloriées nous permettront de faire connaître les nou- veautés en plantes de serre avant qu'elles soient mises au commerce, ainsi que les plus belles nouveautés produites par la floriculture. Nous espérons ainsi atteindre notre but, qui est de tenir le public au courant de tous les progrès, et de lui faciliter autant que possible la connaissance et la culture des plantes les plus belles et les plus intéressantes. L'Illustration Horticole. CHRONIQUE HORTICOLE Janvier 1894. Le Peuplier de Marie- Antoinette. — Cet arbre historique, qui existait à la ferme du Petit Trianon, à Versailles, a dû être abattu le 5 octobre dernier. La décrépitude était venue, et malgré son caractère historique et la vénéra- tion dont il était l'objet, farbre qui présentait un danger permanent a dû disparaître. * Fraxinus rhyneophylla Hance. — Ce beau frêne est originaire du nord de la Chine et des contrées voisines; il fut découvert en Mongolie par l'abbé David. Ses bourgeons d'hiver avec leurs écailles épaisses, rousses et tomen- teuses, donnent à l'arbre un aspect particulier. Les feuilles sont composées de cinq folioles ovales, rétrécis au sommet, acuminés, arrondis à la base, d'un vert foncé luisant à la face supérieure, plus pâles et glabres en-dessous. Ses fleurs sont disposées en panicules assez compacts. Des graines envoyées de Pékin en 1881 par le D»" Bretschneider ont donné dans Y Arnold Arboretum des jeunes pieds d'une rusticité parfaite et promettant un grand et rapide développement. Genèse du parfum des fleurs. — La chimie organique nous a révélé la genèse du parfum chez les fleurs. La Revue Horticole résume de la manière suivante la marche de ce phénomène : « La chlorophylle, qui existe seule au début dans le jeune bouton à fleur, donne naissance à des glucosides. Ceux-ci, qui se trouvent à la surface externe, exposée lentement et graduellement à l'air et à la lumière, se transforment en tannin et en huile essentielle. A l'inté- rieur de ce bouton, au contraire, l'oxydation et la radiation lumineuse ne se produisent qu'à l'ouverture de la corolle ; la réaction s'opère alors plus brutale- ment, les produits volatils satisfont immédiatement leurs affinités pour l'oxy- gène, et c'est ce phénomène d'oxydation qui procure la sensation de parfum. » Exposition annoncée. — La Société royale d'agriculture et de botanique de Gand ouvrira au Casino, du dimanche il au mardi 13 novembre 1894, une exposition de Chrysanthèmes, plantes ornementales et Orchidées. Le pro- • — 7 — gramme comprend 117 concours. Le jury disposera de 17 médailles d'or, de 76 médailles de vermeil, d'une œuvre d'art et d'un très grand nombre de médailles d'argent. Destruction des Pucerons. — Les moyens recommandés pour détruire les pucerons dans les serres sont nombreux, et l'emploi du tabac disposé en côtes le long des tuyaux de chauffage et humecté suffisamment est considéré comme le meilleur. On peut recommander encore comme très efficace l'usage du papier préparé au sulfure de carbone. Il suffit d'en faire brûler une partie dans la serre ou bâche pour détruire les pucerons de toutes les sortes qui s'en prennent aux végétaux. Exposition universelle de 1900 à Paris. — Il serait prématuré, ce nous semble, de parler déjà de la part que prendra l'horticulture à cette Exposition. Nous dirons seulement que l'organisation de la section agricole et horticole est confiée à M. Eug. Tisserand, directeur de l'Agriculture; qu'une commission spéciale est cliargée de la détermination de l'emplacement de riiurticulture en dehors des terrains de l'Exposition générale; qu'il est question d'établir à Versailles une exposition aussi complète que possible de l'architecture ou art des jardins. Andromeda (Zenobia) speciosa var. pulverulenta. — Le Garde- ners' Magazine a donné récemment le portrait de ce bel arbuste, autrefois bien connu, et répandu dans les grands jardins, il y a un demi-siècle. C'est une espèce nord-américaine parfaitement rustique dans nos régions. Sa hauteur ne dépasse guère un mètre; ses fleurs sont disposées en racèmes et naissent sur les rameaux de l'année précédente ; elles sont d'un blanc pur et en forme de clochette. La variété inilverulenta est encore moins élevée; de plus, ses feuilles blanchâtres ou d'un gris bleuâtre sont couvertes d'une pruine glauque et font un bel effet. * Ouragan en Ecosse. — L'ouragan du 19 novembre qui a sévi sur l'Europe entière a été particulièrement terrible en Ecosse. Des forêts entières ont été saccagées et un nombre considérable d'arbres ont été renversés, les racines mises en l'air avec des mottes de terre larges de plusieurs mètres. Cet oura- gan est considéré comme le plus violent de ce siècle. * » ♦ Scabiosa major atropurpurea. — La culture a produit une série de variétés de l'espèce dont le type appartient à l'Europe méridionale. Les varia- tions n'ont pas seulement affecté le coloris des fleurs, mais aussi les inflores- — 8 ^ • cences elles-mêmes, qui se sont élargies, tandis que la plante est devenue plus compacte. La variété dont le nom est inscrit plus haut se distingue par le coloris brun noirâtre des fleurs. De plus, les étamines sont à peu près invi- sibles; la forme de la fleur rappelle celle des Dalilia lilliputiens, et la tige flexible et suflîsamment longue en fait une excellente acquisition pour la confection des bouquets. Jardins des gares. — En Californie, la plantation des gares de chemins de fer était inconnue il 3- a quelques années. Bientôt des particuliers ont fait à leurs frais quelques plantations dans certaines gares et ont ainsi augmenté la valeur des terrains avoisinants. Aujourd'hui plusieurs grandes stations sont citées à bon droit pour leur beauté. Tel est le cas pour la gare principale de Los Angeles où l'on rencontre encore des Palmiers plantés au temps des Espagnols. Un ancien élève de l'École d'horticulture de Gand, M. Louis Legrand, devenu inspecteur des plantations de cette ville, a tiré un bon parti du terrain. Des plantes semi tropicales et autres, camphriers. Araucaria, Hakea, Casuarina, Canna, Caladium, garnissent une belle pelouse. Une autre partie est plantée de Yucca, Cactus, et plantes de l'Arizona. La gare de la vifle d'Ontario et même celles de quelques villages sont embellies par des plantations de Palmiers, des groupes de Grevillea et de Magnoha. Un bouquet coûteux. — Un journal horticole allemand raconte qu'un maître d'école à Konitz avait commandé un bouquet de noces de quatre marks ou 5 francs. C'était en automne; les fleurs blanches étaient rares, et le fleuriste composa son bouquet de fleurs blanches de... Dahlia. Refus d'acceptation de la part de la fiancée. Le maître d'école renvoie le bouquet, et le fleuriste en réclame le payement par voie de justice. Il perd son procès, mais il va en appel et finalement est condamné aux frais du procès s'élevant à 300 marks, Tradescantia repens fol. var. — Le genre Tradescantia comprend une trentaine d'espèces, les unes annuelles, les autres vivaces, les unes à tige courte, dressée, les autres à tige allongée, rampante ou ascendante. Parmi ces dernières, on peut citer les Tradescantia crassifolia Gav., le T. crassula Lk., et le T. fuscata Lodd., la première originaire du Mexique, et les deux autres du Brésil. Notre confrère néerlandais Sempervirens signale les T. multicolor et T. repens fol. var. comme convenant le mieux à la culture en appartement, à cause de leur résistance à la chaleur et au froid, pourvu qu'il n'y ait pas de gelée. La première forme se distingue par sa belle coloration pourprée, verte et blanche; l'autre a une riche panachure jaune vif sur fond vert jaunâtre. Pour écarter les courtillières, le journal Lijon Horticole recommande l'emploi de corne de cheval par petits morceaux enterrés superficiellement de dix en dix centimètres environ entre les plantes. L'auteur du procédé annonce qu'il lui a réussi complètement ; il ne dit pas que ce moyen détruirait les cour- tillières : ses plantes en sont débarrassées, c'est l'essentiel. * » » Séquoia gigantea. — Dans un article récemment publié dans Zoe, M. GusT. EiSEN critique les conditions dans lesquelles on plante actuellement les Séquoia gigantea. Il dit que c'est folie de planter ces arbres isolément ou sur une ligne à des endroits ouverts et secs. Dans sa station naturelle, cette espèce veut un sol riche et humide, mais bien drainé et une exposition abritée contre les vents du nord. C'est seulement dans les conditions d'une humidité abondante, sur des pentes inclinées vers le sud ou l'ouest et garanties contre les vents du nord, que les Séquoia prospèrent. Expositions de Chrysanthèmes. — Le mois de novembre a été consacré tout entier en Angleterre à des expositions de Chrysanthèmes. Quelquefois il y a eu une série d'expositions au même moment, comme d'ailleurs en Belgique où l'on a eu le même jour, le 12 novembre, des expositions de Chrysanthèmes à Bruxelles, à Anvers et à Tournai. Le Gardeners' Chronicle constate que partout ces fêtes florales ont eu un succès grandissant. A Norwich il y a eu au delà de huit mille visiteurs; à Wokingham, les pensionnaires des hospices et du Workhouse ont été invités à l'exposition. Ville de Tourcoing. Exposition d'horticulture. — A l'occasion de la célébration du centenaire de la bataille de Tourcoing, la ville de Tourcoing organise une exposition générale de tous les produits de l'horticulture, fruits, légumes, fleurs, plantes fleuries et plantes d'ornement, bouquets, etc., ainsi que des objets se rattachant à l'horticulture, tels que serres, appareils de chauffage, etc. Cette exposition aura lieu à Tourcoing les 19, 20, 21 et 22 mai 18'J4. Tous les horticulteurs et les amateurs français et étrangers sont invités à y prendre part. Dès que le programme aura été élaboré, il en sera envoyé un exemplaire à toute personne qui en fera la demande à M. le Maire de Tourcoing. Ém. Rodigas. 10 — PL I MARANTA MAJESTICA linden Le Maranta majestica date du commencement de la glorieuse décade i865-1875, qui a produit dans nos serres tant de riches introductions. C'était alors la grande époque des plantes à feuillage panaché; Maranta, Caladium, Anthurium, Dieffenbachia, Groton, Dracaena, etc., se disputaient les honneurs de nos serres chaudes, et chaque grande nouveauté était saluée par l'enthou- siasme des amateurs, si nombreux alors. Je date de cette époque; j'étais en 1865 un écolier de douze ans. J'ai grandi dans ce milieu de merveilles végétales, se renouvelant sans cesse, qu'était alors l'établissement d'introduction et d'horticulture de J. Linden, à Bruxelles. J'avais ma petite serre bien à moi, que je soignais moi-même, étudiant des rempotages savants, et cultivant mes plantes avec amour. A peine levé, ou ma classe finie, j'étais dans ma serre, de là aux serres d'introductions de l'établissement; et quel plaisir, quand je pouvais détacher un petit fragment d'une nouveauté, notamment un jeune Caladium. Je me souviens de celui-là, que j'étais allé cacher dans ma serre, et dont j'avais fait un spécimen superbe, jalousé — du moins je le croyais — par tous les cultivateurs de l'établisse- ment. Mon brave père, toujours indulgent, fermait les yeux sur mes petits larcins, et encourageait mes premiers pas dans la culture. C'est de ce temps là que date mon amour pour les plantes, qui n'a pas faibli depuis lors, et dont témoignent les trois journaux dont je suis actuellement propriétaire : La Lin- denia, Le Journal des Orchidées et L'Illustration Horticole, voués dans ma pensée à propager le goût des trésors du monde végétal. Nous étions donc en 1865; le Maranta majestica commençait la grande série des nouveaux Maranta qui devaient avoir un si grand succès, et c'est, parmi les plantes nouvelles de cette grande époque, un de mes plus agréables souvenirs. Je verrai toujours les douze superbes spécimens de Maranta majestica que contenait la fameuse serre adossée contre le mur du Jardin zoologique dont se souviennent certainement tous les amateurs qui s'occu- paient, il y a vingt-cinq ans, d'horticulture. C'est de cette serre que sortirent tant de fameux exemplaires destinés à aller représenter triomphalement nos nouveautés dans toutes les grandes expositions internationales d'Europe. L'ILLUSTRATION HORTICOLE PL. 1 MARANTA MAJESTIGA llnden — 11 — Les Maranta majestka dont je parle atteignaient jusqu'à 1^50 de hauteur, et formaient d'admirables touffes de feuilles vert bronzé, lignées de rouge et de blanc. Quoique les plantes qui viennent d'être réintroduites n'atteignent pas encore à cette taille, j'éprouve un plaisir particulier à retrouver ce souvenir. Les autres belles espèces qui figuraient vers 1865 parmi nos introductions (mon père exposait 25 Maranta distincts nouveaux à l'Exposition universelle de 1867 à Paris) ne m'ont pas fait oublier celle-là, et cependant il s'y trouvait les superbes Lindeni, Legrellei, Mazelli, virginalis, roseo-picta, illustris, Wal- lisi, setosa, undidata, smaragdina, hieroglijphica, tant d'autres enfin qui sont perdus de vue aujourd'hui, mais que l'on cultivait alors avec passion! Et dire que j'ai vu cette même plante, mon Maranta majestica, que l'on cherchait à faire passer pour une plante nouvelle de 1893, à l'Exposition quinquennale de Gand, au printemps dernier, sous le nom de M. Sanderiana! Ah non! tout ce qu'on voudra, mais je ne permettrai pas une profanation pareille. C'est mon Maranta majestica à moi, mon vieux camarade de ma première serre d'enfant, et je le garde. C'est en souvenir de 1865, que je le choisis pour ouvrir la nouvelle série de L'ilhstration Horticole, devenue aujourd'hui ma propriété personnelle, et avec laquelle je vais mener campagne en faveur des belles plantes panachées et essayer de faire renaître la belle culture, les beaux spécimens de plantes de serre chaude qui faisaient l'orgueil de nos serres autrefois. Et pourquoi pas? Pourquoi ne verrions-nous pas reparaître cette grande époque? Ainsi que le disait, le mois dernier, un correspondant du Gardeners' Chronicle, nous avons actuellement à L'Horticulture Internationale suflî- samment de belles plantes nouvelles à feuillage panaché pour appeler de nouveau l'attention sur ces merveilles végétales. L'histoire de l'horticulture est féconde en retours analogues ; ce qui est beau ne peut jamais être com- plètement oublié, et j'espère pouvoir montrer, par quelques reproductions de nos introductions récentes, que les beaux types sont abondants dans cette belle catégorie de plantes. Lucien Linden. CULTURE DES MARANTA. — Nous recommandons pour la culture des Maranta en général un terreau de feuilles, très léger, mélangé de sphagnum vivant et de charbon de bois concassé. Pour activer leur végétaton, on leur donne quelques arro- sements de purin de vache coupé d'eau, mais seulement lorsqu'ils sont en pleine végétation. Ils aiment un bon drainage, une place ombragée quoique rapprochée du vitrage, une atmosphère chaude et humide et par dessus tout de la chaleur au pied. On diminue graduellement les arroseraents à partir du mois d'octobre, et pendant toute la période d'hiver on ne leur accorde que l'humidité strictement nécessaire pour éviter le dessèchement des tubercules. Le rempotage se fait en mars lorsque les nouvelles pousses commencent à paraître. 12 — LES TROIS PLUS BELLES PLANTES NOUVELLES DE 1893 Au premier rang des plantes d'orneuient dites à feuillage ayant fait leur apparition dans le domaine de l'horticulture brillent sans conteste le Smilax Fig. 1. — Smilax argyrea Lind. et Rod. argijrea L. Lind. et E. Rod. et le Tradescantia Reginae qui ont remporté tous deux un certificat de première classe à l'Exposition du Temple Show de la Société royale^d'horlicultui-e de Londres. — 13 — Le Smilax argyrea ffig. \) est une heureuse addition aux espèces grim- pantes servant à rornementation des serres tempérées. Cette plante a les feuilles longues, ovales lancéolées, arrondies à la base et acuminées au sommet; le pétiole est très court; le limbe est marqué de trois nervures très prononcées, saillantes à la page inférieure ; le coloris vert vif du fond est panaché irrégu- lièrement de maculatures d'un blanc argenté. Ce Smilax peut être considéré comme une des plus charmantes plantes grimpantes que l'on connaisse ; elle est des plus robustes. Le Tmdescantia Beginae (fig. 2) est une plante d'avenir qui trouvera place dans les plus belles collections de végétaux d'ornement. S. M. la Reine des Belges, lors d'une visite faite à l'établissement de L'Horticulture Inter- nationale, remarqua, dès son entrée, ce Tradescantia et voulut bien en accepter la dédicace. L'espèce est d'une beauté supérieure et digne d'un tel hommage; ses feuilles mesurent 0'"dO de long sur 0'"04 à 0'"05 de large; elles sont panachées, suivant la ligne médiane, de stries vertes, pourpres et roses, disposées en arêtes de poisson ; la marge du limbe est couverte de hachures vert foncé tranchant sur le fond blanc verdàtre; les nervures sont d'un vert plus clair. La face inférieure est d'un riche coloris vert foncé. HAEMANTHUS LINDENI N. E. Br. (fig. 3). — Cette Amarylhdée qui fut découverte dans la région du Congo par M. Aug. Linden, à qui l'espèce a été dédiée, est une de celles qui fit sensation à l'Exposition quinquennale du Casino de Gand. La plante n'a pas de bulbe, mais un faisceau de racines épais et compact, d'où naissent six à huit feuilles disposées sur deux rangées. Le hmbe de la feuille a de 0"^25 à 0"^30 de longueur sur 0'"09 à 0"42 de largeur. La hampe florale est bien robuste et a une hauteur d'environ 0'"45. Elle est aplatie d'un côté et d'un vert pourpré sombre. L'ombelle est de forme ronde, elle a jusque 0"'20 de diamètre et produit plus de cent fleurs à la fois mesurant 0™05 de diamètre. Ces fleurs sont d'une riche nuance rose saumon avec un reflet écarlate. C'est une des plus belles introductions qui aient été faites par L'Horticulture Internationale. La plante a obtenu un certificat de mérite de l""^ classe au meeting de la Boijal HortkuUural Sociefi/ de Londres, en novembre dernier. Ém. Rodigas. REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU RECOM- MANDABLES PLATYCERIUM AETHIOPICUM. — C'est sans contredit une des plus imposantes Fougères épiphytes de serre chaude. Ce n'est pas une nouveauté puisque dès 1850 il en existait des exemplaires bien venus au Jardin botanique — 14 — de Bruxelles ; mais la plante est loin d'être répandue autant que sa valeur ornementale le mérite. Ses frondes épaisses, massives, s'élevant jusqu'à 0'"60 de hauteur, sont larges, arrondies et quelquefois profondément lobées; les frondes fertiles, étroites à la base, vont s'élargissant et se divisent vers le milieu de leur longueur en deux larges lobes, profondément divisés à leur tour : ces frondes atteignent aisément un mètre de hauteur. L'espèce se multiplie des rejetons produits sur les racines. Les jeunes plantes peuvent être cultivées en pots dans du sphagnum et de la mousse en mélange avec de la tourbe. Après le développement de trois ou quatre frondes, les exemplaires peuvent être fixés sur des morceaux de tourbe fibreuse ou placés dans des poches faites en plaques de liège, disposées dans de? rocailles garnissant la serre. Fig. 2. — Tradi'-'^cantia Ueginae. HECHTIA ARGENTEA. — Cette jolie Broméliacée est aussi rare que remar- quable. Elle se distingue par le coloris blanc argenté de ses feuilles raides, épineuses, mesurant environ 0"i60 de long, disposées en rosettes. Le Garden signale un bel exemplaire qui oi'ne la serre aux plantes grasses à Kew. Parmi les plantes à fleurs, ce feuillage blanc argenté produit un brillant effet. GERBERA JAMESONL — Espèce originaire de l'Afrique australe, cette belle Composée a fleuri pour la première fois au printemps de 1880 aux jardins de Kew. Elle prospère dans les cultures de plein air au sud de l'Europe; elle a les feuilles irrégulièrement pinnatifldes; les lobes sont pubescents blanchâtres — 15 — en dessous et glabres à la face supérieure; la liampe, haute de 0'^60 porte une inflorescence de O^OO à 0'"10 à fleurons d'un rouge feu très vif. NEMESIA STRUMOSA. — Scrophularinée, originaire du Cap de Bonne Espérance, rappelant le Nemesia versicolor par la diversité des couleurs que la fleur présente; c'est une belle plante. RICHARDIA LUTWYGHEI N. E. Br. — Cette Aroïdée est originaire de l'Afrique tropicale. La spathe est jaune; l'espèce se distingue des B. elllottiana et R. Pentlandi en ce que ses pétioles portent de longs poils comme dans le R. melanoJeuca. THUNBERGIA GRANDIFLORA. — Très belle Acanthacce grimpante, originaire de l'Inde. Cette plante, remarquable par ses grandes fleurs d'un superbe coloris bleu mériterait une place dans les plus riches collections; elle est beaucoup trop rare dans les serres. BALANTIUM CULCITA. — Fougère hautement décorative, rencontrée aux Iles Açores à une altitude de près de mille mètres où elle croît naturelle- ment dans les endroits très humides. Son feuillage est ample et atteint un mètre; le limbe est coriace, d'un beau vert. Cette espèce vient très bien dans la serre tempérée, dans un mélange de deux parties terre tourbeuse et une partie spagnum haché. IXORA MAGROTHYRSA. — Un exemplaire de cette remarquable. espèce a fleuri abondamment vers le milieu de novembre dans la serre aux palmiers à Kew. Il mesurait deux mètres de hauteur et portait deux immenses grappes de fleurs d'un rouge brillant. L'espèce demande la serre chaude et beaucoup d'humidité durant la période végétative. Elle provient des îles de l'Océan Pacifique. HAEMANTHUS COCCINEUS. — Ce genre, de la famille des Amaryll idées, comprend aujourd'hui environ quarante espèces, dont la plupart mériteraient une place dans nos serres. Le H. coccineus, originaire de l'Afrique tropicale, est loin d'être une nouveauté puisque, en 1731, il était déjà cultivé au Jardin botanique de Chelsea, Ses inflorescences sont grandes et d'un beau rouge sang. La culture n'en est guère difficile et pourtant la plante se rencontre très rarement. SOLANUM CRISPUM. — Beaucoup d'espèces du genre Solanum sont d'un(^ grande valeur dans l'ornementation des serres par leur port et leur riche floraison, témoins les *S'. Wendlandl, S. pensUe, S. jasnilnoides. A coté de ceux-ci mérite de prendre place le ti. crispum, d'origine chilienne. PLEROMA MAGRANTHUM. — Ce genre de Mélastomacée renferme une centaine d'espèces connues dont une dizaiiio méritent une attention spéciale. Parmi celles-ci se distingue le PleroDia macranthum [Lasiaiuira niacrautha) pour la grandeur et la beauté de ses fleurs. Lors de leur épanouissement elles — 16 — sont d'un beau bleu marin et passent plus tard à un coloris pourpre foncé dans le genre de celui du CJematis Jachnani. Ces fleurs ont jusque 0'"15 de diamètre. L'espèce provient de la province de Santa Gatharina (Brésil). Ém. Rodigas. PETITES NOTES DE CULTURE EUCHARIS. — Il est bon de rempoter actuellement les plantes dont les bulbes sont trop serrés dans leur pot. Les bulbes doivent être rangés ensemble par grosseur, de façon à être en état de fleurir autant que possible en même temps, ce qui augmente notablement l'aspect décoratif. Les bulbes isolés sont placés dans des pots de grandeur moyenne, et rangés au milieu d'autres plantes ornementales pour varier le coup-d'œil. Le rempotage ne doit être opéré qu'après l'achèvement de la floraison. PLANTES EN FLEURS DANS CETTE SAISON. — Parmi les meilleures plantes qui fleurissent au commencement de janvier, on peut citer les sui- vantes : Eranthemum nervosiim, Sericographis Ghiesbreghti , Etiellia ma- crantha, Strobilanthes isophylla, Libonia floribunda, L. penrhosiensis, Rein- irardfia irlgyna, R. tetragyna et Poinseffia pulcJierrhna. LES GARDENIA doivent être transportés successivement par séries dans une serre plus chaude pour être amenés à fleurir graduellement pendant une période assez longue; on commencera par ceux qui ont les boutons les plus gonflés. Les plantes doivent recevoir alors beaucoup de chaleur et d'humidité, avec une chaleur de fond de 28 à 30'^ C. La chaleur favorisant le développement des insectes, il est bon d'inspecter attentivement les plantes avant de les soumettre à une température plus élevée, et l'on devra les débarrasser de toute vermine. C'est surtout sur les boutons et dans l'intervalle des feuilles serrées qui les avoisinent, que les in- sectes se réfugient d'ordinaire. Le meilleur procédé pour s'en débarrasser est de laver les feuilles et de les baigner avec une solution diluée de nicotine ou de paraffine. LES STEPHANOTIS FLORIBUNDA doivent être traités de la même façon pour enlever les insectes. Il va de soi que les vieilles feuilles peuvent supporter une solution notablement plus forte que les jeunes; néanmoins il vaut mieux être trop prudent que pas assez. Pour la paraffine, on pourra en employer environ le contenu d'un verre ordinaire pour 18 litres d'eau. LES EPIPHYLLUM qui ont achevé de fleurir peuvent maintenant être transportés dans une serre plus fraîche et moins humide, où ils seront mis en — 17 — repos jusqu'au printemps; on devra leur donner très peu d'eau au pied jusqu'au retour de la végétation. LES BOUVARDIA, une fois défleuris, n'ont pas besoin d'être transportés dans une serre plus froide jusqu'à la division. On peut les laisser à une tem- pérature de 11 à 15° G,; une fois que les tiges florales ont été coupées, les plantes ne tardent pas à former des pousses latérales qui produiront ulté- rieurement des grappes plus petites. BEGONIA. — Si l'on veut avoir des semis en fleurs à une époque peu avancée de l'année, il est bon de semer les graines dès maintenant. On donnera une bonne chaleur au début pour accélérer la germination; quand les jeunes plantes auront quelques feuilles, on pourra abaisser la température et aérer davantage, d'autant plus que la saison plus avancée le permettra plus aisé- ment. On les placera toujours près du vitrage, dans une situation bien éclairée. LES GREVILLEA ROBUSTA peuvent également être semés à l'époque actuelle, à une chaleur modérée. Dès que les semis auront quelques feuilles, on les rempotera séparément. Une fois que la température extérieure com- mencera à s'élever, il sera bon de les transporter dans un compartiment plus frais et plus aéré, afin que les plantes ne s'allongent pas outre mesure. ARBUSTES FORCÉS. — Lorsqu'on ne dispose pas de serres assez vastes, on peut forcer les Lilas, Boules de neige, Deutzia, Weigela, Spiraea, etc., dans un hangar fermé et chauff"é, en les plongeant à la base dans une couche de terreau de feuilles. Ces plantes formeront leurs boutons dans ces conditions, et le forçage pourra être ensuite achevé dans une serre spéciale ; les fleurs s'ouvriront plus vite, grâce à ce procédé progressif, que si les plantes avaient été placées immédiatement dans la serre. En même temps, on aura pu dis- poser de la serre pour un autre usage au commencement du traitement. LES EPACRIS, quand ils sont forcés à l'excès sous l'influence d'une trop haute température, produisent des fleurs petites et chétives, qui ne durent que peu de temps. Les plantes soumises au forçage doivent recevoir des arrosages et des seringages d'eau à la température de la serre, pour combattre les effets des- séchants de la chaleur. Il convient de ne pas oublier que les plantes à forcer doivent être choisies parmi celles qui ont fait la meilleure croissance pendant l'année précédente, et dont le bois est le mieux aoûté. La floraison sera d'autant plus facile et plus vigoureuse. G. Ri VOIS. 18 — PLANTES FLEURIES EN DECEMBRE A KEW Les fleurs sont de toutes les fêtes, elles participent à toutes nos joies, et rien n'égaj^e mieux nos intérieurs que leurs corolles parfumées. Sans ces gracieuses Fig, 3, — Haeinmithm Lindeni, filles de Flore, nos salons perdraient nombre de leurs attraits et les brillantes réunions mondaines de fin d'année, une bonne partie de leurs charmes. — 19 — Quoique décembre ne soit pas avantageux pour la floraison, nous avons relevé à Kew un assez grand nombre d'espèces en fleurs, dont la plupart sont certes dignes d'attirer l'attention de tous ceux qui s'intéressent à la décoration florale. A tout seigneur, tout honneur! Commençons nos investigations par la serre-exposition, le quartier général des plantes fleuries. Rien ne saurait dépeindre la fraîcheur et l'éclat de tous ces coloris mélangés ensemble et s'har- monisant avec une grâce parfaite. Malgré l'humidité et le manque de soleil, la floraison y est superbe ; c'est que l'on donne de l'air nuit et jour et que l'on main- tient la température à un minimum de 10° G. Les plantes sont tenues en parfait état de propreté et le renouvellement des sujets défleuris se fait deux fois par semaine. Les Chrysanthèmes aux têtes ébouriffées et étincelantes y marient leurs teintes si riches et si diverses à celles des Cyclamens, des Primevères de Chine, simples et doubles (type Gannell), des Pelargonium zones, hederae- folium et autres, des Agathea coelestis, des Narcissus polyanthus variés, des Tulipes, des Jacinthes, du délicieux Bauera riihioldes, des Salria aux inflores- cences éclatantes, S. splendens et sa jolie variété « le Président, » S. leu- cmitka, S. involiicrota v. Betheli, S. coccinea, des Véroniques d'Anderson, des Chorizema Lmvrenceana, des Cinéraires bleues et variées, des Jacohinia coccinea, magnifîca, (Serkographls) Giesbreghtiana. Mentionnons aussi les Eiipatorium odoratum, Pe?'istrophe (Justicia) speciosa , quelques bonnes variétés de Balisier, le CalUsfemon salignus (Metrosideros foribunda) et sa var. alha, les Cestrum elegans, aurantiacum, les Giroflées quarantaines et celles des murailles, Lawf«w« hybrides, Polygala Dalmasiana, grandipora, le Cytisiis racemosus, quelques jolis Acacias, etc. IJAzalea amoéna , le ravissant ReinwardUa tetragyna, Linum tetragynum Hort., le Statice prof^isa qui mérite bien son nom, le Centropjogon Lucyanus, le Chenosfema h'ispida, la jolie plante bulbeuse ScJiizosfyUs coccinea, le Sfrobilanfhes isophylla et le Daphne indica v. riibra au parfum suave, ainsi que le Calcéolaire géant C. Biirbidgei sont autant d'excellents sujets à floraison hivernale. Sous le vitrage courent le gracieux Fhodochitou volubile, la Capucine des Canaries, le Pleroma macrantha, le Stephanotis floribîmda, le curieux Cana- rina campanulata, quelques bonnes variétés de Passiflores et du Jasmin à grandes fleurs, le Clianthus puniceus en fleurs. Des végétaux à feuillage orne- mental complètent la décoration de ce magnifique Eden qui fait le plus grand honneur au bon goût et à l'originalité de M. Garett, l'habile chef du dépar- tement floral. En quittant ces merveilles, jetons un coup d'œil dans la serre aux plantes succulentes (vulgairement plantes grasses) où s'efliectue la floraison des Bomarea Carderi, oligantha, patacoensis, du délicieux Senecio macroylossa — 20 — dont les grandes fleurs jaune d'or scintillent comme des milliers d'étoiles sur le fond vert gai des feuilles qui ressemblent à s'j^ méprendre à celles de nos Lierres. Des Euphorbes aux inflorescences rouge sang, des Aloe ciliaris, phiridens , arborescens , le curieux Dijckia hrevifoJia, V Agave Sartorii à floraison annuelle, les EpiphyUnm truncahim, spectabile, Streptocarpiis Wendlandi, quelques Cotylédon et Sedum y étalent aussi leurs fleurs. De là nous passerons dans la « Cape House » où de nombreuses Bruyères, et Meseinbryantliemum épanouissent leurs corolles si délicates. Ajoutons y quelques jolies plantes bulbeuses : LacheiiaUa aiirea, petulenla, Nerine variés, Cyrfanthus lutescens, Mackenii, Scilla peruviana glabra et quelques Strepto- carpes hybrides de Kew, aux coloris si riches et si divers. Dans la serre à Bégonias nous relevons bon nombre de spécimens fleuris. Citons les Bégonia Gloire de Sceaux, Gloire de Lorrainej Yohn Heal, socotrana et autres, une bonne vieille plante, le Manettla blcolor, les charmants Ruellia macrantJia, Herbstii précieux pour la floraison hivernale, le Crotolaria longirostrata, jolie Papilionacée aux fleurs jaune safran et les Euphorbla (Poinsettia) pidcherrlma et var. alba dont les bractées brillantes sont si recherchées en Angleterre pour les décorations. Nous ne pouvons non plus omettre le Solamim Seaforthiarium, le ravissant Jasminum gracïllimum, le Cleroden- dron scandens, charmantes plantes grimpantes de serre chaude. Le Callicarpa purpnrea y montre aussi ses baies pourpre intense. La serre chaude étale les riches inflorescences de ses Broméliacées et Anthu- rium. Nous y notons aussi le CaJly psyché aurantiaca , jolie Amaryllidée de culture facile et à floraison de longue durée, le Medinella amabllls et VUr- ceocharis Clibrani, joli hybride bigénérique. Dans la serre à Victoria, nous restons émerveillés devant les milliers de fleurs carmin foncé de VIpomea HorsfaUiae v. Brlggsl qui court sous le toit. V Osmcmthus fragrans nous envoie ses senteurs pénétrantes de « V Economie House, » et, à quelques pas de nous, éclosent les fleurs parfumées des Eucharis grandiflora et Stevensi. Dans la grande serre à Palmiers, un gigantesque Agave potatorum, le seul pied qui ait fleuri en Europe, dresse sa hampe florale. Le Broivnea Craivfordi y est aussi à remarquer. La serre à Nymphéas voit s'épanouir les Impatiens Sultani, les Plumbago rosea et sa variété plus foncée, superba. Les plantes de Nouvelle- Hollande et notamment les Acacias, les Lapageria alba et rosea ont commencé à fleurir dans la serre froide. Cette liste, peut-être un peu longue, nous montre, que même à l'époque la moins favorable de l'année, il est toujours facile d'obtenir bon nombre de jolies fleurs pour son agrément personnel ou même dans un but pécunier. L. PiRET. 6"'^ Série. TOME P'. 30 Janvier 1894 211^ Livraison. L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de rHorliculture DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. Ll N DEN Directeur -. LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX : EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le ôO du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSXRAXIOIV HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. SOl!^ayL.A.II^E Ciiiserie iidrlifoie : Los (Ip moderne Itenseignements et cullurcs Mosaicullure : Mulliplicalioi corbeilles Les piailles en a|ipailenienl Arboriculliire .... Les travaux du jardiu . rs dans la société des planli Pages Profondeur des semis 3r> Bibliographie de la Rose .% Pavois el Coquelicots 36 TEXTE ET PLANCHE COLORIEE PI. -2. Œillet Piide of Greal-Biilaiii . Fig. 1. Houblon à feuillage panaché . " 5. Coquelicots sim|des anglais . 24 PRIX DE i;ABONNEMEXT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE LUNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Jovirnal, 100, rue Belliard, Bruxelles. Gand, impr. Kug. Yanderbaegben. TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Les annonces paraissant à la fois dans L'IUustration Horticole et dan Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse êtr présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaîtr leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacu deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. Lçu circulation est universelle. j^^ ]3^ _ Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture h assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelh de serre. Prix Jes annonces dans les 2 journaux ensemWe : Pour raiiiiée entière Pour 1 Insertion Pour 3 insertions Pour 6 insortions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. danslcs 2 journ. dansles2 journ. dans les 2 journ, dans les 2 journ. Une page entière . . Une demi-page . . . Un tiers de page . . Un quart de page. . Un sixième de page . Un huitième de page Un seizième de page fr. 50 .. 30 » 25 .. 20 .. 15 » 12 » 6 fr. 100 .. 60 » 45 » 40 » 30 » 25 .. 12 fr. 175 » 100 .. 80 » 70 » 50 » 40 20 fr. 300 180 125 110 90 70 35 fr. 500 300 225 180 150 125 75 ^ ^ On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'ILLUSTRATION HORTICOLE et au JOURNAL DES ORCHIDÉi 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 23 du mois. un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. 21 — CAUSERIE HORTICOLE LES FLEURS DANS LA SOCIÉTÉ MODERNE 30 Janvier 1894. Le goût des fleurs est actuellement plus répandu qu'il ne l'a jamais été, et dans le progrès constant qui s'opère, en Belgique comme en France et dans tout le monde civilisé, au point de vue de l'embellissement des habitations, de l'élargissement et de l'assainissement des villes, le monde végétal a bien sa part. A Bruxelles, une Société d'agrément proposait récemment de décerner des primes aux propriétaires des balcons les mieux ornés de plantes et de fleurs; en pareil cas, comme il arrive toujours, le mouvement a commencé par l'ini- tiative de quelques personnes du public, qui ont donné l'exemple de ce qu'on pouvait faire, et c'est en voyant beaucoup de maisons des boulevards et de l'Avenue Louise, élégamment décorées de feuillages et de fleurs, que l'on a songé à généraliser une si charmante coutume. En Hollande, depuis quelques années surtout, l'usage s'est établi d'organiser ces gracieuses Floralia, si excellemment conçues en vue de répandre le goût et la science de la culture. Diverses sociétés horticoles distribuent, une fois par an, entre les petits amateurs de la localité qui en font la demande, des semences ou de jeunes plantes d'une certaine espèce. Ces amateurs représentent au bout d'un an le résultat de leurs travaux, et des prix sont décernés à ceux qui ont fait le mieux prospérer les matériaux qui leur avaient été confiés. En France le goût des fleurs a toujours été très répandu; à Paris notamment les marchés aux fleurs, place de la Madeleine ou près de Notre-Dame, prennent une extension de plus en plus grande et ont une clientèle régulière et très assidue, prise.dans toutes les classes de la société. Dans toutes les salles de fêtes, dans toutes les salles à manger riches, dans tous les appartements tenus avec l'amour du liome, c'est aux fleurs que l'on demande l'éclat, la fraîcheur, ce je ne sais quoi qui rend le luxe plus aimable et jette un rayon de soleil dans la mansarde. De tous les hommages désintéressés que reçoit la beauté des femmes, les fleurs auront toujours la préférence; il s'établit involontairement une comparaison entre les unes et les autres, et pour compléter en quelque sorte leur charme, toutes les femmes recherchent les fleurs, depuis les pré- cieuses Orchidées jusqu'au bouquet de violettes de deux sous. Et ce sera ainsi de tout temps, et la civilisation en progrès ne pourra qu'accentuer cet amour des fleurs, parce quil est naturel aux hommes de les associer aux idées de fête, de beauté ou d'amour. Même à l'occasion de la réception fiaite dernièrement aux marins russes, la population parisienne n'a pu mieux traduire ses sentiments de sympathie qu'en remphssant de bouquets les voitures de ses hôtes, de même que la population toùlonnaise avait organisé une bataille de fleurs. Il est curieux de retrouver dans les temps éloignés la trace du même sentiment. Un Traité de la police, publié en 1799, se plaint de l'obstination des Pari- siens à entretenir des jardins suspendus sur leurs fenêtres. « Ceux même du « bas peuple, dit l'auteur, qui n'ont point d'héritage pour planter, se font des a jardins dans des pots ou dans des caisses, ne pouvant pas, sans beaucoup de « peine et d'inquiétude, s'en passer absolument.... Les magistrats s'opposent a en vain à ces jardinages sur les fenêtres. Après plusieurs ordonnances qui les « défendent et plusieurs condamnations contre les prévaricateurs (sic), on ne « réussit pas à les empêcher, tant est vive cette inclination pour les jardins, « qui l'emporte dans l'esprit même des plus indigents sur la raison et leurs « propres intérêts, » Il n'en est pas autrement à notre époqne, non seulement à Paris, mais aussi à Bruxelles ; les tribunaux de simple police ont toujours à connaître de fré- quentes contraventions; toute la difiërence consiste en ceci, que l'on n'appelle plus les contrevenants des prétaricaieurs. Et voyez parfois l'influence d'un pot de fleurs sur la destinée d'un homme : lorsque Fieschi eut commis son attentat, boulevard du Temple, contre le roi Louis Philippe, il prit la fuite de toit en toit, et il aurait probablement pu s'échapper, s'il n'avait fait tomber en fujant un pot de fleurs qu'une jeune ouvrière avait posé sur sa fenêtre. La chute de ce pot de fleurs attira l'attention et dénonça le coupable. Toujours le grain de sable de Pascal ! Le goût des plantes est très ancien, et les exemxjles partis de haut n'ont jamais manqué pour l'encourager, car, s'il faut en croire Alphon.se K.\rr, Clovis et Childebert avaient formé de magnifiques jardins « tout plantés de roses et de toutes sortes d'autres fleurs et d'arbres fruitiers. » Ciurlem.\gne, dans ses Capifulaires, s'occupe beaucoup de ses jardins. « Je veux, dit-il, qu'il y ait toujours en abondance dans mes jardins des lis, des roses, de la sauge, du romarin, des pavots, etc. » Mais la caractéristique du progrès moderne, c'est de populariser les fleurs, c'est de les mettre à la portée de tous, et de faire naître ces jardins de pauvres dont le Traité de police cité plus haut parle avec un étonnement quelque peu indigné, dont nous n'aurions pas à être surpris, n'était la date. Autrefois, les — 23 — riches seuls pouvaient s'offrir le luxe d'orner de fleurs leurs appartements. Peu à peu, cette joie est permise à presque tous, et les pauvres gens qui « se font des jardins dans des pots ou des caisses » réconfortent dans la contemplation des fleurs leur vague idéal, et l'espérance, qui est souvent toute leur fortune. Et ce qui, dans cet attachement aux fleurs, me semble quasi-providentiel, et qui fournirait une raison suffisante pour encourager par tous les moyens la culture mise à la portée de tous, c'est que l'amour des végétaux exerce une influence réellement adoucissante et moralisatrice ; c'est que de pauvres diables qui n'aiment pas beaucoup leur prochain, ou qui n'ont pas de prochain à aimer, trouvent là à déverser l'affection dont le trop-plein les aigrirait. En sorte que l'horticulture contribue réellement à rendre les hommes meilleurs et à les consoler. J'ai cité tout à l'heure des exemples tirés de temps anciens, où sans doute la civilisation laissait à désirer; néanmoins on me concédera qu'il est frappant de voir citer précisément les noms des rois qui les premiers sont sortis de la barbarie, de Glovis, qui a accueilli en Gaule le christianisme, et de Gharle- MAGNE, le premier des grands législateurs français. Aussi me paraîtrait-il éminemment désirable que la coutume des floralies dont je parlais plus haut se répandît largement dans tous les pays, pour fournir à toutes les personnes de condition modeste ou aux enfants les éléments qu'ils ne peuvent pas se procurer, faute des ressources nécessaires, et pour leur permettre de s'initier à la culture. Ces distributions peuvent se faire à très peu de frais ; elles produiraient un bien immense. J'aurai d'ailleurs l'occasion de revenir sur ce sujet, et aussi, d'une façon générale sur l'utilisation des plantes et des fleurs pour la décoration des appar- tements, car c'est là une rubrique à laquelle U Illustration Horticole renouvelée fera une grande place dans l'avenir. Max Garnier. Moyen de se débarrasser des Fourmis. — On emploie avec un plein succès, dans les pays chauds, un mojen fort simple pour se débarrasser des fourmis. Ge moyen consiste à placer sur la ligne qu'elles suivent ordinairement de l'ail coupé en petits morceaux. L'odeur en est tellement désagréable pour ces insectes qu'ils fuient immédiatement l'endroit sur lequel on a opéré, et que l'effet subsiste même longtemps après que l'ail a cessé de dégager une odeur appréciable. L'emploi de cette substance ne détruit jias les fourmis, mais il met toujours à l'abri de leurs visites ennu3'euses. — 24 — PL II OEILLET PRIDE OF GREAT-BR1TAL\ (SOUVENIR DE LA MALMAISON A FLEURS JAUNES) Voici une variété de ce fameux type qui ouvre un horizon nouveau et quelque sorte illimité aux essais des semeurs. Jusqu'ici, en effet, VŒillet sou- venir de la Malmaison n'avait fourni que des formes rouges, de nuances plus ou moins foncées. Le type était rose chair, comme la rose du même nom à laquelle il était comparé ; puis des variétés de coloris roses différents avaient fait successivement leur apparition, suivies, en 1890, de la fameuse variété Madame Arthur Warocqiié, d'un rouge écarlate vif. Aujourd'hui, nous nous trouvons en présence d'une variété tout à fait tranchée, d'un coloris jaune pur, qui permet d'espérer une série de nouvelles formes complètement distinctes. La nouvelle variété aura sans aucun doute un grand succès; ses fleurs sont de très grande taille, bien étoffées, et possèdent un parfum très agréable; elles s'ouvrent très bien, paraît-il, et ne crèvent pas. La plante elle même est très vigoureuse, d'un beau port, à feuilles larges et robustes. Ce sera une excellente acquisition. N'était-il pas à prévoir d'ailleurs que l'Œillet de la Malmaison ferait parler de lui, à une époque où l'on voit renaître si singulièrement la légende Napoléonienne, et où tout, au théâtre et dans la mode, est consacré au grand homme? A ce point de vue, si la variété que nous figurons n'avait pas paru, il aurait fallu l'inventer. Et voilà un nouvel exemple d'un nom désormais absolument impropre et incompréhensible ; un œillet qui a reçu le même nom qu'une rose parce qu'il était rose, et qui maintenant est devenu jaune! La nomenclature moderne réserve aux générations futures bien des surprises analogues. Max Garnier. LLUSTRATiON HORTICOLE PL. II \ ^ ŒILLET PRIDE OF GREAT-BRITAIN RENSEIGNEMENTS ET CULTURES Préparation du sol. — Pendant la seconde moitié de l'hiver, le cultiva- teur doit se préoccuper d'engraisser le sol pour les nouvelles plantations. Les engrais seront choisis naturellement d'après la composition du terrain, la nature de la récolte précédente et le genre de culture que l'on se propose d'y entreprendre. Les terrains qui ont été plantés de Fraisiers pendant deux ou trois ans sont épuisés et ont besoin d'être reconstitués. Le mieux serait d'enlever à la surface une certaine quantité de terre, autant que peut en enlever la bêche enfoncée jusqu'au manche, et de la remplacer par de la terre nouvelle, de celle qui a servi précédemment à cultiver par exemple des Melons ou des Chrysanthèmes. Engrais chimiques. — Tous les engrais ne peuvent pas être employés de la même façon ni à la même époque. Les azotates, par exemple, sont très promptement dissous par l'eau des pluies et s'enfoncent dans la terre ; ils ne doivent donc être appliqués qu'au printemps, au moment où les plantes sont en active végétation et à même d'absorber ces engrais utilement. Les phos- phates, au contraire, ne se mélangent que très lentement au sol, et c'est pendant l'hiver qu'il convient de les déverser. C'est surtout dans les terrains où l'on emploie beaucoup de fumier que les phosphates sont nécessaires; en effet le fumier, qui n'est pas un engrais com- plet, ne fournit pas au sol d'acide phosphorique, et le cultivateur doit combler cette lacune en ajoutant tous les hivers une quantité modérée de phosphates. Roses-trêmières. — On peut avoir des fleurs de ces belles plantes dès la première année en les semant à la fin du janvier, et en cultivant les semis en serre jusqu'à ce qu'ils soient assez forts pour pouvoir être plantés en pleine terre; il convient de leur donner un sol bien sain et fortement engraissé, et le mieux est de le préparer à cet effet dès la fin de l'automne. Le repiquage pourra se faire à la fin d'avril ou au commencement de mai. Dans ces conditions, on obtiendra une excellente floraison vers la fin de la première année. On peut aussi — et c'est le procédé le plus répandu — semer les graines en mai ou au commencement de juin, soit sur place, soit sur couche pour mettre les jeunes plantes en place au mois de septembre. — 26 — Mosaïculture. — L'époque actuelle de l'année est celle où le jardinier doit préparer les boutures de la plupart des plantes employées pour la composition des Mosaïques. Le lecteur trouvera dans ce numéro des notes pratiques concernant ces travaux de saison. Plusieurs ouvrages ont été publiés depuis un an ou deux concernant la mosaïculture, notamment le grand ouvrage de Carl Hampel, édité chez Paul Parey, à Berlin. Il semble donc que l'attention du public se porte de nouveau vers ce genre de compositions plus ou moins artistiques, si fort en faveur aujourd'hui. Nous ne saurions que le regretter, quant à nous, car nous pré- férons infiniment un arrangement pittoresque et naturel aux combinaisons de couleurs les plus conformes aux lois de la physique et de la tapisserie, et une végétation peut-être désordonnée, mais vigoureuse et pleine de vie, aux feuillages les mieux tondus et égalisés, où, comme disait le vieux poète fran- çais, un poil ne passe l'autre. » * La culture des Pommes de terre a occupé en 1893 une superficie de 213,767 hectares dans l'Angleterre seule, et de 511,382 hectares dans tout le Royaume-Uni. Ces chiffres sont un peu inférieurs aux chiffres correspon- dants relevés l'année précédente. Jardin potager. — Le mois de février marque le retour des grands travaux du potager. Dès que le temps devient assez doux, il faut semer les choux verts hâtifs, choux cabus blanc, carottes, céleris, laitues, radis roses hâtifs, le persil frisé, le cerfeuil, la ciboule, les épinards, poireaux, les pois précoces, les fèves etc. Tous ces semis doivent être faits sur plate-bande bien préparée et terreautée. Les choux-fleurs hivernes seront également plantés sur plate-bande bien abritée, et l'on plantera entre eux des laitues semées avant l'hiver. En les recouvrant de cloches le soir, et en outre, de nattes lorsque le temps est à la gelée, on obtiendra ces légumes à une époque où ils sont encore très rares. Chaque cloche peut protéger un chou-fleur et trois ou quatre laitues. On continuera à forcer les asperges et les choux-marins, et à mettre en terre des racines de chicorée Witloof; à mesure que la saison avance, et que les feuilles se développent plus rapidement, il convient de renouveler les racines plus souvent. Oignons. — Certains cultivateurs croient pouvoir semer les oignons dès le commencement de février, et prétendent que le froid ne fait pas de tort aux graines. — 27 — En admettant que cela soit, il n'en est pas moins certain que les gelées font beaucoup de tort aux jeunes plantes, et nous en avons vu souvent ayant l'ex- trémité de la tige brûlée. Nous ne conseillons donc pas de les semer avant le commencement de mars ou même le milieu, surtout dans les terres lourdes, de telle façon que les jeunes tiges ne soient guère développées avant le mois d'avril. Il n'y aurait, en fait, aucun avantage à faire les semailles en février car si les plantes sont atteintes par la gelée, elles s'en ressentiront jusque pendant la belle saison. Les semis faits le mois dernier en couches sont pour la plupart levés; il faut les aérer toutes les fois que la température extérieure le permet, et en même temps veiller au maintien de la chaleur nécessaire, les gelées étant toujours à craindre. Lorsque la température de la couche s'abaisse au dessous du degré voulu pour chaque espèce, les jeunes plants restent stationnaires, puis deviennent jaunes et pourrissent. Lorsqu'au contraire la température s'élève à l'excès, les plants s'allongent d'une façon exagérée, s'étiolent et dépérissent. Les premiers semis de Melons doivent être repiqués dès qu'ils ont deux feuilles, soit dans le terreau, soit mieux encore dans de petits pots que Ton enfoncera jusqu'aux bords dans le terreau de la couche. Un peu plus tard, on construira une nouvelle couche sur laquelle ils seront définitivement plantes ; on pourra faire en même temps de nouveaux semis pour avoir des plantes en succession. Les réchauds de fumier établis autour des couches doivent être changés de temps en temps. Le mieux est de les retourner quand ils commencent à se refroidir, et d'ajouter à chaque fois un peu de fumier nouveau. La température est redevenue douce après le froid rigoureux, anormal, qui avait sévi de 29 décembre au 7 ou 8 janvier. Ces deux variations ont été si brusques qu'elles semblent constituer un véritable accident dans l'hiver 1893-1894, qui, selon toutes les probabilités, sera dans son ensemble très clément. Un fait curieux tendrait à le prouver, au moins pour la première partie de l'hiver. Un amateur des Gornouailles, M. R. G. Lakes, de Trevarrick, S* Austell, avait en fleurs le 28 décembre dernier dans son jardin, en plein air, des Gamellia, Primevères, Daphne, Lapageria, Chrysanthèmes, Polyanthus, Pi/rus japonica, Bruyères, Galanthus, ainsi que plusieurs arbrisseaux austra- liens. La seconde moitié de l'hiver sera très probablement au moins aussi douce que ce commencement. — 28 La floraison automno-hivernale des Primevères et Polyanthus n'est pas d'ailleurs aussi exceptionnelle que paraissent la croire certains journaux. Les Auricula sont parfois dans le même cas, et peut-être faudrait-il voir dans ce phénomène une conséquence de l'extrême sécheresse de l'été de 1893. En effet, bien des plantes qui ont souffert et sont restées à l'état de repos pendant cette période, ont produit une active *^^J"^.-lî'%' vilt -»* végétation dès que les premières pluies sont arrivées, et ont subi par conséquent un retard très consi- dérable. Houblon du Japon à feuilles panachées (flg. 4). — Tous les journaux d'horticulture se sont occupés l'année dernière de l'appa- rition de cette supei'be variété, à feuillage richement panaché et marbré de jaune et de blanc argenté. Cette variété très décora- tive rendra évidemment de grands services comme une des meilleures plantes grimpantes. D'après M. Léonard Lille, de Lyon, qui nous a commu- niqué ce cliché, le semis reproduit 80 °/o de plantes panachées. Fig. 4. — HunhloH à femllaye panache. Culture de l'oranger en Californie. — Malgré les difficultés que ren- contre en Californie la culture du genre Gitrus, par suite des maladies et des attaques des insectes, la culture de l'oranger, écrit le Meehcm's MonthJi/, se développe dans des proportions énormes. D'après la Gazette d'Anahehn, plus de 3000 acres (environ 1214 hectares) de terrain nouveau lui ont été consacrés dans ces derniers temps. Le journal américain mentionne des orangers phénomènes, cultivés près de San José, et qui atteindraient une hauteur de 4'"80 en deux ans de ci-oissance. Ce résultat serait attribué à l'emploi d'un badigeon de chaux, déposé sur les grillages qui entourent les arbres, et qui éloigneraient absolument les insectes. Les pelouses de grazon sont actuellement dans un très bel état, trop beau peut-être, quoique cet inconvénient soit bien préférable à l'opposé. Lorsque les feuilles sèches et autres débris végétaux qui les recouvrent sont assez abondants pour les déparer, on peut les faire balayer, néanmoins nous ne conseillerions pas de balayer souvent les gazons pendant l'hivei', car ces — 29 — débris se décomposent rapidement sous l'influenre de la pluie et du uiauvais temps, et contribuent à engraisser le gazon. La saison actuelle est propice pour recouvrir de petites couches de cendre de bois les parties faibles du gazon ; on peut en même temps combler les iné- galités produites dans le sol par les tassements ou par toute autre cause, de façon que le gazon soit bien reformé avant le commencement des vents secs du printemps. Il est bon de passer le rouleau sur les sentiers sablés après les fortes pluies ou les gelées, afinMe leur rendre un meilleur aspect, et de permettre une circulation plus commode. Max Garnier. MOSAICULTLIRE MULTIPLICATION DES PLANTES POUR CORBEILLES Voici le moment de multiplier les plantes pour les corbeilles. Pour la plupart des jardiniers, c'est une affaire de grande importance, car il en est très peu qui disposent de locaux en rapport avec la quantité de plantes à produire. A l'exception de quelques espèces, telles que les Géranium^ Ceniaurea candidissima, Cineraria maritima, etc., qui doivent se multiplier à l'automne, si l'on veut que ces plantes aient atteint une taille suffisante pour former des corbeilles en mai ; il est préférable de les propager au printemps. Nous suppo- sons naturellement qu'on a eu soin d'enlever quelques plantes de chaque espèce, avant qu'elles n'aient été endommagées par la gelée. On commencera par les Alternanthera qui se développent un peu moins rapidement. En février, les plantes mères seront placées dans une serre chaude et humide, afin d'en activer la croissance et de provoquer l'émission de racines aériennes à la base de chaque pousse ; on enlève alors celles-ci et on en fait des boutures qui reprennent en quelques jours. IS Alternanthera amoena et le TeJianfhera versicohr, qui sont les plus brillants, sont aussi les moins vigoureux. Les lobelias se propagent généralement par semis; cependant si l'on tient à conserver la pureté d'une belle race, le moyen le plus sûr est de les bouturer. A cet effet on remplit de sable blanc, jusqu'à un centimètre du bord, des terrines imperméables à l'eau ; on dispose les boutures et on arrose doucement jusqu'à ce que la terrine soit remplie. En quelques jours elles émettent des racines dans leau et peuvent être mises en pots. Le Mesembrianthemum cordifoUiim et le Sedum arboreuni, sont aussi très — 30 — utiles en inosaïculture, mais ces deux plantes réclament un peu plus de soin au moment de la multiplication. Il se forme souvent dans leurs rangs une espèce de toile qui amène promptement la pourriture; on évite cet inconvénient en les bouturant dans du sable blanc et en aérant en temps utile pour empêcher la condensation des vapeurs d'eau. Les Iresine, Coleus, Ageratum, Abutilon, Héliothrope, Verveine, Fuchsia, Salvia, etc., doivent également être soumis à une température assez élevée un peu avant de les multiplier. Ils produisent ainsi une quantité de pousses bientôt bonnes à bouturer. Les Pyrethrum, Lobelia, Wigandia, etc., doivent se semer dans la dernière quinzaine de février. Toutes les boutures devront être plantées immédiatement après leur sépara- tion de la plante mère, car si on les laissait se flétrir, il en résulterait une perte de substance qu'elles supporteraient difficilement. Le compost à employer doit être composé d'une partie de sable et d'une autre de terreau de feuilles finement tamisé. Toutes les boutures devront être mises dans de petits pots et être soumises à une température de 25 degrés centigrades. Ceux qui ne disposent pas d'une serre à multiplications devront la rem- placer par une couche dans laquelle ils ne mettront les pots que quand la chaleur y sera suflîsante. Les Antennaria tomentosa et les Sempervivum sont aussi très employés dans les décorations florales; ils se multiphent rapidement et ont, en outre, l'avantage d'être vivaces. On peut varier à l'infini la disposition des plantes dans les corbeilles; cependant on doit fuir autant que possible les associations suivantes classées comme dissonantes : Le rouge près de l'oranger et du violet ; Le bleu près du violet et du vert ; Le jaune près de l'oranger et du vert. Il va de soi qu'avant de mettre les plantes en pleine terre, il faut les habituer graduellement à la température extérieure. Elles doivent être plantées assez rapprochées pour produire un effet immé- diat, et être arrosées à mesure que l'on opère. Sous notre climat, il serait téméraire de commencer ces plantations avant le mois de juin. J- Lavianne. — 31 LES PLANTES EN APPARTEMENT Lorsque le temps devient froid, et qu'on peut prévoir de fortes gelées et de la neige, on doit prendre un soin particulier de toutes les plantes en pot. Lorsqu'il y a des plantes placées près des fenêtres derrière les rideaux, elles ne profitent plus de la chaleur de l'appartement une fois que l'on a fermé ceux-ci pour la nuit, et par suite elles risquent de geler avant le retour du jour> On comprend donc que cette place ne peut convenir à des plantes tant soit peu délicates. Pour empêcher qu'elles ne souffrent dans ces conditions, le mieux est de les rentrer à l'intérieur de la chambre pour le reste du jour et la nuit. Il est encore plus important de procéder ainsi lorsque les fenêtres s'ouvrent par le haut, ou lorsqu'elles forment portes, et s'ouvrent jusqu'au niveau du plancher ; car les plantes souffriraient d'une brusque invasion de l'air froid. Je suis convaincu que beaucoup de bonnes plantes ont été sérieuse- ment endommagées dans de telles conditions. Tout le monde sait que les domestiques ont l'habitude d'ouvrir les fenêtres en faisant leur besogne du matin, ce qui est très utile pour renouveler l'air dans une pièce qui a été fermée toute la nuit ; mais il est évident qu'une plante qui se trouverait exposée directement à l'air glacé entrant du dehors, en tarderait pas à donner des signes de malaise. Les plantes en pots souffrent souvent de circonstances analogues. On les place naturellement près des fenêtres pour qu'elles reçoivent le plus possible de lumière, mais on ne songe pas au danger qu'elles courent dans cette posi- tion, ou s'y parfois l'on y pense, on ne songe pas à y remédier. Il est néces- saire de mettre les plantes de côté jusqu'au moment où les fenêtres sont refermées. Lorsqu'on n'ouvre que les vasistas du haut, il va de soi que les plantes ne risquent guère d'en souffrir, si ce sont des plantes suffisamment rustiques. Je ne vois réellement rien qui empêche de changer les plantes de place quand on ouvre les fenêtres; ce changement donne très peu de peine, et les avantages qui en résultent sont considérables. Il importe peu que ce soient des plantes à feuillage ou des plantes à fieurs, les circonstances sont les mêmes dans les deux cas. D'autre part, lorsqu'on fait de grands feux, aucune plante ne doit se trouver assez rapprochée pour sentir les effets de la chaleur ; ce serait presque aussi nuisible que l'autre extrême, car la chaleur du feu a pour effet de dessécher énormément l'air et de le rendre impropre à la vie des végétaux. J'ai eu plus — 32 — d'une fois roccasion d'enlever ainsi des plantes qui étaient placées sur la table pour un dîner; la place qui leur convient le mieux, ce sont les buffets éloignés de la cheminée. Je me rappelle fort bien un endroit où Ton avait l'habitude de laisser les fenêtres ouvertes tant que la salle à manger n'était pas occupée, et lors même que le temps était très froid, et qu'il soufflait un vent glacé. Ce refroidis- sement prolongé, aussi bien que la chaleur des grands feux, doit évidemment éprouver la santé de toutes les plantes. Le procédé que j'emploj^ais pour y remédier consistait à changer les plantes tous les jours, de sorte qu'elles ne pouvaient pas souffrir beaucoup, même par les plus mauvais temps. Mais on peut être surpris de voir transporter des plantes d'une serre à 15 ou 16" dans un appartement, lorsque l'air extérieur se trouve à 2 ou 3 degrés au-dessous de zéro, et l'on peut se demander si elles ne souffriront pas de ce déplacement. Ma réponse est que l'on peut le faire aisément en plaçant les plantes dans une longue boîte étroite dont le couvercle sera bien fixé et bien joint. Dans ces conditions, le danger est réduit au minimum possible. Dans les appartements où l'on entretient de grands feux, et dans lesquels en outre l'on allume le soir beaucoup de lumières, les plantes se dessèchent avec une rapidité surprenante. Il est nécessaire de tenir compte de ce fait, car les Fougères, Palmiers, Grotons et Dracaena ne prospéreraient certaine- ment i)as dans de telles conditions, surtout les deux premiers. Pour remédier à cet inconvénient, les plantes doivent être examinées tous les jours, et pour plus de sûreté, chacune doit être placée au-dessus d'un récipient contenant de l'eau. Pendant les temps très froids, les plantes dont on se sert pour décorer l'appartement doivent être choisies autant que possible parmi des espèces assez rustiques. On peut employer de préférence les Aspldlstra liirida variegata, les Ficus elastica, de petits Kentia, des exemplaires bien fournis de céleri, de réséda, de pavot, de pensée . . 4 » > » d'oignon, de chou, de carotte 7 > » >' de betterave, d'épinard 12 » !> » de lentilles, de pois, de potirons 20 > » » de haricots 30 > » » de fèves 40 > » > d'arbres fruitiers tels que le pêcher, le noyer, le châtaignier 60 > 5, 36 BIBLIOGRAPHIE DE LA ROSE M. Mariano Vergara vient de publier une excellente compilation de tous les ouvrages, catalogues et publications périodiques consacrés à la Rose dans tous les pays d'Europe. L'ouvrage est rédigé en langue espagnole; toutefois, sa lecture n'off're aucune difficulté, tous les écrits étant cités avec leur titre dans la langue dans laquelle ils sont rédigés; il a 312 pages. Le nombre des ouvrages qui y sont cités peut s'élever à G25 environ. Ce chiffre donne une idée de l'importance de la bibliographie consacrée aux Roses, et des services que peut rendre l'énumération due à M. M. Vergara. PAVOTS ET COQUELICOTS Ces jolies plantes ont le défaut d'être trop connues, ce qui fait que parfois on les délaisse pour des nouveautés moins méritantes. On sème les graines de Pavot et de Coquelicot vers le 15 septembre, à l'air libre; quand les jeunes plantes sont assez grandes on les repique en pépinière. Au mois de mars, on les met en place en les espaçant de 40 centimètres. On peut également semer en place après l'hiver, en ce cas on doit avoir soin de bien éclaircir les plantes afp qu'elles puissent se développer. Notre gravure (fîg. 5), représente un Coquelicot simple nouveau intro- duit l'année dernière d'Angleterre. M. LÉONARD Lille, marchand graî- nier à Lyon, qui a eu l'obligeance Fis:. 5. — Coquelicots simples anglais. -, . t i, ' * -^ ' -^ de nous communiquer ce cliché, s'exprime dans les termes suivants : « Il est difficile d'imaginer quelque chose de plus gracieux et de plus varié que ce joli Coquelicot, avec ses innombrables fleurs simples ou semi-doubles, bordées, panachées, lavées, ombrées de toutes les nuances de blanc, de carné, de rose, de carmin et de rouge. » I e'"^ Série. TOME F' 3me Livraison. 15 Février 1894 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de rHorticulture DANS TOUTES SES BRANCHES piihlié sous ic patronage de J. Ll IM DEIM Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX EMILE RODIGAS Numéro paraissaiil le l.'i du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSXRAXIOIV HORXICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. &oi^1s/la.x:r:ei Pa-cs Chronique horlirole 37 Lf.'s lianes dans les serres 42 Plantes nouvelles ou recommandables .... 45 Petites notes de culture 49 Fleurs cl plantes aux villas maritimes .... 51 Pages TEXTE ET PLANCHE COLORIÉE PI. 3. Phillagathis hirsuta Cogn 41 Fig. 6. Serre de Lapagcria 44 » 7. Bégonia Bexley While 46 >) 8. Bégonia Picotée 48 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE LUNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles. Garni, impr. Kng. Vanderhaeglien. TARIF DES ANNONCES DANS I.KS JOURNAUX LILLUSTRAïlON HORÏICOLI ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES > ^*»- < Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dai Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse et: présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaît: leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacii deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. Lei' circulation universelle augmente considérablement de jour en jou. ]^, B« — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture li assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelh de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux ensemble : Pour raiiiiée eiitièrr Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 jouru. daiisles 2 jouru dansl3s2 journ. dans les 2 journ, dans les 2 journ. Une page entière . . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... . » 30 .- 60 » 100 .. 180 » 300 Un tiers de page . . . . .. 25 » 45 » 80 « 125 » 225 Un quart de page. . . M 20 » 40 » 70 » 110 " 180 Un sixième de page . . . » 15 » 30 » 50 » 90 » 150 Un huitième de page . . » 12 » 25 « 40 ■ .. 70 .. 125 Un seizième de page . » 6 » 13 » 20 » 35 75 On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'ILLUSTRATION HORTICOLE et du JOURNAL DES ORCHIDÉE 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 28 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à, l'un de ces journaux. — 37 — CHRONIQUE HORTICOLE 15 Février 1894. Jardin de Sir Walter Raleigh. — Trois siècles se sont écoulés depuis la création de ce jardin à Youghal en Irlande, et aujourd'liui encore il existe de remarquables vestiges des végétaux plantés par Sir Raleigh. Ainsi on y voit sur les vieux murs les giroflées jaunes, au riche parfum, qu'il apporta des Açores. Quelques cèdres plantés par lui croissent encore dans un endroit appelé Tivoli. On y voit aussi quatre ifs vénérables dont les branches entrelacées forment une sorte de berceau qui, dit-on, abrita Raleigh fumant le premier tabac dans son jardin de Youghal. Le Chêne de Robechies. — Ce chêne géant, un des plus beaux des forêts du pays de Chimay (Hainaut), est condamné à tomber sous la hache du bûcheron avec la coupe de 1894 du bois communal de Robechies. L'arbre mesure 4™30 de circonférence, à hauteur d'homme. Le tronc a 14 mètres de hauteur jusqu'à la ramure, et au moins 24 mètres jusqu'à son sommet. Connue bois, on lui donne une valeur de 1400 francs. Nous nous demandons pourquoi on ne conserve pas un tel monument végétal. Le Houx. — Dans la Bretagne française, en Normandie, dans le Pays de Galles, comme dans les contrées Scandinaves, le houx constitue avec le chêne l'emblème de l'hospitalité et de l'amitié durable. Pendant les fêtes de Noël et du Nouvel An, les branches de houx avec leur luisant feuillage et leurs brillantes baies rouges sont off'ertes, comme ailleurs le buis au jour des rameaux. Même à Paris, au commencement de l'année, on débite sur les mar- chés de fleurs de nombreuses gerbes de houx. A cette occasion on peut rappeler le houx gigantesque de Lhanidloes, dont l'âge est évalué à cinq siècles, et dont le pourtour dépasse dix mètres. Il a seize branches maîtresses dont quelques-unes ont plus de trois mètres de circonférence. Le houx n'est pas seulement un emblème de fête. Toujours vivant sous son éternelle ver- dure, il abonde dans les cimetières des contrées du Nord et devient ainsi un emblème d'éternel regret. — 38 — Exposition belge en Suisse. — Un comité s'est constitué à Bruxelles dans le but d'organiser à Genève, en mai et juin 1894, sous le patronage des Cliambres de Commerce de Belgique, une exposition des produits belges exportables en Suisse. Le douzième groupe est réservé aux produits de l'horti- culture, de l'arboriculture, de la viticulture et des branches qui se rattachent à ces industries. Le plus grand arbre connu. — Jusqu'ici les Américains se glorifiaient de posséder les arbres les plus élevés ; mais le Séquoia gigantea de Californie doit céder le pas à l'Eucalyptus d'Australie. En effet, on a découvert à Cape Oteray un exemplaire d'Eucalyptus regnans ayant la hauteur réellement colossale de 150 mètres. La fève tonka est le fruit du Dipterix odorafa. Elle a la forme et presque la contexture d'une grosse amande. L'odeur aromatique de la fève est due à un principe volatil appelé Coumarine. La fève tonka est employée surtout pour aromatiser le tabac en poudre. L'extrait entre aussi dans la composition de parfums d'une grande finesse et d'une odeur durable. La fève tonka est un des produits d'exportation du Venezuela qui en fournit annuellement plus de 50,000 kilog. sous le nom de Sarrapia. Floraison appauvrie des Dahlia doubles. — Un correspondant de notre confrère américain Garden and Forest écrit de Buffalo que les Dahlia à fleurs doubles ou pleines fleurissent de moins en moins. En revanche, les plantes donnent de nombreux tubercules. Cependant, dit-il, dans certains endroits, les Dahlia acquièrent une plus grande hauteur et alors fleurissent à profusion. Cette observation a-t-elle été faite également en Europe ? Bien des fois nous avons remarqué, et nous n'avons pas été seul à faire cette remarque, que les plantes obtenues par un bouturage répété pendant une longue suite d'années finissent par accuser une certaine dégénérescence soit par la déformation des fleurs, soit par leur raréfaction. Vins et champignons. — Les microbes sont indispensables à la vie; de même les champignons microscopiques sont nécessaires aux raisins pour la production des meilleurs vins. M. A. P. Hayne écrit dans The Pacific Rural Press que, en faisant des recherches sur les cryptogames qui attaquent les vignes en Californie, il a constaté qu'un champignon spécial, le BotryUs cinerea, est essentiel à la production du meilleur vin de Sauterne, le Château Yquem, et du meilleur vin de Rhin, le Johannisberg. Ce champignon est nuisible aux raisins bleus ou noirs, parce qu'il les décolore; dans les années — 39 — humides, il peut, par son développement précoce, amener aussi la putréfaction des raisins blancs. En survenant tard sur du raisin blanc, ce cryptogame décompose la peau des baies, ce qui permet à l'oxygène de l'air d'agir lente- ment sur le jus et de produire les acides nécessaires au développement du goût particulier à certains vins. Parcs, squares et jardins à Londres. — La nécessité des plantations dans les grandes agglomérations populaires est de mieux en mieux comprise. Dans un espace de dix ans, c'est-à-dire depuis la fondation en 1882 de la u Metropolitan Public Gardens Association, » Londres a vu le nombre de ses places publiques s'accroître de 157 ayant une superficie de plus de 2000 hec- tares, ce qui est considérable. Londres compte en tout 271 parcs, squares et jardins publics, ayant ensemble une étendue de 17,876 acres. Horticulture à l'Exposition d'Anvers en 1894. — Outre l'exposition permanente d'Azalées, Rhododendrons, plantes vivaces. Roses et arbres fruitiers, qui seront répartis dans les jardins autour des bâtiments, il y aura quatre expositions temporaires : 1° du 11 au 16 mai, produits divers, fruits forcés, légumes; 2° vers la fin de juin, Roses et autres fleurs coupées, plantes ornementales, plantes d'appartement, plantes fleuries, fruits sous verre; 3° à la fin de septembre, fruits, plantes de marché et d'exportation, fleurs coupées; 4° à la clôture, exposition de Chrysanthèmes. Plantations en Tunisie. — Dans un des derniers numéros de Garden and Forest, le professeur G. S. Sargent fait une étude sur les causes ayant amené l'aridité de certaines régions. Il fait ressortir, avec M. Bourde, que la Tunisie, cette partie qui s'étend entre deux branches de la chaîne de montagnes méridionales de l'Algérie, est extrêmement favorable à certaines cultures et pas à d'autres. Avant l'invasion romaine, cette contrée était un désert. Les Romains y introduisirent la culture de l'Olivier et, à la fin du premier siècle, ils s'enrichissaient par cette culture. Les Arabes détruisirent les plantations au XI'"*' siècle, et le pays redevint un désert. Le centre de la Tunisie, aban- donné au pâturage, vaut 8 francs l'hectare; planté d'Oliviers, le même terrain, estimé au plus bas prix, vaut plus de 650 francs l'hectare. Architecture de jardins. — Les connaisseurs ont généralement donné raison à M. Olmsted d'avoir adopté le style paysager, pour les jardins en- tourant les bâtiments de l'Exposition de Chicago ; il est certain que ce style a grandement contribué à embelUr celle-ci, en rehant entre elles les construc- — 40 — tions et en en faisant ressortir le caractère. Cependant un journal américain, The Engineering Magazine, critique assez vertement ce style dans son appli- cation pour les expositions où doivent circuler les foules. Dans des circon- stances pareilles, dit-il, on ne devrait pas obliger les gens à faire un trajet plus long que de besoin; l'architecte qui ne tient pas compte de ce côté d'utilité générale fait méconnaître et déprécier par le peuple la beauté d'un art trouvé défectueux parce qu'il est appliqué mal à propos. ♦ * John Waterer, de Bagshot, est mort à l'âge de 67 ans. Son établissement horticole jouissait d'une réelle renommée pour la production et la culture des Rhododendrons, des Azalées et des plantes de terre de bruyère. Le Phylloxéra étend toujours ses ravages. La récolte des vins en Sicile est réduite à la moitié de ce qu'elle était il y a quatre ans. Les pertes dans les provinces de Syracuse et de Gatane attribuées à ce fléau sont évaluées à un milUard de francs. Prix des nouveaux Chrysanthèmes. — Quelle que soit leur beauté, quel que soit le mérite des nouveaux Chrysanthèmes, la valeur marchande de ceux-ci a peu d'importance puisque la multiplication en est trop facile et qu'on les propage en raison même de leurs quahtés. L'année de leur obtention, les nouveautés se vendent couramment sur le continent au prix de 15 à 30 francs. En Angleterre, où la rose d'automne est plus choyée qu'ailleurs, ce prix est considéré comme trop élevé de moitié, et il est rare de voir les plantes dépasser le prix d'une demi guinée. L'année suivante, naturellement, on peut les obtenir pour un franc et même cinquante centimes. Expositions annoncées. — Société régionale d'horticulture du Nord de la France. 9™'' Exposition internationale de plantes, fleurs, fruits, légumes, arbres fruitiers en pots, industries horticoles. Cette exposition aura heu au Palais Rameau, à Lille, du 3 au 10 juin 1894, à l'occasion du concours régional et des fêtes de Lille. Programme chez M. le secrétaire général Ryckewaert- DÉ JARDINS, rue d'Arras, 84, à Lille. Exposition universelle, internationale et coloniale de Lyon, avec exposition permanente des produits de l'horticulture et expositions temporaires, du 26 avril au 31 octobre 1894, au parc de la Tête d'Or, à Lyon. Ém. Rodigas. L'ILLUSTRATION HORTICOLE PHYLLAGATHIS HIRSUTA cogn. A, Goossens pmx. P. De Pannemneker Cl — 41 — PI. m PHYLLACATHIS HIRSUTA cogn.h PHYLLAGATHIS HÉRISSÉ Le genre Phyllagathis, qui jusqu'ici n'était pas encore représenté dans les cultures, fait partie de la famille des Mélastomacées. Il appartient au même groupe que les Sonerila, dont il se distingue surtout par ses fleurs tétramères, c'est-à-dire avec les pièces des différents organes au nombre de quatre ou d'un multiple de quatre, tandis que les Sonerila ont les fleurs trimères (trois dents au calice, trois pétales, etc.). En outre, le premier a huit étamines égales, tandis que les seconds n'en ont que trois, ou très rarement six, mais qui sont alors inégales. On connaît jusqu'ici trois Phyllagathis, dont l'un croît dans la presqu'île de Malacca et Sumatra, le second à Bornéo et le troisième au Tonkin. L'espèce figurée ci-contre est donc la quatrième du genre. Tout en ayant, comme ses congénères, de très grandes feuilles rondes, d'un vert splendide, elle en diffère par de nombreux caractères, dont plusieurs obligeront même à modifier la diagnose du genre. Ainsi parmi les caractères donnés à celui-ci, il y a entre autres : lobes du calice ovales et aigus, séparés chacun par une longue soie et portant au dos une petite dent, terminée également par de longues soies; pétales ovales et aigus; ovaire soudé seulement à sa base avec le calice. Tandis que le P. hirsuta a les lobes du calice très courts, largement arrondis et privés de soies; les pétales obovales, à sommet arrondi; l'ovaire presque entièrement adhérent au calice. Ajoutons que la tige de cette plante est presque nulle et couverte de très longues soies; le pétiole est également (1) Phyllagathis hirsuta CoGN., n. sp. — Caule brevissimo, apico longe denseqnc hirsuto; foliis suborbicularibus, ll-nerviis, basi profunde cordatis, supra glaberrimis, subtus ad nervos nervulosque sparse longeque setosis caeteris glabris ; petiolo longissime rctrorsim setoso ; pedunculo communi longissimo, glabro, apice in ramis 4 brevibus divaricatis diviso ; floribus numerosis, secundis, breviter pedicellatis, ebracteatis; calyce glabro, angustissime campanulato, lobis brevibus, late rotundatis, dorso denticulo minuto munitis; petalis obo- vatis, apice rotundatis; ovario fere usque ad apicem adnato, apice squamis 4 subrotundatis membrenaceis raargine subdenticulatis ornato. — 42 — hérissé de longues soies dirigées vers le bas, et les feuilles, fortement échan- crées en cœur à la base, ont onze grosses nervures, alors que celles des autres espèces n'en ont que sept ou neuf. Mais ce qui caractérise surtout cette nouvelle espèce, c'est sa curieuse inflorescence, qui diffère complètement de celle des 2800 espèces environ, connues aujourd'hui dans la famille des Mélastomacées : le pédoncule floral, long d'environ 40 centimètres, se divise à son sommet en quatre rameaux, qui naissent du même point et divergent en croix; chacun deux porte, mais du côté supérieur seulement, treize à quatorze fleurs d'un beau rose, qui sont disposées, en alternant entre elles, sur deux rangs contigus. Si, par son feuillage splendide, cette plante a une haute valeur horticole, son inflorescence spéciale en fait une curiosité botanique : à ce double titre, on peut dire que c'est la mélastomacée la plus remarquable qui ait été intro- duite depuis de longues années. Son introduction est due à L'Horticulture Internationale de Bruxelles, qui l'a reçue récemment de Bornéo. A. COGNIAUX. LES LIANES DANS LES SERRES Les lianes constituent un des éléments primordiaux du paysage dans les régions tropicales. Les superbes palmiers, les grandes mélastomacées, les fougères arborescentes semblent raides quand leurs stipes ne sont pas unis par des guirlandes ou que leur tronc se trouve veuf de toute garniture épiphyte. Les lianes en sont un complément nécessaire; elles en révèlent mieux toute la poésie et off'rent comme un symbole d'union et de fraternité dans ces milieux ou tout semble n'être qu'isolement et solitude. Le rôle des lianes dans les serres est trop peu compris et, pour ce motif, l'usage de ces plantes n'est pas répandu comme elles le méritent. Et pourtant quel parti ne peut-on pas en tirer, soit pour établir des rideaux de verdure, soit pour garnir des parois entières de murs, soit pour former des guirlandes parmi les feuillages de nos serres et de nos jardins d'hiver? Et pour n'en citer que deux ou trois exemples, quelle ressource ne présentent pas certains Gissus, certains Bomarea et les Lapageria? Le Cissus Lindeni, réuni au groupe des Vitis par la plupart des bota- nistes, fut découvert en 1867, par Wallis, sur les pentes orientales de la Sierra de Santa Martha, dans les régions tempérées-chaudes de la Colombie. Ses tiges arrondies, d'un vert foncé, ponctué ou strié de gris, constituent de longs sarments pourvus de vrilles et de racines adventices, qui s'implantent — 43 — partout où elles rencontrent de la terre ou un substratum analogue. Qui ne connaît la beauté du feuillage gracieusement panaché de ce magnifique sous- arbrisseau? Le fond vert encadre de larges surfaces d'un blanc grisâtre, contrastant de la manière la plus agréable avec la nuance du reste de la feuille. C'est, sans contredit, une des meilleures introductions qui aient été faites par l'établissement Linden, et elle restera une des plus gracieuses lianes qu'on puisse emploj'er dans les serres où une atmosphère humide assure sa robuste croissance. Elle se trouve le mieux d'un mélange de terreau de feuilles avec addition d'une moitié de terre argileuse. Le Bomarea Carderi est une des belles espèces d'un genre assez nombreux de la famille des Amaryllidées. Sa patrie est également la Colombie, d'où la plante fut introduite dans les serres européennes en 1876. Ses fleurs, réguliè- rement campanulées, ont près de O'^OT de long et plus de 0™03 de large; les segments extérieurs sont roses, les intérieurs maculés de pourpre brunâtre. Elles sont disposées en une grande cime dont la base est entourée par un bouquet de feuilles; celles-ci sont lancéolées, oblongues, comme le Cissus. Cette plante aime un mélange de terreau de feuilles et de terre franche; seulement on fera bien d'y ajouter un tiers de sable. L'une et l'autre de ces plantes prospèrent assez bien quand elles sont tenues dans des pots ; mais elles ne prennent tout leur développement que si elles sont mises en pleine terre dans les jardins d'hiver. Alors leurs tiges, qui sont volubles, acquièrent une bonne longueur. Le genre Lapageria ne comprend qu'une espèce unique, le Lapageria rosea, originaire du Chili. C'est une superbe plante grimpante qui ne demande qu'un air chaud et humide et de l'ombre. C'est un sous-arbrisseau très rameux, de la famille des Lihacées. Sa tige est voluble; les feuilles sont brièvement pétiolées, ovales oblongues, acuminées au sommet et arrondies à la base, quinquener- viées, épaisses et presque coriaces. Il en existe plusieurs variétés. Le type est à grandes fleurs d'un rose tendre, maculé de rose plus foncé; ses feuilles sont d'un vert foncé. La variété Lapageria rosea major se distingue par le déve- loppement de ses fleurs. Dans une sous-variété de celle-ci, le coloris de la fleur est d'un rouge plus foncé. Enfin, la variété alba surpasse toutes les autres par ses fleurs d'un coloris blanc de cire, qui contraste de la façon la plus heureuse avec les fleurs roses ou pourprées des autres variétés. Plantées en pleine teri-e dans la serre, ces lianes se développent avec rapi- dité et comme l'indique la figure 6, elles atteignent de belles dimensions. Conduites le long du vitrage, elles entre-mèlent ainsi leurs inflorescences et constituent dans le jardin d'hiver un brillant décor qui fait rêver â un tableau de la flore des tropiques. Les fleurs des Lapageria ont la grande qualité de durer longtemps sur la plante et de se conserver fraîches plusieurs jours quand elles sont coupées et placées dans un milieu un peu humide. Ces — 44 — plantes aiment un sol tourbeux avec addition de sable et de scories de char- bon. La multiplication a lieu par division des souches ou par marcottage. Les premiers exemplaires vivants reçus en Europe furent envoyés aux Fig. 6. — Serre de Lapageria. Jardins de Kew par Wheelwright. Le genre fut créé par Ruiz et Pavon en l'honneur de l'Impératrice Joséphine, née Tascher de Lapagerie, qui fut une protectrice éclairée de la botanique et de l'horticulture. Ém. Rodigas. — 45 — PLANTES NOUVELLES OU RECOM MAN DABLES Pavonia hastata. — Sous-arbrisseau, d'origine brésilienne. Feuilles d'un vert foncé, lancéolées, dentées, trilobées à la base. Fleurs axillaires, solitaires, à pétales arrondis, d'un rose carné très pâle, marqués à la base d'une tache pourpre foncé. La face inférieure porte des veines purpurines. M. Marc Micheli dit, dans la Bévue Horticole, que, lorsque la température n'est pas très élevée, au commencement de la saison, le calice ne s'ouvre pas et que la floraison et la fécondation s'opèrent clandestinement, à l'abri des sépales repliés. Les graines n'en sont pas moins fertiles. Tupistra squalida. — Cette Liliacée, originaire de l'Inde, n'est guère connue en dehors des Jardins botaniques. Un exemplaire en a fleuri en 1893 au Muséum de Paris, ce qui a permis à M. D. Bois d'en faire ressortir les qualités ornementales. Les feuilles naissent d'un rhizome épais; elles sont d'un beau vert, amples, lancéolées, atténuées en pétiole, et mesurent de 0^60 à O'^SO de long sur 0™05 à 0™10 de large. La hampe, haute de 0™10 à 0"^20, lîorte des fleurs en épis, denses, cylindriques ; ces fleurs sont sessiles, d'un violet bleuâtre pâle. Voisine des Aspidistra et des Rohdea, elle se recommande par son feuillage ornemental plus que par ses fleurs. « Sa culture ne présente aucune difficulté. On la tiendra en serre chaude, plantée dans un sol riche en humus. Arrosements copieux pendant la période de végétation, moindres pendant la période de repos. » L'espèce se multiplie, comme les Aspidistra, par division des touffes. Gloxinia hybrida grandiflora. — Nos confrères de la presse horticole signalent la variété Priiizess Victoria Luise comme dépassant tout ce qu'il y aurait de beau dans cette catégorie de fleurs. Le coloris est d'un eff'et éblouissant et le mérite comme fleur coupée serait considérable. La plante croit vigoureusement, est bien trapue et donne des fleurs nombreuses et grandes. La corolle est d'un rouge violet qui passe au bleu et tranche admi- rablement sur le bord du limbe qui est blanc pur. Bégonia Bexley "White (fig. 7). — Variété des plus distinguées, se recom- mande par ses proportions considérables, la perfection de sa forme, l'épaisseur et la consistance des segments qui ont une apparence de cire. Le coloris est du blanc le plus pur. C'est peut-être la meilleure des variétés blanches obte- nues jusqu'à ce jour. C'est un semis de M. Ware. Bégonia Erfordia. — Cet hybride, des plus remarquables, a été obtenu par MM. Haage et Schmidt, d'Erfurt, par le croisement du B. Schmidti avec le B. semperf-orens Vernon. Il a le mode de croissance et le port gracieux feC — 47 — du premier, tandis que les feuilles ont le coloris du second. Les fleurs sont d'un beau rose carminé qui contraste d'une façon charmante avec la nuance foncée du feuillage. La plante mérite plus particulièrement d'être recommandée pour la floraison hivernale en serre tempérée. Bégonia Picotée (fig. 8). — Voici la description donnée par M. Ware, Tobtenteur de cette nouveauté. C'est une splendide fleur dont la forme rap- pelle celle du Camellia. Elle est grande et d'un beau coloris blanc avec une marge d'une brillante nuance de rose. La floraison en est très abondante. La variété a obtenu un certificat de première classe à l'un des meetings de la Royal Horticultural Society à Londres. Iris xiphioides Ehrh. — Cette espèce, assez répandue en Espagne, dans quelques parties des Pyrénées, atteint une hauteur de 0'"30 à 0"i60 ; sa tige flexueuse porte d'ordinaire deux ou trois grandes fleurs qui, dans le type, sont d'un beau bleu et dont la culture a produit de nombreuses variétés aux coloris les plus divers. Les Iris xiphioides ou /, xiphyum Jacq. sont d'une parfaite rusticité et fleurissent en juin et juillet. Echeveria quitensis (Cotylédon quitensis Baker). — Cette espèce est un des rares représentants de la famille des Crassulacées sous l'Equateur; elle a été rencontrée fréquemment sur les murailles dans les villes et les villages du haut plateau par le D'" Lagerheim, autrefois directeur du Jardin botanique de Quito. Elle résiste aux faibles gelées de cette région connne à la sécheresse qui y règne durant plus de trois mois. Son feuillage persistant et ses jolies grappes de fleurs d'un rouge brillant en font une plante très recommandable pour orner le parterre en été. Elle se multiplie de graines et de boutures. Tydaea pyramidalis racemosa. — Cette nouveauté constitue une réelle améhoration parmi les Tydaea au point de vue de la forme de la plante ainsi que de la grandeur, du coloris et du port des fleurs. Elle forme une touffe de 0'"30 à 0'"40 de hauteur, elle est très ramifiée. Les tiges florales sont nom- breuses et portent de longues grappes de fleurs d'un coloris écarlate des plus distingués. Chironia peduncularis. — Cette espèce est considérée comme la i)liis belle parmi celles qui représentent dans nos serres le genre Chironia. Elle commence à fleurir dès le mois de juillet et fleurit tai'd en autonme, ce qui est précieux pour nos serres tempérées. Elle forme une touffe de 0'"40 de hauteur et se couvre de fleurs d'un beau rose pourpré, longuement pédonculées. Brownea Crawfordi. — Cette espèce est la plus belle du genre Brownea. Elle est considérée comme un hybride entre B. niacrophijUa et B. grandiceps et rappelle les deux ascendants. Par le feuillage et l'aspect général elle se rapporte au B. macrophylla, tandis que la fleur ressemble à celle du B. grandiceps. Les capitules floraux sont grands et composés de plus — 49 — de septante fleurs ayant de 0'"05 à 0™07 de diamètre, garnies de nombreuses étamines. Leur coloris est d'un rouge saumoné. Les feuilles sont pinnées, larges, et ont environ 0'"G0 de diamètre. Lobelia x Gerardi. — Ce remarquable hj^bride a été obtenu par le croisement opéré entre le Lobelia cardinalis Queen Victoria et une variété grandiflore du Lobelia stjpltHitica ; cette dernière a fourni le pollen. La plante a été dédiée à M. Gérard, directeur de la section botanique du parc de la Tête d'Or, à Lyon. Elle est décrite dans un récent fascicule de la Bévue Hor- ticole et signalée pour sa végétation puissante et son abondante floraison. Le calice est légèrement rougeâtre ; les fleurs, de couleur violet-évèque, prennent des tons plus ou moins chauds suivant les individus. La lèvre inférieure avec ses trois segments est marquée, à la base de ceux-ci, de deux taches blanches triangulaires qui contrastent avec le coloris violet. Pancratium caribaeum Linn. — Cette belle amaryllidée, à feuilles en ruban, porte sur sa hampe ancipitée une gracieuse ombelle de cinq à vingt grandes fleurs blanches, délicieusement parfumées. Le plus souvent elle fleurit deux fois par an. Le bourgeon terminal per-siste et dure nombre d'années. La réunion de plusieurs bulbes dans un même pot forme de magnifiques touffes. La Revue Horticole reconnnande de cultiver cette espèce dans de la terre de bruyère, mélangée à de la terre franche et à une forte dose de sable de mer. Les plantes peuvent être mises à peu près à sec en hiver sur une tablette de la serre. En été, il faut les garantir de la grêle qui troue, lacère et abime les feuilles. Èm. Rodigas. PETITES NOTES DE CULTURE JasmiDum gracile. — Peu de fleurs émettent un parfum aussi exquis que les panicules de fleurs blanches de cette gracieuse liane, qu'on ne ren- contre que bien rarement dans nos serres. La plante se trouve le mieux crois- sant en pleine terre, et conduite autour d'un pilier. Les fleurs se succèdent durant une période de quatre mois. Arbustes forcés. — Aux noms des arbustes dont on peut hâter la floraison et qui ont été cités page 17, il conviendrait d'ajouter V Eiicryphia pinnatifolia, qui est trop peu connu et qui a un cachet ornemental d'une grande valeur. Le feuillage lui-même, nettement découpé, est gracieux, et les fleurs, du blanc le plus pur, avec leurs nombreuses étamines, sont grandes et abondantes. Un amateur des environs de Gand nous a envoyé, le 15 janvier, des rameaux superbement fleuris de cette rosacée. Passiflores. — Les grenadilles, c'est le nom que l'on donnait autrefois aux — 50 — passiflores, resteront parmi les plus élégantes et les plus curieuses plantes de nos serres. En général elles se plaisent dans un sol riche, terreau de fumier avec terre Iranclie, tenu assez fi-ais durant la période de végétation et moins humide pendant le repos. Elles se multiplient de boutures prises sur les jeunes rameaux et placées sur couche chaude et sous double vitrage. Les passiflores sont essentiellement pol}- morphes dans leurs éléments foliacés comme dans l'ap- parence de leurs fleurs. Il en existe de nombreuses espèces toutes ornementales. Poinsettia. — Les fleurs de cette euphorbiacée mexicaine sont actuelle- ment un des plus riches ornements de nos serres. La variété albida a de grandes bractées blanches; dans la variété lutescens, les bractées sont jau- nâtres; les bractées terminales chez le type sont d'un beau rouge carminé. Une variété assez nouvelle, Poinsettia pulcherrima plenissima, se distingue en ce que la rangée de bractées groupées au-dessous des fleurs est accompagnée d'une deuxième couronne de bractées plus petites qui persistent plus longtemps. Pour donner ample satisfaction, les Poinsettia ont besoin d'avoir acquis une bonne force, sinon les branches sont un peu grêles et la plante entière prend un triste aspect. Aussitôt après la floraison, les plantes doivent être rabattues rez terre, ensuite elles sont mises sur chaleur de fond, très près du jour. Les nouveaux rameaux donnent d'excellentes boutures qui reprennent prompte- ment, surtout si elles sont coupées avec le talon. Les plantes faites demandent une température élevée et un bon terreau de feuilles mêlé avec du sable. Dracaena. — Beaucoup de formes de ce genre ont le grand mérite d'offrir un aspect général très caractéristique, indépendamment d'une richesse de coloris propre au feuillage. La plupart demandent la serre chaude et si leur emploi dans les salons, même chauffes, ne peut être que momentané, afin d'éviter le dépérissement des plantes, c'est qu'on ne leur accorde ni l'humidité nécessaire, ni la lumière dont elles ont un besoin encore plus impérieux. Nous avons vu des Dracaena Jacquini [ferrea et terminalis) se conserver parfaitement dans une jardinière de salon, pendant quatre années. Les plantes étaient placées en pleine lumière. Aphelandra. — Ces belles acanthacées dont on connaît aujourd'hui environ cinquante espèces sont des arbustes à beau feuillage, appartenant tous à l'Amérique tropicale. Tout amateur a pu en apprécier au moins quelques-uns, comme A. Fascinator, A. Leopoldi, A. Macedoiana , A. pundata, A. Margaritae, A. nitens Sinitzini, aux fleurs d'un rouge plus écarlate encore que celles de VA. Fascinator. Leur floraison est actuellement terminée, aussi peut-on, jusqu'au mois de mars, les mettre en serre tempérée, assez sèche. En mars on les taille afin d'avoir les exemplaires compacts, après quoi on les met en serre chaude humide en ajant bien soin de leur donner de 18 à 25° pendant le jour et de veiller à ce que les cochenilles et kermès ne les envahissent pas. — 51 — Blanc des Chrysanthèmes. — C'est à croire que la bouillie bordelaise sera bientôt la panacée universelle de l'horticulture. On recommande mainte- nant ce mélange contre le blanc des Chrj'santhèmes, qui est d'ailleurs une maladie cryptogamique comme l'oïdium, etc. La bouillie pourra être composée de deux kilogrammes de sulfate de cuivre avec la même quantité de chaux vive par hectolitre d'eau. Les plantes seront seringuées une fois par mois, afin de prévenir la maladie. R. d'Eelen. FLEURS ET PLANTES AUX VILLAS MARITIMES Nulle part peut-être le besoin de la verdure et des fleurs ne se fait sentir d'une façon plus impérieuse qu'en face de l'Océan. La plupart de ceux qui ont la bonne fortune de pouvoir passer quelques semaines en villégiature au bord de la mer regrettent bien souvent le modeste jardin, le petit parc, les arbres et les fleurs qu'ils laissent derrière eux dans leur résidence ordinaire. Heureux ceux qui ne doivent pas abandonner à des mains mercenaires le soin de décorer la terrasse de la villa qu'ils occupent ou le jardinet qui s'étend devant leur demeure! Les compositions florales qu'on y rencontre sont trop généralement les mêmes; les parterres minuscules des petits jardins sont presque toujours formés sans goût et sans variété. Profitant de quelques jours de loisir, nous avons pu, en automne dernier, étudier à l'aise ce que nous appellerions l'herbier floral des jardins disposés devant les villas construites sur la digue de Blankenberghe, depuis la rampe Malécot jusqu'aux dunes où l'on a le projet d'établir un grand pier destiné à embellir encore cette jolie plage. Une quarantaine de villas possèdent des jardinets; ceux-ci étaient presque tous tracés d'une façon analogue, avec une corbeille centrale entourée du double chemin conduisant de la grille à l'habitation, et les coins et accotements garnis à peu près de même. Nous comprenons parfaitement que les familles qui viennent faire au bord de la mer un séjour temporaire doivent être tributaires d'un jardinier, d'un horticulteur et parfois du même jardinier, du même horticulteur que leurs voisins; nous comprenons moins bien que le propriétaire qui st\journe à la mer durant toute la belle saison ne mette pas son ambition à orner le jardinet dans lequel il est obligé, sinon de vivre, au moins de passer plusieurs heures chaque jour, et qu'il ne cherche pas à s'entourer de végétaux variés. C'est à peine si les plantes réparties dans les quarante jardins en question apparte- naient à quarante genres différents. Nous en avons fait le relevé; le voici dans sa grande simplicité : Pelargonium, Verveine, Lobelia, Thu3a, Tropaeolum, — 52 — Reine Marguerite, Pétunia, Soucis, Ageratum, Pyrethrum, Phormium, Eche- vei'ia, Héliotrope, Dracaena, Gobaea, Tradescanlia, Aucuba, Gunnera, Hedera, Rheum, Rose, Sempervivum , Hydrangea, Diantlius, Saxifraga, Weigela, Tagetes, Réséda, Pensée, Balsamine, Bégonia, Funkia, Lis, Phalaris, Yucca, Fuchsia, Goleus, Acliyranthes, Gnaplialiuni et Iresine. Plusieurs de ces genres n'étaient représentés que par une espèce unique, quelques-uns par des variétés de la même espèce. Vingt-huit genres n'étaient employés qu'une seule fois. Les Pelargonium formaient la décoration principale de vingt-et-une villas, dans neuf il y avait des Pétunia et des Lobelia eriniis, dans huit le Pyrethrum à feuillage vert et dans deux seulement le Pyrethrum auretim vrai. Le centre des parterres était occupé cinq fois par un Dracaena ordinaire, deux fois par un Dracaena, Uneafa var. Doucefiana; les Tropaeolum fleurissaient abondamment dans une dizaine de jardinets. Presque toutes les plantes étaient remarquables de santé et de vigueur, les espèces trapues comme les plus élevées; en général aussi la floraison était fort riche et à de rares exceptions près les parterres étaient propres et bien entretenus. Parmi les plantations les plus gracieuses, nous citerons celles de la villa des Liserons, avec une allée centrale et deux parterres latéraux composés de Pelar- gonium variés, de Lobelia, de Capucines, et la terrasse ornée de Phoenix dont les frondes avaient souffert quelque peu des intempéries. Le balcon était tapissé de verdure au moyen de Gobaea et de Tradescantia. Puis vient la villa Madona avec les appuis de la terrasse décorés de vases garnis de Phor- mium et de Dracaena à leur centre, de Gapucines, de lierre et de Pétunia retombant le long des bords. Les parterres composés de Pelargonium simples et doubles, avec bordure d'Echeveria metallica ou de Pyrethrum et d'Age- ratum ainsi que Tagetes, faisaient un bel effet. Gitons encore la villa de M. Massange de Louvrex, ravissant parterre formant une gracieuse bro- derie et réunissant dans ses cercles les plantes les plus variées de la mosaïcul- ture. Le jardinet de la villa Fernande présentait un joli parterre de verveines variées, les accotements présentant des Pelargonium bien fleuris malgré leur vigoureux feuillage, les plantes atteignant un mètre de hauteur. Le balcon était très gracieusement garni de Pelargonium fleuris. L'hôtel des Bains et des Familles offrait un bon modèle de jardin français avec des vases plantés de Dracaena et de Pelargonium à feuilles de lierre, des parterres adossés garnis de Pyrethrum, de Pelargonium variés, de Gapucines et d' Aucuba. Malheu- reusement les bords des parterres étaient formés au moyen de petits cruchons en grès, le fond hors de terre, bordure économique peut-être, mais dénotant une complète absence de bon goût. ÉM. R. G'"^ Série. TOME P^ 4mo Livraison, 28 Février 1894 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal ioteriialional populaire de rHortieuKure DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le palroiiagc de J. Ll N DEIM Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSXRAXIOX HORXICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. S01S^LiyE.A.II^E Pages Causerie horticole 53 Renseignements et cultures 56 Fécondation des Œillets 61 Arboriculture fruitière 61 La poire « Marguerite Marillat » 63 Deux Chrysanthèmes nouveaux 65 Culture de l'asperge 67 Pages TKXTE ET PLANCHE COLORIÉE PI. 4. Canna reine Charlotte 55 Fig. 9. Chrysanthème Robert Owen (hors texte). » 10. Pyramide 62 » 11. Poire Marguerite Marillat 64 " 12. Chrysanthème Rose \Vynne (hors texte;. PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles. Gand, impr, Eirg. Vanderbaegben . TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX ^ILLUSTRATION HORTICOL ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES > ^♦^ < Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et cli Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse (a présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire conna-i leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant cbai deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. Li[ir circulation universelle augmente considérablement de jour en jci I^, B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture I assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvd de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux ensemble Pour raniiée entu Pour 1 iusc'itiun Pour o iiisfitions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertion dans les 2 journ. dans les 2 jouni dans les 2 journ. dans les 2 jourii. dans les 2 jour fr. 500 « 300 .. 225 " 180 » 150 » 125 » 75 Une page entière . . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 Une demi-page .... » 30 .. 60 » 100 180 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 ^) 80 125 Un quart de page. . . . » 20 » 40 » 70 110 Un sixième de page . . . .. 15 » 30 » 50 90 Un huitième de page . » 12 » 25 » 40 70 Un seizième de page . » 6 .. 12 » 20 35 On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'ILLUSTRATION HORTICOLE et du JOURNAL DES ORCHIDÀ 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnés à l'un de ces journaux. 53 CAUSERIE HORTICOLE II. — LES FLEURS DANS LA SOCIÉTÉ MODERNE 28 Février 1894. Nous recevons la lettre suivante : Mon cher Directeur, Voulez-vous me permettre de compléter quelque peu les données que M. Max Garnier a fournies dans son intéressante causerie du 30 janvier? Les Floralia, en Hollande, sont des Sociétés qui distribuent des boutures, enracinées le plus souvent, non pas aux petits amateurs, mais aux ouvriers (^). La Bévue horticole de 1891 signale qu'au printemps de cette année, 150 lots de plantes, se composant chacun de six pots, ont été remis à 150 familles, avec mission de les cultiver, par la commission des Floralies de Purmerend. Le 31 août, un concours était organisé pour ces plantes, qui étaient cultivées à domicile; 130 lots ont été présentés au complet, et un certain nombre l'ont été en partie. Quinze prix ont été accordés par le jury et remis solennellement aux laui'éats, le lendemain, pendant un concert et en présence de l'Administra- tion communale. C'est la neuvième année que cette distribution et ce concours ont lieu à Purmerend, et toujours avec le même succès. Ces sortes d'insti- tutions existent dans plusieurs villes de la Hollande. En Belgique, nous pouvons citer l'exemple de Liège où, à la grande Expo- sition du mois de septembre de l'année dernière, le programme comportait des concours pour des plantes cultivées par des ouvi'iers; deux envois, com- posés de plantes bien cultivées, furent exposés et obtinrent une distinction. Mais c'est à Borgerhout, un faubourg d'Anvers, que ce concours éminemment utile, a été organisé avec soin et intelligence par la Société horticole « Flora » présidée par un amateur des plus distingués, M. Florent Pauwels. Voici les dispositions principales réglant le concours et que nous trouvons dans la circulaire que la Société a distribuée aux intéressés le 10 avril 1893. A l'occa- sion de sa 29'' Exposition, la Société ouvrait quatre concours, auxquels ne pouvaient prendre part les seuls ouvriers travaillant pour le compte d'un patron; les ouvriers en service d'un jardinier ou d'un horticulteur étaient (i) Il n'y a pas coutradiction, mon cher confrère. M. G. — 54 — exclus. Ces quatre concours étaient : 1° pour les trois Géranium {sic) à fleui's simples les mieux cultivés; — 2° pour les trois Géranium à fleurs doubles, itl.; — 3° poui- les trois Fuchsia à fleurs simples, id.; — 4" poui- les trois Fuchsia à fleurs doubles, id. A chaque concours étaient attachées cin({ récompenses en argent : l^"" prix, 25 fr.; 2^ 20; 3^ 15; 4^ 10; 5% 5 fr. — Pour prendre part aux concours, il fallait, avant le 1<^'" juin, renvoyer à un des membres de la direction de la Société un bulletin d'inscription joint à la circulaire; le parti- cipant devait habiter le canton de Borgerhout ou un des trois cantons d'Anvers. — Chaque souscripteur pouvait acheter autant de plantes que bon lui semblait. Pour prévenir les fraudes, deux des membres du conseil se sont rendus, après le 1*^'' juillet, chez les souscripteurs pour marquer leurs plantes du sceau de la Société. C'est parmi les plantss ainsi marquées que l'exposant devait choisir les trois exemplaires pour l'Exposition. Chaque ouvrier inscrit qui envoyait ses plantes à l'Exposition, recevait une indemnité de un franc par exemplaire, excepté les vainqueurs des concours. L'initiative prise par « Flore » a eu le meilleur et le plus encourageant succès : quinze concurrents ont pris part au l'^'' concours, quatorze au 2^, cinq au 3® et quatre au 4®. En France, la Société Régionale d'horticulture du Nord de la France a, depuis deux ans, ouvert des concours analogues entre les ouvriers de l'indus- trieuse ville de Lille. La Société a publié dans son journal, et distribué aux ouvriers, des instructions sur la culture des plantes. Le succès a répondu aux vaillants efforts de nos amis lillois et permet d'espérer de beaux résultats pour l'avenir. A Anvers, il y aura cette année un concours pour l'ornementation florale des façades, à l'instar de ce qui se fera à Bruxelles. Ce concours est organisé par la Société « Anvers en Avant » avec l'aide de la Chambre syndicale des jardiniers-fleuristes de la ville et de la banlieue. Nous sera-t-il permis d'ajouter que l'idée de ce concours a été mise en avant dans une des « Chro- niques des fleurs » que pubhe le Précurseur? Cela prouverait que les jour- naux quotidiens peuvent contribuer dans une large mesure à stimuler le zèle de ceux qui désirent favoriser la vulgarisation de la culture des plantes dans les demeures. Agréez, mon cher Directeur, mes plus cordiales salutations. Charles De Bos^chere. L'ancienne Illustration Horticole a donné à diverses reprises des renseigne- ments intéressants sur ces Floralies. — Il ne pouvait entrer dans mes intentions de m'étendre sur ce sujet dans ma précédente Causerie; mais j'aurai certaine- ment l'occasion d'y revenir d'une façon plus complète. M. G. L'ILLUSTRATION HORTICOLE PL. IV I CANNA REINE CHARLOTTE A. Goossens pinx. P. De PanncDiui'ker chrom. PI. IV CANNA REINE CHARLOTTE Les Canna ou Balisiers sont au nombre des plantes les plus en faveur actuellement pour la formation des corbeilles, où ils offrent l'aspect le plus gracieux, tant par-i'éclat et l'abondance de leurs fleurs que par la forme et le coloris élégant de leurs feuilles, d'un vert plus ou moins bronzé sur les bords et p'rès de la nervure. Peu de plantes aussi ont été plus transformées depuis quelque dix ans par l'ingéniosité des semeurs. Les formes qui ont fait leur apparition dans ces derniers temps ont des fleurs vraiment splendides comme grandeur et comme richesse de nuances ; celle que nous figurons aujourd'hui est une des bonnes variétés récentes. Le Canna Beine Charlotte est mis au commerce par le grand établissement WiLHELM Pfitzer, de Stuttgart, qui nous en a adressé des fleurs, d'après lesquelles a été exécutée notre planche. Sa fleur, sans être des plus grandes, est d'une dimension déjà fort belle; son coloris est remarquablement éclatant. D'auti'es variétés avaient déjà la bordure jaune qui fait si brillamment ressortir le rouge vif, le Canna Madame Crozy, par exemple, et aussi le C. Germania, autre obtention de M. Pfitzer qui a reçu un accueil excellent à l'exposition de Chicago; mais dans ces variétés la bande jaune était notablement plus mince, et n'attteignait pas à l'éclat que l'on admirera sur notre planche. En voyant ces superbes fleurs, on pense innnédiatement aux Glaïeuls, quoique ceux-ci, également fort améliorés par des semeurs tels que M. Lemoine, de Mancy, ne soient plus nos Glaïeuls d'autrefois. D'après les renseignements fournis par l'obtenteur, le Canna Reine Char- lotte a l'avantage de ne pas varier, comme le fait notamment la variété Madame Crozij. Il possède en outre la précieuse qualité de fleurir jusqu'aux premières gelées. Les Canna hybrides, si nombreux depuis quelques années, sont générale- ment de culture facile. On coupe les feuilles près du sol au mois d'octobre ou novembre, lorsque la floraison est terminée, et on rentre les souches pour l'hiver après les avoir bien nelloyées de la terre qui les recouvi';>; on les conserve ainsi en serre froide jusqu'au printemps, époque à laquelle on les — 56 — plante, soit en pots, soit en pleine teri'e où ces plantes forment des massifs superbes. Dans ce dernier cas, il est bon de faire passer aux .souches quelque temps sous châssis pour les faire entrer en végétation, avant de les mettre en terre. Max Garnier. RENSEIGNEMENTS ET CULTURES Deux Rhododendron rustiques qui fleurissent actuellement sont le il*, dahuricuui et le B. praecox; lorsqu'ils sont abrités contre les vents froids, ils devancent même cette époque et se montrent en fleurs au milieu de février. Le premier est originaire de la Sibérie, d'où il a été introduit il }• a fort longtemps, au moins un siècle; il a les fleurs rose pourpré, s'élevant bien au-dessus des feuilles petites et formant un vif contraste avec leur couleur vert sombre. Il est très florifère. Le B. praecox est un hybride issu du précédent et du B. ciUatum. Ses fleurs sont un peu plus claires et un peu plus grandes que celles du B. dahuricum; elles sont groupées généralement au nombre de six par bouquet. Elles mesurent près de 4 centimètres de diamètre. Ses feuilles sont également d'un vert foncé élégant. v La grande qualité de ces deux Rhododendron consiste dans leur précocité, rappelée par le nom du second, lequel fleurit d'ailleurs environ deux semaines plus tard que le premier. Leur floraison à cette époque de l'année est particu- lièrement agréable. Ajoutons que tous deux se prêtent parfaitement au forçage, et fleurissent même dès le mois de novembre dans ces conditions. Floraisons printanières. — Parmi les plantes qui égaient maintenant les jardins de leur floraison, on peut citer beaucoup de charmantes petites espèces trop peu connues, qui seraient sans doute éclipsées à d'autres époques par des plantes à fleurs plus grandes et plus brillantes, mais qui réjouissent la vue à cette saison et font attendre plus patiemment le retour du printemps. Telles sont notamment les suivantes : Borrayo orientais [PsUostemon orientale). — C'est une plante absolument rustique; quoique ses charmantes fleurs bleues soient parfois endommagées par les gelées, la plante elle-même n'en souflre pas. Elle forme de gracieuses bordures, atteignant une hauteur de 30 centimètres environ. Gomme l'indique son nom, elle est originaire de l'Europe orientale et de l'Asie. Elle se multiplie d'éclats au commencement de l'automne. Cynoglosse printanier (Omphalodes verna). — Réussit à merveille en bordure dans les endroits sablonneux ou rocailleux ; elle pousse même quelquefois trop — 57 — vigoureusement, car elle envahit un peu, mais son abondante floraison com- pense avec avantage ce petit défaut. Les tiges florales pendantes décorent gracieusement les roches ou les pierres de couleur qui bordent le chemin ; en les éclaircissant de temps en temps et en faisant leur toilette, on obtiendra d'elles un effet ornemental. Les fleurs, produites en petites grappes, sont d'un bleu brillant et comme émaillé, avec la gorge blanche. Elles rappellent beau- coup les Myosotis, tout en étant plus grandes et d'un coloris plus foncé. Une autre espèce, le Gynoglosse à feuilles de lin (0. Imifolia) ou Elégante de Bruxelles, a les fleurs d'une forme analogue; on l'appelle parfois Myosotis blanc; ses fleurs sont blanches, ou parfois d'un lilas pâle. Cette dernière espèce est annuelle et fleurit plus tard, à la fin du printemps et jusqu'en septembre. On la sème généralement au mois de mars ou avril sur place, de préférence au pied des murailles, où elle réussit admirablement, ou au mois de septembre; dans ce dernier cas, on repique les jeunes semis en octobre et on les plante en place en mars-avril. Les Pulmonaires. — Ces Borraginées rendent également de grands services comme plantes de bordure, pour orner les intervalles des grandes plantes et des arbustes et le bord des bosquets. La plus remarquable est le P. officinalis caucasica, qui fleurit dès le commencement de février. Le P. virginica, connu aussi sous le nom de Mertensia, fleurit un peu plus tard, du mois de mars au mois de mai, peu de temps après être sortie de terre. Les plantes atteignent une hauteur de 25 centimètres environ, et se couvrent de jolies fleurs bleuâtres ayant le tube violacé. Elles réussissent parfaitement à mi-ombre, dans un sol frais et léger. On les divise à la fin de l'été pour les multiplier, et on les plante espacées de 30 à 40 centimètres. Plantations d'asperges. — Le cultivateur qui se propose de faire de nouvelles plantations d'asperges ne doit pas tarder à préparer son terrain, si ce n'est pas déjà fait, pour planter le mois prochain. La terre sera bêchée profondément, et l'on y versera une assez forte proportion do fumier bien consommé qui y sera bien incorporé. Un terrain assez sablonneux, alluvial, et imprégné de matières salines, convient bien pour cette culture, pourvu qu'on l'engraisse convenablement. Le fumier qui avait été étalé en couche mince sur les anciennes plantations avant l'hiver doit être retourné et incorporé, et l'on remuera en même temps la surface du sol avec la fourche, en prenant soin de ne pas blesser les griffes. On pourra \ ensuite la recouvrir d'une couche de quelques centimètres de fumier de feuilles. Il sera bon aussi de protéger les parties nouvellement ensemencées et les — 58 — jeunes semis qui commencent à poindre, en tendant au-dessus un filet grossier supporté par des bâtons courts, destiné à arrêter les moineaux et les pinsons. Les pommes de terre ne devront pas être plantées trop tôt, l'arrière- saison paraissant réserver des gelées tardives. Il vaut donc mieux attendre encore deux semaines. Si le terrain a été bien engraissé pour la saison précédente, et est encore assez riche, il ne sera pas nécessaire de l'engraisser de nouveau; les pommes de terre n'en seront que plus abondantes et de meilleure qualité. ♦ » Les Crocus ou Safrans sont au nombre des plantes dont les fleurs embellissent actuellement les jardins ou les appartements, et comptent parmi les plus populaires. Leurs fleurs commencent à paraître au mois de février ou mars; individuellement, elles ne sont pas de longue durée, mais elles se succèdent pendant au moins un mois. Leurs coloris sont exti'êmement variés, et vont du blanc au violet-bleu ou lilacé et au pourpre; d'autres variétés sont jaune verdâtre; certaines sont richement panachées. Les Crocus réussissent facilement dans une terre très saine, meuble, un peu sableuse et fraîche. Ils demandent de l'engrais, de préférence du terreau ou de la bouse de vache bien consommée et transformée. On les plante en septembre-octobre, et même jusqu'au commencement de décembre. Parmi les variétés les plus hâtives, on peut citer les suivantes : C. Suzianus (Safran drap d'or), à fleurs d'un beau jaune d'or ; C. versicolor^ à fleurs blanches lavées de violet et striées au milieu de chaque segment de violet pourpré; C. biflorus (Safran écossais) à fleurs blanches striées de violet en dehors. Les Safrans sont très fréquemment utilisés pour orner les appartements; on les place, vers l'époque de la floraison, dans de petits pots ou des vases de grès de forme variée, contenant chacun plusieurs bulbes. On les multiplie toujours en séparant les caïeux. En Hollande on a l'habitude de recouvrir la plantation pendant l'hiver d'une couche de bouse de vache délayée d'eau, de façon à former une sorte de mortier qui protège la terre et l'empêche d'être tassée par les plujes. On enlève cette couche protectrice vers la fin de la mauvaise saison. Hépatique [Hepatica trïloba, Anémone Hepatica, Herbe de la Trinité). — Cette charmante plante est précieuse pour sa floraison précoce; elle fleurit à l'état naturel en mars, et cultivée sous châssis ou dans une serre non chauffée, en janvier et février. Aussi est-elle beaucoup utilisée pour la décoration des J — 59 — appartements. Elle est vivace et se multiplie d'éclats à l'automne tous les trois ou quatre ans. Ses fleurs sont étalées, de coloris variable, bleu, blanc ou rose. Elles appa- raissent avant les feuilles, et ornent très gracieusement les ijlates-bandes ou les bordures. Les Hépatiques demandent à être cultivées dans la terre de bruj'ère et à être abritées contre les rayons directs du soleil et les grands courant d'air. Arbustes en fleurs, — Parmi les plus gracieux arbustes actuellement en fleurs, on peut citer certaines Bruyères, notamment les E. codonodes et E. carnea (B. couleur de chair), à fleurs rose clair, disposées en grappes serrées, qui peuvent être employées à border les massifs d'arbustes de terre de bruyère; le Laurier-tin {Vïburnum tinus), d'un beau feuillage persistant vert vif en dessus, plus pâle en dessous, à fleurs rosées d'abord, puis blanches; le Cognassier du Japon (Pi/riis ou Cijdonia japonica), à fleurs rouge vif. arbrisseau qui atteint une hauteur de l'"50; le Cerisier du Japon {Cerasus ou Prunus japonica), arbrisseau à fleurs semi-doubles d'un blanc-rosé; Chimo- nantkus fragrans, arbrisseau de 2'"50 de hauteur, à fleurs d'un blanc gris lavé de rouge, répandant une odeur délicieuse; Garnja elUptica, à fleurs en longs chatons pendants, d'un effet très gracieux; ces arbustes, qui atteignent 2 à 3 mètres, sont un peu sensibles aux grands froids dans nos climats; Jasuiinum niidifloruiii, arbuste de 3 mètres, produisant ses fleurs jaunes avant les feuilles; Lonicera Standishl (chèvrefeuille de Standish), à fleurs blanches parfumées; Berheris japonica, Ker via japonica, k fleurs d'un jaune brillant, assez grandes, simples ou doubles; Andromeda floribimda, etc., etc. Époque des semis. — Un correspondant me fait connaître qu'il ne partage pas mon opinion concernant l'époque à laquelle il convient de semer les oignons. Je dois dire que je m'attendais à voir formuler un avis différent; j'aurais été surpris si je n'avais pas reçu une lettre de ce genre, les opinions étant un peu partagées sur cette question. A vrai dire, j'estime que l'époque du semis n'est pas tout, qu'il faut consi- dérer aussi l'état du sol, et que les deux choses ont à peu près autant d'impor- tance l'une que l'autre. Il y a quelques années, j'ai vu un cultivateur essayer de semer des pois en novembre; ils ont bien poussé, mais au mois de mars ils n'avaient pas fort belle mine, et ceux qui ont résisté n'étaient pas en avance de huit jours sur ceux semés au mois de mars. J'ai vu aussi semer une espèce très hâtive en janvier, dans un endroit très protégé et chaud; ils n'ont pas souffert, malgré — GO — deux ou trois chûtes de neige, tandis que d'autres, semés six semaines plus tard à découvert, ont été très éprouvés. En tous cas, il vaut beaucoup mieux attendre une ou deux semaines et semer dans un terrain chaud et sec, que de semer ou de planter dans le sol humide, d'autant plus que les semences qui n'ont pas mûri dans d'excellentes conditions ou qui sont anciennes ne germent pas bien dans un sol humide et froid. Beaucoup de cultivateurs en ont fait l'expérience à leurs dépens pendant ces dernières années. Culture des Bégonia tubéreux. — Lorsqu'on veut produire des Bégonia de semis, on sème les graines au commencement de l'année, depuis février jusque vers la fin du printemps, pour avoir des fleurs en juillet-août. Le com- post qui convient le mieux est de la terre du bruj'ère mélangée de terreau de feuilles; les graines doivent rester à la surface ou être très peu recouvertes. On place la terrine ou le pot dans une couche chaude, et il est bon de recouvrir avec une plaque de verre, en aérant seulement de temps en temps quand le temps est clair et chaud. Il n'est nullement nécessaire de tenir les terrines dans l'ombre, mais il est bon de les abriter quand le soleil est vif. Lorsque les jeunes plantes ont trois ou quatre feuilles, on les repique en petits pots, puis en pots plus grands, deux ou trois fois selon les besoins, jusqu'à ce qu'elles puissent être mises en pleine terre au mois de juin. Lorsque la mauvaise saison arrive, la végétation se ralentit, puis les feuilles et les tiges se fanent et tombent. On arrache alors les tubercules, on les essuie en enlevant toute la terre qui s'y trouve attachée, on les sèche, et l'on les dépose pour passer l'hiver dans un local sec à une température de 6 à 10° environ. On peut les étaler simplement sur des planches, ou les mettre ensemble dans des caisses remplies de sable sec. La végétation recommence au mois d'avril, sous châssis. Les Bégonia tubéreux réclament en général un terrain frais, assez léger et cependant substantiel, et une exposition demi-ombragée. On peut aussi opérer les semis sous châssis froid à la fin de juin ou au com- mencement de juillet; dans ces conditions, très peu de plantes fleurissent la même année. On hiverne les tubercules comme nous l'avons dit plus haut, et on les traite la seconde année comme les autres. Ce procédé est moins rapide, mais a l'avantage de ne pas exiger de serre ni de chauffage. Les nouvelles formes de Bégonia tubéreux qui figurent dans les Catalogues récents représentent un chemin immense parcouru depuis dix ans. L'aspect de la fleur est complètement transformé; elle tient de la Rose et du Gamellia, surtout du dernier. Certaines variétés ont les pétales groupés autour de plusieurs centres; d'autres les ont plus amples, ondulés et gaufrés à peu près comme dans les Roses trémières. Max Garnier. — 61 FECONDATION DES ŒILLETS . Beaucoup de cultivateurs désirent produire des semis; c'est une tâche très attrayante, même lorsque l'on n'obtient pas des nouveautés très remarquables; mais le jardinier intelligent et observateur a beaucoup de chances d'en pro- duire sinon au premier essai, au moins au bout de deux ou trois générations. Le moment le plus favorable pour féconder les fleurs est le milieu de la journée, à partir de 11 heures environ, et l'on doit choisir un temps bien sec et bien ensoleillé. Les fleurs ne tardent pas à se faner si l'opération réussit, et au bout de quelques semaines les graines sont bonnes à recueillir. Jusqu'à la maturité, cependant, il est nécessaire de prendre certaines pré- cautions, au moins pour les plantes cultivées en plein air. L'humidité, prove- nant des pluies ou de la rosée, pourrait faire pourrir les pétales, et de là gagner la jeune gousse de graines; on agira donc prudemment en enlevant les pétales dès qu'ils sont fanés. En outre, après les pluies abondantes il est bon de secouer le calice pour en faire tomber l'eau. Les forficules ou perce-oreilles attaquent souvent les capsules et y percent des trous pour s'y loger; il faut avoir soin de leur faire la chasse. En prenant ces précautions, le cultivateur sera amplement récompensé par l'obtention d'une grande quantité de capsules. Celles-ci devront être recueillies dès qu'elles commenceront à s'ouvrir par le sommet. Rappelons que, pour les œillets comme pour la plupart des autres plantes rustiques, il est préférable de choisir pour la fructification les premières fleurs épanouies sur chaque plante. Celles-ci sont plus vigoureuses et donnent des graines de meilleure qualité; on a beaucoup plus de chances, dans ces condi- tions, de ne pas avoir de plantes à fleurs simples parmi les semis. Quant aux fleurs qui n'ont pas été fécondées, le mieux est de les couper aussitôt qu'elles commencent à passer. M. G. ARBORICULTURE FRUITIÈRE Variétés de poiriers convenant spécialement pour pyramides. — On commet trop souvent la grave erreur de planter dans les jardins, à toi't et à travers, des sortes de poiriers qui ne se prêtent aucunement à la culture en pyramide. Par exemple : les Beurré d'Amanlis, Triomphe de Jodoigne, Beurré Bosc, Joséphine de Matines, etc., dont les branches sont iKifurelhment — 62 — diver^^entes ou tortueuses ou recourbées; et malgré les meilleurs soins de taille et de dressage on n'obtient de ces variétés que des pyramides disgracieuses. La formation d'une pjTamide est cependant bien simple, mais il importe que Fit'. 10. — Pi/ ra midi'. la végétation des variétés que 1 .i y soumet soit à la l'ois vigoureuse et régu- lière, c'est-à-dire que les branches doivent prendre naturellement et sans peine une belle direction érigée et pyramidale. Il importe aussi que ce soient des variétés dont les fruits ne souffrent pas du plein air. — 63 — Voici quelque bonnes variétés de poires qui se prêtent bien à la culture pyramidale : Clap's Favourite, août. Beurré Duraont, ootoln-e-novembre. Bon chrétien William, août-septembre. Alexandrine Drouillard, id. Madame Treyve, id. Soldat Laboureur, novembre-décembre. Marguerite Marillat, id. Conseiller de la Cour, id. Beurré Van den Hove, sept.-oct. Nec plus Meuris, id. Beurré Hardy, id. Duchesse d'Angoulême, id. Fondante des Bois, id. 25" anniversaire de Léopold I, id. Beurré Superfin, id. Comte de Flandre, id. Bonne Louise d'Avranches, octobre. Beurré Clairgeau, id. Beurré Durondeau, id. Zéphii'in Grégoire, id. Taille et formation de la pyramide. — On peut constater que la pyramide, ici représentée, a été greifée à fleur de terre; qu'une première taille a été faite en A, d'où sont résultées une dizaine de branches latérales; qu'une seconde taille a été faite en B; une troisième en G; une quatrième en D, etc. Par ces différentes tailles, nous avons obtenu les vingt et une branches char- pentières numérotées et qui sont taillées à leur tour comme l'indiquent les sections. En somme, pour qu'une pyramide soit bien faite, il faut : 1° Que les branches charpentières ne soient pas bifurquées; 2° Qu'elles soient suffisamment distancées pour que la lumière puisse ample- ment visiter tout l'intérieur : — c'est un point capital pour la floraison et la fructification, mais il est malheureusement trop négligé; 3° Que les branches du bas soient plus longues et plus fortes que celles qui se trouvent successivement placées plus haut. Distances. — On plante les pyramides à la distance d'environ 6 mètres, lorsqu'elles sont greffées sur franc de semis; à 4 m., lorsqu'elles sont greffées sur cognassier; et à 5 m., lorsqu'on plante alternaticement des pyramides greffées sur cognassier avec des pyramides greffées sur franc de semis. Gustave Michiels. LA POIRE « MARGUERITE MARILLAT» Si nous admettons ce nouveau gain panai nos « 50 poires d'élite, » c'est qu'il a pour cela des mérites incontestables, et ce qui le prouve c'est que h^ poire Murtjuerite Marillat a été plusieurs fois recommandée pai' le Congrès pomologique. — 01 — Comme le montre le dessin, le (Vnii (^st siii)ei-be, gros, pyriforme; sa peau est d'un beau jaune marbré de roux. Fig. 11. — Poire Marc/ net-if e Marillaf. La chair est fine, délicieuse, juteuse, sucrée, légèrement acidulée d'un goût musqué, mais bien moins que chez la poire Bon chrétien William. — 65 — Ce beau et bon fVuit iiiùrit à la fin d'août. L'arbre est d'un beau port, se pi-ète facilement à la culture en pyramide, en fuseau, ainsi qu'en contre-espalier. Nous vojons réussir les greffes sur cognassier et sur franc de semis. Edmond Michiels. DEUX CHRYSANTHÈMES NOUVEAUX Les Chrysanthèmes jouissent depuis quelques années d'une vogue toujours croissante, et bien méritée par la beauté et l'extrême variété de ces fleurs gigantesques, de forme si capricieuse et parfois si compliquée. Chaque année apporte un grand nombre de nouvelles acquisitions ; à peine le chroniqueur horticole a-t-il le temps de les enregistrer, avant qu'elles soient éclipsées par d'autres. Il faut bien se résigner cependant à attendre la fin de la .saison pour en passer la revue et se prononcer sur le mérite des diverses formes. Aussi pouvons-nous avec confiance présente]' aujourd'hui à nos lecteurs, comme deux des plus belles qui aient paru au cours de la dernière saison, les deux variétés figurées sur nos deux grandes gravures. Ces variétés proviennent toutes deux de l'important établissement de M. R. Owen, de Maidenhaid (Angleterre). Les deux superbes gravui'es que nous en publions et que nous devons à l'obligeance de M. Owen, nous dispensent d'en faire une longue description. Le C. Rose Wijnne (fig. 12) est un Japonais issu du C. Miss Annie Hartshorn, et a les fleurs blanches au début, puis d'un mauve tendre très attrayant; il a obtenu trois certificats de l'*' classe en Angleterre à l'automne dernier. Le C. Robert Oicen (fig. 9) est également un Japonais; il provient du C. Sarah Owen, mais il est beaucoup plus large et légèrement aplati au sommet. Il est d'un bronze doré, avec les pointes allongées, jaunes et la base beaucoup plus foncée. C'est l'une des plus remarquables nouveautés parues en 1893. La culture des Chrj^santhèmes, depuis un certain nombre d'années, n'a guère en vue que la production de fleurs aussi grandes que possible, et se rapprochant d'un type déterminé qui a été choisi par les fleuristes connue VidéaJ. Il faut bien reconnaître cependant que la fleur n'est pas tout dans une plante; lors- qu'on examine les spécimens admirés dans nos expositions, ou à celles d'Angle- terre, si nombreuses et si riches, il ne faut pas, si l'on veut conserver une — 60 — impression agréable, porter les ye\ix plus bas que les fleurs; au-dessous, les tiges dénudées, maigres et grêles, offrent le plus souvent un ti'iste spectacle. Je préférerais, pour ma part, des plantes élégantes en elles-mêmes, garnies de feuilles jusqu'à la base ou jusque près de la base; je préférerais aussi que les tiges fussent sullisamment pourvues de fleurs pour former une belle toufie, au lieu d'être réduites au nombre de deux ou trois, en vue de la ])roduction de rteui's géantes. Le talent exigé du jardinier est réduit au minimum dans les conditions actuelles de production. Les plantes sont positivement sacrifiées, alors que l'art consisterait bien plutôt à les montrer dans une condition vigou- reuse et florissante; et ces spécimens que l'on présente si glorieusement aux concours ne sont plus bons qu'à dissimuler dans quelque coin, une fois la floraison passée. La vogue est si puissante, que c'est folie d'espérer d'en remonter le courant, et je crois bien que je prêche dans le désert. Je ne renonce pas cependant à voir se produire d'ici à quelques années une réaction contre cet abus, qui se tuera lui-même par l'excès. En tous cas, je ne crois pas inutile d'exposer ma façon de voir relativement à la culture des plantes d'une façon plus conforme à la nature. On prend les boutures entre la fin de novembre et le milieu de février; les dernières ne sont pas celles qui réussissent le moins bien, car elles donnent promptement une abondance de racines et se développent vite. On les place près du vitrage de la serre, à une température de 4 à 5° G. Une fois qu'elles sont enracinées, il suffît de les préserver de la gelée, et on leur donnera de l'air toutes les fois que le temps le permettra. On les rempote dans des pots plus grands lorsque les racines ont bien rempli le compost, et on les pince dès qu'elles ont atteint une hauteur de 11 à 13 centimètres; il se produit alors trois ou quatre nouvelles pousses. S'il y en a davantage, on supprime les inférieures. En avril, on peut généralement donner encore une fois aux plantes des pots plus grands, et lorsque les pousses ont une quinzaine de centimètres de hauteur, on les pince de nouveau. On obtient ainsi de huit à douze tiges; toutefois il appartient au cultivateur d'examiner combien il veut en conserver, car dans certaines variétés on ne peut guère laisser subsister qu'une seule fleur pour sept ou huit tiges. Dans les Japonais, au contraire, on peut pincer le bouton de tête et laisser une fleur sur chacune des trois ou quatre tiges qui se forment en dessous. On obtient ainsi 30 à 40 fleurs sur chaque plante. Certaines variétés au contraire se ramifient diflicilement, et doivent être pincées trois ou quatre fois pour produire sept à huit pousses. Le dernier rempotage se fait à la fin de mai ou au début de juin, et la seule préoccupation du cultivateur pendant toute la belle saison doit être de favoriser la végétation énei-gique de ses plantes, en les arrosant, en les rempotant dès te; 6 — 67 — que les racines remplissent leur pot, et en leur donnant une terre bien substan- tielle. Il est important de bien comprimer la terre et de la mélanger de bouse de vache bien consommée et de suie; cette matière rend l'engrais plus maniable, détruit les larves, et possède elle-même des qualités fertilisantes. Il est bon de former ce compost plusieurs mois à l'avance et de l'aérer de temps en temps avant de s'en servir. A partir du mois de juin jusqu'à l'époque de la floraison, les plantes doivent recevoir de l'engrais continuellement, et en dose de plus en pJus forte; en outre, vers le milieu de juillet, il est bon de les surfacer avec de la bouse de vache ou de l'engrais chimique. Les arrosages doivent être assez fréquents pour que la terre ne se sèche jamais. Max Garnie r. CULTURE DE L'ASPERGE LA MAUVAISE MÉTHODE ET LA BONNE; COMPARAISON La vieille méthode. — Les vieilles routines de culture sont comme les vieilles coutumes : elles restent implantées et sont difliciles à déracinei'. C'est vraiment malheureux de voir de quelle façon l'on s'y prenait dans le temps pour établir une aspergerie. J'en ai vu encore aujourd'hui qui font de grandes fosses, qui creusent la terre à pouvoir y enterrer un bœuf!... Ces grandes tranchées sont remplies avec du fumier et des engrais de toute nature au fond desquelles on plante des griffes. Je veux prouver ici que c'est de la peine, du temps et de l'argent perdus! Non, il n'y a pas de pire méthode que celle-là. C'est l'enfance de l'art. Elle est coûteuse à établir et avec tout cela l'on n'obtient, à bien attendre, que des asperges tardives, rares et faibles comme des avortons! Cela n'explique-t-il pas comment il se fait qu'il n'y avait, dans le temps, que les riches qui pouvaient se payer le luxe de cultiver des asperges dans leur jardin? La nouvelle méthode. - Entre la vieille méthode de culture et celle qu'on pratique aujourd'hui, la différence est, sans exagération, comme le jour à la nuit : 1° Elle est beaucoup plus productive et plus rémunératrice, puisqu'on en récolte jusqu'à G, 000 kgr. par hectare, en grosses asperges qu'on arrive à vendre au prix moyen, pour les hâtives comme pour les tardives, de 1 franc le kilogr.; 2" Elle est beaucoup plus simplifiée, donc bien moins coûteuse à établir, car il suilit de bien labourer le champ à une profondeur d'un bon pied, tout — G8 — en enfouissant du fumier de feriu'^ comme pour une culture ordinaire, four- ragère ou de céréales. Au lieu do planter à une grande profondein* l'on se contente de planter presque à la surface de la terre, et voici comment : (Jn distance les rangs de l'"33; l'on creuse donc, tous les l'"33, de petites rigoles n'ayant pas plus de 30 centimètres de profondeur sur 30 centimètres de largeur, au fond desquelles l'on plante les griffes à un bon pied les uns des autres. On étend bien les racines que l'on couvre de quel(pies poignées de terre meuble. La bonne plantation de l'asperge se fait depuis la fin de février en mars jusqu'au commencement d'avril. Durant le courant de la l^'' année, on veille à ce que l'on n'enterre pas trop profondément les jeunes griffes, et on les tient propres en détruisant les mauvaises herbes. La 2" année on ajoute un peu de terre. La 3^ année on comble toute la petite tranchée; on pourrait même les butter déjà en vue de récolter les premières asperges si l'on a eu soin de planter dans de bonnes conditions, dans une terre légère (sablo-argileuse ou argilo-sablonneuse), et avec des griffes de l'asperge améliorée. A partir de ce moment c'est tous les ans la même répétition comme soin de cultiver. 1° Butter les rangs d'asperges avec de la terre qui se trouve en abondance entre les rangs; 2° Récolter dès le réveil du printemps jusqu'au 15 juin; 3° Couper les tiges des asperges en automne ; 4° Débutter les asperges avant l'hiver en remettant la terre entre les rangs. L"asperge améliorée. — Notons surtout qu'il y a un abîme de différence vraiment entre les vieilles sortes, que je qualifie d'avortons, et les belles asperges, perfectionnées par la sélection, qu'on cultive aujourd'hui. Une plante d'asperge améliorée peut donner successivement, par année, jusqu'à 15 à 20 turions bien développés, et cela durant une bonne vingtaine d'années consécutives, depuis 4 à 25 et 30 ans. En somme, il faut i° une culture ratiomidle et 2° la bonne sorte cVasperge dite « améliorée; » de cette façon l'on récoltera des asperges hâtives, grosses, longues, succulentes et en abondance. Nota. — Dans un prochain article nous traiterons : De la culture des asperges dans les champs, en grand, au point de vue conunercial. Edouard Miciiiels. G'"^ Série. TOME P Snie Livraison. 15 Mars 1894 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de rHorticulture DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. Ll IM DEN Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX : EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 30 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILHJSXRAXIOIV HORXICOI^E est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. sonyLnynjû^iïiE Pages Chronique tiorticole 69 Plantes nouvelles ou recommandables ... 74 Petites notes de culture 79 Les Palmiers dans les serres 81 Nécrologie 83 Expositions annoncées. . 84 Pages TEXTE ET PLANCHE COLORIÉE PI. 5.Nidularium innocenti Lein., fol. lulco var. 73 Fig. 13. Bégonia « Moravia >< 76 " 14. Licuala grandis 82 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pouï* les jardiniers seulement POUR TOUTE LUNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles. Gand, impr. Sng. Vanderbaegben. TARIF DES ANNONCES I DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOL] ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES > ^♦^ < I I Les annonces paraissant à la fois dans L^IUustration Horticole et das Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse êtî présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaits leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chac.i deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. Leir circulation universelle augmente considérablement de jour en joii. ]%. B, — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture li assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelle de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux ensemble : Une page entière . . Une demi-page . . . Un tiers de page . . Un quart de page. . Un sixième de page . Un huitième de page Un seizième de page Pour l'aiinée entièn Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 jouru. dansles 2 journ dans los2 journ. dans les 2 journ, dans les 2 jourii. fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 .. 30 » 60 » 100 » 180 « 300 .. 25 » 45 » 80 » 125 » 225 .. 20 » 40 .. 70 » 110 » 180 .. 15 » 30 » 50 » 90 » 150 .. 12 » 25 « 40 » 70 » 125 » 6 » 12 » 20 » 35 » 75 ^[jjr^ On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'ILLUSTRATION HORTICOLE et du JOURNAL DES ORCHIDÉE 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 28 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. 69 — CHRONIQUE HORTICOLE 15 Mars 1894. Duplicature des fleurs de Narcisses. — L'origine de la formation des segments supplémentaires n'est pas basée siu* le même principe dans toutes les fleurs. Dans la rose, la duplicature est produite par la conversion des étamines en pétales. Dans les jacinthes, les segments du périanthe sont toujours accompagnés des segments de la couronne, et il y a pour chaque rangée addi- tionnelle une formation complète semblable à celle des divers segments d'une fleur simple. Serviteurs modèles. — Les défauts et les qualités des domestiques ont toujours fourni et fourniront longtemps encore ample matière à observations; trop souvent on oublie que si ceux qui nous servent étaient sans défauts, nous serions oMigés de nous servir nous-mêmes. Les domestiques malais passent pour des types de paresse et d'indolence; ils ont toutefois une bonne qualité que l'on chercherait vainement dans le personnel domestique européen. Cette qualité se trouve mentionnée dans un livre sur les chercheurs d'Orchidées à Bornéo ('), où il est dit que les domestiques malais possèdent une agréable habitude qu'ils n'ont pas apprise de leurs maîtres, celle de placer chaque jour des vases de fleurs fraîches dans la chambre. Bien souvent des nouveautés plus ou moins brillantes ont pu prendre la route de l'Europe grâce à cette manie des indigènes. Incendie de l'École d'horticulture « Amsterdam. » — Dans la nuit du 1er février, les locaux de cette école, en grande partie construits en bois, sont devenus la proie des flammes avec tout ce qu'ils contenaient, la bibliothèque et les collections, entre autres celle des Iruits moulés offerte jadis par le Prince Henri des Pays-Bas. D'après Sempervirens, il résulte de l'enquête ({uo quatre élèves, voulant jouer un mauvais tour à l'un des professeurs, ont surchargé de tourbe un poêle placé dans le corridor, espérant ainsi remplir de fumée le cabinet du maître. Ils prétendent avoir éteint le poêle avant de quitter l'école (^) The Orchid Seekers : A Story of Adventure in Bornéo, par Ashmore Rassan et Frederick Boyle. Chez Chapman et Hall, Londres, 1893. — 70 — à la soirée; mais le feu a pris au plancher et, malgré les efforts des pompiers, à 51/2 heures du matin, tout était détruit. Les imprudents jeunes gens ont avoué leur culpabilité ; néanmoins ils sont poursuivis. On parle aussi de la suppression de l'École, ce qui serait hautement regrettable. Nouveau parc à Londres. — Le quartier du Sud-Est de Londres sera bientôt enrichi d'un parc de plus. Les Hilly Fields, à Lewisham, viennent d'être acquis dans ce but pour la somme de 1,082,500 francs. Le parc a une étendue de vingt hectares. * Destruction des limaces. — Aux nombreux moyens connus pour protéger les plantes contre les ravages des escargots et limaces, la Revue Horticole ajoute le suivant, qui consiste à entourer le semis ou la plantation, d'une grosse corde imprégnée de sulfate de cuivre. Le simple contact avec les parties sul- fatées détermine la mort de tous les insectes à corps mous ou gluants. * ♦ Chiens hors des parcs. — Notre intention n'est pas de crier sus aux chiens, ces fidèles amis de l'homme, mais il nous sera permis de dire à celui-ci que le jardin ne doit pas être à la merci des chiens, qui, laissés en liberté, y commettent presque toujours de grands dégâts. Ce qui est vrai pour les jardins, l'est aussi pour les squares et les parcs des villes. Que de fois avons- nous vu des chiens, conduits en laisse dans l'intérieur de la ville, être mis en liberté à la limite même du square ou du parc! Au parc de Gand, on a été obligé de remplacer itérativement de jolis spécimens de Conifères que des chiens en bande avaient complètement gâtés sous les yeux de leur maître. Il a fallu entourer certains arbustes d'un treillis afin de les défendre contre ces hôtes incommodes. Pourquoi l'ordonnance de police concernant les chiens n'est-elle pas tenue en vigueur dans les squares et jardins aussi bien que dans les rues? Mine de bois à Mongtze. — Il se fait en Chine un important commerce de bois provenant du Haut-Tonkin, et fourni non par les forêts, mais par de véritables mines d'arbres. Ces arbres, sorte de sapins, appelés Nam-hou par les indigènes, sont enfouis dans un terrain sablonneux, à une profondeur variant de 2 à 8 mètres. Il est probable que ce sont les débris d'une forêt détruite et ensevelie par un tremblement de terre ou un autre cataclysme. Le bois contient une essence qui le rend inqjutrescible ; aussi est-il recherché pour la confection de cercueils dont le prix s'élève jusqu'à 3600 francs. — 71 — Floraison du "Washingtonia filifera. — Ce beau Palmier a fleuri à Cannes, dans le jardin de M. Gamoin, villa des Délices. Cet exemplaire est probablement le plus grand qui existe actuellement en Europe. M. Charles Naudin en donne les dimensions suivantes dans la Revue Horticole. L'arbre mesure environ 7 mètres au-dessous de la couronne de feuillage et n'a guère moins de 3 mètres de tour à la base, avec une tête large et bien fournie. C'est un échantillon vraiment superbe et d'asi3ect imposant. Culture maraîchère aux États-Unis. — Cette culture prend des propor- tions très considérables dans l'Amérique septentrionale. La main d'œuvre occupait en 1891, d'après le Journal de la Société nationale d'horticulture de France, 210,705 hommes, 9,254 femmes, 14,874 enfants, 75,000 chevaux et mulets, employant plus de 45 millions de francs de matériel. Trains chauffés. — Des trains spéciaux à voitures chauffées sont mis en marche chaque jour jusqu'au 15 mars, sur les réseaux allemands en direction de Berlin, pour le transport des fleurs, fruits, légumes, primeurs et autres articles pouvant souffrir de la gelée. La demande de l'admission dans les wagons chauffés doit être faite verbalement ou par écrit à l'administration. Décoration des tables. — Le service des repas dans les bonnes maisons n'est plus considéré comme complet si la table n'a pas reçu l'un ou l'autre décor de plantes ou de fleurs. Nous ne parlons pas des banquets; pour ceux-ci l'or- nementation florale est obligatoire. Ce n'est pas que, dans les repas ordinaires de la famille, il faihe des masses de fleurs; un léger milieu composé de quelques roses ou Orchidées par exemple, disposées parmi de gracieuses Fougères, est bien sufllsant. Si la table a quelque étendue, on pourra placer aux deux bouts des corbeilles de fleurs et de feuillage, en ayant toujours soin que ces composi- tions ne cachent point les convives les uns aux autres. Récemment nous avons vu deux jolis spécimens de Pandanus Veitchi parmi des fleurs de Pelargonium variés, employés comme bouts de table et produire un charmant eff'et. Explosion Vilmorin. — Les journaux de Paris ont rendu compte du ter- rible événement qui s'est produit le 11 février, dans les sous-sols des magasins que la maison Vilmorin-Andrieux possède à Reuilly. Ce fut une véritable catastrophe. Un incendie s'était produit dans les sous-sols; les pompiers s'en étaient rendus maîtres lorsqu'une formidable explosion due à la chaleur se produisit, tuant un pompier et blessant neuf autres pompiers ainsi que dix-sept employés de la maison Vilmorin-Andrieux, y compris le fils du directeur de — 72 — l'entrepôt de Reuilly ; ils étalent descendus dans les souterrains pour prêter main forte aux pompiers. Cet événement a causé une vive émotion dans le monde horticole. * Conservatoire végétal. — Un journal sérieux décrit une sorte de jardin d'hiver, avec pelouse, parterres fleuris et sentiers, ouvert au public, Portland Street, à Manchester. Par un procédé breveté, plantes et fleurs naturelles sont tellement bien conservées que leurs couleurs et leur forme actuelles sont fixées sans altération. L'entrée est faite de trois arcades en treillis garnis de feuillages et de fleurs véritables. Au fond il y a des tableaux marins faits de fleurs et même un pont aux armes de Manchester ; au centre est une grande fontaine en cristal, éclairée à la lumière électrique, pour bien faire comprendre que les fleurs conservées résistent à l'humidité. Et dire que tout cela pourra être conservé indéfiniment, comme les cathédrales antiques, et que les éléments employés, malgré leur caractère d'exemplaires d'herbiers, ne seront pas à la disposition des botanistes seulement et n'auront avec les fleurs artificielles rien de commun si ce n'est rimmobiUté. On ne dit pas s'il y aura place pour les Œillets verts et les Lilas teints. Écorce d'Andira. — De tous temps l'écorce des arbres du genre Andira a été, au Brésil et aux Antilles, un médicament bien connu par ses propriétés vermifuges. L'écorce de V Andira inermis et celle de V Andira refusa sont les plus estimées. Elles sont de couleur brun cendré à l'extérieur, et jaunâtres sur la face intérieure. La Revue des Sciences naturelles dit que ces écorces ren- ferment deux substances alcalines, la jamaïcine et la surinamine, auxquelles vient s'ajouter un glucoside du nom d'andirine. Ce dernier est probablement le principe actif des écorces d'Andira. Il paraît que l'amande produite par le fruit de plusieurs espèces d'Andira possède également des propriétés anthel- m intiques. * * Cinquantième Meeting de « lOrehidéenne. » — Le 50""® Meeting a eu lieu le 11 mars. A cette occasion, les fondateurs de cette Société, MM. J. Linden et Lucien Linden, ont été l'objet d'une manifestation des plus sympathiques. Les membres de la Société leur ont offert un banquet et leur ont exprimé toute leur gratitude en les priant d'accepter chacun en souvenir de la fête, un album contenant les portraits de leurs amis les Orchidophiles. Ém. Rodigas. I PL V IVIDULARlll IMOCElMI lem., FOL. LUTEO VAR. NIDULARIUM DE M. DE 8' INNOCENT, A FEUILLES PANACHÉES La famille des Broméliacées compte aujourd'hui plus de 500 espèces bien définies, groupées en trois tribus et réparties en 38 genres dont quelques-uns sont représentés par de nombreuses espèces. Ainsi on connaît actuellement une quarantaine de Billbergia, autant d'Aechmea, 70 Pittcairnia, environ 220 Tillandsia y compris les démembrements de ce groupe. Gomme le fait remarquer M. L. Wittmack, dans son travail sur les Broméliacées et sur la place que ces plantes occupent parmi les familles naturelles, toutes appar- tiennent à l'Amérique tropicale ou sous-tropicale, où on les trouve croissant en fausses-parasites sur l'écorce des arbres, à l'instar de beaucoup d'Orchidées. Quelques-unes sont sous- frutescentes. Leurs feuilles raides, charnues, canali- culées en dessus, sont d'ordinaire réunies en un seul faisceau à la base de la tige. Le genre Nidularium, fondé par Gh. Lemaire en 1853 (et non en 1846), est adopté par tous les botanistes qui se sont occupés de Broméhacées. Il est maintenu aussi par Bentham et Hooker dans leur Gênera Planfaruiii. Il tire son nom de ce que les fleurs sont situées entre les feuilles comme dans un nid. Pour l'aspect, il se rapproche des Bromelia et surtout des Gryptanthus, mais chez les Nidularium la floraison est plutôt centrifuge, c'est-à-dire que les fleurs du milieu s'ouvrent les premières, tandis que chez les Bromelia elles s'épa- nouissent d'abord à la périphérie. Le Nidularium Innocenti (et non pas Innocenciae), qui a été décrit et figuré dans le tome IX de L'Illustration Horticole, en 1862, t. 320, se distingue par son inflorescence rouge-orangé et par ses feuilles d'un coloris vert bronze au- dessus, et pourpre noir à la face inférieure. La variété à feuillage panaché, figurée sur la planche ci-contre, a pour elle le mérite de la nouveauté. En effet, les feuilles sont striées suivant leur longueur de lignes et de bandes d'un blanc jaunâtre. Un point que nous devons également signaler, c'est que ces feuilles sont entières et inermes, tandis que dans le type dont elle est issue, les bords sont vivement dentés. . Les Broméliacées jouissent pour la [)lupart d'une grande faveur, justifiée — 74 — par leur feuillage d'abord, la beauté de leurs inflorescences que rehausse souvent la présence de grandes bractées aux coloris brillants, et par leur facile culture. On a raison de leur consacrer des serres particulières, bien que leurs formes étranges et leurs vives couleurs puissent être utilisées parmi les plantes de serre chaude et de serre tempérée et contribuer à la variation des effets les plus pittoresques. Mais ici encore la première question est celle des conditions de la patrie des espèces que l'on désire cultiver; l'altitude à laquelle elles croissent naturellement doit être prise d'abord en considération. Beau- coup d'entre elles peuvent vivre attachées sur des branches, des rondelles de bois, des morceaux de liège, les racines enveloppées de mousse. D'autres se développent fort bien étant tenues en pots dans un sol riche et léger. Celles des stations les plus chaudes seront mises en serre chaude, les autres dans une serre tempérée. On pourra observer la même distinction pour les plantes en végétation qui réclament alors la serre chaude humide, et les plantes en repos qui seront soumises à une température modérée pendant trois ou quatre mois. De cette manière, en les rentrant dans la serre chaude au mois d'octobre ou de novembre, on leur assure pour l'année suivante une plus belle floraison. Ém. Rodigas. PLANTES NOUVELLES OU RECOM MAN DABLES Nephthytis liberica. — Cette Aroïdée, qui fut renseignée déjà et décrite par N. E. Brown dans le Gardeners' Chronicle et introduite dans les cultures en 1881, a été jusqu'à ce jour très peu répandue. Elle a pourtant un double mérite, celui d'avoir un beau feuillage comme beaucoup de ses congénères et en outre celui de produire des fruits d'un beau coloris jaune orangé, disposés en épis et se conservant pendant plusieurs mois dans toute leur fraîcheur. La plante est originaire de l'État de Libéria, et a besoin, pour prospérer, d'être cultivée en terre de bruyère et tenue dans la serre chaude humide. Asparagus medeoloides. — Cette espèce, originaire du Cap de Bonne Espérance et désignée également sous le nom de Medeola aspàragoides, est une gracieuse espèce recommandée spécialement pour la confection des bouquets et compositions florales. C'est sous le nom de Smïlax que la plante a fait fortune en Amérique. Du rhizome poussent des sarments de deux à trois mètres de long. Ces sarments peuvent être utilisés deux ou trois fois par an. Les petits fruits rouges, qui se montrent aux aisselles des feuilles, sont encore un ornement de plus. La plante se contente de la serre tempérée. — 75 — Arisaema Giraldii. — Cette nouvelle espèce a été décrite et figurée par M. EuG. Baroni dans le dernier numéro du Bulletin de la Société Royale toscane d'horticulture. La plante a un rhizome tubéreux, presque globuleux et comprimé. La feuille est radicale, unique, érigée, engainante à la base, à limbe plan, partagé en 12-13 segments lancéolés, entiers, ondulés sur les bords, verts à la surface supérieure, vert glauque en dessous, longuement acuminés au sommet. Le pétiole est cylindrique, entièrement dépourvu de stries roses. Les gaines sont au nombre de deux, cylindriques, obliques, s'élargissant vers l'ouverture; elles sont blanchâtres. La spathe, jaune verdâtre, est cylindrique et enroulée inférieurement; le limbe est un peu plus court, voûté et à sommet filiforme infléchi. Le spadice est dioïque, érigé, dépassant la bouche do la spathe. Cette belle espèce est originaire du Shen-si septentrional, Chine, où elle a été trouvée par le missionnaire Jos. Giraldi, qui l'a envoyée au Jardin botanique de Florence où la plante a fleuri à la fin de l'année dernière. Gardénia Stanleyana. — Cette belle espèce fut montrée pour la première fois en mars 1845, à un meeting de la Société royale d'horticulture de Londres; ce n'est donc pas une nouveauté, mais la plante est restée extrêmement rare dans les collections de serre chaude, où son admirable fleur aurait dû lui assurer une place méritée. La corolle, portée sur un long tube violet foncé à reflet verdâtre, est formée en une cloche dont les cinq divisions réfléchies sont d'un blanc porcelaine étrangement maculé de rouge foncé au dedans, tandis que la face externe est moitié rouge et moitié blanche. La fleur dégage un parfum exquis. M. André dans la Revue Horticole, en donne une planche coloriée et recommande de multiplier la plante de boutures de tètes afin d'en assurer la floraison. Bégonia « Moravia. » — Cette variété (flg. 13) est une obtention de M. Thomas S. Ware, de Tottenham, qui en donne la description suivante : « C'est une variété remarquable par sa vigueur et par son coloris; ses fleurs .sont très grandes et érigées, bien .solides et d'un coloris écarlate foncé. » La figure donne une idée nette de la forme parfaitement arrondie de la fleur. Pavonia hastata. — Cette Malvacée, originaire, du Brésil, est un sous- arbrisseau de plus d'un mètre de hauteur, à tiges érigées, garnies de feuilles d'un vert foncé, lancéolées, trilobées à la base. Les fleurs naissent à l'aisselle des feuilles et sont portées sur un pédoncule grêle de trois à quatre centi- mètres. La fleur, large de 0'"04, est d'un beau rose carné, marquée à la base des pétales d'une tache pourpre foncé. Ces fleurs se succèdent pendant long- temps. La plante peut être traitée comme annuelle ; en ce cas, les semis faits au printemps fleurissent encore au mois de septembre; mais on peut aisément hiverner la plante en serr'c et voir ainsi se prolonger la floraison. Croton c( Baroness James de Rothschild. » — Notre confrère The — 77 — Garden a recommandé itérativement cette variété pour sa valeur décorative, et franchement elle mérite d'être signalée à l'attention des amateurs. Son coloris est des plus distingués et ressort très avantageusement à la lumière du gaz, comme à la lumière électrique. Vitis Coignetiae. — Le Gardeners' Chronicle du 6 janvier appelle spé- cialement l'attention sur cette vigne japonaise, dont des pépins furent envoyés en 1875 à M. Jean Sisley par M™" Goignet, la fille de celui-ci. L'espèce fut décrite par Planchon dans sa monographie des Ampélidées, monographie destinée aux Suites du Prodromus. La plante est surtout remarquable par la magnifique coloration que les feuilles prennent en automne. Ces feuilles, en eflfet, se teignent à la face supérieure du plus beau rouge, et cette teinte se conserve fort longtemps. Rien n'est plus beau, dit M. \V. Goldring, de Kew, que de voir les sarments de cette vigne s'enrouler autour d'un gros arbre, enlacé déjà par les longues tiges du Wistaria. On ferait un long voyage rien 'que pour voir ce tableau. Deutzia parviflora. — Cet arbuste qui a été introduit récemment du Nord de la Chine dans les cultures européennes, grâce au Jardin botanique de S' Pétersbourg et à l'xVrnold Arboretum, est recommandé spécialement pour la culture forcée. La plante s'élève à 1^50 de hauteur; les feuilles sont ellip- tiques, lancéolées, dentées et très réticulées, vert foncé. Les inflorescences qui, dans la culture ordinaire, se produisent en juin, sont des grappes d'un coloris blanchâtre, elles naissent sur les rameaux de Tannée précédente et sont très nombreuses. Non seulement la plante se laisse aisément forcer, mais elle fleurit plus tôt que le Deutzia gracilis et sous ce rapport elle prendra vite place dans les cultures. Casimiroa edulis. — Ce petit arbre, de la famille des Aurantiacées, origi- naire du Nord- Ouest du Mexique, a fructifié pour la première fois en Europe l'été dernier dans le jardin de M. Hanbury, à La IN^prtala, près Ventimiglia. Le û'uit, dit le Gardeners' Chronicle, rappelle celui du Diospyros Kaki ; il est jaune et mesure O'"05 de diamètre. Il est comestible, mais soporifique; il parait même que les graines en sont vénéneuses. Eucharis Lcwi. — Cette belle Aiiiar^llidée, originaire de Nouvelle-Grenade, a des fleurs d'un blanc pur. Elle diffère de ï Eucharis yrandifiora en ce que le tube floral formé jiar la base des filets des étamines est entièrement conné avec le pied du périanthe. V Eucharis (jrandiflora fut trouvé également dans la Nouvelle-Gi'enade, et fleurit chez M. Linden pour la première fois, en 1851. Strobilanthes isophyllus. — Les Strobilanthes constituent dans la famille des Acanthacées un genre qui compte environ 180 espèces, originaires des Indes Orientales, de l'Archipel malais et de la Chine. L'une d'elles appartient à l'Afrique tropicale. Une des plus belles est le Strobilanthes isophyllus qui — 78 — pi'odiiit en abondance des épis de fleufs d'un coloris violet pâle qui s'harmonise parfaitenient avec le gracieux feuillage. C'est loin d'être une nouveauté, mais, malgi'é la facilité de sa culture en serre tempérée, la plante est fort peu répandue. Anthurium hybrides. — lÀ Anthurium Andreamim a produit par croise- ment avec VAiithui-iion ticherzerlanum, des liybrides de plus en plus remar- quables qui se sont fait jour dans un grand nombre de cultures. La Revue Horticole consacre sa première planche de 1894 à deux nouveautés très distin- guées appelées l'une Prince Leos Badziirill et l'autre Princesse Lize Badziwill. La première est à spathe ovale oblongue, à surface profondément cloisonnée, d'un coloris sang veineux. Le spadice est cylindrique, blanc à la base et jaune au sommet. La seconde nouveauté a la spathe d'une couleur rose saumoné plus foncée sur les bords et le spadice est blanc rosé. La même revue décrit quinze autres hybrides dont M. André dit le plus grand bien. Ils ont été obtenus dans les cultures de Monte Carlo. Musa aurantiaca. — Ce beau Musa, qui fut découvert par M. Gustave Mann dans les forêts de l'Assam supérieur, a beaucoup d'affinité avec le M. coc- cinea et le M. sanguinea. J. G. Baker en donne la description complète dans un des récents fascicules du Gardeners' ChronicJe, d'après un exemplaire fourni par M. Wendland de Herrenhausen. Ce sera une acquisition très méritante pour l'horticulture, non pas à cause du fruit, mais du brillant coloris jaune orangé des bractées et des fleurs. Lourya campanulata. — Voici venir une nouveauté très intéressante, introduite de Cochinchine par le Jardin des Plantes de Paris. Qu'on se figure un Aspidistra produisant de nombreuses grandes fleurs disposées en grappes serrées, rappelant un peu celles du Muguet dont elles ont la couleur. Les divi- sions du périanthe, au nombre de six, sont imbriquées et bisériées ; elles sont insérées sur les bords d'un réceptacle en forme de coupe largement campanulée. La planche donnée par la Bévue Horticole présente un spécimen avec des fruits d'un beau bleu et d'une forme particulière. D'après M. D. Bois, la plante, qui est de serre chaude, mérite d'être répandue dans les collections. Comme les Peliosanthes, avec lesquels elle a le plus d'affinité, elle prospère surtout en terre de bi'uyère, dans une atmosphère humide. Elle se multiplie très facile- ment par division des touffes avant l'entrée en végétation. Nephrodium bibrachiatum. — M. T. S. Jenman décrit cette nouvelle espèce dans le Gardeners Chronicle du 24 février 1894. Cette Fougère vient des parties rocheuses du centre de la Jamaïque. Elle se rapproche le plus des N. scolopendrioideSj tenehricum et autres du même groupe, mais elle s'en dis- tingue par la grandeur des divisions inférieures des frondes qui sont pinnées ou profondément pinnatifides. Em. R. — 71) — PETITES NOTES DE CULTURE Solanum "Wendlandi. — Les jardins royaux de Kew possèdent parmi leurs richesses deux beaux exemplaires de cette plante. L'un, dans la galerie d'entrée de la serre aux Nymphaea, a la tige conduite dans la serre même et produit des inflorescences de 0'"30 de long, magnifiquement reflétées dans l'eau du bassin. L'autre exemplaire se trouve dans la partie tropicale de la serre aux plantes grasses, où la plante a fleuri une seconde fois à la fin de l'été. Cette espèce aime une exposition humide, chaude et ensoleillée. D'après la Gartenfiora, la multiplication se fait le mieux de boutures placées, aux mois de juillet et août, dans une terre légère et sablonneuse sur chaleur de fond. Des rameaux dépourvus de feuilles peuvent également être bouturés au printemps ou à l'automne. Plantes décoratives en hiver: — Récemment, par une température assez froide, rendue plus âpre par la persistance de vents violents, nous avons vu de nombreux exemplaires de plantes à feuillage grandement compromis par suite de leur passage brusque de la serre dans le corridor et les escaliers d'une maison ornée pour une fête. Tous les Groton avaient leur feuillage fané et enroulé ; il en était de même de beaucoup de fougères. Dans ce cas, le jardinier doit se rappeler qu'il ne peut employer que des plantes à feuillage persistant et bien dur. Il écartera soigneusement toutes celles qui ont des jeunes feuilles ou des bourgeons encore impartaitement aoûtés. Il en est de même de toutes les plantes à fleurs. Les Aspidistra, les Ficus elastica, les petits Kentia, les Arau- caria, les Asplenium de seri-e froide, les Gliveia résisteront le mieux aux brusques variations de température et à quelques courants d'air. Salvia leucantha. — Cette jolie espèce mexicaine, aux feuilles lancéolées- linéaires, pubescentes en dessus, blanchâtres et laineuses en dessous, à fleurs blanchâtres, disposées en faux verticilles, les inférieures formant des grappes, avec le calice couvert d'une fine laine de coloris lavande, mériterait d'être mieux connue et plus répandue. Elle se multiplie de semis ou par boutures faites sur couche tiède et sur chaleur de fond. C'est un arbrisseau de 0'"70, il est bon de le i)incer deux où trois fois pour avoir des exemplaires bien trapus. Strelitzia Reginae. — Cette Musacée, aux grandes et magnifiques fleurs dont les sépales sont d'un très beau jaune orangé et dont les pétales, plus petits, sont d'un bleu magnifique, coloris rarement réunis dans une même fleur, fut inti'oduite dans les cultures euroi»éennes (mi 1773 et produisit alors une vive sensation. A chaque exposition quinquennale d'horticulture à Gand, nous voyons des exemplaires de Strelitzia fleuris faire leur réappai'ition et toujours — so- le public est émerveillé à leur vue. Les fleurs se pi'orluisent à diverses époques de Tiinnée, et la dilliculté est de les avoir à un moment donné. On les cultive le mieux dans un mélange de bon terreau et de sable fin. On peut les tenir en serre tempérée, mais pour les faire fleurir en avril, par exemple, il convient de les mettre en serre chaude dés le mois de janvier. Rempotage des plantes de serre. — L'époque qui précède immédiate- ment la reprise de la végétation d'un grand nombre de végétaux de serre est aussi celle qu'il faut préférer pour les rempoter. Les matériaux dont on a besoin sont de deux sortes : ceux destinés au drainage et ceux qu'il faut mêler pour constituer le compost. Le drainage doit être particulièrement soigné pour toutes les plantes qui demandent de fréquents arrosements et des seringages. Si le drainage n'est point parfait, la terre devient aigre et les végétaux déclinent rapidement. Quant au sol, il convient de disposer de terre de jardin, formée d'humus, d'argile et de sable à peu près en quantités égales. On doit avoir, en outre, de la terre tourbeuse ou terre de bruyère, du charbon de bois pour les plantes à racines charnues, et du terreau de feuilles pour quelques cas particuliers. Est-il nécessaire de rappeler que la motte occupée par les racines lors du l'empotage doit être soigneusement secouée et que les plantes à feuilles caduques ne demandent pas de pot plus grand, mais de la terre nouvelle qui sera introduite avec prudence entre les racines? Forçage des Hydrangea. — Peu de plantes se prêtent aussi bien que les Hydrangea à la culture forcée. Le type à fleurs roses, ou bleuâtres si la plante a été arrosée avec du sulfate de fer, et la belle variété à fleurs blanches (Hydrangea TJiomas Hogg) fournissent leurs grandes inflorescences dès le milieu de février. Pour cela on se sert de jeunes plantes établies, obtenues de boutures au commencement de l'été et placées ensuite en plein soleil, afin que les pousses soient bien aoùtées. On peut aussi se servir de plantes ayant fleuri l'année précédente, en ce cas la nouvelle floraison est plus tardive. Daphne indica. — En ce moment les fleurs de cette belle espèce, considérée par quelques botanistes comme une forme du D. sinensis Lamarck, parfument la serre chaude, bien que la plante puisse aussi être conservée en serre tempérée. Elle se propage par voie de greff'age et aussi par boutures. Nous avons vu des boutures faites en serre tempérée se conserver inactives pendant plus d'un an et .s'enraciner seulement après cette longue période. La plante, mise en pleine terre dans la serre, assez près du vitrage, se développe et fleurit le mieux. La culture en pots donne également de bons résultats si l'on a soin d'arroser de temps à autre avec de l'engrais liquide assez dilué. ÈM. R. — 81 LES PALMIERS DANS LES SERRES Les Palmiers sont sans conteste les princes du règne végétal ! Comme le disait à bon droit Charles Morren, le botaniste gantois dont les travaux contribuèrent dans une large mesure aux progrès de l'horticulture belge : « jouir de la vue d'un beau tableau ou d'un beau Palmier, c'est tout un ; c'est retremper la noblesse de notre intelligence dans tout ce que Dieu et l'art ont Tait de grand et de beau. » Certes, beaucoup de fleurs ont pour elles la grâce et l'élégance, mais aucune n'a la majesté de ces nobles plantes qui donnent à la flore des régions intra-tropicales son caractère d'admirable grandeur. Les espèces que les botanistes voyageurs ont introduites dans les serres en Belgique sont très nombreuses. M. J. Linden seul en a pour sa pai't introduit 228 espèces appartenant à 54 genres. La collection réunie à Herrenhausen près de Hanovre par les deux Wendland est la plus riche qui existe au monde. Les jardins de Kew en renferment de beaux exemplaires; le jardin d'hiver de S. M. le Roi des Belges à Laeken contient une collection dont chaque spécimen est une merveille. Le plus souvent, même dans les somptueux bâtiments qui leur sont spécialement réservés, les plantes se trouvent trop serrées les unes auprès des autres, et pourtant toutes gagnent à être placées de manière à ce que leurs frondes bien dégagées puissent être vues séparément. Que ceux qui ne seraient pas convaincus de ce que nous avançons, veuillent bien visiter la galerie centrale, aujourd'hui complètement transformée, de l'établissement de L'Horti- culture Internationale à Bruxelles, et ils reconnaîtront que chaque plante, visible séparément et montrant ainsi tous ses caractères, acquiert une valeur ornementale qu'elle perd fatalement dans un massif où ne règne bientôt qu'une réelle confusion. Certains Palmiers, plus encore que d'autres, gagnent à être vus à part, tels sont les Areca alba ou niadagascariensis et jjiirjjiirea; les Kentia Bal nioreana, Lindeni, Forsteriana; les Pritchardia pacifica et Licuala grandis et une série d'autres. Le Licuala f/randis (fig, 14), est un Palmier de tout premier ordre dont l'apparition à l'Exposition internationale d'horticulture de Bruxelles en 187G produisit une véritable sensation. Cette superbe espèce réclame un sol riche et la serre chaude humide. On fera bien de la tenir dans un endroit un i)eLi ombragé. La figure ci-contre donne une idée très nette du port de la plante et de son beau feuillage. Le Pritchardia pacifica gagne aussi à être vu isolément. C'est un des plus — 83 — beaux Palmiers que l'on connaisse. Son tronc droit, qui atteint dix mètres de hauteur, est surmonté d'une large couronne composée de nombreuses grandes frondes en éventail. Les Kentia dont le genre est aujourd'hui démembré en Kentiopsis, Gypho- kentia, Grisebachia, Hedyscape et Rhopalostylis, ont reçu depuis quelques années un accueil si favorable, justifié d'ailleurs par leur extrême élégance et par leurs précieuses qualités d'être de serre froide, qu'il serait superflu d'en faire ressortir les mérites. Le Kentia Bcdmoreana {Grisebachia) est une plante magnifique, aux frondes pennées gracieusement arquées. Les Kentia Lindeni et Luciani sont des Ken- tiopsis ayant une grande affinité avec le Kentiopsis macrocarpa. Le Kentia Forsteriana {Grisebachia) est un beau Palmier, également de serre froide, à frondes pennées et luisantes. luAreca alba ou madagascariensis dépasse parfois dix mètres de hauteur ; son stipe svelte et élancé porte une élégante et épaisse couronne aux longues frondes dont les pennules sont lancéolées. L'effet qu'il produit est toujours considérable. ISAreca purpurea n'est probablement qu'une forme plus colorée de VAreca speciosa. La tige est fine et droite; la fronde est des plus élégantes et les exemplaires encore jeunes ont déjà un caractère décoratif des plus prononcés. R. d'Eelen. NECROLOGIE M. E. S. Dod-welL — Ce spécialiste, qui s'était fait depuis de longues années un grand renom comme cultivateur et semeur d'œillets, est mort récemment à Oxford. Il était l'auteur d'un traité pratique sur la culture de ces plantes. Sa collection était connue de tous les amateurs et chaque année son jardin était le but d'un vrai pèlerinage. M. Philippe Blancquaert, de la firme gantoise Blancqu.\ert et Ver- MEiRE, est décédé inopinément à Gentbrugge, le 3 mars 1891, à l'âge de 58 ans. Sa bonté, sa simplicité, sa droiture lui avaient acquis l'estime géné- rale : il ne comptait que des amis. — 84 — EXPOSITIONS ANNONCEES La Société d'horticulture d'Orléans et du Loiret organise pour la première quinzaine de mai 1894 une grande Exposition internationale des produits de l'horticulture, sous le patronage du Gouvernement, du Département et de la ville d'Orléans. De hautes récompenses seront mises à la disposition du Jur5\ En même temps aura lieu un Congrès d'horticulture, de viticulture et de botanique. Pour tous renseignements, s'adresser à M. Eugène Delaire, secrétaire-général, rue d'Angleterre, 11, à Orléans. Une grande Exposition internationale d'horticidture aura lieu à Tourcoing, du 19 au 22 mai 1894. Les concours sont divisés en dix-huit sections, com- prenant tous les produits de l'horticulture et des industries qui s'y rattachent. S'adresser à M. Julien Tack, secrétaire du Comité, à l'Hôtel de ville de Tourcoing. Exposition Universelle d'Anvers en 1894. — Le programme des concours et les règlements des expositions horticoles permanente et temporaires vient de paraître. Les concours permanents dans les jardins sont au nombre de G5 et comprennent les groupes et massifs, les spécimens d'arbres isolés, les plantes pour corbeilles et parterres, les vivaces de pleine terre et sous-ligneuses de serre, les annuelles, les plantes de serre pouvant passer l'été en plein air, et la mosaïculture. La première exposition temporaire, comprenant 170 concours, a pour objet les introductions, semis, la culture et la floraison, les collections générales, les Cycadées, Conifères, Palmiers, Pandanées, Musacées, Aroïdées, Maran- tacées, Broméliacées, Orchidées, plantes à ascidées, Euphorbiacées, Araliacées, Begoniacées, gamopétales et polypétales. Cette exposition comprend aussi les fruits et légumes en culture forcée; elle aura lieu du 13 au 15 mai 1894. Un très grand nombre de médailles d'or seront mises à la disposition du Jury. Expjosition Universelle à Lyon en 1894. — Indépendamment de l'Exposition permanente de l'horticulture, qui promet d'être brillante, il y aura, pendant la durée de l'Exposition Universelle, six concours temporaires d'une durée de sept jours chacun, où défileront, successivement et suivant la saison, les plus beaux produits des jardins. Le premier de ces concours aura lieu du 1^'' au 7 mai ; les exposants qui désirent }• prendre part, doivent adresser sans délai leur demande à M. Claret, Palais S* Pierre, à Lyon. D'autre part, les 1<^'" et 2 mai, il y aura un concours spécial d'appareils de chauflage pour serres. Les constructeurs de tous pays qui voudront concourir, devront adresser leur demande avant le 1^"'' avril, à l'Hôtel de ville de Lyon. e'"^ Série. TOME F 6*"^ Livraison. 31 Mars 1894 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal ioternational populaire de rHorlicuKure DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. LIN DEN Directeur : LUCIEN LINDEN KEDACTEUES PRINCIPAUX EMILE RODIGAS Numéro paraissaiil le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILHJSXRAXIOIV HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. &ois/lisa.a.x:ei:ei Pages (jausei'ie iKjrticolf 85 Renseignements et culliiies 9] L'Arboriculture l'ruitiére en rapport avec l'agri- culture 93 Poire beurré Vanden Hove 94 Framboise " Strappeis Colossal 96 Le Jardin fleuriste 98 TEXTK ET PLANCHE COI.OlilEE PI. 6. Primevères nouvelles .... Pages 89 Fig. 15. Poire Beurré Vanden Hove . » 16. Framboise; « Strappers Colossal > » 17. Lathyrus odoratus Bronze King. » 18. Eschchoitzia maritima » 19. Ricinus zanzibariensis . . . . » 20. Cbamaepeuce Afra. . . . 95 97 99 100 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bi^uxelles. Gand. impr. Eng. Vanderliaeglien , i TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLI ET LE JOLlRNAl DES ORCHIDÉES > ^»^ < Les annonces paraissant à la fois dans L^IUustratioil Horticole et da Le Journal des Orchidées^ offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse èU présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaît? leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chac deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. LcT circulation universelle augmente considérablement de jour en joi*. !^. B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture i assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvel de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux ensemUe : Pour Tannée entier Pour 1 Insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dansles 2 journ dans les2 journ. dans les 2 journ, dans les 2 journ. Une page entière . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... . » 30 » 60 » 100 .) 180 « 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 .. 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 » 90 .. 150 Un huitième de page . .. 12 » 25 « 40 : 1) 70 .. 125 Un seizième de page . . » 6 » 12 .. 20 .^ 35 » 75 On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'ILLUSTRATION HORTICOLE et du JOURNAL DES ORCHIDËS 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnée à l'un de ces journaux. — 85 — CAUSERIE HORTICOLE LES GRANDES FLORALIES DE 1894 30 Mars 1894. Plusieurs expositions importantes seront organisées dans le courant de cette année, notamment à Anvers et à Lyon, à l'occasion d'Expositions Univer- selles, à Lille et à Gand; on annonce également une Exposition Internationale d'horticulture à Tourcoing, dans le courant du mois de mai. Il nous paraît opportun, dans un journal international populaire de l'Hor- ticulture comme U Illustration Horticole^ de passer en revue les programmes de ces diverses floralies pour en dégager le caractère et rechercher de la sorte quelles sont les tendances actuelles du mouvement horticole. Commençons par les exhibitions françaises. La première qui s'ouvrira sera l'Exposition de Lyon, dont les dates sont fixées comme suit : !"■ Concours, du 1®'' au 7 mai ; 2« » du 7 au 13 juin; 3« » du 12 au 18 juillet ; 4^ )) du 4 au 10 août; h^ » du 11 au 17 septembre; 6« » du 20 au 26 octobre. Il y aura donc six Concours temporaires, indépendamment de l'Exposition permanente qui aura lieu du 26 avril au 31 octobre. Les produits de l'horti- culture seront installés dans l'enceinte de l'Exposition Universelle, Interna- tionale et Coloniale, au Parc de la Tête d'Or. Suivant leur nature, ils seront placés en plein air, dans les serres ou dans les galeries dont l'étendue sera proportionnelle au besoin des exposants. On suivra donc à Lyon les errements déplorables des Expositions Universelles de Paris où, jusqu'à ce jour, les pro- duits de l'horticulture ont été dispersés un peu partout et considérés surtout comme un élément décoratif. Les horticulteurs français se sont émus de cette situation et tout fait prévoir qu'en 1900, l'horticulture sera traitée sur le même pied et avec les mêmes égards que les autres industries. Pourquoi n'agit-on pas ainsi déjà à Lyon? Toutes les personnes qui s'intéressent à l'horticulture, quel que soit le pays qu'elles habitent, sont invitées à prendre part à cette Exposition ; elles ne pour- — 80 — ront le faire gratuitement toutefois, comme cela est de tradition en Belgique, Les droits d'inscription, pour les Expositions permanentes, est de 25 fr. don- nant droit à une carte permanente, — de 10 fr. pour chaque Exposition temporaire, donnant droit à une carte d'entrée valable 15 jours; — de 25 fr. pour les Expositions temporaires à tout exposant déclarant participer à trois Expositions temporaires au moins, donnant droit à une carte permanente. Les emplacements sont gratuits en plein air; sous les tentes et les galeries, pendant la durée des Expositions, fr. 1-50 le mètre carré pour une Exposition; sous les tentes permanentes, 15 fr. le mètre carré, surface horizontale sur le sol, sur table ou sur gradins, etc. Quant aux serres exposées dans la partie horticole, celles appartenant aux horticulteurs-exposants, le constructeur ni aucun des participants à l'en- semble de l'affaire n'étant nommé ni prenant part aux concours, en d'autres termes, la serre étant considérée comme la propriété de l'exposant, gratuité complète. Un tarif spécial détaille les frais pour les serrureries, le chauffage, le vitrage, les claies à ombrer et l'horticulteur. Des conditions spéciales sont faites aux adhérents qui exposent par l'intermédiaire de la Société pomolo- gique. Faisons remarquer ici que l'Exposition d'horticulture de Lyon est organisée par un groupe intitulé •■ Comité de patronage et d'organisation du groupe X (sous-groupe de l'Horticulture). » Au nombre des dispositions réglementaires du Concours, il en est une qu'il convient de signaler : (( Art. 17. — Les personnes qui, pour une cause quelconque, ne pourraient présenter un ou plusieurs des lots pour lesquels elles auraient fait une demande, sont tenues d'en informer, par écrit le Président du Comité horticole, six jours avanile délai prescnt,Siûn que l'on puisse disposer de l'emplacement inoccupé.» (( Les exposants qui n'auraient pas rempli cette formalité (sauf le cas de force majeure dont le Comité restera juge) seront exclus de tout Concours pendant la durée de l'Exposition. » Nous approuvons la décision en ce qui concerne les membres du jury qui ne peuvent prendre part à aucune des séries de concours où ils sont appelés à donner leur appréciation. Une disposition assez curieuse est celle-ci : « Les plantes de semis seront accompagnées du nom que l'obtenteur désire leur donner. Ce nom sera enfermé dans une enveloppe que le jury ouvrira quand la plante, le fruit ou la fleur aura obtenu une récompense. » Le programme des Concours comprend quatre sections : L Culture ma- raîchère; — IL Arboriculture et pomologie; — IIL Floriculture ; — IV. Art et Industrie horticole. — Le nombre des Concours est de 868, dont 034 pour la floriculture. — 87 — On comi^rendra aisément qu'avec pareil nombre de concours il est possible d'embrasser toutes les cultures. Le programme est général, c'est-à-dire, qu'il n'y a pas de programme spécial pour chacune des Expositions temporaires; l'exposant choisit le moment le plus avantageux pour l'exhibition de ses produits ; il ne peut cependant prendre part, pendant toute la durée de l'Exposition, qu'une seule fois au même concours. Le programme ne mentionne pas la nature des récompenses qui seront attribuées aux divers Concours. L'Exposition internationale de Lille sera organisée par la Société régio- nale d'Horticulture du Nord de la France; c'est la septième Exposition de cette nature qui aura lieu sous les auspices de cette vaillante Société. Elle aura lieu du 3 au 10 juin dans le vaste et beau local du Palais Rameau qui sera trans- formé en un immense jardin avec pelouse, cascade, pièce d'eau, etc. Les Concours seront divisés en six catégories à l'exception de ceux indiqués comme mixtes. — 1'"^ Catégorie : Amateurs et jardiniers d'amateurs. — 2'"'* Catégorie : Horticulteurs-marchands, maraîchers, arboriculteurs, pépi- niéristes, etc. — 3'"® Catégorie : Marchands de fruits, primeurs, légumes, etc. — 4™^ Catégorie : Instituteurs, directeurs d'établissements subventionnés par l'État, les départements et les communes. — 5""® Catégorie : Architectes- paj^sagistes, peintres de fleurs, professeurs, etc. — 6™^ Catégorie : Construc- teurs de serres et appareils de chauffage, fabricants ou marchands d'appareils se rapportant à l'horticulture, etc. Une disposition assez typique, mais juste, est celle-ci : « Toute collection non étiquetée, ou celle qui porterait plus d'un tiers de noms erronés, seraient strictement écartées du Concours et ne recevraient pas de récompenses. » Inutile d'insister sur le bien fondé de cette mesure; il est inadmissible aujour- d'hui qu'à une exposition on prime des apports dont tous les produits ne seraient pas dénommés, fût-ce même des légumes. Les moyens mis à la dispo- sition de chacun pour cataloguer ses produits, sont trop nombreux et à la disposition de chacun. Le programme comporte seize sections : I. Plantes nouvelles. — II. Orchidées fleuries. — III. Plantes de serres. — IV. Palmiers, Cycadées de fougères. — V. Plantes de culture. — VI. Plantes fleuries.— VIL Plantes molles en fleurs. — VIII. Rosiers. — IX. Concours spéciaux. — X. Fleurs coupées. — XL P'ruits. — XII. Confections horticoles. — XIII. Arbres fruitiers cultivés en pots. — XIV. Légumes. — XV. Enseignement horticole et Beaux-Arts. — XVI. In- dustrie horticole. — Le nombre des Concours est de 129. Deux Prix d'honneur, superbes objets d'art, sont offerts par M. le Président de la République et par M. le Ministre de l'Agriculture, à l'amateur et à l'horticulteur ayant le plus contribué à l'ornementation de l'Exposition. Depuis que le programme de cette Exposition a paru nous avons appris que S. M. LÉOPOLD II, membre d'honneur de la Société régionale, a offert une Médaille d'or comme prix d'honneur. Ce don royal est certes de nature à l'esserrer davantage les liens d'amitié qui unissent les horticulteurs belges et français. Des primes seront accordées, en dehors des prix d'honneur, aux Horticul- teurs-Lauréats ayant le plus contribué à l'exposition, ainsi qu'aux jardiniers d'amateurs dans les mêmes conditions. Ces primes seront, pour chaque caté- gorie, une de cent francs en espèces, l'autre de cinquante. Nous applaudissons de tout cœur à ces mesures, surtout en ce qui concerne les jardiniers- d'ama- teur dont le plus souvent le nom n'est même pas cité ('). Une dernière disposition sur laquelle nous appelons fattention des organi- sateurs d'expositions est celle qui décerne deux prix de groupement, à attri- buer aux deux lots groupés de la façon la plus gracieuse et la plus artistique {^). Ces deux i^rix seront dési(/tiés par tous les visiteurs sociétaires qui recevront à cet effet, un bulletin plébiscitaire leur donnant droit de vote. Nous félicitons la Société lilloise de son heureuse initiative, nous espérons être mis à même de suivre de près le fonctionnement de ce nouveau rouage qui ajoutera, pour les membres de la Société, au plaisir de visiter l'Exposition, l'agrément de pouvoir concourir à la proclamation des deux meilleurs artistes exposants. Charles De Bosschere. [A continuer.) Exposition horticole internationale de Tourcoing. — Cette Exposi- tion, qui promet d'être très importante, sera ouverte du 19 au 22 mai prochain. Les envois doivent parvenir à l'Exposition pour le 17 mai. Les adhésions doivent être adressées à M. Julien Tack, secrétaire-général du Comité de l'Exposition, à l'Hôtel de Ville de Tourcoing. (1) En 1874, à la grande Exposition Internationale de Florence, M. Tavernier, jardinier chez M. LiNDEN et M. Devenster, chef de culture chez M. A. Dallière, reçurent chacun, sous le titre de Prix de Coopérateurs, une prime de 200 francs. Il est quelquefois bon, nous semhle-t-il, de rappeler certains faits oubliés aujourd'hui. > D. B. (2) En feuilletant dernièrement quelques publications horticoles, nous avons relevé dans la « Belgique horticole * de 1872 que S. M. l'Impératrice-Reine Augusta avait fait don au.K organisateurs de la Grande Exposition de Berlin, de 100 thlr. pour un groupe de plantes exposé artistiquement. Au nombre des beaux prix offerts par les Ministères, ainsi que par des Horticulteurs, des Amateurs et des Sociétés horticoles, figure entre autres un prix de .50 thli-. pour un groupe artistique de plantes de serre froide. D. B. ^ — 89 PI. YI PRIMEVÈRES NOUVELLES La Primevère de Chine n'est pas précisément une plante de pleine terre; mais il est peu de plantes de culture aussi facile et se prêtant aussi bien à l'ornement des appartements, jardins d'hiver ou serres; sa popularité est solidement établie de longues années et ne fait qu'aller en croissant, à mesure qu'elle s'améliore sous l'influence des efforts des semeurs. Le type, en effet, a été bien modifié depuis dix ou douze ans. D'abord les fleurs se sont agrandies; puis les coloris ont été variés; après les variétés blanches et les doubles, est venue la variété bleue, qui a fait sensation; le feuillage si élégant, s'est aussi transformé. Après les variétés à grandes feuilles, on a vu paraître la variété à feuilles de Fougère, plus élégante encore. Les nouvelles formes figurées dans notre planche ci-contre représentent encore un progrès important. Elles proviennent, comme les Chrysanthèmes dont nous publiions le portrait le mois dernier, du grand établissement de M. Robert Owen, de Castle Hill, Maidenhaid (Angleterre), qui a produit dans ces derniers temps une riche série d'acquisitions très remarquables en fait de plantes à fleurs. Chrysanthèmes, Dahlias, Primevères, Cinéraires, etc. M. Owen a donné au nouveau groupe de semis qu'il vient de produire le nom (['Impérial, bien justifié par sa beauté. Les fleurs sont plus grandes qu'il n'est indiqué sur notre planche, car celles qui ont servi de modèle à l'artiste ont été coupées alors que les plantes étaient en fleurs depuis assez longtemps, et avaient déjà été fécondées en vue de nouveaux croisements. On voit tout au moins qu'elles possèdent des coloris aussi riches que variés, et promettent énormément. Les plantes qui ont produit les fleurs dont nous donnons le portrait avaient été semées au mois d'août 1893; elles étaient donc encore de petite lai!l(\ et il est permis d'espérer que les fleurs de l'année prochaine seront d'une beauté supérieure, comme grandeur et comme coloris. Parmi ces variétés, il s'en trouve à feuilles entières et à feuilles de Fougère. On sait que les semis de Primevère de Chine s'opèi'cnt à des époques assez variables; soit en mai, juin ou même juillet, en planche, dans des pots ou terrines, dans une terre légèi'e à mi-ombre; soit en juin-juillet, en pots ou — 90 ~ en terrines tenus en plein air ou sous châssis; soit enfin en serre, après le mois de juillet. Il y a un avantage indiscutable, sous nos climats, à faire les semis avant la fin de juillet; néanmoins, il est évident que l'on peut être amené à opérer les semis à une autre époque lorsque l'on désire produire des variétés nouvelles. D'après les renseignements qui nous sont fournis par M. R. Owen, les plantes issues des semis opérés au commencement de la saison ont produit des fleurs qui mesuraient de 3 7i à 5 centimètres de diamètre. La culture des Primevères de Chine ne présente aucune difficulté. Les jeunes plantes, après avoir été d'abord repiquées dans de petits godets, sont empotées lorsqu'elles sont suffisamment grandes. Toutefois les pots ne doivent jamais être grands ; la floraison sera bien plus abondante si les racines sont à l'étroit. Le compost qui convient le mieux est un mélange de terre de bruyère, de terreau de feuilles, et de moitié de terre franche assez sablonneuse; le fond du pot doit être bien drainé. Gomme les racines finissent par remplir le pot, et que les éléments nutritifs de la terre risquent d'être vite épuisés, il est bon d'arroser les plantes, deux ou trois fois au cours de la saison, avec de l'engrais bien dilué. Dès que l'automne approche de sa fin, et que les froids commencent à s'annoncer, il est prudent de rentrer les plantes à l'abri dans une serre, près du vitrage, car les Primevères demandent beaucoup de jour, ou, mieux encore, sous châssis. La Primevère de Chine fleurit pendant presque toute l'année. Toutefois, les dernières fleurs sont toujours plus petites et moins brillamment colorées que les premières. Une fois la floraison finie, on doit couper avec soin les hampes défleuries. On laisse ensuite les plantes reposer jusqu'en août-septembre; on rempote alors les pieds que l'on veut conserver, et on les remet progressivement en végétation au moyen d'arrosages de plus en plus fréquents. On obtient ainsi une nouvelle saison de floraison très abondante, et les fleurs, quoique infé- rieures à celles de la première année, sont encore très attrayantes. ' Mais la véritable manière d'avoir toujours de belles fleurs consiste à repro- duire tous les ans les Primevères de semis, ce qui n'exige que peu de soins. On peut aussi multiplier par éclats des vieux pieds ou par bouture les variétés qui ne se reproduisent pas bien par semis, les variétés doubles, ou celles qui ne donnent pas de graines. Max Garnier. 91 RENSEIGNEMENTS ET CULTURES Les Strelitzia. — Parmi les plantes ornementales choisies qui ornent les rocailles de la galerie centrale récemment transformée, à L'Horticulture Internationale, les visiteurs ont en général beaucoup remarqué un beau spécimen de Strelitzia Reginae, placé au centre du groupe de l'entrée. Un des mérites et des grands attraits qu'offre, à mes yeux, le nouvel aména- gement des galeries du grand établissement du Parc Léopold, c'est qu'il permet de remettre sous les yeux et devant la mémoire du public amateur nombre de belles plantes injustement négligées, oubliées, parfois après avoir joui d'une grande faveur. Les Strelitzia sont au nombre de ces plantes décoratives, qui devraient avoir leur place marquée dans toutes les grandes collections. Par la beauté de leur feuillage, par la forme curieuse, le gracieux coloris et l'abondance de leur floraison, ces superbes Musacées méritent l'attention de tous les amateurs qui possèdent un jardin d'hiver assez spacieux, ou à plus forte raison de ceux qui, étant installés dans les pays chauds, peuvent jouir en plein air, et presque sans soins, de sa végétation et de sa floraison luxuriantes. Les Strelitzia connus dans les cultures sous différents noms sont en général de simples variétés du S. reginae; voici comment on peut les classer : S. reginae. Hauteur des feuilles, 1^20. Limbe terminé en pointe et cucullé à son sommet; les feuilles ont un aspect pruineux, principalement en dessous. La hampe s'élève jusqu'au sommet des feuilles à peu près. La base de la spathe est d'un rose vif; les hampes sont très nombreuses et se succèdent pendant fort longtemps. S. macroplujUa. Feuilles un peu plus hautes que dans le précédent, et légè- rement glauques. Limbe arrondi en forme de cuiller à son extrémité. S. /ïava. Feuilles moins hautes que dans le type (85 cm. environ). Limbe ter- miné en pointe à son sommet. Inflorescence dépassant le plus souvent les feuilles. »S'. oData. Feuilles à peu près comme dans le précédent, limbe ovale arrondi en cuiller à son extrémité. Inflorescence dépassant les feuilles. S. angustifolia. Hauteur des feuilles, 0'"90 à 1 mètre. Limbe très étroit (4 à 5 cm.). Les feuilles sont pulvérulentes en dessous. Hampe atteignant la hauteur des feuilles. »S. spntulata. Hauteur des feuilles, i"'25. Limbe en forme; de spatule très étroite, de 8 centimètres de longueur sur 2 de largeur. Hampes plus courtes que les feuilles. Tous les organes sont glaucescents. Spathes moins rouges que dans les formes précédentes. — 92 — S. jtmcea. Hauteur des feuilles, 1"'55; pétiole terminé en pointe, caréné à sa partie supérieure. Limbe avorté. On voit que toutes ces formes, à part les deux dernières, varient très peu entre elles. Le S. spatuJata et le S. juncea se rapprochent d'ailleurs parfois l'un de l'autre, l'un ayant la partie spatulée repliée sur elle-même, l'autre ayant la partie carénée plus ouverte, de telle sorte qu'on peut considérer ces deux formes comme un peu anormales, et provenant d'une sorte d'avortement. D'autre part, les fleurs sont toujours les mêmes; les sépales d'un rouge orangé éclatant, les pétales bleu indigo ou bleu ciel plus ou moins foncé. Le S. Reginae fut introduit du Cap de Bonne Espérance, en 1773, et dédié à la reine Charlotte, épouse de George III d'Angleterre. Pour sa culture, elle est simple et tient dans les quelques principes suivants : peu de chaleur, mais beaucoup de lumière et de soleil ; beaucoup d'eau aux racines et sur les feuilles pendant toute l'année; comme compost, de bonne terre de bruyère avec un fort drainage, L"orangerie. — La température dans l'orangerie doit être actuellement de 15 '/j à 17° C. On fera bien de seringuer de temps en temps, sinon tous les jours, dans la matinée, et de donner ensuite un peu d'air en ouvrant par le haut. Avoir soin de ne pas arroser avec de l'eau froide; l'eau doit être à la température de la serre. Verser de temps en temps un peu d'engrais aux racines, afin de rendre au sol plus de qualités nutritives. Laver les feuilles à l'eau pure ou à l'eau de savon toutes les fois qu'on les verra attaquées par des champignons noirs. La culture de l'oranger est très facile, mais elle exige beaucoup de propreté. * * Exposition de Jacinthes en fleurs. — MM. E. H. Krelage et fils, d'Overveen près Haarlem, nous font connaître qu'ils se proposent d'ouvrir dans leur établissement bien connu, au mois d'avril 1894, une grande expo- sition de Jacinthes en fleurs. Deux " couches de parade, « contenant chacune 600 oignons choisis parmi les variétés les plus rares et les plus belles, ont été plantées à l'automne dernier. Les couches de parade, dit M. J. H. Krelage, étaient la gloire des cultivateurs de Haarlem au dix-huitième siècle. Elles sont devenues très rares dans ces dernières années, et celles de la maison Krelage sont à peu près uniques actuellement. Elles ont été fort admirées en 1880, 1884, 1889 et 1892. Il paraît que la saison de 1893 a été très bonne et que la florai.son des Jacinthes en pleine terre s'annonce cette année admirablement. Les plantes, au moment de la floraison, sont protégées contre les intempéries par une tente spacieuse. Max Garnier. 93 — L'ARBORICULTURE FRUITIERE EN RAPPORT AVEC L'AGRICULTURE Promenons-nous à travers toute la Belgique et même allons jusqu'en France, en Allemagne, ou en Hollande; jetons-y un coup d'œil sur les difiërents domaines agricoles. Quelles sont les fermes qui s'afferment le plus avantageusement et sans difficulté ? Quelles sont celles où le fermier fait un bénéfice plus certain tout en payant régulièrement son fermage et en améliorant de plus en plus la prospérité ? Ce sont évidemment les exploitations où l'on trouve beaucoup de prairies, des pâturages, des fourrages et des vergers. Dans toutes les localités où l'on a converti la majeure partie des champs en prairies- vergers, on constate une aisance, un bien-être, une augmentation sensible de valeur foncière et de valeur locative des fermes. Dans ces localités, malgré la crise dont se plaignent tant de cultivateurs, l'agriculture n'a pas cessé d'être florissante. Ne constatons-nous pas de plus en plus que la culture à base de céréales exige une main-d'œuvre coûteuse et pénible, un personnel nombreux et exercé, des instruments de labour perfectionnés, des bêtes de travail, des harnais, des semences annuelles, etc., etc. Et toutes ces peines, toutes ces dépenses n'aboutissent-elles pas le plus souvent à un résultat presque nul ? Aussi, le fermier qui s'attache obstinément à la culture à base de céréales devra forcément subir l'effet désastreux de son entêtement ; il se ruinera tout en travaillant ! Faut-il s'étonner, dès lors, de ce que beaucoup de propriétaires sont mal pajés et qu'il ne manque même pas de fermes délaissées ? Nous sommes fatalement obligés, sinon d'abandonner complètement la cul- ture des céréales, du moins de la restreindre dans des proportions considé- rables et de ne plus guère lui demander que du grain pour la ferme et la paille nécessaire à la litière des animaux. Car, d'une part, ce sont les perturbations atmosphériques, les grêles, les pluies, les orages incessants qui nuisent plus particulièrement aux cultures ordinaires; d'autre part ce sont les puissantes compagnies agricoles d'outre-mer qui viennent ici et sur nos propres marchés nous faire la concurrence ruineuse pour nous, cultivateurs. Si les cultivateurs étaient seuls, il serait facile de les obtenir en faisant payer un droit d'entrée pkis ou moins élevé aux blés étrangers; mais, à côté d'eux, se trouve la nombreuse classe dés consommateurs, non producteurs de blé, et ces derniers ne manqueraient pas de protester contre l'augmentation — 04 — du prix d'un aliment de première nécessité : le pain ! Toutefois, ce que nous avançons là est simplement un avis, sans prétendre qu'il soit irréfutable; d'ailleurs les législateurs et les économistes eux-mêmes ont des vues très divergentes en ce qui concerne les effets du libre-échange et du protection- nisme. Ce qui est certain, c'est que l'Ètat-Providence est pour nos cultivateurs un appui sur lequel il serait peu prudent de se reposer; je dirai plutôt comme Louis Passy : Comptez surtout sur vous-mêmes! Faites comme ces agricul- teurs intelligents qui vous montrent qu'ils ont bien fait de changer de route, c'est-à-dire de système de culture. Ils ont converti leurs champs, ou du moins la plus grande partie, à bas rapport, en prairies-vergers riches, nourrissant un nombreux bétail. Ils ont ouvert les yeux en comprenant que la pénurie des fourrages entraîne malheureusement la diminution du bétail, du fumier et, comme conséquence, celle des céréales. Ces herbes de prairies et des pâturages ne procurent-elles pas, par leur conversion en fumier, en passant par le corps du bétail, le plus puissant moyen d'amélioration pour toutes les terres de la ferme? Ce bétail et les chevaux, bien nourris, au pré ou à l'étable, avec du foin et du regain, ne procurent-ils pas, par surcroît, de la viande, du lait, du beurre, du travail? Qui ne connaît ou n'a entendu parler de ces immenses prairies-vergers qui s'étendent aux environs de St-Trond, Looz, Tongres, Namur, et même dans le Brabant? Il y a là des exemples frappants, parlant aux j^eux, des villages entiers perdus sous les dômes de magnifiques arbres fruitiers, où les Alle- mands, les Anglais, les Russes et les Français viennent annuellement sur place acheter ces fruits, même sur l'arbre, pour des sommes considérables. Quand on réfléchit bien que tous ces avantages s'obtiennent avec moins de peines, moins de dépenses, moins de main-d'œuvre, n'est-on pas en droit de demander : comment trouver un système de culture qui concilie mieux les intérêts du fermier et du propriétaire, que celui de la création des prairies- vergers? Gustave Michiels. Montaigu, mars 1894. POIRE BEURRÉ VANDEN HOVE , (nouveauté) Il vient à propos de faire connaître dans ce journal une des meilleures poires d'automne dont le pied type existe dans le jardin de M. Frantz Vanden HovE, le sympathique artiste peintre, notre collaborateur zélé pour ce qui concerne la série des Fruits de choix. M. Frantz Vanden Hove, pour ne rien exagérer, n'a peint, comme type — 95 — de fruit, qu'une poire de moyenne grosseur; des exemplaires bien plus gros ne manquaient cependant pas sur le même arbre. Nous connaissons de visu le pied-mère et avons goûté de ses fruits de plusieurs récoltes successives. Nous avons reconnu par là le grand mérite du Beurré Vanden Hove — tant sous le rapport de sa belle végétation que Fig. 15. — Poire Beurré Vanden Hove. de l'excellence de ses fruits — au point que nous avons tenu à multiplier cette variété en grand dans les pépinières de Montaigu. Voici, en somme, les qualités de cette variété qui constitue une heureuse trouvaille, comme fruit d'automne, tant pour nos vergers que pour nos jardins : Arbre d'une vigueur exceptionnelle, d'une fertilité peu commune, port — 96 — pjTamidal naturel des plus réguliers, branches fruitières très symétriques; fruit gros ou moyen, solidement attaché; chair fine, blanche, fondante, extra juteuse, sucrée, vineuse, de toute première quahté. Maturité : octobre-novembre. N. B. — En vue de la propagation utile de cette précieuse variété, nous offrons aux abonnés du journal de leur procurer des greffons sans aucun but de spéculation sur cette variété. Edouard Michiels. FRAMBOISE « STRAPPERS COLOSSAL » LE PREMIER FRAMBOISIER SANS DRAGEONS « Je considère le Strappers Colossal comme le meilleur de tous les framboisiers, et celui de l'avenir, » m'écrivait le rédacteur de l'un des journaux d'arboriculture fruitière les plus célèbres, le Fruchtgarten de Vienne, et il avait raison. Il y a déjà dix ans que j'ai introduit cette espèce d'Amérique; j'en ai expédié plusieurs centaines des plantes directement comme échantillons pour la multiplication, et je n'ai eu qu'à me louer de ces plantes, car il ne peut guère exister de framboise meilleure et produisant plus que le Strappers Colossal. La plante, comme il est dit plus haut, ne produit absolument aucun drageon; elle s'accroît chaque année directement des racines. Par suite, elle n'épuise pas le sol avec l'effrayante rapidité des anciennes variétés. Il en ré- sulte naturellement que la plante peut mieux se nourrir, et que sa production s'élève souvent au double de ce que donnent toutes les autres variétés. La gravure ci-contre représente le fruit en grandeur naturelle, d'après des échantillons récoltés ici; le bois est brun; la plante a une croissance extrême- ment robuste, et forme souvent des tiges de 3 à 4 mètres de hauteur, qui, malgré leur poids énorme, se tiennent parfaitement droites sans support. On coupe tout le vieux bois en automne, comme pour les autres framboisiers, et on rabat les tiges de l'année à environ r"20 ou l^SO. Au printemps, les jeunes pousses commencent à se développer dans toutes les directions, et à produire des masses de fruits, de sorte que tout l'arbuste paraît en être cou- vert. Ces fruits sont d'un rouge grisâtre, d'une grosseur exceptionnelle, très parfumés, et d'après plusieurs jardiniers connus, qui les utilisaient au pressoir, ils ont presque deux fois plus de jus que toutes les autres variétés. Le jus est d'un rouge très foncé; non seulement il fournit une liqueur de — 97 — framboise délicieuse et une limonade excellente, mais les pharmaciens pourront l'employer avec avantage pour l'ajouter aux médicaments comme un colorant inoffensif, ou afin de leur donner un goût plus agréable. Aussi le fruit et le jus sont-ils très recherchés par les confiseurs. Le mode de multiplication de la Strappers Colossal, tel qu'il est appliqué par ■i f i h À if 1 ( ^^^H|^H^^^I|BSb ^^M ^M0^:\ Ip^'^M» \P^ " ^■'îr^^'f^K Fig. 16. — Framboise « Strappers Colossal. » les praticiens américains, est tellement simple, que l'on renonce avec empres- sement à l'ancien procédé, quand on considère les avantages qui résultent de l'absence de drageons. Dans le courant de l'été, lorsque les plantes ont achevé leur pousse de l'année, destinée à fructifier l'année suivante, on recourbe le _ 98 — sommet des tiges vers la terre, on l'enfonce dans un trou lait au plantoii', et on tasse solidement. Au bout de quelques semaines, la pointe qui se trouve dans la terre devient d'un blanc de neige, s'épaissit jusqu'au triple de sa gi'osseur originelle, et commence à se garnir de racines, lesquelles forment bientôt un abondant chevelu, surtout lorsque le sol est léger. Lorsqu'arrive le printemps, une nou- velle pousse vigoureuse sort de la partie épaissie du sommet de la tige enfoncé en terre, et muni de racines ; la nouvelle plante a dès lors son existence propre, et la partie de l'ancienne plante-mère qui avait été mise enterre, et qui était restée lors de la séparation à l'automne, ne tarde pas à mourir. Toute cette opération est extrêmement simple et facile, car avec chaque tige on peut faire une nouvelle plante, et on obtient ainsi en peu de temps un stock considérable. Lors de la dernière Exposition internationale d'iiorticulture de Leipzig, du 25 août au 5 septembre, la nouvelle variété, encore couverte de fruits, a excité l'intérêt général, et elle a été signalée dans plusieurs journaux comme la nouveauté la plus importante et la plus sensationnelle en fait de fruits bacciformes. Il est certain qu'une nouveauté comme celle-ci mérite amplement les éloges qui en ont été faits, et que ce que nous en avons dit au commence- ment de cet article est pleinement justifié. W. Reiem, à Gotha. LE JARDIN FLEURISTE NOUVEAUTÉS POUR 1894 Voici quelques nouveautés très intéressantes dont la maison Ha.a.ge et ScHMiDT, d'Erfurt, annonce la mise au commerce pour cette année : Lathyrus odoratus « Bronze King » (Pois de senteur Roi bronzé). — Cette nouvelle variété est d'un coloris très clair et très gai qui la fera appré- cier des amateurs. L'étendard est d'un bronze cuivré vif, et le reste de la fleur est blanc pur. Le pois de senteur odorant est une des plantes les plus accommodantes et les plus faciles à cultiver dans les jardins; il croît dans tous les terrains et à toutes les expositions. Il rend particulièrement de grands services pour orner les treillages, berceaux, murailles et balcons. Les graines peuvent être semées sur place en mars-avril, pour avoir des fleurs enjuillet-août, ou en automne, de septembre en fin octobre, pour avoir — 99 Fig. 17. • — Lafhiinis oiioratux Bron-e Kiiii). des fleurs en juin-juillet. Les plantes, d'ailleurs, se ressèment souvent d'elles- mêmes. Semées en automne, elles atteignent une vigueur plus grande à la saison suivante, et fleurissent plus abondamment. On peut aussi les semer à la volée, et les repiquer soit vers la fin de l'automne, soit tout au début du printemps. Eschcholtzia maritima. — Nou- velle espèce voisine de V E. rnJifor- nica, dont elle se distingue par la cou- leur blanc grisâtre de son feuillage et par le coloris plus clair de ses fleurs. Celles-ci ont les pétales jaune clair, avec une large macule orangée à la base. Les Eschcholtzia .sont de charmantes plantes annuelles , ou parfois bisan- nuelles, à fleurs assez grandes, d'une forme et d'un coloris très gracieux. Ils sont hautement appréciés en Amérique, où l'Eschcholtzia a été, croyons-nous, choisi comme fleur nationale par l'un des États-Unis. Ce sont des plantes très rustiques, qui réussissent dans tous les terrains sablonneux, notamment au bord de la mer et sur les falaises, ce qui a valu sans doute à la nouvelle e.spèce le nom (pii lui est assigné. Elles fleurissent aux mois de juin, juillet, août et jusqu'en octobre. Elles conviennent admirable- ment pour faire des corbeilles, mas- sifs, plates-bandes, etc. En outre, elles ont le grand avantage de se conserver longtenq^s une fois coupées, et les tiges plongées dans l'eau continuent à épa- nouir leurs boutons. Ricinus Zanzibar iensis. — Cette espèce, originaire de Zanzibar,, est, l)arait-il. d'une vigueur remarquable et atteint un grand développement sous le climat européen. Ses feuilles mesureraient de 70 à 80 centimètres de dia- mètre. Le tj-pe, figuré ci-dessous, a les feuilles d'un vert clair à nervures blan- châtres. D'autres variétés les ont plus ou moins foncées. Les ricins africains sont des plantes extrêmement décoratives, dont le Fis;. 18. — Eschcholtzia niarUima. 100 (euillage inajesluoux et d'une lonne très élégante n'est guère égalé pour l'ornement des pelouses. Ils sont annuels dans nos climats, et meurent à la première gelée ; dans le midi de la France et les régions plus rapprochées de l'Equateur ils sont vivaces, et atteignent alors des proportions énormes. Leurs fleurs sont peu re- marquables, mais les grappes de graines sont assez ornementales. Les ricins doivent être espacés au moins de r"50 à 2 mètres, en raison du développement remarquable de leurs feuilles. Leurs graines, qui ressemblent à des insectes coléoptères, ont un as- pect brillant et un coloris i)anaché parfois très gracieux. Chamaepeuce Afra. — Cette espèce nouvelle est, parait-il, origi- naire d'Arménie, contrairement à ce que pourrait faire supposer le nom sous lequel elle est présentée. Elle a les feuilles épineuses, d'un vert foncé, et veinées de blanc d'ivoire d'une façon régulière. Ses tiges florales s'élèvent à une hauteur de 80 centimètres environ, et sont bien garnies de feuilles jusqu'à leur sommet. Les fleurs sont d'un pourpre clair. Cette plante promet donc de rendre d'ex- cellents services comme plante orne- mentale, ainsi que la gravure ci- contre permet d'en juger, soit en par- terres, soit dans les rocailles. Les Chamaepeuce sont bisannuels ; toutefois ils ne sont pas tout à fait rustiques sous nos climats, et doivent être hivernes sous châssis ou dans une orangerie. Même pendant la bonne saison ils demandent une exposition chaude. Le sol de plantation doit être bien sain. M. G. h'icinu^i zanztharlen!ii:<. Fig. 20. — Chamaepeuce Afra. 6*"® Série. TOME P 7mc Livraison. 15 Avril 1894 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de rHorticulture DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. Ll N DEN Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEUKS PRINCIPAUX : EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSXRAXIOIV HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. &ois/li^a.tti:e Pagos. Chronique tiorticol'e 101 Pl.'intPS nouvollos ou rccommandables . . . 106 Pflilcs notes de culture 113 Expositions annoncées 116 Pages. TEXTE ET PLANCHE COLORIÉE. Maranta (Calalliea) fascinator L. Lind. et Em. Rod 103 Fig. 21. M. Jean Linden. 109 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE LUNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles. Gand, impr. £ug. Yanderbaeglicn. TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLI ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES > ^»^- < Les annonces paraissant à la fois dans L^IUustration Horticole et a Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse i présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire conn i leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant ch ; deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. J circulation universelle augmente considérablement de jour en jn ]^, B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticultur assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nou\ 1 de serre. Prix des annonces tas les 2 journaux ensemMe Une page entière . . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 Une demi-page .... . ). 30 » 60 .. 100 .. 180 Un tiers de page . . . . » 25 .. 45 » 80 » 125 Un quart de page. . . . » 20 » 40 » 70 » 110 Un sixième de page . . . •> 15 » 30 .. 50 .. 90 Un huitième de page . . .. 12 » 25 « 40 » 70 Un seizième de page . . .. 6 ). 12 20 » 35 Pour l'année ei Sr Pour 1 iiiscTtiiiii Poiii ;j insortions Pour insertions Pour IJ insertions ou 24 jneertt ) dans les "2 journ. dans les 2 journ dans los 2 joiirn. dans les 2 joura. dans les 2 jo l. fr. 50C - 30C .. 221 » 18C » 15C .. 121 « 7t On est prié de faire parvenir les annonces au bureaux de L'Illustration Horticole et du Journal des OrchidiBs 100^ rue Bclliard , à Bruxelles, avant le H et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abont à l'un de ces journaux. — 101 CHRONIQUE HORTICOLE 15 Avril 1894. Jardins royaux de Kew. — On sait que les Anglais tiennent énormé- ment aux Jardins de Kew et que ceux-ci sont, pour les Londoniens surtout, le but de leur promenade préférée. Pendant l'année dernière, le nombre des visi- teurs s'est élevé à 1,733,386. Au mois d'août on a compté 329,410 entrées. * Plantations publiques. — Protéger les arbres le long des voies publiques a toujours été un problème difficile. On se borne souvent à les entourer de longues branches d'épines, mais les instruments tranchants viennent vite à bout de ce moyen ; l'emploi des enveloppes de fer dites corsets est bien plus efficace, mais elles sont fort coûteuses. A Washington, États-Unis d'Amérique, on a eu recours aux treillis en fil de fer et l'on a obtenu un excellent résultat. Dans certaines rues, les arbres ont été plantés au double de la quantité voulue; quand ils sont suffisamment développés, les intermédiaires sont supprimés ; entretemps, les arbres destinés à être maintenus plus tard sont seuls protégés au moyen de treillis. Or, sur un mille de longueur, soit IGOO mètres, c'est à peine si un seul arbre protégé a reçu une blessure, tandis que tous les autres sont affreusement endommagés et ont même l'écorce enlevée jusqu'à la hauteur à laquelle la bouche des chevaux peut atteindre. * Cliveias odorants. — Nous ne prétendons pas affirmer que les fleurs de Cliveia dégagent un parfum exquis. Nous avons constaté simplement que ces fleurs ne sont pas dépourvues d'une odeur agréable et nous nous rangeons à l'avis de ceux qui prétendent que les Cliveia sont odorants comme certains lis. L'odeur est appréciable lorsque les fleurs sont exposées en plein soleil à une température d'une vingtaine de degrés centigrades et dans les premiers Jours [de leur épanouissement. Camoënsia maxima, — Cette superbe Légumineuse a fleuri au Jardin botanique de Geylan. C'est une espèce grimpante, qui fut découverte à Angola par le D"" Welwitsch. M. Trimen, directeur du Jardin botanique de Ceylan, — 102 — reçut en 1883 deux exemplaires de cette plante, l'un des Jardins royaux de Kew, l'autre de l'établissement Bull, de Londres. Les fleurs, dit la lievue Horticole, en splendides grappes pendantes, sont très grandes, d'un blanc laiteux et teintées de jaune d'or sur les bords des pétales. * » • Le plus grand verger de pruniers en Californie est situé dans la vallée de Salinas, près de Templeton, comté de San Luiz Obispo. Sa surface est de 120 hectares avec 270 pruniers à l'hectare ; il compte donc 32,400 pruniers. Les arbres se trouvent à G mètres en tous sens. C'est la Prune d'Agen ou Bohe de Sergent qui fait l'objet des plantations les plus considérables dans l'Orégon et la Californie. Le climat de Californie se prête admirablement à la fructifica- tion du prunier. Encre pour écrire sur le zinc. — Les étiquettes les plus durables et par suite les moins coûteuses, à recommander pour l'usage dans les serres comme en plein jardin, sont celles en zinc. La meilleure encre qu'on puisse employer pour écrire sur ces étiquettes est à la portée de tout le monde, et chacun peut la composer aisément. On fera dissoudre 25 grammes de sulfate de cuivre et 25 grammes de sel ammoniaque dans un quart de litre de vinaigre; cette com- position revient à environ 30 centimes. Cette quantité suflit pour longtemps, et si le mélange se dessèche trop, on y ajoute un peu de vinaigre et d'eau. On croit que pour écrire sur le zinc il faut une plume d'oie, c'est une erreur. La meilleure plume en ce cas est un crayon de roseau ou de bambou ; à défaut de celui-ci, une petite cheville de bois dur fera le même oflice. Prix A. P. de GandoUe. — La Société d'histoire naturelle de Genève vient d'ouvrir un concours pour la meilleure monographie d'un genre ou d'une famille de plantes. Les manuscrits doivent être adressés, franco, avant le 15 janvier 1895, à M. le Président de la Société d'histoire naturelle, à l'Athénée, Genève (Suisse). Le prix est de 500 francs. Le mémoire couronné pourra être publié dans les annales de la Société. Monument végétal au Japon. — Un correspondant du Gardeners' Chronicle envoie à ce journal une photographie d'un pin gigantesque, proba- blement un Phius denaifora, croissant à Carasaki, sur la rive occidentale du lac Biwa. Cet arbre fut décrit dt'jà par Murray dans son Handhook for Japan. La hauteur de l'arbre est de 27 mètres, la circonférence du tronc est de 11 mètres. La longueur des branches, de l'est à l'ouest, est de 72 mètres, et du nord au sud, de 85 mètres. Les branches sont au nombre de 380, la plupart — 103 — descendent jusqu'au sol en forme d'éventail et si bas qu'il faut se baisser pour passer dessous. Tout un échafaudage de bois et de pierres sert à les étanconner, les creux du tronc sont soigneusement remplis avec du plâtre et le sommet de l'arbre est recouvert d'une petite toiture destinée à le garantir contre les pluies! On dit que cet arbre vénérable a plus de deux mille ans; il est célèbre dans tout l'empire japonais. Seulement ce mode d'étançonnage et cette toiture nous semblent peu faits pour contribuer à la beauté du paysage. La photo- graphie le dénote assez. Remède contre la toile. — Le sulfate de cuivre sera décidément un remède contre toutes les maladies cryptogamiques des végétaux. M. Rozain-Bgu- CHARLAT indique dans le journal Lijon-Horticole le procédé qui lui a donné des résultats complets contre la toile, rebelle à un grand nombre d'autres moyens. Il suffît de bassiner avec la solution suivante les plantes atteintes du cryptogame si redouté au printemps dans les serres à multiplication ; 250 grammes de sulfote de cuivre et 250 grammes d'ammoniaque liquide pour un hectolitre d'eau. On recommande de plonger les pots ou terrines dans la solution indiquée, avant de les employer pour les boutures ou les semis. Il est bon aussi, dit-on, de mouiller avec le même liquide le compost préparé pour le semis ou le bouturage. Encore l'explosion Vilmorin. — Nous apprenons qu'à la suite de la catastrophe des magasins de Reuilly, MM. Vilmorin-Andrieux et G'^ ont fait parvenir à la Caisse des Victimes du devoir dix mille francs au nom de la Maison et dix mille francs au nom de MM. Henri et Maurice de Vilmorin. Tabac et tabac. — En France, « nul n'est autorisé à cultiver le tabac. » Telle est la lui, et le tabac est la propriété de la Régie. On sait que le tabac appartient au genre Nicotiana, de même que trente-cinq autres espèces bien déterminées dont quelques-unes sont d'une réelle valeur comme plantes d'or- nement. Telle est, par exemple, le Nicotiana colossea, la magnifique espèce des Andes du Pérou, d'introduction assez récente. Un hoi'ticulteur de Mont- luçon a appris, à ses dépens, qu'on ne peut se moquer impunément des repré- sentants de la Régie. Il avait convié les amateurs de plantes de Montluçon à venir admirer chez lui ([ueiques superbes exemplaires de la plante géante. Les amateurs vinrent en foule et avec eux le contrôleur de la Régie accompagné du conunissaire de police. Le Nicotiana colossea fut considéré par ces agents comme l'égal du Nicotiana tahacum, et procès-verbal fut dressé en due forme. L'horticulteur eut beau prolester, on exigea de lui le payement d'une amende de cinquante six francs, parce que, disait-on, « nul n'est autorisé à cultiver le — 104 — tabac. » Le Congrès d'horticulture s'en mêla et fit comprendre que le Nicotiana colossea n'est pas le tabac, bien que le tabac soit un Nicotiana. L'horticulteur a dû se résoudre à payer bon gré mal gré une amende de fr. 9,50. Vanille à la Réunion. — La vanille du Mexique jouit toujours d'une très grande estime en Europe; celle qui est produite en Colombie et dans le Vene- zuela vient sur la même ligne que la vanille des Seychelles. La contrée qui en exporte relativement la plus grande quantité est la Réunion. En 1892 il en a été envoyé en Europe 96,000 kilog. évalués à plus de deux millions huit cent mille francs. Lichen du Japon. — On connaît l'usage du lichen d'Islande, dont la décoc- tion sert à préparer un mucilage sirupeux recommandé contre les rhumes. Le Botanisches Centralblatt décrit un lichen appelé Iwatake par les Japonais et dont les qualités rappellent celles du lichen d'Islande. Il s'agit du Gi/ro- phora esciilenta, qui abonde dans certaines parties du Japon, surtout dans les montagnes sur les roches granitiques. Il renferme de l'amidon et de la gélatine qui le font rechercher et consommer en grandes quantités par les Japonais. * * Le mois de mars 1894. — Un ciel d'une sérénité remarquable a signalé presque tous les jours du mois de mars 1894, semblable sous ce rapport, au mois de mars 1893. Le dicton qui veut que vert Noël soit suivi de blanches Pâques a reçu un démenti formel. Le 25 et le 26 mars ont joui d'une température presque estivale; le thermomètre a marqué à Gand 18° par le ciel le plus pur. Fleurs bleues en hiver. — Si les fleurs blanches produisent le meilleur effet à la lumière artificielle, les fleurs bleues ont certainement une valeur plus grande à la lumière du jour, et pendant la saison d'hiver, on ne saurait avoir trop de fleurs de ce coloris. A ce point de vue, VEranthemuni nerrosnm R. Br., qui fut introduit des Indes Orientales il y a un siècle, devrait occuper dans nos serres une meilleure place. Cette jolie Acanthacée a des fleurs presque semblables aux Phlox, mais elles sont d'un beau bleu et dis- posées en épis axillaires imbriqués opposés. Elles se conservent assez longtemps étant coupées, et les boutons continuent même à s'épanouir. L'Eranthemum se trouve le mieux dans une serre assez humide; il se multiplie facilement de boutures. Pendant la période de végétation, il demande de copieux arrosements. Ém. Rodigas. — 105 PI. VII MARANTA (CALATHEA) FASCIMTOR l. um, & em. rod. MARANTA ENCHANTEUR Enchanteur est, en effet, pour tous ceux qui aiment les plantes à beau feuillage le nouveau Maranta dont L'Illustration Horticole donne aujourd'hui le portrait. C'est une plante à tige très courte, ramifiée dès la base et formant ainsi une touffe charmante. Les feuilles sont distiques, le limbe est porté par un renflement pubescent fort court, il est étalé, réfléchi sur les bords, tronqué à la base, très peu acuminé au sommet, à nervures secondaires arquées, d'un beau rouge; la nervure médiane est blanche, la face supérieure est luisante, colorée de vert foncé vers le milieu, de vert pâle sur la marge et d'une teinte argentée vers le centre. La face inféi'ieiire est d'un beau coloris pourpré plus ou moins foncé suivant l'âge des feuilles. La plante a été découverte au Brésil, dans la province de Bahia, par M. Fl. Glaes, un des botanistes vo3'ageurs de L'Horticulture Internatio- nale, à Bruxelles. Il en a importé une dizaine de variétés fort distinctes par la coloration du feuillage. La nouvelle venue rentre dans le groupe des Maranta (Calathea) Massamjeana et Kerchoveana (') qui se rapproche du Maranta hicolor; de plus, l'inflorescence que nous avons sous les yeux nous permet de les considérer comme des formes du Maranta leuconeiira également d'origine brésilienne, décrit et figuré en 1875 par Edouard Morren dans la Belgique horticole, tome XXV, p. 172 (•'). Le Maranta leuconeura type est une gracieuse plante naine à feuilles moirées, avec nervures secondaires, d'un blanc argenté. L'inflorescence est axillaire sur une hampe ascendante, d'une dizaine de centimètres de long. Les fleurs sont petites, blanches et relevées de quelques petites ponctuations pourprées. Le Maranta Massanrjeana, décrit aussi par Edouard Morren dans la Belgique horticole de 1875, se distingue du Maranta leuconeura par la colo- (i) Voir L'Illmtration Horticole, XXVI»» volume, 1879, p. 106. (*) Déjà signalé par le même auteur dans la Bel 26. Pentslenion liyliride gloxiniaellora . . 132 » 27. Zinnia élégant doui>lc compact . . . 132 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE LUNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles- Garni, inipr. Eug. Vandcrhaegben. TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX LILLUSTRATION HORTICOLE ET LE mimi DES OHCUIDÉES Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dan Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse êtr présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaîtr leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacu deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. Leu circulation universelle augmente considérablement de jour en joui rV, B, — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture h assure le moiwpole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelle de serre. Prix Jes annonces tas les 2 journaux ensemUe : l'uur l'an lée entière Pour 1 insortiou Tour 3 insertions Tour 6 insertions Pour 12 insertions Ol 24 insertions dan s les 2 journ. dans les 2 jouni dans les 2 journ. dans les 2 journ. dan s les 2 journ. Une page entière . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page . . . » 30 » 60 » 100 " 180 .' 300 Un tiers de page . . » 25 » 45 » 80 .. 125 » 225 Un quart de page. . » 20 » 40 » 70 » 110 .. 180 Un sixième de page . » 15 » 30 " 50 » 90 » 150 Un huitième de page » 12 » 25 « 40 '. 70, » 125 Un seizième de page . » 6 » 12 n 20 « 35 M 75 On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées" 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 23 du uiois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonné^ à l'un de ces journaux. — 117 CAUSERIE HORTICOLE PRODUIT IMPORTANT DE LA VENTE DES FLEURS COUPÉES D'ORCHIDÉES 30 Avril 1894. Quoique les Orchidées soient aujourd'hui connues et cultivées un peu par- tout, bien des personnes se figurent encore que ces belles plantes sont inabor- dables pour une fortune moyenne ou modeste. Sans doute, il existe des espèces ou des variétés rares cotées à des prix très élevés, et la formation d'une collection assez complète est un luxe que tout le monde ne peut pas s'offrir ; mais beaucoup d'espèces d'une très grande beauté, et des plus célèbres de la famille, se vendent à des prix très modérés. D'autre part — et c'est sur ce point que je me propose aujourd'hui d'insister, — il est possible de diminuer d'une façon très considérable les frais d'une collection, et même, si l'on le désire, d'en faire une entreprise de rapport très fructueuse, ce qui permet au collectionneur de justifier sa passion aux yeux des personnes qui ne la partagent pas. Les amateurs d'Orchidées se voyaient parfois repro- cher le goût de ces plantes comme une fantaisie coûteuse et n'apportant avec elle aucun profit. Eh bien, ce profit existe, et je n'hésite pas à aflSrmer qu'une entreprise de culture spéciale d'Orchidées pour la fleur coupée, bien et prati- quement conçue, donnerait des bénéfices bien supérieurs à ceux de n'importe quelle production horticole, que ce soient des primeurs, des fleurs, des fruits ou des plantes. C'est ce que je vais m'efïbrcer d'établir ; toutefois je commencerai par quelques indications générales sur la façon d'organiser une enti'eprise de grande culture. Les fleurs d'Orchidées sont aujourd'hui, et depuis bien des années, les reines de la mode et forment l'ornement le plus apprécié des bouquets; pas une grande fête, pas une réception princière, pas un banquet où elles ne figurent à la place d'honneur. Quelles que soient les quantités envoyées sur les mai-chés de Londres et de Paris, l'offre ne suffit jamais à la demande ; tout producteur bien installé, bien monté et qui pourrait fournir régulièrement aux ffeui'isles des grandes villes une certaine quantité de fleurs des meilleures espèces, serait donc assuré de les placer sans peine : tout ce qu'il pourrait envoyer serait accepté. — 118 — Mais il faut que l'acheteur puisse compter sur une production régulière, et il faut, par suite, que le producteur ait des serres installées d'une façon ration- nelle, renfermant des quantités assez importantes de plantes choisies parmi les espèces qui conviennent le mieux à cette destination. Lorsqu'on se propose de cultiver les Orchidées pour la vente des fleurs, tout, dans la culture aussi bien que dans la construction des serres, doit concourir à ce but. Autre chose est de cultiver- pour Vmjrénient, autre chose de cultiver pour le rapport. Il faudra modifier certaines serres ou en construire de nouvelles adaptées spécialement à la grande culture. Presque toutes les serres conviennent aux Orchidées, toutes ne leur conviennent pas. Il faut étudiei- l'aménagement des locaux, faire un choix éclairé des espèces qui s'accommodent le mieux des conditions dans lesquelles on peut les installer, et de celles qui peuvent produire le plus ; bref, il faut conduire son entreprise de la façon la plus rationnelle et ne rien laisser au hasard, qui peut bien faire des miracles, mais qui n'a jamais produit une bonne culture. Les serres doivent être pratiquement aménagées, construites d'une façon économique, disposées d'une façon à loger le plus grand nombre possible de plantes dans un espace minimum, et chauffées également avec économie. Le modèle de sei'res qui convient le mieux est celui des petites serres basses bien aérées. Les grandes serres avec gradin au milieu ne se prêtent pas bien à la culture en grand pour la fleur coupée; il faut pouvoir placer les plantes aussi près du jour que possible, et les prendre en mains sans peine et sans dérangement. On sait d'ailleurs qu'une bonne exposition influe beaucoup sur la qualité de la floraison : plus les plantes auront eu de lumière et de soleil, plus les fleurs seront richement colorées. On construira donc des serres de 4 mètres de largeur environ, de longueur variable, à double versant, ayant des deux côtés des tablettes de 1"'50 de pro- fondeur, et au milieu un sentier de 1 mètre au moins de largeur. Les tablettes devront être formées d'un lattis à claire-voie, et les tuyaux de chauffage placés près du sol, parallèlement aux murailles, seront recouverts d'une couche de côtes de tabac pour chasser les insectes; enfin, des ventilateurs assez nom- breux seront ménagés au bas et au sommet. Une serre de ce genre aj^ant à peu près 50 mètres de longueur peut contenir de 5 à 0000 Odontoglossum crispum ou 3000 Gattleya de taille moyenne. Quant à la culture, elle doit être un peu modifiée en vue de la floraison, ce qui exige certaines connaissances qui ne relèvent que de l'expérience de celui qui l'installera et la conduira. Ainsi que je l'ai déjà indiqué, les cultures d'Orchidées pour la grande produc- tion devraient être installées uniquement en vue de ce résultat, et dans le — 119 — même esprit que les cultivateurs de raisin de Hoeylaert, près de Bruxelles, ont si bien compris à leur très grand avantage. Ce n'est pas, en effet, du raisin pour l'agrément qu'ils font, mais pour la vente; et l'immense réputation qu'ont aujourd'hui leurs produits, prouve amplement qu'ils ont bien su s'y prendre pour en tirer profit. * » Voici comment pourrait s'établir le budget d'une entreprise ainsi conçue : Construction des serres, environ fr. 8,000 Achat de 2.500 Odontoglosstim crispxi» d'importation, à 5 francs pièce „ 12,500 Achat de 2500 Cattleija Warocqueana et Trianae d'im- portation, à 10 francs l'un dans l'autre „ 25,000 Total des dépenses à faire . . . . fr. 45,500 Un certain nombre de ces plantes fleuriront dès la première année, davan- tage la seconde, mais on ne peut pas compter sur un produit très considérable les deux premières années. Néanmoins, ce produit suffira à payer l'intérêt des sommes engagées et à laisser encore un certain bénéfice. A partir de la troi- sième année, toutes les plantes sont en plein rapport, et voici les chiffres sur lesquels on peut compter : 2500 Odontoglossum donneront, l'un dans l'autre, un minimum de 14 fleurs, soit 35,000 fleurs chaque année ('). En vendant ces fleurs au prix très modéré de 0,20 pièce, on en retirera une somme de 7,000 francs. 2500 Cattleya, produisant un minimum de quatre fleurs chacun (chiffre qui serait certainement bientôt dépassé) donneront ensemble 10,000 fleurs par an; en comptant ces fleui's 0,60 pièce, ce qui n'est qu'une estimation très modeste, on aura une somme de 6,000 francs, soit au total 13,000 francs environ de recette, ce qui représente un intérêt d'environ 30 °/o ; et ces évaluations seraient certainement bien au-dessous de la réalité, car en pleine saison, au moment des étrennes notamment, les fleurs se vendent deux ou trois fois plus cher que je ne l'ai indiqué. Les fleurs d'Od. cvispum se vendent ordinairement de 30 à 60 C(întimes pièce, et celles de Cattleya, un franc et plus; mais je ne suis pas partisan des prix trop élevés, qui empêchent la clientèle de s'accroître; tout le monde ne peut pas payer un bouquet plusieurs louis. En adoptant des prix plus raison- nables, on donnerait au goût des fleurs d'Orchidées une impulsion bien plus grande. (*) Je trouve précisément dans le Gardoiers' Chroniclc de Londres du 14 avril dernier une note relative à un Odonfoglosftuni crix/jin» qui vient de fleurir, donnant trois grappes, dont une portait frcnte-qKdfre ûcuvs, une autre dix-sept et la troisième quatorze. Une autre plante de la même collection porte uue grappe, non encore épanouie, de rinquante-quatri' boutons. — 120 — Je n'ai pas p.arlé des frais d'entretien ; ils sont peu élevés ; avec une bonne chaudière, on peut estimer les dépenses de chauffage à un millier de francs pour l'année. Comme personnel, un jardinier et un gamin suffiraient, ce qui représente une somme de 2,500 francs environ; enfin il faut prévoir à peu près 500 francs de frais divers de culture ; le tout fait un total de 4,000 francs par an à ajouter au chiffre calculé plus haut. Mais d'autre part, il convient de tenir compte de deux éléments qui grossissent considérablement le chiffre des recettes. La valeur des plantes augmente chaque année d'une façon notable ; elles s'établissent, grandissent, et ce ne serait certes pas exagérer que de dire qu'au bout de cinq ans de culture, elles représenteront à peu près le triple du capital engagé ; quoi de plus facile alors pour le cultivateur que de vendre tout ou partie de ses plantes, et de racheter de nouvelles importations, en encaissant un fort bénéfice? Ainsi, par ce fait seul, la somme consacrée à l'entreprise serait entièrement récupérée au bout de cinq à six ans. Ce n'est pas tout. Il est certain que dans les quantités dont j'ai parlé, on trou- vera des variétés supérieures qui pourront être revendues à de grands prix ; parfois quelques-unes de ces bonnes fortunes suffiront à payer entièrement le prix d'achat de tout le reste. Certaines variétés d' Odontoglossum crisimm ont atteint des prix de 2000 francs et plus ; dans les Cattleya, les formes distinctes et de grande beauté ont aussi une valeur énorme^. Ces deux éléments viennent grossir le chiffre des recettes d'une façon si considérable, qu'ils rendent tout calcul rigoureux presque illusoire. Néanmoins, pour tenir compte seulement de l'accroissement des plantes, produit certain, et en l'évaluant seulement, de la façon la plus modeste, à '/,o de leur valeur par année, on peut porter aux recettes un chiffre nouveau de 4000 francs, qui compense les frais d'entretien mentionnés précédemment. Le budget de l'entre- prise, tous comptes faits, se balancera donc par 13,000 francs de recette pour 45,500 francs de dépenses, soit un produit de près de 30%; et je rappelle que ce chiffre n'est qu'un minimum qui, en fait, sera constamment dépassé. Il est certain qu'il y a deux façons de comprendre la culture des Orchidées, qui ont toutes deux leurs avantages et leur charme très grand. Si le grand amateur, pouvant s'offrir le luxe d'une collection très complète de tous les genres, a le plaisir de réaliser ainsi une œuvre artistique vraiment complète et en quelque sorte parfaite, d'autre part celui qui se borne à un choix des meilleures espèces et des plus splendides, qui en cultive de grandes masses, a constamment sous les yeux un spectacle admirable et sans défaut, sans infé- riorité, sans rien qui détonne. C'est une tâche évidemment moins difficile et moins haute, mais qui procure encore à celui qui l'entreprend de très vives satisfactions. Lucien Linden. L'ILLUSTRATIO SPIRAEA ANTHONY WATERER J. Goffart clirom. 121 — PL VIII SPIMEA ANTHONY WATERER La charmante variété dont nous donnons ici le portrait a fait son apparition à l'établissement horticole de M. Anthony Waterer, dont elle porte le nom, à Knap Hill, Woking. Elle se rattache au S. japonka Bumalda, variété remarquable par son port touffu et peu élevé, ne dépassant pas en général 60 centimètres. La nouvelle forme se distingue par la vivacité particulière de son coloris, qui produira un effet ravissant en contraste avec celui de la plupart des autres espèces, et par une floribondité merveilleuse. Sa floraison se prolonge de juin à septembre, et même parfois jusqu'au commencement d'octobre. Le S. japonka est souvent désigné dans les cultures sous les noms de S. caUosa, S. Fortunei, etc. Il a même été confondu avec une plante toute différente, YAstilbe ou Hoteia japo}ika. Il est particulièrement précieux à cause de sa rusticité, et est peu exigeant au point, de vue du choix du terrain. Il existe un grand nombre d'espèces de Spiraea, et l'excellent journal anglais Tlie Garden, auquel nous empruntons les éléments de la présente planche, publie à ce sujet un article très intéressant de M. W. Goldring, de Kew, contenant une classification des formes les plus répandues, à laquelle les amateurs de ces charmants arbustes se reporteront avec profit. Max Garnier. Petit guide pratique du jardinage, par S. Mottet (1 vol. in- 18 cartonné toile de 350 pages, avec 310 figures dans le texte, 3 fr. — 0. Doin, éditeur). Cet excellent petit traité promet de rendre de réels services aux cultivateurs novices, aux possesseurs de petits jardins ou potagers de campagne, auxquels il permettra de choisir en connaissance de cause les fleurs les plus belles et les légumes les meilleurs et les mieux appropriés à leur terrain et à leurs besoins. L'ouvrage renferme en même temps toutes les indications pour la culture dé ces plantes, les semis, la multiplication, etc.; le verger n'y est pas oublié, non plus que la prairie. Enfin, le volume se termine par un petit calendrier des semaines et des travaux à effectuer chaque mois de l'année. — 122 RENSEIGNEMENTS ET CULTURES Travaux du potager. — La saison chaude a beaucoup avancé la croissance de tous les semis, et le jardinier doit déployer une grande activité pour donner à la terre l'humidité nécessaire. Il faut avoir soin de remuer fi'équemment la terre autour des jeunes plantes, et repiquer un certain nombre de jeunes semis, tels que concombres, potirons, tomates, piments, etc. Lorsque l'on se sert d'engrais artificiels, ceux-ci doivent être appliqués avant que l'on ne retourne la terre, puis on arrosera pour bien les incorporer. Les premiers semis de navets hâtifs ne tarderont pas à être bons à employer, et doivent recevoir de fréquents arrosages. Les rangées les mieux protégées et les plus précoces doivent être surveillées de près, afin qu'elles ne deviennent pas dures, fibreuses, et inutilisables. Il en est de même des radis. Si l'on n'a pas élevé de cornichons sur couche, on peut les semer vers la fin de mai à l'air libre sans abri, dans des trous que l'on remplit de fumier et que l'on recouvre de terreau. On sèmera bientôt sur couche les graines de melon qui doivent fournir du plant pour la fin de la saison. Les semis de fraisiers qui ont quelques feuilles doivent être repiqués sur couche à 5 ou 6 centimètres d'espacement, et bien arrosés; ils seront mis en place à l'automne. Enlever les châssis et les mettre à l'abri sous un hangar ; afin de les faire durer, il sera bon aussi de les repeindre dès maintenant. Les pois destinés à la récolle du commencement d'août doivent être semés dès maintenant, et une seconde série deux semaines plus tard. On sèmera également les laitues, radis, épinards, navets, le cresson, etc., que l'on pro- tégera contre les ravages des oiseaux. Les Asperges fournissent actuellement une récolte régulière ; on doit avoir soin, en les coupant, de ne pas endommager les griffes. Les premiers plants de Tomates doivent être mis en place au commencement de mai. On préparerais trous nécessaires entre les arbres fruitiers près d'un mur exposé au sud ou à l'ouest, et l'on versera dans chacun une certaine quantité ^une demi-brouette environ) de compost formé de bon terreau et de fumier bien décomposé. Les plantes, qu'on aura soumises à une température plus froide quelques jours à l'avance, seront ensuite mises en place, et la terre bien tassée. Les Roses Trêmières résistent généralement bien à l'hiver en plein air; celles qui avaient été rentrées doivent être déjà transplantées depuis deux ou — 123 — trois semaines, grâce au beau temps. Le sol aura dû être bien préparé à l'avance, aéré et engraissé; quant aux divisions faites ce printemps, elles seront toujours en retard d'un mois environ dans leur floraison sur celles de l'été précédent. De fréquents arrosages sont nécessaires à ces plantes. Les Dahlia doivent être traités à peu près de même. Repiquer les Reines-Marguerites, Zinnia, Phlox, Soucis, qui ont été semés au commencement du mois dernier. Surveiller attentivement les limaces, et répandre sur le sol de la cendre ou de la chaux en poudre pour écarter ces dangereux ennemis des jeunes plantes. Rhododendron de l'Himalaya. — Sir John Llewelyn envoyait à la Société Royale d'Horticulture de Londres, le 27 mars dernier, des fleurs coupées de diverses variétés de Rhodondendron, au sujet desquelles il faisait les remarques suivantes : « J'envoie quelques corymbes de Rhododendron de l'Himalaya; j'ai choisi six espèces : le B. harhatum, qui est en fleurs depuis plus de six semaines; le R. TJiomsoni, qui commence seulement; le R. arboreum, variété rose vif; les R. Falconeri, R. grande et R. Campelli. Aucun de mes Rhododendron de l'Himalaya n'a souffert pendant l'hiver, quoique nous ayons eu 24° de froid pendant environ une semaine; et plus tard, alors que les fleurs s'ouvraient, nous avons eu, le 19 et le 20 février, un froid de 14° la nuit; vous pouvez juger vous mêmes quel effet a produit ce froid sur les fleurs. Je dois dire que les plantes sont protégées natureflement dans une certaine mesure par les arbres voisins; mais elles ne reçoivent aucune protection artificielle. Les personnes qui s'occupent de ces Rhododendron de l'Himalaya, et qui savent distinguer les espèces rustiques sous nos climats et celles qui ont besoin de l'abri d'une serre froide, en retireront beaucoup d'agrément et d'utilité; et lorsqu'on saura leur donner le sol et le climat qui leur conviennent, il est probable qu'ils seront cultivés d'une façon beaucoup plus générale qu'ils ne l'ont été jusqu'à présent, à ce qu'il me semble. Lorsque le bois a été bien mûri pendant l'été, avant l'arrivée de l'automne et des gelées de l'hiver, beaucoup d'espèces sup- portent le froid impunément ; mais le danger apparaît lorsque les gelées du printemps se produisent après l'entrée en croissance des boutons. Certaines espèces sont beaucoup plus précoces que les autres à développer leurs feuilles, et courent risque de perdre leur jeune feuillage, tandis que les espèces plus tardives y échappent; les premières, par suite, ne peuvent pas être considérées comme aussi rustiques que les espèces plus tardives. L'action de la gelée sur les fleurs épanouies peut détruire un corymbe; encore est-il remplacé au bout de quatre ou cinq jours par de nouvelles fleurs, car les boutons résistent à la gelée d'une façon très remarquable. — 124 — Toutes les fleurs que j'envoie aujourd'hui ont subi des gelées, notamment 6° le 16, et 7° le 17 mars. Prenant comme guide l'ouvrage Flora of British India,de sir Joseph Hooker, et jugeant d'après lui des altitudes approxima- tives auxquelles croissent les diverses espèces, je crois pouvoir dire que celles qui se rencontrent à l'état naturel à 2700 mètres ou plus au dessus du niveau de la mer seront assez rustiques pour pousser en plein air dans nos paj^s. J'étudie actuellement les espèces suivantes : Rhododendron grande, Rhododendron Griffithianum, » Hodgsoni, » Thomsoni, » Falconeri, > Hookeri, > arboreum, » barbatum, » niveum, » Edgworthi, » canipanulatum > ciliatum, » lanatum, » glaucum, » campylocarpum, > cinnabarinum, et j'espère en recevoir d'autres que je mettrai également en essai. Leur magni- fique feuillage est précieux pour la décoration en hiver, et le coloris des fleurs de certaines espèces est si beau que les amateurs ne peuvent passer devant elles sans les admirer. D'après M. Maurice de Vilmorin, ces Rhododendron ne sont pas ordinairement rustiques en France, mais il en a rencontré dans les jardins de M. Liais, à Cherbourg, et il mentionne un exemplaire de R. Fal- coneri qu'il a vu dans une prairie près de Brest. » * » Travaux de la petite serre. — Toutes les plantes à tubercules doivent être mises maintenant en végétation. On multipliera facilement les Canna en sectionnant les touffes de racines de façon à laisser un œil à chaque morceau; on place ensuite les morceaux dans de petits pots et on leur donne un peu de chaleur pour les faire entrer en végétation. Les Lobelia herbacés seront divisés de la même façon et placés en couche à une température de 10° C. Les Dahlia peuvent subir le même traitement, mais il leur faudra un peu plus de chaleur pour stimuler les pousses. Ceux qui ont été remis en végétation le mois dernier ont déjà des pousses, qui se développeront avec activité à une température de fond de 20 à 23°. Plus les morceaux de tubercules sont gros, plus ils sont longs à former des racines, et comme ils ne produisent pas des plantes plus fortes que les tubercules plus petits, il n'y a pas d'avantage à planter les tubercules entiers. Les Bégonia tubéreux rendront de grands services pour les plates-bandes d'été; ils supportent les pluies beaucoup mieux que les Pelargonium, On doit planter maintenant en pots, si ce n'est pas déjà fait, les tubercules qui doivent être utilisés de cette façon, et les mettre lentement en végétation, à une température de 8 à 10°. — 125 — On procède maintenant aux semis de Ricins, de Nicotiana, de Soleils, etc. , on pourra repiquer en châssis froids les Lobelia, Verbena, Ageratum, etc., pour faire de la place aux plantes moins rustiques. Les Pelargonium ornemen- taux doivent encore être tenus assez chauds, les espèces plus rustiques et plus communes peuvent être transplantées en châssis froids. Plantes grimpantes. — On doit avoir soin de fixer aux treillages et contre les murs les jeunes pousses de Clématites et d'autres plantes grimpantes, à mesure que ces pousses se développent. Toutes ces plantes devront être assez fréquemment arrosées aux racines et seringuées, car il arrive très souvent que les pluies ne les atteignent pas, soit à cause de l'exposition, soit parce qu'elles sont abritées par le toit ou par des balcons. Les Pois de senteur, Gonvulvulus, etc., doivent également recevoir des tuteurs ou être attachés avant que leurs jeunes tiges risquent d'être brisées. Les Pyrethrum sont maintenant prêts à mettre en pleine terre, les plantes divisées à l'automne étant bien enracinées et établies. Le sol qui leur convient le mieux est une terre riche, bien aérée et perméable, et préparée par une addition dengrais. Les plantes y développent abondamment leurs racines, et donnent alors une végétation vigoureuse et une floraison luxuriante. Les Pyrethrum ne sont pas difficiles à cultiver et ne sont pas délicats; ils résistent parfaitement aux hivers sous nos climats, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides aux racines : l'humidité excessive leur fait beaucoup plus de tort que les gelées. Les soins qu'ils réclament consistent surtout à remuer la surface du sol et à l'aérer en été par les temps secs, à les arroser suffisamment, et à les entourer à l'automne d'une bonne couche de fumier et de feuilles, que l'on pourra mélanger au sol à la fourche lorsque la végétation sera sur le point de recommencer au printemps. Les limaces font parfois beaucoup de tort à ces plantes, sous les feuilles desquelles elles se cachent, et l'on devra leur faire une chasse assidue. Les Pyrethrum sont des plantes charmantes pour bordures, et produisent un effet ravissant, en mélange avec d'autres feuillages élégants. Préparation des plates-bandes. — A mesure que la saison s'avancera, le jardinier aura plus d'une fois l'occasion de i-enouveler les plantes de ses plates-bandes, d'enlever celles dont la floraison sera terminée, et de les rem- placer par d'autres à floraison plus tardive. — 126 — Le sol est assez rapidement épuisé, on le comprend aisément, par ces cultures ininterrompues; aussi doit-on avoir soin de le renouveler. Pour les parties qui ont été occupées toute l'année, on ajoutera dès maintenant une cer- taine quantité de nouveau compost ou d'engrais. Les plantes à croissance vigoureuse et à feuillage ample, telles que les Ricins, Wigandia, et les Dahlia, Roses-Tremières, Soleils, etc., doivent recevoir une quantité assez forte d'engrais incorporé au sol. Quant aux plantes à fleurs en général, il vaut mieux ne pas leur donner d'engrais, mais uniquement de la terre fraîche, pour favoriser le développement normal du feuillage et des fleurs. Choisya ternata. — Cette belle plante, originaire du Mexique, est actuelle- ment en fleurs, et produit un effet charmant par le contraste de ses feuilles ternées, d'un vert sombre, avec ses fleurs étoilées d'un blanc d'ivoire, qui rappellent assez bien celles de l'oranger. Ces fleurs mesurent environ 2 '/a cen- timètres de diamètre, parfois davantage ; elles sont produites en abondance à l'extrémité des tiges en grands corymbes lâches, un peu comme dans les Hortensia. Les anthères jaunes nombreuses se détachent sur le blanc de la corolle. Le port élégant de cet arbuste et sa constitution accommodante le rendent particulièrement recommandable. Il résiste parfaitement aux rudes hivers de nos climats; cultiyé en serre, il fleurit au commencement du prin- temps et constitue un précieux ornement de l'orangerie ou des appartements. Printemps précoce. — On signale de divers cotés les effets de la tempé- rature remarquablement douce dont nous sommes gratiflés depuis la dernière semaine de mars. D'après un journal franc^ais, en Bourgogne, les cerisiers, les pêchers, les abricotiers et presque tous les arbres étaient en fleurs avant le 15 avril ; les jardins, les vergers étaient magnifiques. Et, dans la commune de Champvallon, on pouvait admirer une treille d'une remarquable précocité. Dès lundi, 9 avril, cette treille avait des bourgeons mesurant vingt-quatre centimètres et portant chacun deux ou trois grappes de boutons. C'est bon signe. Max Garnier. — 127 L'ARRANGEMENT DES EXPOSITIONS D'HORTICULTURE Les expositions belges se distinguent généralement par la richesse et le nombre exceptionnellement grand des apports. En même temps, elles laissent presque toutes quelque peu à désirer au point de vue du groupement de l'en- semble des collections. Les organisateurs de nos floralies sont souvent débordés, surtout dans les grandes occasions; nous sommes trop riches et notre embarras est énorme, quand il s'agit de tirer parti de toutes les splendeurs qui affluent au local de l'exposition. Cela s'est vu maintes fois et cela se verra probablement encore, d'un côté, parce que les locaux dont nous disposons ne sont pas assez spacieux ou se prêtent mal à l'arrangement pittoresque des collections ; d'un autre côté, il nous faut bien le reconnaître, parce qu'il manque fréquemment un homme capable ayant du coup d'œil et le génie nécessaire pour jongler avec les masses de plantes et les plier au gré de sa conception artistique. Ils sont extrêmement rares, les organisateurs capables de donner à une salle cette disposition pittoresque qui en fait le charme et l'attrait principal aux yeux du public. Il est vrai aussi que les exposants, souvent, ne tiennent guère à la réussite de la décoration, sous prétexte que leurs productions ont une valeur intrinsèque telle qu'elles peuvent se passer de tout décorum. C'est peut-être ce manque de goût pour les belles et élégantes dispositions, pour l'imprévu dans l'arrangement, qui fait que le grand public déserte nos exhibitions. Celui-ci saurait cependant récompenser l'heureuse initiative d'un artiste en accourant en masse à une exposition dont l'arrangement serait une œuvre de goût et de distinction. Nous en avons eu une preuve à la dernière exposition quinquennale de Gand, où le plan de l'arrangement général de l'annexe a remporté tous les suff'rages. C'était nouveau, hardi, réussi et le public a applaudi sans réserve. Ne négligeons donc point ce côté très impoi-tant de l'organisation de nos floralies, et recherchons toujours avec un soin jaloux tout ce qui peut contri- buer à augmenter l'heureuse disposition d'une salle d'exposition. Prenons exemple aux exposants d'autres industries qui, non satisfaits de la décoration générale du compartiment où ils sont admis, dépensent quelquefois de fortes sommes pour la décoration spéciale de leur exposition à eux. S'ils font des sacrifices, c'est pour attirer le public, pour le charmer et le séduire. Les prochaines floralies d'Anvers fourniront l'occasion de prouver que nous, Belges, nous savons aussi soigner le côté pittoresque de nos expositions de plantes ; nous aurons là une salle de 5000 mètres carrés où il y aura moyen de réaliser un plan bien conçu sortant de l'ornière habituelle. Espérons qu'on n'y manquera point et qu'il se trouvera un homme capable et énergique pour conduire à bonne fin une entreprise de cette envergure. — 128 — Indépendamment de l'ordonnance générale, il convient d'appeler l'attention sur la disposition spéciale de chaque collection. Ici, l'exposant doit nécessaire- ment tenir compte des intentions de l'architecte de l'exposition, afin que chaque partie concoure à l'effet d'ensemble qu'il désire obtenir. Mais une fois ce désir pq > bien connu, les intentions de l'organisateur bien comprises, la place réservée désignée, un vaste champ s'ouvre à chaque exposant. Il dépend de celui-ci que les exigences artistiques de l'ensemble satisfaites, chaque partie de l'œuvre — 129 — revête un cachet original et de bon goût. L'exposant doit compter sur son initiative personnelle, sur ses propres ressources et tenir à honneur de pré- senter ses plantes dans les conditions les plus avantageuses possibles. Ce côté de la question n'est ni au dessous de sa dignité ni le fait du premier venu : il faut bien des qualités pour manœuvrer convenablement avec les éléments dont se compose une collection ; ne les possède point qui veut. Nous avons d'ailleurs remarqué maintes fois qu'au nombre de ceux qui dédaignent le côté pittoresque de leur installation, il y en avait plusieurs qui eussent été incapables de pro- duire quelque chose de beau, voire même de présentable. Que chacun donc y mette un peu du sien et tout marchera à souhait. Nous donnons, à l'appui de ce que nous avançons, la gravure empruntée au Journal des Orchidées, du l®'" juillet 1893, reproduisant une disposition pitto- resque des plantes à l'exposition de la Société d'horticulture et de viticulture de Bordeaux. Voici dans quels termes notre confrère décrivait cette exposition et signalait aux décorateurs des futures expositions la nécessité d'abandonner les chemins battus : « Un hall en bois, très élégant, avait été construit pour abriter l'exposition des Orchidées, et formait un véritable salon. Cette installation était très heureuse, et les superbes plantes exposées y trouvaient un cadre réellement digne d'elles. J'ai, dans ce journal, dit plus d'une fois, et notamment à propos de la dernière exposition de Gand, l'importance que je crois qu'on devrait attacher à ces arrangements, nécessaires pour que tout concorde et forme un ensemble vraiment artistique et plaisant ; si la tradition routinière des exposi- tions horticoles peut être enfin modifiée à ce point de vue, la belle exposition de Bordeaux aura bien contribué à cette utile évolution. C'était en tous cas un modèle dont devraient s'inspirer les expositions belges à venir. Le côté déco- ratif y est généralement négligé ou compris à rebours. « A l'entrée de ce pavillon se trouvait une grande rocaille vallonnée d'un effet pittoresque très réussi et richement garnie, au fond, d'un groupe de plantes ornementales, et plus en avant, de grands spécimens d'Orchidées en fleurs et spécialement de Laelia purpurata superbes, exposés par M. Treyeran, et notamment un spécimen très remarquable appai'tenant à une excellente forme rappelant la variété Lindeni. En pénétrant dans la salle, l'attention était immédiatement attirée par un groupe magnifique de 250 Orchidées en fleurs, exposé par les deux grands amateurs bordelais, MM. Caiiuzac et D. Treyeran, et très bien disposé sur une élégante étagère en gradins « Comme on le voit, l'exposition de Bordeaux a obtenu un véritable succès...; c'est que, depuis plusieurs années déjà, le centre bordelais s'est fait une répu- tation importante dans l'horticulture et spécialement dans la branche des Orchidées, où il a pris une place de premier ordre; c'est actuellement, à mon — 130 — avis, l'un des premiers, sinon le premier contre de France pour cette culture. L'exposition organisée par la Société horficole et vificole de la Gironde est venue très utilement consacrer les résultats acquis, et Je ne puis que souhaiter qu'elle soit renouvelée chaque année.... Sa supei'be organisation fait grand honneur à la jeune Société, et le succès mérité qu'elle a obtenu ne pourra manquer de foui'nir à celle-ci un puissant encouragement. » M. Lucien Linden recommande cette disposition aux organisateurs des Expositions horticoles. Nous nous demandons lequel de nos grands amateurs ou horticulteurs, surtout de ceux qui cultivent des Orchidées, prendra l'ini- tiative de cette pittoresque disposition (•) qui serait très profitable à l'aspect de sa collection et appelée par son originale élégance et sa belle ordonnance à être un des clous de l'Exposition universelle. Charles de Bosschere. LE JARDIN FLEURISTE NOUVEAUTÉS DE L'ANNÉE Bégonia Erfordia (Haage et Schmidt). — « Hybride issu des B. Schmidtl et B. semperforens Veïmon, » d'après l'obtenteur. « Il ressemble comme port au premier, tandis que le coloris des feuilles rappelle le dernier. Ses fleurs très nombreuses, d'un coloris rose car- miné tendre, forment un beau contraste avec le leuillage sombre. Sa végétation ramassée, ne dépassant guère 30 centi- mètres de hauteur, le rend très propre à la composition des massifs comme à celle des bordures, se prêtant en outre admirablement à la culture en pot pour l'hiver. C'est la variété la plus florifère pour la pleine terre. » Fig. 28. — Bcyonia Erfordia. * (') Je ne me suis pas borne à des recommandations, mon cher c-ollaborateur, j'ai prêché d'exemple en organisant de cette façon a [j'Horticulture Internationale une véritable exposition permanente, et en réalisant le type que j'avais toujours eu présent à la pensée, d'un établissement à la fois commercial, artistique et scientifique. Pourquoi y aurait-il incompatibilité ':^ L. L. — d31 — Scilla sibirica var. alba. — Variété d'un coloris blanc pur, exposée à un récent meeting de Londres par MM. De Graaf, frères, de Leyde, et qui a obtenu un vote de remerciements. En dehors de son coloris, cette gracieuse forme est entièrement semblable au type. Torenia Fournieri grandiflora coelestina (H a âge et Schmidt). — Nouvelle variété, ayant les fleurs blanches à macule bleu clair. Cette plante, de port nain assez gracieux, conviendra bien pour faire de petits massifs dans des endroits abrités. Fig. 24. Toffiiia Fountieri yrumlifiora coelestina. Coreopsis vivace à grande fleur (LÉONARD Lille). — Les Co- reopsis sont des plantes qui méritent de figurer dans tous les jardins et que l'on peut utiliser avec grand profit pour orner les coins où l'on cultive- rait difficilement d'autres plantes. Ils ne demandent à peu près aucun soin et produisent des fleurs nombreuses, convenant parfaitement pour faire des bouquets ou des plates-bandes. Dans la variété qui est figurée ci-contre, les fleurs, d'un jaune d'or, sont grandes et très bien formées, et les fleurons dentelés se recouvrent élégamment. Les Coreopsis vivaces se multi- plient d'éclats au printemps ; les semis s'effectuent à l'automne ou au printemps, en pépinière; les plantes ne fleurissent que l'année suivante. Pentstemon hybride gloxiniae- flora (LÉONARD Lille). — Parmi les nombreux types de Pentstemons, on peut ranger aux premiei's rangs les hybrides à grandes fleurs bien ouvertes, à limbe régulier, imitant presque celles des Gloxinia. Ces plantes ne se reproduisent pas exactement par semis, et, d'après l'obtenteur lui-même, elles présentent les coloris les plus divers, à gorge blanche ou rose rayée, tigrée ou point illée, le limbe étant d'un Fig. 25. — Coreopsis vivace à ijrande fleur. 132 — coloris vif uniforme. Les fleurs mesurent, paraît-il, une largeur de cinq centimètres. Les Pentstemon sont précieux par l'abondance et la longue durée de leur floraison, qui va de juin aux pre- mières gelées. Ils sont annuels sous nos climats et doivent être resemés chaque année. On peut aussi multiplier par boutures les variétés remarquables qu'on veut fixer. Zinnia élégant double com- pact , — Nouveauté mise au com- merce par M. LÉONARD Lille, de Lyon. Ainsi que le montre la gravure ci-dessous, cette race, issue du Z. Lillijnit, est fort belle, et ses fleurs sont remarquablement compactes. La plante elle-même est de petite taille (25 centimètres seulement) et forme un élégant petit buisson, qui produit en massifs un effet charmant. Les fleurs coupées conviennent parfaitement pour former des bouquets ou orner des vases. La floraison commence en juin et dure jusqu'en octobre. Les Zinnia sont de culture très facile, pourvu qu'ils aient une exposition bien ensoleillée et qu'ils n'aient à souffrir ni de la séche- resse, ni d'un excès d'humidité. Les semis se font en pépinière en avril-mai, ou sur place en avril, mai ou juin; mais dans ce dernier cas les plantes obtenues sont un peu maigres et fleurissent Fig. 27. — Ziniiiit rlrijinit iloKhle coinjxtcf. tard. l^^I^-*t" Fig. 26. — Pentstemon hybride gloxln'mefinra. M. G. gme Série. TOME P^ gmc Livraison. 15 Mai 1894 N HORTICOLE Journal international populaire de rUorliculture DANS TOUTES SES BRANCHES piiblic sous le palroiingc de J. Ll N D EN Directeur : LUCIEN LINDEN KEDACTEURS PRINCIPAUX : EMILE RODIGAS IViiiiK'i'd |)iii';iissaiil le lîi du mois MAX GARNIER Ntiiuéro pnriiissiiiil le ÔO du mois Reproluction des articles intéressants de la presse horticole étrangère est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les sig-nataires des articles en assument seuls la responsabilité. SOI^3Vr.^II?,E ('.Iir()iii(|iic liiiili< olo 133 l'l:iiitcs iKiiivclli's (III rcconimaiiilalilcs. , . . 13S l.cs Np|irnllics 142 IN'lilcs iiolcN (le ciilliuc Hl Série lioiclc 147 TIATE El' PI, ANCHE COEOlilEE, PI. 9. Adiaiitum (^hicsii Fi;;. 2S. Ncpcnllies coccinea. » 29. Nc(M'iillics UdiiKcriaiia . l'ngp?. . 1.37 . 143 . 145 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE LUNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Ganil, iniiir. Eug. Vanderliaeglieu . TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX riLLUSTRAïîON HORÏICOL]; ET LE JOLIRNAL DES ORCHIDÉES > ^t» < Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et ch Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse éu présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaîta leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacu deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s occupent d'horticulture. Leir circulation universelle augmente considérablement de jour en jou. ^» K» — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture li assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvells de serre. Prix des aîuionces ans les 2 journaux ensemWe : Une page entière . . Une demi-page . . . Un tiers de page . . Un quart de page. . Un sixième de page . Un huitième de page Un seizième de page Pi Jiir l'an née enfièrf Pour 1 insertion Pour 3 insertions Ponr 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 joiirn. dans II s 2 journ dans les 2 journ. dans les 2 journ. laus les 2 journ. . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 . . » 30 " 60 » 100 » 180 „ 300 . . » 25 » 45 » 80 ,, 125 » 225 . . "20 » 40 » 70 » 110 „ 180 . . » 15 » 30 » 50 » 90 « 150 . . » 12 » 25 « 40 » 70 „ 125 . . » 6 » 12 » 20 » 35 ,. 75 On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnés à l'un de ces journaux. 133 CHRONIQUE HORTICOLE 15 Mai 1894. Vues du Congo. — Un des attraits de l'Exposition universelle d'Anvers sera certainement le diorama du Congo comprenant six grands tableaux de dix mètres de long sur 8™50 de hauteur et représentant la contrée de Matadi, le chemin de fer, une chasse à l'éléphant, une forêt viei'ge, une chute et les Stanley Falls. Ceux qui ont vu déjà ces tableaux, œuvre de MM. Mols et Van Engelen, disent le plus grand bien de l'effet produit. C'est surtout la forêt vierge qui montre avec un grand cachet de vérité et d'une façon remarquable un coin de l'Afrique équatoriale. Chêne de Dahlen. — Ce chêne est un des plus grands arbres de l'Alle- magne. Il se trouve dans la marche de Brandeboui'g, non loin de Berlin, sur la lisière du Griinewald. Sa superbe couronne mesure 26 mètres de circon- férence; huit hommes suffisent à peine pour embrasser son tronc. Ce chêne a été planté en 1436. Églises à Pâques. — Les feuilles londonniennes ont parlé avec enthou- siasme de la décoration florale des temples à l'occasion des fêtes de Pâques. Depuis des années on n'a déployé autant de luxe sous ce rapport. Dans quelques-unes des plus riches églises du quartier du West-End, les frais de cette ornementation ont dû être considérables ; on y a employé à profusion les fleurs les plus rares et les plus belles de la saison. Anvers ou Chicago. — Un de nos confrères d'Outre-Moerdijk rapportait dernièrement un article d'un journal belge, sans citer celui-ci, et dans lequel il est dit que le jury de la prochaine Exposition universelle de Chicago était sur le point d'être désigné. Un arrêté royal du 20 avril 1894 a, en effet, nommé les membres du jury des concours d'horticulture organisés à l'occasion de l'Exposition d'Anvers. Le même confrère rappelle dans un autre arti- culet les dégâts que les chiens laissés en liberté commettent dans les jardins. Nous avons paiié du parc de Gand; celui-ci est traduit simplement par le parc Vondel à Amsterdam. Mais la source n'est pas citée. — 134 — Orage en Australie. — Toute une région de l'Australie méridionale, notamment Angaston, fut éprouvée en mars dernier par un orage d'une violence inouie. L'ouragan, dit \g Journal of Horticulture, avait une largeur d'un mille et demi à deux milles et s'abattit sur les vergers et les vignobles. Certains grêlons pesant un quart de livre traversaient les toitures, brisaient le vitrage des serres et des maisons, mettaient en lanières les feuilles des arbres et tuaient les infortunés oiseaux. Le sol présentait une masse solide de grêlons, dure comme du marbre, ayant O^SO de profondeur. Les pommes étaient abattues des arbres et les légumes hachés en pièces. En Irlande, un terrible orage accompagné de grêle a produit aussi des désastres dans les jardins, spécialement à StrafTan, comté de Kildare. Botanique nouvelle. — M. Julien Vesque vient de publier, dans le Yjjjme volume des Suites au Prodromus, une monographie des Guttifères ou Glusiacées, M. Maxwell T. Masters fait ressortir à ce sujet, dans le Gardeners' Chronicle, le système suivi par l'auteur de celte monographie. Dans son travail, M. Vesque s'est appliqué à établir les caractères harmo- niques que présente la structure intime des feuilles de toute la plante. Il s'agit de réunir dans une même étude les conditions phylétiques, c'est-à-dire celles d'origine et que les conditions externes modifient le moins possible, et les caractères physiologiques dans lesquels sont comprises les relations des plantes avec d'autres organismes, tels que les insectes. Les caractères phylétiques ont le plus d'importance pour déterminer les groupes supérieurs, classes, ordres, etc. ; les caractères physiologiques ou d'adaptation ne déterminent que les espèces : il en résulte que fréquemment ces derniers appartiennent seule- ment à l'individu. Si le système de M. J. Vesque pouvait être appliqué aux Orchidées par un spécialiste, qui y consacrerait de longues études, on pourrait espérer que des faits sans nombre, comme la structure des feuilles et celle des fleurs, seraient en rapport avec des degrés divers de lumière, d'humidité, d'éva- poration, etc. Qui sait si telle ne sera pas la marche de la botanique de l'avenir? Méfiez-vous des Scolopendrium ! — Cette inscription étrange se trouvait, l'an dernier, étalée en grands caractères au dessus de la haie d'un jardin dans l'île de Jersey. Pourquoi les Scolopendrium? C'était le secret du propriétaire. Les annonces de pièges à loups et d'armes à feu ne produisaient plus aucun effet : grands et petits maraudeurs passaient à travers la haie pour cueillir fleurs et fruits. Aucun d'eux ne connaissant les Scolopendrium, ils ont pris ce nom d'inoifensive Fougère pour un engin redoutable, et le jardin est demeuré à l'abri de leurs invasions tout le reste de la saison. — 135 — Araucaria Bidwilli. — Un correspondant du Gnrdeners' Clironicle lui écrit de Tjibudas, Lindanglaya, qu'il existe à Java une large BNemxed' Araucaria Bidivilll dont les branches couvrent entièrement la voie; quelques-uns sont considérés comme ayant atteint à peu près tout leur développement. On dit, mais à tort sans doute, qu'ils ne supportent pas la moindre gelée. L'année dernière, un des exemplaires a porté des fruits de la grandeur d'une petite noix de coco; aucun ne contenait des graines fertiles. L'arbre ayant plus de douze mètres de hauteur, les cônes tombent d'eux-mêmes quand ils sont au point d'être mûrs. On peut être étonné que la chute de ces cônes si volumineux ne donne pas lieu à des accidents ; il en est d'ailleurs de même pour les noix de coco : les Cocos nucifera sont toujours plantés le long des routes. Distribution de graines. — Le Cercle d'arboriculture de Belgique, à Gand, vient de distribuer à ses membres et aux abonnés des Bulletins, des graines d'espèces et variétés de légumes, choisies parmi celles qui sont le plus recherchées sur les marchés anglais. Ce sont des brocolis, choux fleurs, pois, céleris et choux de Milan. La voie suivie par le Cercle nous semble être bonne pour favoriser l'exportation des produits maraîchers du pays. Nuages artificiels. — Les gelées printanières, quand elles succèdent à plusieurs jours de chaleur ayant appelé l'évolution précoce de la végétation, ont de tout temps compromis le développement régulier de la floraison d'une masse de plantes; ce n'est donc pas d'hier qu'il a fallu chercher à remédier à l'influence de ces gelées, et l'idée que l'on croit nouvelle de former des nuages artificiels était appliquée même chez les Péruviens aborigènes. Garcilasso di Vega, en abordant en Amérique, constata, en eff^et, que les indigènes produi- saient des nuages de fumée en brûlant des engrais et protégaient ainsi leurs cultures contre le froid du matin. Cette méthode a été ressuscitée en Europe seulement vers le milieu de ce siècle, et maintenant l'application en est de plus en plus fréquente, non seulement en France mais dans l'Amérique anglaise et surtout en Californie et dans les contrées où existent des syndicats agricoles. Visite royale à, Haarlem. — LL. MM. la Reine régente Emma et la jeune reine Wilhelmine ont donné une preuve de l'intéi'ét qu'elles témoignent à l'horticulture en visitant le 7 avril dernier les champs de jacinthes de Haarlem et des environs de cette ville et en s'arrêtant à Overveen, au Zijhveg, auprès des « couches de parade » de l'établissement E. H. Krelage et fils. Ces deux couches contenaient chacune au delà de six cents bulbes fleui'is des plus belles jacinthes. LL. MM. sont demeurées pendant une demi-heure auprès de cette splendide exposition et elles ont daigné procéder au baptême de deux — 130 — jacinthes nouvelles, gagnées à l'établissement Krelage. L'une des variétés, d'un beau rose vif, a reçu le nom de *S'' Bavo, et l'autre variété, d'un coloris très distingué cuivre mêlé d'orange, a été appelée Het Loo, du nom de la résidence de la Reine. Les guêpes. — Le Journal of Horticulture signale l'apparition fréquente de guêpes-reines en Angleterre. Cette apparition précoce fait prévoir une grande abondance de guêpes pour la prochaine saison. Un correspondant du journal précité annonce que la semaine précédente il avait payé la destruction de 151 de ces reines, dont plusieurs d'une grandeur démesurée. Un certain nombre furent prises parmi les abeilles autour des groseilliers en fleurs. Engrais JeanneL — Un correspondant nous demande de lui faire con- naître la composition de cet engrais, dont l'emploi a été recommandé pour un grand nombre de plantes. L'engrais du D'" Jeannel est depuis fort longtemps dans le domaine public. En voici la formule : Azotate d'ammoniaque 380 grammes Biphosphate d'ammoniaque 300 > Salpêtre brut 260 > Biphospbate de chaux en poudre fine 50 * Sulfate de fer 10 > 1000 grammes Ce mélange est employé à la dose de 200 grammes par hectolitre d'eau ou 2 grammes par litre. On peut, tous les huit jours, arroser les plantes en pots avec cette solution en donnant aux plantes en végétation, en boutons ou en fleurs, environ un décilitre. A propos d'hybrides. — La stérilité naturelle des hjbrides était consi- dérée il y a quelque vingt ans comme un caractère principal des hybrides. Aujourd'hui il faut en rabattre et de beaucoup même. Déjà Reichenbach, avec sa perspicacité habituelle, avait reconnu des hybrides naturels et ceux-ci ont parfaitement fructifié. M. Maxwell T. Masters, dans le Gardeners' Chronicle du 14 avril dernier, parlant d'une conférence donnée à la Société royale d'horticulture de Londres, par M.Engleheart, signale des expériences faites par celui-ci dans son jardin du Hampshire, d'où il résulte que le croise- ment du Narcissus poeticus avec le N. Ajax a donné le N. Incomparahilis, que Herbert considérait déjà comme un hybride. Le même auteur n'admet- tait pas le N. montanus comme une espèce. M. Engleheart a donné raison à cette présomption en obtenant le N. montanus en croisant ensemble les N. moschatus et N. poeticus. Ém. Rodigas. o ce o f'. ■N: ^ t Ml-.; a' !/r — 137 — PI. IX ADIACTIM CLAESII l. lind. * em. rod. CAPILLAIRE DE M. FL CLAE8 Voici une nouveauté qui sera accueillie avec faveur dans le monde horticole. C'est un Adiantuin, d'un type tout à fait distinct et qui est remarquable à la fois par l'ampleur de son feuillage élégamment découpé et par sa panachure argentée. C'est une très belle espèce qui nous paraît appelée à un grand ave- nir. La plante a été introduite récemment du Brésil par L'Horticulture INTERN.A.TIONALE à Bruxelles ; elle est dédiée à M. Fl. Claes, un des bota- nistes voyageurs attachés à l'établissement. Comme on le voit sur la planche, le port de la plante est à la fois gracieux et vigoureux. La conformation des pennes, la disposition et les dimensions des pinnules sont si nettemeut caractérisées que l'on douterait, au premier aspect, qu'on se trouve en présence d'une Fougère. Les rachis et les pétioles sont d'un rouge brun; les pinnules, de forme obcordée-lancéolée, sont déflé- chies par rapport au rachis, tandis que celui-ci est gracieusement recourbé. Les pinnules sont généralement découpées avec élégance et ondulées suivant les veines. Tout le limbe est panaché de vert foncé et de vert pâle; la colo- ration blanche est disposée en panache ou plume suivant la nervure médiane. Cette nouveauté sera un ornement de plus pour la serre chaude et elle deviendra, nous n'en doutons pas, une précieuse addition aux éléments qui servent aujourd'hui aux compositions florales. Ém. Rodigas. Décoration des tables. — A la dernière exposition de Rotterdam un concours était ouvert pour l'ornementation florale d'une table de douze cou- verts. Il s'agissait évidemment d'un dîner de fête. Nous ne savons le résultat produit par ce concours, mais il nous semble qu'un concours de ce genre serait digne de trouver place à l'exposition horticole qui accompagnera le World-Show de Bruxelles de 1895, — 138 — PLANTES NOUVELLES OU RECOM MAN DABLES Musa Manni. — Cette espèce qui, par son port, rappelle le Musa rosacea, est originaire de l'Assam. La tige est grêle, stolonifère; les feuilles sont longuement pétiolées. L'inflorescence, allongée, est munie de bractées oblongues, roses, triflores; les fleurs sont jaunes. Le fruit, assez petit, est fusiforme, trigone et lisse. Rhododendron Reine Marie Henriette. — Cette variété, obtenue de semis par l'horticulteur gantois M. Bern. Fortie, a été très remarquée au meeting du Casino du mois d'avril dernier. L'exemplaire portait de nombreux bouquets de fleurs blanc de cire, d'une forme exquise. Thibaudia macrantha. — Cette espèce, aujourd'hui désignée sous le nom d'Agapetes macrantha, fut introduite du Moulmein pai- la maison J. Veitch et fils, vers le milieu de ce siècle. Sous le nom de Thihaudia macrantha la plante fut publiée dans le Botanical Magazine en 1851. Elle est encore peu répandue. C'est un arbuste avec des feuilles épaisses, charnues, et des inflorescences axillaires à fleurs pendantes, urcéolées, jaunâtres, lavées de rose et remarquablement veinées de rouge vif. La plante demande la serre chaude. Clerodendron trichotomum. — Cet arbuste, d'origine japonaise, forme une touffe bien fournie de feuillage vert foncé se couvrant en automne de nombreuses fleurs blanches. Celles-ci sont disposées en grappes lâches et sont entourées d'un calice rouge vif. C'est une bonne espèce de serre froide qu'il sera possible de confier à la pleine terre à bonne exposition. Todea Moorei Baker. — C'est une élégante Fougère arborescente dont le tronc acquiert 0'"15 de diamètre et environ 0"'30 à 0'"50 de hauteur. Le Gardeners' Chronicle rappelle que la plante fut découverte par M. Charles Mogre, dans l'île de Lord Howe. La tige porte à son sommet une couronne de frondes arquées, glabres, membraneuses, aux feuilles oblongues lancéolées, pinnatifides. Amorphophallus Elliotti. — C'est une très curieuse espècç, originaire de Sierra Leone, figurée dans le Botanical Magazine du mois d'avril 1894. La spathe se recouvre à la base, elle est cyhndrique, en forme de capuchon au sommet avec une bouche relativement petite. Elle est d'un coloris rosé à la base, verdâtre vers le haut, pointillée et maculée de brun pourpré; l'intérieur est d'une couleur cramoisi foncé. Le spadice est entièrement renfermé dans la spathe. Ptychococcus paradoxus Becc. — Cet élégant Palmier, originaire de la Nouvelle-Guinée, et qui est désigné aussi sous le nom de Ptychosperma — 130 — paradoxa, mérite d'être recommandé. Son stipe atteint de 5 à 7 mètres. Ses frondes sont pinnatifides, engainantes à la base. Les jeunes feuilles sont bilobées, à lobes oblongs, obliques au sommet, dentelés sur les bords; les feuilles caractérisées sont profondément divisées; les divisions ont environ 0'"25 à 0'"30 de longueur, sont attachées par un large rachis, obliques au sommet et dentelées sur les bords comme les jeunes feuilles [Gardeners' Chro- nide, XV, 1894, p. 526). Plagianthus Lyalli. — C'est un bel arbre atteignant jusqu'à dix mètres de hauteur et se chargeant de bouquets de fleurs blanches. Le feuillage devient jaune à l'automne et ajoute une teinte dorée aux feuillages d'ornement. Cet arbre est originaire de Nouvelle Zélande et appartient à la famille des Mal- vacées. Amaryllis M'"*' Ch. De Bosschere. — Cette belle variété, montrée par M. Ch. Vuylsteke au meeting du Casino de Gand en avril dernier, a obtenu un certificat de mérite décerné à l'unanimité. La fleur, grande, bien faite, est d'un rouge cramoisi satiné brillant. Elle mesure 0'"22 de diamètre, les seg- ments ayant plus de 0^15 de long et près de 0™10 de large. Torenia Fournieri grandiflora compacta alba. — Le type du Torenia Foiirnieri k fleurs d'un beau bleu d'azur fut introduit en 1873. Il en a paru une variété à fleurs blanches sous le nom de White Wings en Angleterre. La variété nouvelle dépasse de loin cette dernière, et on peut la considérer comme une excellente plante de bordure. La nouvelle venue est plus compacte et les fleurs sont d'un blanc pur. Rhododendron racemosum. — C'est un petit arbuste, voisin du Rh. glau- cAim, qui a été introduit du Yunnan par le missionnaire Delavay au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Les fleurs, disposées en corymbes subterminaux, sont très grandes et d'un beau rose. Helianthus lenticularis. — Cette plante a été introduite l'an dernier de l'Amérique septentionale par la maison Vilmorin-Andrieux et C''', de Paris. C'est franchement une des plus belles introductions de 1893. En une seule année la plante acquiert, à bonne exposition, une hauteur de quatre mètres. Elle forme une pyramide parfaite, garnie de la base jusqu'au sommet de fleurs de grandeur moyenne d'un jaune brillant. Cette espèce aura une valeur réelle pour orner de grands parcs. Protea rhodantha. — Cet arbrisseau nain, de la famille des Protéacées, est originaire du Transvaal. Sa tige est simple, dressée, marquée de taches brunes; les feuilles sont sessiles, linéaires allongées; les fleurs, d'un beau rose vif, forment un large capitule de 0'"10 de diamètre, entouré de grandes brac- tées obovales, obtuses, imbriquées. La plante a été figurée dans le Botanical Magazine. — 140 — Lo"wia maxillarioides. — Vn coup d'œil superficiel jeté sur la figure de cette plante [Botonical Magazine, avril 1894, 7351) la ferait prendre pour une Orchidée. C'est d'ailleurs sous le nom iïOrcliiâantha horneensis qu'elle fut décrite dans le Ganleners' Chronicle en 1886. Toutefois elle aurait plutôt sa place entre les Zinziber et les Musa. D'un rhizome rampant s'élèvent- des feuilles pétiolées, ovales lancéolées, uninerviées, finement veinées transversale- ment. Les fleurs sont disposées en panicules lâches s'élevant du rhizome. Chaque fleur mesure O'^OT de diamètre. Les pétales inférieurs sont oblongs lancéolés, lilas pourpre foncé ; les deux pétales supérieurs sont petits et de couleur lilas; le troisième pétale est long de 0"'02, large de 0"'01, oblong, aigu, ayant un disque jaunâtre strié et maculé de pourpre. Les étamines sont au nombre de cinq. La plante a été introduite de Singapore par M. Ridley et a fleuri à Kew. Thompsonia nepalensis. — C'est une Aroïdée tubéreuse dont la tige solitaire se divise en trois branches principales, branchues à leur tour. Les dernières divisions sont lancéolées ou ovales lancéolées et acuminées. L'inflo- rescence précède la foliation. La spathe longue de 0'"15 à 0"^30 est verdâtre et enveloppe un spadice cylindrique à peu près de même longueur. La partie inférieure est couverte de fleurs femelles très nombreuses, la partie supérieure porte une masse d'anthères s'ouvrant toutes à leurs extrémités. La plante, originaire du Nepaul, a fleuri à Kew et a été publiée récemment dans le Bota- nical Magazine. Lilium croceo-elegans. — C'est un hybride obtenu par croisement du L. croceum, espèce européenne, avec L. elegans ou Thunhergianum, espèce japonaise. Les fleurs de 0'"10 de long sont d'un beau coloris écarlate marqué de nombreuses macules d'un brun noirâtre. Lotus pelyorhynchus. — Cette charmante Papilionacée, à feuilles étalées et sessiles, à fleurs axillaires irrégulièrement réunies à l'extrémité des rameaux, fut décrite par Baker dans le Botanical Magazine. Elle a été introduite des Iles Canaries et bien que ce soit un petit arbuste, la plante convient parfaite- ment à la garniture des corbeilles suspendues. En effet, ses branches sont naturellement infléchies et pendantes et leurs fleurs, qui rappellent assez bien celles des Clianthus, sauf qu'elles sont moins grandes mais non moins curieuses, s'épanouissent en serre froide de mai en juillet. Un exemplaire bien fleuri fit son apparition en juin dernier à un meeting du Casino de Gand et y obtint un certificat de floraison. Ce n'est pas une nouveauté puisque la plante fut décrite, il y a vingt ans, mais elle est tellement jolie qu'elle mérite d'être spécialement recommandée. La multiplication en est fort facile, la plante fleurit le mieux en serre et doit être exposée en plein soleil près du vitrage. Impatiens auricoma. — On se rappelle encore la sensation que produisit — 141 — l'introduction des hnpatiens Sultani, j)latypetcda , Hnivkeii; le même accueil sera fait à la nouvelle venue qui se distingue par ses très nombreuses fleurs en forme de casque qui sont d'un beau jaune d'or, sauf la gorge qui est marquée de lignes pourpres. La plante est vivace. Les rameaux sont roses. Les feuilles sont ovales, acuminées, dentées, à nervures roses contrastant avec le vert foncé du limbe. Elle peut passer l'été dehors et continue à fleurir tout l'hiver en serre chaude ou tempérée. Ptychosperma elegans. — C'est un beau Palmier, originaire de l'Australie tropicale. Les feuilles sont pinnées, à segments lancéolés. Les fleurs sont très nombreuses et disposées en panicules rameux sous la couronne de feuilles. L'espèce a été figurée dans le Botanical Magazine de mars 1894. Rhododendron Schlippenbachi Maxim. — Cette nouvelle espèce, origi- naire de l'Asie orientale, et qu'on rencontre dans la Corée et dans la Mand- chourie, a été décrite dans le Bulletin de l'Académie de S' Pétersbourg, XV, page 276. Les feuilles sont presque ovales, ondulées, ayant la texture de celles des Azalées et se produisant à peu près en même temps que les fleurs. Les bourgeons et les pédoncules sont poilus; entre ceux-ci se trouvent des bractées dont la plupart tombent lors de l'épanouissement des fleurs. Celles-ci sont d'un rose lilacé pâle, hypocratériformes, avec un limbe quinquelobô, largement ouvert; les trois lobes supérieurs sont marqués de macules brunes près de la base. Les étamines, au nombre de dix, sont d'inégale longueur. Le Gardeners' Chronide donne une superbe figure de la plante et ajoute que MM. Veitch l'ont montrée au meeting du 27 mars de la Royal Horticultural Society de Londres. Stangeria paradoxa. — Cette Cycadée fut découverte dans la Cafrerie par QuENSius et décrite d'abord sous le nom de LoniavUi cy'ixpa. T. Mogre, du Jardin botanique de Chelsea, signala la plante comme un Zamia ressem- blant à une Fougère ou une Fougère ressemblant à un Zamia. Le Gardeners' Chronide a donné dernièrement la figure du Stangeria paradoxa var. sdiizodon montrant des inflorescences mâles. La plante figurée est un magni- fique spécimen qu'on peut voir à Kew, où il s'est parfaitement développé dans la serre à Victoria. Les frondes ont plus de deux mètres de longueur. Trichopus zeylanicus. — Cette espèce, considérée par les uns connue un Aristolochia, par les autres comme un Dioscorea, se rapproche le plus de ce dernier genre. Elle n'est pas voluble; les fleurs sont étoilées, à six divisions. Les fruits sont en forme de massue et munis de trois ailes proéminentes. La plante est originaire de Ceylan et du sud de l'Inde, ÉM. R. — 142 LES NEPENTHES L'ordre des Nepenthacées se compose d'une famille unique, comptant aujour- d'hui une trentaine d'espèces indigènes dans l'Asie tropicale, à Madagascar, aux Seychelles, à l'Australie tropicale, à la Nouvelle Galédonie et à l'Archipel Malais. Les espèces ont été si souvent décrites et signalées qu'il serait superflu de détailler encore leur étrange organisation, leur constitution spéciale, géné- ralement sarmenteuse, les curieuses amphores dues à la dilatation de la vrille d'abord simple qui se développe en une urne ou ascidie plus ou moins grande, dont l'orifice est toujours bordé d'un bourrelet strié transversalement et accom- pagné d'un opercule, sorte de lame foliacée qui tient lieu du hmbe de la feuille. Actuellement on peut voir dans une des serres de la Compagnie continentale d'Horticulture, à Bruxelles, des exemplaires superbes de développement et montrant de belles et grandes ascidies, qui ont le privilège d'attirer l'attention même des visiteurs peu initiés aux choses de l'horticulture. Ici c'est le Nepenthes coccinea, aux grandes urnes de couleur écarlate. La figure 28 donne une idée du port de cette espèce, de sa vigueur et de l'aspect spécial des nombreuses gourdes dont la plante se charge. Celles-ci sont larges de O'^IS et longues de 0'"12 à 0'"15. Le fond cramoisi ou écarlate est parsemé de jaune pâle; de plus, les ailes sont longuement frangées. Ailleurs, c'est le Nepenthes Hookeriana, destiné à consacrer un des grands noms de la botanique. La figure 29 fait comprendre la valeur ornementale de la plante, la forme gracieuse et le caractère de ses ascidies arrondies et maculées de rouge. Plus loin, nous trouvons le Nepenthes Kennedyana, espèce australienne, aux urnes étroites, allongées et rougeâtres; puis les N. ampullacea, hicalcarata, Henryana, Chel- soni et une série d'autres espèces, variétés ou hybrides parmi lesquels on n'a que l'embarras du choix. La culture des Nepenthes n'est pas du tout compliquée. Ce qui leur est nécessaire, c'est la chaleur et l'humidité, mais sans chaleur de fond ; en outre, il faut aux racines l'accès facile de l'air, sinon elles dépérissent. La chaleur ne doit pas être inférieure à 20** c. durant la période de végétation; elle peut aller à 15° c. pendant la période de repos. La serre dans laquelle on les place doit pouvoir être bien aérée, sinon les feuilles se tachent et les plantes sont détériorées. L'air doit être conservé humide, si l'on veut que les ascidies acquièrent leur développement normal et ne se ratatinent pas. Les côtes de tabac, distribuées au-dessus des tuyaux de chauffage et mouillées de temps à autre, dégagent suffisamment d'insecticide pour détruire les insectes qui enva- hissent les plantes dans un air aride. .m^^^^if^i'^,, — 141 — Les Nepenthes se propagent aisément de boutures. Dans ce but on emploie les extrémités bien aoûtées ou mieux encore des tronçons pris à la base de plantes bien conformées, avec trois ou quatre yeux, c'est-à-dire ayant une dizaine de centimètres de long. La blessure sera recouverte de charbon en poudre. On les met dans un mélange d'une partie de sphagnum vivant, haché menu, d'une partie de terre de bruyère fibreuse et d'une partie de sable blanc. On place les boutures sous châssis vitré dans la serre à multiplication, avec une chaleur de fond de 30 degrés centigrades et on les garantit contre les rayons du soleil; on a soin aussi de les mouiller fréquemment. Tous les matins on peut, pendant quelques minutes, enlever les châssis, afin de renouveler l'air et de prévenir l'excès d'humidité. Les plantes qui semblent décliner peuvent être rabattues jusqu'à la base de la pousse de la saison précédente. Il est imprudent de tailler dans le bois plus âgé, parce qu'il faut alors attendre trop longtemps avant d'avoir des rejets assez forts pour donner des ascidies de grandeur convenable. Certaines espèces ou formes sont plus solides ou moins délicates que d'autres. Les N. Masfersiana et N. sangulnea peuvent être suspendus à la toiture du vitrage dans n'importe quelle serre chaude, pourvu que l'ombrage soit bien ménagé; les variétés délicates doivent être traitées à part, il leur faut une serre dans le genre de celle de L'Horticulture Internationale à Bruxelles, ou bien celle qui a été décrite dans L' Illustration Horticole^ année 1884, p. 47. ÈM. R. PETITES NOTES DE CULTURE Amaryllis. — La meilleure couverture contre les rayons ardents du soleil par les journées souvent très sereines du mois de mai, est celle qui est faite en lattis. Si les rayons solaires arrivent jusqu'au feuillage ou sur les fleurs, à tra- vers le lattis, ils sont d(\jà tamisés ou obliques; en outre, les lignes d'ombre se déplacent également et avec assez de rapidité. La couverture de toile est presque, toujours trop épaisse ; elle donne d'ailleurs une ombre permanente, nuisible à la coloration. Le peinturage des vitres, quel que soit l'ingrédient employé, doit être condanmé au même titre. La plupart des Amaryllis ont terminé actuellement leur floraison dans les serres. On suspend naturellement les arrosements d'engrais liquide et l'on diminue graduellement l'arrosage à l'eau pure. Le feuillage doit être constamment tenu propre et il est bon d'em- pêcher les feuilles de se renverser ou de traîner sur les pots ou sur la terre, afin de prévcnii- toute moisissure. Il est imprudent d'appliquer encore des seringages, parce qu'on risque de trop mouiller la terre des pots et de nuire Fig. 29. — Nepentlu-s llookeriitiKi. — 140 — ainsi à la bonne constitution dos bulbes et de eomproniettre la floraison de l'année suivante. Aristolochia. — Ces plantes, dont les é(,i-anges infloreseences attirent toujours l'attention, sont maintenant en plein développement dans les serres. Le jardinier aura eu soin de les nettoyer et de les tailler en temi)s utile; il sait qu'elles aiment à se trouver rapprochées du vitrage, les ramifications bien dégagées. Traitées de cette façon, elles produisent plus abondamment leurs Heurs; celles-ci sont mieux en vue, ce qui n'est pas à dédaigner. On peut donner aux plantes des arrosements d'engrais liquide. Medinilla magniflca. — Cette espèce, la plus belle du genre, ju.stifie amplement son appellation spécifique. Il lui faut une atmosphère chaude et humide; le voisinage de l'aquarium de serre lui convient également. La culture n'est pas difficile; la plante se contente d'un compost de terreau de feuilles, de tourbe et de terre forte en parties égales en mélange avec du sable blanc. Durant l'été elle se trouve bien d'abondants arrosements. Le Gar- deners' Chronide signalait dans son numéro du 14 avril un exemplaire cultivé à Dover House, Roehampton, et portant à ce moment .soixante racèmes de jolies fleurs rosées. Cet exemplaire se trouvait il y a un an et demi dans un petit godet; maintenant il occupe un vase de 0'"25 de diamètre. L'effet produit par ses nombreuses inflorescences et son beau feuillage est très ornemental et ce Medinilla mériterait d'être admis plus généralement dans les serres. Cyclamen. — Le chef des cultures de Dover House, M. J. F. M" Leod recommande de traiter les Cyclamen de façon à bien les préparer pour leur floraison d'hiver, durant la courte période comprise entre la fin de la floraison et le moment de la reprise. Les jeunes semis, dit-il dans le Gardeners Chro- nide, sont maintenant suffisamment établis pour qu'on puisse les rempoter dans des pots de 0"'12 de diamètre. Ceux-ci doivent être absolument propres et avoir le drainage bien posé et couvert d'une couche de mousse. On se servira d'un compost de deux parties de terre tourbeuse, concassée à la main et non tamisée, et d'une partie de terreau provenant d'une couche de champignons, avec du sable et des morceaux de charbon de la grosseur d'une noisette. Chaque brouettée de compost pourra i-ecevoir une potée de suie et une potée de poudre d'os, le tout bien mélangé. Lors du rempotage des plantes, la terre sera bien pressée sur les racines et le tubercule placé avec son sommet à la surface du pot. Les plantes sont mises dans une bâche où l'on puisse donner de la cha- leur au besoin. On les tient à l'étouflée jusqu'à ce que les racines se développent activement et l'on arrose légèrement les feuilles le matin et l'après-midi. On comprend qu'avec ces soins on arrive à une excellente floraison. Drainage. — Si la nature du sol est un point capital à prendre en consi- dération dans la culture des plantes en pots, la question du drainage n'est pas — Ul ~ moins importante. Il faut que l'eau d'arrosage puisse être filtrée complètement et que jamais elle ne s'arrête dans les pots, sinon, la terre devient aigre et entre partiellement en décomposition. On recommande avec raison l'emploi de terre tourbeuse, seulement celle-ci s'use ou se consume assez promptement. L'emploi du charbon de bois n'est pas à dédaigner et sa porosité est reconnue. Les tessons de pots peuvent être remplacés utilement par des écailles d'huîtres légèrement concassées et recouvertes de charbon ou de morceaux de tourbe. Les Gycas et les Pandanus se trouvent bien de l'emploi de ces maté- riaux pour le drainage. Fleurs en serre froide. — Nous visitions dernièrement la serre froide, disposée en jardin d'hiver, d'un amateur des environs de Gand. Celui-ci avait réuni dans ce conservatoire un grand nombre de plantes fleuries produisant dans leur variété comme par leur ensemble un effet des plus charmants. Il y avait là des Primula de diverses espèces, comme le P. viscosa car. major, aux grandes fleurs d'un beau rose; le P. Sieboldi, le P. obconica toujours gracieux; un certain nombre de Narcissus et de Jonquilles, dont les Anglais font tant de cas; plusieurs Epimedium, VE. violaceimi aux fleurs lilacéés, et VE.n'iveum aux fleurs d'un blanc pur; le TriU'mm grandi^orum, VAli/ssuin saxafile, formant un seul bouquet d'or; le Megasia c'diata et bien d'autres qu'on re verra en pleine terre deux mois plus tard. Yucca gloriosa. — Les Yucca contribuent pour une grande pai-t à donner aux jardins un cachet pittoresque et tropical. Rien n'est plus beau que de grands exemplaires fleuris de ces végétaux qui peuvent orner les jai'dins d'hiver aussi bien que la pelouse. Le Gardeners' Chronirle a présenté der- nièrement, d'après une photographie, une groupe de Yucca gJoriom, qu'on a pu voir dans le jardin d'un hôtel à Nant Hall, Prescatyn, North-Wales. Les Yucca en plein air doivent être à l'abri des vents violents comme aussi du grand froid. Le sol doit être élevé, perméable; ils se trouvent le mieux dans les grandes poches d'un enrochement. Leur aspect devient imposant loi'squ'ils sont cultivés en grand nombre. R. d'Eklen. SERRE FROIDE BORONIA ELATIOR La section horticole de la Société royale des décorés industriels et hor- ticoles gantois a ouvert, le 29 avril dernier, dans les locaux de la Société Guillaume Tell, une exposition de plantes et de fleurs dans le but spécial de — 148 — procurer des ressources à la Caisse des membres âgés et peu fortunés. Cette exposition ouverte en présence de M. R. de Kerciiove, gouverneur de la Province, des autorités locales et des sommités de l'horticulture, était des plus réussies et faisait grand honneur au désintéressement des exposants, puisqu'aucun apport, quel qu'il fût, ne devait s'attendre à la moindre distinc- tion ni récompense. Parmi les plantes exposées, les connaisseurs ont remarqué entre autres un lot nombreux de plantes de Nouvelle Hollande, toutes char- mantes espèces d'ornement, considérées comme rebelles à la culture en pots. Rarement on a vu les Boronia aussi bien fleuris ; ils étaient plus frais que les exemplaires venant habituellement d'Angleterre. La culture commer- ciale du Boronia elatior est une spécialité d'un horticulteur de Meirelbeke, M. E. CoLLUMBiEN. Voici comment il procède : Aussitôt après la floraison, vers le 15 mai, les jeunes plantes sont mises en terre de bruyère, en plein air et au grand soleil, et laissées dehors jusqu'en octobre ; elles ont alors une largeur moyenne de 0'"20 et sont propres à la vente. La multiplication est faite de boutures en octobre, novembre et même décembre, en serre tempérée, à 10 ou 12° C, sans chaleur de fond; elles prennent sans aucune difficulté. On les visite tous les huit jours pour mettre en godets les plantes enracinées et les tenir à l'étouffée jusqu'à ce que les racines se montrent contre les parois des pots. Alors elles sont mises en serre froide, près du vitrage, toujours en plein soleil ; la serre doit être bien aérée quand il fait chaud. Les boutons des Boronia ne se forment pas avant l'hiver; c'est pourquoi il convient de rapprocher les plantes du vitrage durant l'hiver, afin d'avoir une abondante floraison. Quant au forçage, M. E. Collumbien insiste sur ce point important que les plantes doivent être déjà en végétation avant de passer dans la serre tem- pérée chaude, sinon elles poussent en feuiUes et les boutons avortent. On procède au forçage en février. L'horticulteur précité a tenté le greffage du Boronia elatior sur B. poli/- yalaefoliaj ancienne espèce, introduite dès 1824 ainsi que plusieurs autres; mais les plantes obtenues de la sorte restent débiles. Le B. elatior est de beaucoup supérieur au B. heteropkyUa qui demande trois ans pour atteindre les proportions auxquelles le premier arrive au bout d'une année. La même culture est applquée avec succès à quelques autres Boronia, au Litliospermum huUatum^ aux Grevillea alpestris^ Gr. Preissi^ etc. ÉM. R. G""® Série. TOME I^r. 10'"° Livraison. 30 Mai 1894 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal interiialioDal populaire do rtlorllculluro DANS TOUTES SES BRANCHES \)\\\)\\(' sous le palroi'ùige de J. Ll IM D EN Directeur : LUCIEN LINDEN EEDACTEUES PRINCIPAUX : EMILE RODIGAS i\'tiiii(M'o |i:ii';iissaiil lo 15 (In mois AX GARNIER Niimérn pariiissaiil le ôO du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSXRAXIOIV HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les sig-nataires des articles en assument seuls la responsabilité. SOIS/a:3^.A.II^E f/aiiseric liorlicolc 149 RcnscigncmcMils cl ciillurcs Uri IjPs cli.nncrcs chez les arbres fniitiors . . . . 157 Le jardin lleui-iste 159 Les Bei'heris et les Malioiiia 1()0 l'Iaiiles |iriiii(;es 16:^ Pnges. TEXT1-; KT PLANCHE CULORIKE. PI. 10. Biuldlcia Colvillei 151 Fif;. 30. Ipoiiiea saiijjtiiiica 159 » 31. Gcranlia lennilolia 159 » 32. Fiielisia Madame limant 161 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE LUNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Giiiul. imiir. Kug. Viiiulcrhacglion. TARÏF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLI ET LE JOLUNAl DES ORCHIDÉES Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dan Lé Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse êtr présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaitr leurs produits. 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Une page entière . . . . fr. 50 fr. 100 fr. 176 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... . » 30 » 60 » 100 „ 180 300 Un tiers de page . . . » 25 » 45 » 80 » 125 „ 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 .. 70 „ 110 „ 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 „ 90 » 150 Un huitième de page . . .. 12 » 25 « 40 „ 70 I) 125 Un seizième de page . » 6 » 12 '. 20 » 35 » 75 ®:^=^ On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100^ rue Belliard, à Bruxelles, avanl le S et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnét à l'un de ces journaux. — 149 — CAUSERIE HORTICOLE I CONCILIATION DES INTERETS COMMUNS DU PROPRIÉ- TAIRE ET DU FERMIER 80 Mai 1894. Lettre d'un propriétaire à son fermier : « Mon cher Jean, j'ai recueilli, dans la succession de mon oncle, la ferme que ta famille exploite depuis de longues années. Le bail courant expire pro- chainement; avant de le renouveler, comme tu le demandes, j'ai besoin de causer avec toi au sujet des conditions nouvelles que je veux introduire dans nos stipulations. Le temps presse afin de nous mettre définitivement d'accord si nous ne voulons pas nous séparer. « Tout à toi « X...., propriétaire. » Cette lettre jeta le trouble dans la famille du bon fermier; on se demanda quelles étaient les conditions woî^ve/Zes, puisqu'elles pouvaient avoir une portée jusqu'à produire une séparation Tout le ménage du fermier s'arrêta à l'idée d'une forte augmentation de prix de bail, et on se lamentait.... La ferme, dans la pensée du fermier, rendait pourtant tout ce qu'elle pouvait rendre sous le rude travail de sa nombreuse famille, et ce rendement ne fournissait qu'aux premiers besoins et au payement du fermage.... Comment suflire à une aug- mentation de prix? Faudrait-il quitter ces lieux où les générations de la famille se sont succédées depuis des années ! . . . . Dure nécessité ! . . . . La famille du brave fermier délibéra qu'il valait mieux essayer des sacrifices et rester dans des lieux si chers; après tout, on redoublerait d'ardeur et Dieu n'abandonnerait pas ses enfants. Première entrevue : Le propriétaire. — Bonjour Jean, je suis ravi de ton empressement à te rendre à mon appel. Mais tu as l'air bien triste ; pourquoi donc \ Le fermier Jean. — Votre lettre, Monsieur, parle de conditions nouvelles et même ([e séparation!... Cela n'est pas rassurant; en me voyant partir, ma femme et mes enfants ont versé bien des larmes, quoique nous ayons confiance en votre bon cœur ! Le piropriétaire. — J'espère bien, mon cher Jean, que tu sera bientôt moins — 150 — troublé. Non seulement je n'ai pas l'intention d'augmenter le prix de fermage, ni de me séparer de toi, mais je veux, par les conditions nouvelles, si tu les acceptes, ajoutera ton aisance, 3- ajouter beaucoup, et en même temps donner à ma ferme plus de valeur qu'elle n'en a. Le fermier. — Quoi, vous ne me demandez pas un ôcu de plus, je serai plus à l'aise, et votre ferme vaudra plus cher? Le propriétaire. — Depuis des années ma famille a transmis à la tienne, de neuf ans en neuf ans, la jouissance de sa propriété, qui restait à ses risques et périls et dont tu faisais à peu près l'usage que tu voulais. Tu n'avais pour ainsi dire qu'une obligation rigoureuse, celle de payer exactement au terme convenu. Le résultat de cette coutume routinière apparaît aujourd'hui : tu es pauvre comme devant et la terre ne s'est pas améliorée depuis que tu la fais valoir. Ne te semble-t-il pas, Jean, qu'il doit y avoir quelques causes à ce mal et que nous devons pouvoir y porter remède ? Le fermier. — Sans doute; mais comment faire?... Nous travaillons tous autant que possible, nous vivons de privations, et je ne vois pas ce que nous pourrions faire de plus. Lep)roj)riétaire. — C'est pour te l'apprendre, mon cher Jean, que je t'ai fait venir. Aujourd'hui nous sommes comme deux ennemis dont la victime est la terre : elle qui nous donne tant, nous ne lui rendons presque rien; nous la ruinons sans nous enrichir. Mais bientôt, nous allons l'enrichir pour notre profit commun. Il serait facile de te citer beaucoup d'exemples d'utilité que nous pourrons retirer tous deux de la terre par la coopération peu onéreuse du travail. Le fermier. — En quoi donc consistent ces améliorations pour notre profit commun ? Le propriétaire. — Ce sera l'objet d'une autre causerie; mais pour satisfaire à ta curiosité que je comprends, je veux, entr'autres, la création d'une partie du domaine en prairies sous vergers-f ni itiers; je veux la cidture perfectionnée sous tous ses rapports. Je serai ton associé par l'intervention de ma personne dans la surveillance de l'application des conditions dont nous serons convenus. Je serai ton associé par le capital, en te faisant les avances convenues pour certaines améliorations sur lesquelles nous tomberons d'accord. Retourne vers ta famille et dis-lui à ta manière ce que tu penses de notre entretien. A bientôt. Gustave Michiels. L'ILLUSTRATION HORTICOLE BUDDLEIA GOLVILLEI A. Goossens pinx. 1 J. Goffarf ch)' — 151 — PI. X BUDDLEIA COLVILLEI Le genre Buddleia comprend environ soixante-dix espèces d'arbustes, origi- naires de l'Asie, de l'Afrique australe et de l'Amérique tropicale et tempérée. Parmi ces espèces, les unes sont rustiques, d'autres semi-rustiques, d'autres enfin réclament l'abri de la serre tempérée ou de la serre chaude. Leurs fleurs sont généralement de petite taille, disposées en capitules, en épis ou en thyrses. L'espèce figurée ci-contre est d'une beauté tout à fait supérieure, et ses fleurs, de belle grandeur, ont un coloris des plus élégants. Elle a fleuri il y a deux ans chez M. W. E. Gumbleton, de Queenstown (Irlande), qui l'a décrite de la façon suivante dans le journal anglais The Garden, auquel nous emprun- tons les éléments de cette reproduction : « Ce superbe arbuste semi-rustique de l'Himalaya, que les autorités compé- tentes reconnaissent, je crois, comme de beaucoup le plus beau et le plus déco- ratif des membres du groupe étendu auquel il appartient, m'a été fourni il y a environ sept ou huit ans par MM. Veitch, qui l'avaient obtenu de semis; mais à leur établissement il ne s'était pas montré suflïsamment rustique pour résister à un des hivers rigoureux de Londres; il serait sans doute rustique dans le Devon ou les Gornouailles, comme il l'est chez moi. Je l'ai planté contre un mur de briques exposé au midi ; mais je ne lui ai donné aucune autre protection. Il n'a jamais souffert le moins du monde, et il est arrivé maintenant à former un arbrisseau de bonne taille. Il a fleuri chez moi, pour la première fois en Europe, si je ne me trompe, au mois de juillet 1892, et a produit six grappes de ses belles fleurs tubulaires rose pâle à gorge blanc pur, dont l'une est représentée très exactement sur la planche ci-contre. Ce bel arbuste n'a été connu jusqu'ici, par les horticulteurs qui ne l'avaient pas vu dans les bois de sa patrie, que par une planche dans les Ilhistrafions of Himalai/an Plants, de Cathcart et Hooker; mais cette planche ne rend pas justice à ses charmes délicats; en effet, le coloris de fond est d'un rouge beau- coup plus foncé, ce qui est peut-être causé par le puissant soleil de l'Himalaya, mais en outre on a totalement omis d'indiquer la gorge blanche qui produit un si charmant contraste. — 152 — D'après Sir Joseph Hooker, cette plante est abondante près du sommet du Mont Tonglo, à une hauteur de 2,700 à 3,700 mètres (jusqu'au sommet), et se rencontre fréquemment aussi dans les vallées de Lachen et de Lachsong, à des altitudes analogues ; il atteindrait même 3,600 mètres au-dessus du niveau de la mer. J'espère que sa floraison sera encore plus abondante les années qui viendront. Cet arbuste se multiplie aisément par boutures, mais ne fleurit qu'après avoir atteint une certaine taille et un âge assez avancé. » Parmi les autres Buddleia cultivés, on peut citer surtout les B. americana, B. crispa, qui provient également de l'Himalaya et se cultive dans les mêmes conditions que le B. Colvillei, B. ylohosa, B, insignis, B. japonica, B. inter- media (hybride horticole), B. Lindleyana, ces cinq derniers rustiques. M. G. RENSEIGNEMENTS ET CULTURES Les Chrysanthèmes bouturés au printemps, soit sur couche, soit sous châssis ou sous cloche, ont été plantés en pépinière après l'enracinement. Il convient maintenant de les pincer d'une façon rationnelle pour leur faire prendre le port voulu. La tige sera pincée à 10 centimètres du sol environ, et les rameaux latéraux à G à 10 centimètres de leur naissance. Les plantes seront ensuite laissées en pépinière encore quelque temps, puis mises en place au moment où elles seront près de fleurir. Distinctions honorifiques. — Nous sommes heureux d'apprendre et de signaler à nos lecteurs les distinctions hautement méritées qui viennent d'être accordées par le Gouvernement français à trois personnalités bien connues de l'horticulture, M. V. Lemoine, de Nancy, promu officier de la Légion d'hon- neur, et M. Maurice de Vilmorin, de Paris, nommé chevalier du même ordre, et M. Martinet, directeur du Jardin, nommé chevaher du Mérite Agricole. Exposition de Cherbourg. — Une exposition d'horticulture aura lieu à Cherbourg, du 7 au 10 juillet prochain, à l'occasion du 50^ anniversaire de la fondation de la Société d'horticulture. Tous les produits de l'horticulture et des arts ou industries qui s'y rattachent seront admis à cette exposition, qu'ils soient obtenus dans l'arron- dissement de Cherbourg ou en dehors. _ 153 — On peut s'adresser, pour obtenir des renseignements, au Président ou au Secrétaire de la Société, rue Montebello, 44, à Cherbourg. Les Funkia cultivés en pots. — Un correspondant de la Deutsche Gartner- Zeitung écrit à ce journal : « Les Funkia sont appréciés partout, tant pour former des massifs que pour isoler au milieu de petits parterres de gazon, etc. Mais leur utilisation pour la culture en pots est moins connue, et c'est justement à ce point de vue qu'ils sont particulièrement précieux. Non seulement on peut ainsi les transporter à volonté et les placer dans tel endroit que l'on veut, mais on a encore ce grand avantage que l'on peut, au commen- cement de l'hiver, les dépoter et les placer dans une partie quelconque du jardin, afin de leur éviter les inconvénients de l'hivernage dans un local fermé et chauffé, nécessaire pour les autres plantes cultivées en pots. Lorsqu'arrive le printemps, on les déplante, on les nettoie et on les rempote. Le compost doit être vigoureux, et il est utile d'y ajouter une petite quantité de copeaux de corne. On peut au besoin placer les Funkia au commencement d'avril dans une serre tempérée pour hâter leur floraison. Les plantes traitées de cette manière rendront toujours de grands services à leur possesseur pour l'ornementation du jardin. » La récolte des fraisiers des quatre saisons commence actuellement, et promet d'être particulièrement abondante cette année. On devra avoir soin d'arroser les plantes si la chaleur et la sécheresse se prolongent, et d'entre- tenir entre les pieds le paillis qui sert à maintenir la fraîcheur du sol et à empêcher la croissance des mauvaises herbes. Les cultivateurs qui produisent des fraisiers de semis devront arracher les jeunes plants dès qu'ils auront trois ou quatre feuilles, et les repiquer deux par deux en pépinière, à un espacement de 15 centimètres environ. Il faudra avoir soin de les débarrasser des fleurs qu'ils pourraient donner, ainsi que des filets. La mise en place définitive aura lieu à la fin de l'été ou au commencement de l'automne. Les ormes ont encore souffert beaucoup cette année des tempêtes qui ont sévi au début du printemps, et beaucoup d'arbres de cette essence ont été décapités aux environs de Bruxelles et dans d'autres régions de la Belgique. Les grands vents sont malheureusement assez fréquents dans ce paj's, et pour peu que nous en soyons encore gratifiés cette année, il deviendra difficile de rencontrer un orme dépassant une hauteur de 4 à 5 mètres, — 154 — Ces accidents fréquents méritent d'attirer sérieusement l'attention des culti- vateurs. On peut se demander s'il est utile et profitable de planter un arbre aussi fragile. En tous cas, il est certain qu'il serait imprudent d'en laisser subsister auprès des habitations; nous avons vu plus d'une fois des murailles renversées, des toitures dégradées et même des personnes blessées par la chute des ormes. Tandis que les autres essences résistent bien au vent ou ne perdent que quelques menues branches, qui restent généralement suspendues, l'orme constitue un danger permanent. Les Lilas ont donné cette année une superbe floraison, spécialement le Lilas de Perse, dont les grappes étaient remarquablement grandes et bien colorées; au premier rang des espèces à grandes fleurs, le Lilas Charles X conserve toujours une place d'honneur. * » » Un superbe jardin d'agrément que nous avons vu récemment était formé uniquement de Giroflées, de Pensées et de Tulipes. Les Pensées et les Giroflées dominaient de beaucoup et formaient un massif d'une richesse de coloris admirable. Les Giroflées embaumaient l'air et présen- taient toutes les nuances depuis le rouge sang ou cuivré jusqu'au jaune d'or. Quant aux Pensées, qui auraient peut-être été jugées ordinaires ou médiocres par un fleuriste, elles offraient une série de pourpres violacés ou bruns tirant sur le noir, d'orangés et de jaunes exquis, mélangés de formes blanches avec le centre seul taché de noir ou de jaune. Elles se mêlaient intimement aux Giroflées, et certaines plantes s'élevaient en appuyant leur tige sur celle des Giroflées, de sorte que les fleurs des deux sortes se trouvaient fondues en un massif éclatant. Les Tulipes n'appartenaient pas non plus aux types les plus récents et les plus perfectionnés; elles étaient panachées de jaune, de blanc, de rouge et de rose pelure d'oignon. Mais leur forme, en coupe cylindrique, était irrépro- chable, et leurs beaux coloris reposaient l'œil, en contraste avec les teintes brillantes des massifs voisins. Leurs tiges étaient si minces, et leurs fleurs si amples et si pleines, qu'elles se balançaient au souffle du vent. L'ensemble était parfait, quoiqu'il y manquât la Reine des fleurs, la rose, qui ne va pas tarder à fleurir. La longue grille qui clôturait un des côtés de ce ravissant jardin, et permettait au passant de l'admirer par ses intervalles, était bordée d'une rangée de quarantaines richement fleuries, d'un coloris mauve lilacé tendre exquis, entremêlées de quelques Pelargonium. La maison d'habitation était modeste, mais un prince n'aurait pu souhaiter — 155 — d'avoir devant son palais un jardin plus gracieux ni plus parfumé que celui que j'admirai longtemps, charmé de cette vision poétique au milieu d'une ville. Au dernier Meeting de Londres. — M. le colonel Hulford Thompson, de Eastcliff, Teignmouth, exposait une série de plantes variées poussant dans de la « Jador fibre. » Il paraît que les plantes croissent dans la fibre sans aucune addition de terre. On les enlève du sol, et on lave les racines avant de les mettre dans la mousse. Ce procédé pourra rendre des services pour l'emballage des plantes à expé- dier et pour beaucoup d'autres cas, dit le Gardeners" Chronide. Le Gardeners' Orphan fund de Londres, ou Caisse de secours aux enfants orpiielins de jardiniers, est dans une situation des plus prospères, ainsi qu'il résulte des communications faites ce mois-ci à l'occasion du grand diner annuel. Le capital de la Société est formé en partie de souscriptions volontaires faites par des jardiniers, et dont le minimum est fixé à fr. 6,25 par an, et en partie de dons; il s'élève déjà à fr. 176,750, produisant un intérêt annuel de fr. 5000 environ. Les souscriptions et les dons recueillis à l'occasion de la fête annuelle se sont élevées à plus de fr. 15000. Le but de la Société est de distribuer des secours pécuniaires aux enfants de jardiniers devenus orphelins. Actuellement 61 enfants reçoivent des secours de fr. 6,25 par semaine. Une pareille institution constitue un modèle qui devrait être imité dans tous les pays où l'horticulture occupe un grand nombre de bras, et nous men- tionnerons au premier rang la Belgique. • » Une station entomologique vient d'être fondée à Paris par le Ministère de l'Agriculture, et se chargera de faire les déterminations d'insectes qui seront envoyés par les agriculteurs et d'indiquer gratuitement les moyens à employer pour les détruire. Le laboratoire aura son siège à l'Institut national agronomique, 16, rue Claude-Bernard, et sera placé sous la direction de M. le D"" Paul Brocchi, professeur à cet Institut, secondé par M. le D'" Marciial, chef des travaux. Le commerce des Lilas à Paris a été particulièrement brillant cette année. Un certain nombre de villages situés aux environs de la capitale en — 156 — retirent chaque année un bénéfice considérable, et l'on cite telle petite localité qui en expédie pour des dizaines de mille francs. Les branches fleuries sont cependant vendues aux Halles à un prix très modéré, mais il s'en vend des quantités énormes, et chaque Parisien ou Parisienne, dans les classes moyennes ou pauvres, tient à orner à peu de frais son logement de ces fleurs embaumées; — trop embaumées même, car à cette saison le séjour dans les omnibus ou les wagons des lignes de chemin de fer suburbaines est quelquefois dangereux pour les personnes sujettes aux migraines. Grevillea robusta. — Cette plante, quand elle est de taille moyenne, est extrêmement précieuse pour la décollation des jardins pendant la belle saison, et peut y être laissée jusqu'au mois d'octobre, c'est-à-dire jusqu'à l'approche des grands froids. On la rentre alors dans le jardin d'hiver ou l'orangerie, où elle passera la saison. Le port du G. robusta est très gracieux, et son feuillage, d'un beau vert foncé, découpé comme dans certaines Fougères, est extrêmement élégant. Cette plante produit un effet superbe, entourée de Mesemhryanthemum cordi- foUum variegatum, ou mélangée à des Pelargonium, de façon à rompre agréablement la fâcheuse monotonie qui résulte de la régularité exagérée de certains jardins. On peut le reproduire par graines, semées en janvier pour mettre en place au mois de mai. » ♦ Le Fritillaria aurea, anciennement cultivé en Europe, mais depuis longtemps disparu, vient d'être réimporté au Jardins Royaux de Kew, par M. Whittall, parmi de grandes quantités de bulbes collectés en Asie mineure. Cette plante fleurit en mars et au commencement d'avril en serre froide. Elle produit généralement au sommet de la tige deux fleurs d'un beau coloris jaune d'or, veinées verticalement de vert pâle, et striées transversalement de pourpre d'une façon irréguhère. Ces stries sont plus marquées et plus foncées à la base des segments et sur les bords des sépales. La plante atteint une hauteur de 12 à 20 centimètres. Jardin potager. — Il sera temps avant peu de mettre en place les choux de Bruxelles, qui succéderont aux choux précoces et aux laitues. Les choux de Bruxelles sont peu difficiles quant au choix du terrain, et viennent mieux dans une terre moyenne que dans une très riche; ils ne réclament donc pas autant d'engrais que les autres choux. Le semis ayant été fait en avril-mai, pour la récolte de l'hiver, les plantes — 157 — sont plantées au plantoir un mois après environ, et espacées de 60 centimètres entre elles, et de 50 centimètres entre les lignes. Les céleris ont été plantés au commencement de mai, et doivent recevoir maintenant des arrosages abondants. Quand aux seconds semis, opérés au commencement de mai, on devra les éclaircir au besoin, la plantation défini- tive ne s'opérant qu'au bout d'un mois et demi à deux mois, sans repiquage. Quant aux céleris-raves ils seront plantés maintenant à des intervalles de 30 à 35 centimètres en tous sens, et devront recevoir eux aussi beaucoup d'eau. Les carottes, les oignons, les betteraves et les panais doivent être éclaircis et sarclés de temps en temps. Les oignons peu volumineux se conservent mieux que ceux de grande taille, et sont plus appréciés par tous les cuisiniers. Les derniers panais, destinés à être récoltés au printemps prochain, seront semés dans le courant de juin et même en juillet, soit à la volée, soit en lignes espacées de 30 à 40 centimètres. Max Garnier. LES CHANCRES CHEZ LES ARBRES FRUITIERS Un des nos abonnés nous adresse la question suivante : « J'ai planté depuis vingt ans un verger sur un terrain d'argile pure, jaune. La végétation laissait beaucoup à désirer jusqu'en 1890, date à laquelle j'ai labouré la gazon et cul- tivé le terrain entre les arbres. J'ai mis une grande quantité de chaux bien mélangée au terrain, et tous les ans j'engraisse avec du fumier de ferme et de l'engrais chimique : 200 k°^ de nitrate de soude et 400 k°s de superphosphate à l'hectare. J'ai remarqué cette année que beaucoup de poiriers étaient atteints de chancres, des taches mortes, même des greffes entières, principalement dans les variétés Z>wroMc^^aw^ Conseiller delà Cour, Bonne Louise d'Avr anches ; est-ce que cela ne proviendrait pas de l'acide sulfurique avec lequel le superphosphate est travaillé? » Voici ma réponse: je l'ai rédigée de façon à ce qu'elle puisse servir d'article et je traite la question à un point de vue général. D'abord, notre honorable correspondant fait une erreui' en plantant des poiriers dans un terrain purement argileux, car il faut aux poiriers greffés sur franc (en verger) une couche de terre profonde qui leur permette d'y enfoncer leurs racines pivotantes. Le terrain favori pour les poiriers doit être plutôt léger que trop ferme, comme l'est malheureusement l'argile pure. Dans ces sortes de terrain il eût été de beaucoup préférable de planter des pommiers, et encore faut-il ne pas se tromper, car le Court pendu liosat, le Court-pendu gris, le Court-pendu double, la Reinette grise sont également des — 158 — pommiers, mais ne se plaisent pas dans le terrain purement argileux, tandis que les pommiers à bois mou, les pommiers à végétation luxui'iante, sont mieux disposés pour prospérer dans ce milieu, pourvu que la nature trop argileuse soit un peu corrigée par du fumier, de la chaux, par un bon défoncement; qu'en outre la plantation soit faite sur butte et que l'eau n'y reste pas stagnante. Le Prunier, le Belne-Claudier entre autres, est également moins difficile sous ce rapport que le poirier, car nous l'avons vu réussir dans les vergers où le terrain est argileux. Toutefois, une argile compacte, en excès, entrave plus ou moins (selon les essences) l'aoûtement des rameaux et cause ainsi des troubles dans la végétation, principalement chez le cerisier, l'abricotier, le pêcher, le poirier, mais moins chez le prunier et le pommier. Voilà mon avis pour la végétation des arbres fruitiers dans les terrains pure- ment argileux, compacts, inertes, froids et humides : Il importe absolument d'en corriger la nature avant d'y planter ! On accuse cependant un peu trop le terrain de causer le chancre : mon expérience me permet d'attribuer cette malheureuse affection à une cause bien autrement sérieuse et qui paraît être ignorée par la plupart des planteurs d'arbres fruitiers; voici ce que je veux dire : si le pépiniériste n'est pas assez soigneux ou assez intelligent pour reconnaître les arbres chancreux, s'il a le malheur de couper ses greffes ou ses oculations sur des arbres qui sont atteints du chancre, il transmet inévitablement le germe de la terrible maladie à autant de jeunes arbres qu'il aura multipliés de la sorte ; car les rameaux provenant d'individus affectés portent en eux la nature du chancre, et les meilleurs soins, et les meilleurs terrains, et les meilleurs engrais, ne parvien- dront jamais à faire disparaître ces germes : les taches se déclareront tôt ou tard, et les arbres atteints doivent en mourir fatalement. Des moyens curatifs, il n'y en a vraiment pas. Cependant il est bon d'enlever toute l'écorce et le bois des parties malades avec un instrument bien tran- chant. Laisser sécher la plaie pendant quelques jours, puis la recouvrir de mastic à greffer. Il se forme alors un bourrelet qui entretient la vie dans la plaie. Gustave Michiels, Arboriculteur diplômé de l'État à Montaigu. — 159 — LE JARDIN FLEURISTE NOUVEAUTES DE L'ANNEE Ipomea (Mina) sanguinea (Léonard Lille). Cette plante paraît devoir rendre de grands services pour l'ornementation des balcons, tonnelles, treillages, etc. Elle a les fleurs d'un rouge cocciné; ses feuilles, aussi gran- des que celles du Mina lobata, sont un peu plus profondément lobées. Sa vé- gétation est rapide et abondante. Les semis s'effectuent en avril sur couche, ou en mai en place, dans une terre légère et substantielle. Les plantes fleurissent abondam- ment depuis juin j'usqu'à l'automne; quoique les fleurs aient peu de durée, la plante n'en est jamais dépourvue, grâce à leur continuelle succession. Gerardia tenuifolia (Haage et Fig. 30. — fyomea samjuinea. Schmidt). — Relimannie à feuilles minces. Espèce originaire du Mexique, et formant, d'après MM. Haage et Schmidt, des touffes de 40 à 50 centimètres de hauteur, à feuillage vert clair. Les fleurs sont violet clair avec la gorge blanchâtre. Les Gerardia sont vivaces et peu- vent même passer l'hiver en plein air, moyennant quelques précautions ; se- més de bonne heure et repiqués sur couche, ils fleurissent aux mois de juillet et août. Ce sont des plantes plus curieuses que gracieuses, et que l'on pourra utiliser pour garnir des rocailles.Leur Fig. 31. — Gerardia tenuifolia. coloris, SBHS être ti'ès élégant, n'est pas très commun, et à ce point de vue le G. tenuifolia pourra rendre des services. — 160 — Ces plantes se multiplient, soit à l'automne, soit de préférence au printemps, par division des rejets souterrains. Fuchsia Madame Bruant (voir fig. 32). — Cette belle nouveauté a été obtenue et mise au commerce par l'établissement horticole Bruant, de Poitiers. La plante est vigoureuse, se forme bien, les fleurs « sont d'une grandeur inconnue jusqu'ici, » suivant l'expression d'un de nos confrères parisiens; d'une ravissante couleur mauve lilas, nuancée, maculée et veinée de rose ; sépales rouge vif, auxquels adhèrent un certain nombre de pétales par suite de l'extrême duplicature de la corolle. La plante est vigoureuse, d'un beau port, et se charge de fleurs pendant toute la belle saison; elle aura autant de succès dans les jardins que sur les marchés aux fleurs. * Pieris formosa. — Très belle espèce à fleurs blanches, groupées en pani- cules, un peu comme celles du muguet, mais plus grandes et d'une forme assez différente, larges à la base, et rétrécies à l'oriflce. Les feuilles, persistantes, d'un vert foncé, sont lancéolées-oblongues et finement denticulées. Cette gracieuse plante est à peu près rustique, et n'aura besoin de protection que pendant les hivers rigoureux. Elle a obtenu un certificat de mérite au meeting du 8 mai de la Société royale d'Horticulture de Londres; elle était exposée par M. F. W. Mogre, du Jardin botanique de Grlasnevin. M. G. LES BERBERIS ET LES MAHONIA Il existe au moins une cinquantaine d'espèces de Berberis dans les cultures, mais une douzaine seulement peuvent être considérés comme de bons arbustes de jardin, et beaucoup d'entre eux se ressemblent beaucoup comme aspect, quoique très distincts à certains points de vue. Il ne faut pas confondre avec les Berberis, les Mahonia, qui sont parfois comme une section du même genre^ mais que l'on est fondé à classer plutôt constituant un genre distinct, ayant les feuilles composées et présentant dans les fleurs des difiérences assez nettes. Parmi les Berberis, plusieurs sont réellement d'une grande beauté. Le plus beau sans aucun doute est le B. Darwini, dédié à Darwin qui le découvrit au Chili, et l'un des plus beaux arbustes qui existent. Son origine indique sufli- samment qu'il ne saurait supporter de grands froids, et les hivers rigoureux l'éprouvent beaucoup. Fig. 32. — Fiichaia Madumc Bniant. — 1G2 — Une autre belle forme est le B. i^tenophyUa, hybride naturel entre le B. Dar- wini et le B. empetrlfolia, dont les longs rameaux grêles retombent gracieu- sement à l'entour de la plante, et offrent l'aspect d'une pluie d'or. Cet arbuste a l'avantage d'être très accommodant au point de vue de la situation, et de réussir à l'ombre et au soleil. Il résiste beaucoup mieux au froid que Tespèce précédente ; néanmoins, il prospère surtout dans un bon terrain léger, et à une exposition chaude. L'autre parent du B. stenophylla, le B. empetrifolia, est très rustique et a un port élégant, mais il n'est pas comparable aux précédents au point de vue de la beauté ; il en est de même du B. dulcis et du B. huxifolia (B. à feuilles de buis). Les baies de ce dernier sont pourpre-blanchâtre. Le Berberis commun [B. vulgaris) ou Epine-vinette ordinaire est un arbuste très ornemental, qui présente un coup-d'œil charmant quand il est couvert de ses baies écartâtes en longues grappes pendantes. Il possède un assez grand nombre de variétés plus ou moins distinctes, à fruits blancs, violets, rouge- sang, et surtout la variété à feuilles pourpres, dont le feuillage pourpre vineux foncé rappelle la couleur du hêtre pourpré. Il atteint de trois à quatre mèti'es de hauteur. Le B. WaUlcliiana est très distinct des précédents, et d'une beauté remar- quable, avec ses fleurs jaune clair groupées en nombreux petits bouquets de quatre ou cinq, et contrastant gracieusement avec le feuillage vert foncé per- sistant. Cette espèce est originaire de l'Himalaya, où elle fut découverte par Wallich, à qui elle est dédiée. Elle fut également importée par sir Joseph HooKER, et est quelquefois désignée sous le nom de B. Hookeri. Contraire- ment à ce que pourrait faire supposer son origine, elle est rustique, et n'est endommagée que par un froid très vif; elle réussit bien dans tous les terrains, et mérite assurément d'être cultivée. Parmi les Mahonia, l'un des plus répandus, et le plus digne de l'être, est le M. aquifolium, au feuillage très dense et très élégant à fleurs jaunes, qui réussit à peu près partout. Le M. fascicularis s'en rapproche assez, mais pro- duit plus d'effet, ses fleurs jaunes étant plus nombreuses. Le M. japonica a un feuillage très beau, mais est un peu délicat sous notre climat; néanmoins il mérite une place dans toutes les collections. Le M. nepalensis est analogue au précédent, et comme lui n'est pas tout à fait rustique, mais il a un port plus grand. Il convient particulièrement pour planter contre les mui'ailles, qu'il orne au printemps de ses nombreuses et longues grappes de fleurs jaunes. Le M. Sieholdi a aussi beaucoup de points de ressemblance avec les deux précé- dentes espèces, et porte un feuillage très élégant. G. — 163 PLANTES PRIMEES Iris Helenae. — Cette espèce, originaire de la région située entre l'Egypte et la Palestine, est décrite dans les Iridées de M. Baker, qui la range près de YI. Sari. Elle était exposée par M. H. J. Elwes au meeting de Londres du 10 avril, et elle y a obtenu une certificat de 1''® classe. Elle est remarquable par son coloris intense; le limbe est lilas pâle, veiné de rouge et de rouge-brun; les lames sont pourpre sombre, veloutées, presque noires au centre. Beaumontia grandiflora superba. — Superbe espèce à grappes pendantes très élégantes, délicieusement parfumées. Les tleurs sont d'un blanc pur, de grande taille, et ressemblent beaucoup à des Lis ou à des Brugmansia ; certificat de 1'^ classe au meeting de Londres du 27 mars. Le B. grandiflora est une Apocynée très ancienne dans les cultures, quoiqu'il ne se rencontre pas très fréquemment à notre époque. Il a été figuré par RoxBURGH sous le nom d'Echites. Cette belle plante grimpante a un aspect des plus décoratifs. Elle se cultive en serre chaude. Loropetalum Ghinense. — Le nom générique de cette plante ra pelle la curieuse forme de ses segments floraux, allongés en minces lanières; dans l'espèce dont nous nous occupons, ces segments sont d'un blanc pur, et la fleur, assez grande, est d'un aspect élégant. Cette espèce a reçu un certificat de l'*' classe au meeting de Londres du 13 mars. Elle a la qualité de fleurir à la fin de l'hiver, et mériterait assurément d'être plus répandue. Elle est comme la précédente, très ancienne, et a été figurée par le célèbre botaniste anglais Robert Brown sous le nom d'Hamamelis. Elle est d'ailleurs très voisine du genre Hamamelis. Elle est originaire de la Chine. Lilas M'"^ Lemoine. — Nouvelle variété double à fleurs blanches, qui a été exposée récemment à Londres par sir Trevor Lawrence, et qui a reçu un certificat de 1'*^ classe. Les grappes ne sont pas aussi longues que dans la forme précédente, mais elles sont amples et belles, et les fleurs très bien formées. La plante est d'un port robuste, et promet de rendre de grands services. — 1G4 — Syringa pyramidalis. — Autre forme exposée par sir Trevor Lawrence, et qui a obtenu au meeting de Londres du 8 mai un certificat de mérite. Ses grappes sont très grandes, et les fleurs, bien doubles, ont un coloris lilas très agréable. Aquilegia Stuarti. — Cette gracieuse Ancolie n'est pas une nouveauté, mais elle est encore peu répandue et mérite d'attirer l'attention par son coloris bleu. C'est un hybride horticole entre les A. (jlandulosa et A. Whitmanni. Il est décrit dans l'excellent Dictionnaire prafdqiie d'ho)iicnUure de NicuoLSON delà façon suivante : Fleurs d'environ 12 centimètres de diamètre; sépales étalés, ondulés, d'un bleu clair légèrement lavé de violet nuancé ; pétales bleu pur à la base, et d'un blanc mat dans toute leur partie arrondie ; les organes de la reproduction sont entourés d'une sorte d'enveloppe jaune. Plante flori- fère et presque alpine. L'A. Stuarti a obtenu un certificat de mérite au dernier meeting de Londres. ♦ ♦ Anthurium Chamberlainianum. — Très belle espèce, dédiée à l'éminent amateur anglais M. Chamberlain, dans la collection de qui elle fleurit pour la première fois vers 1882. M. Chamberlain en exposait récemment à Londres un très bel exemplaire, de dimensions exceptionnelles, et bien fleuri. Cette plante a les feuilles très amples et ornementales, longues d'un mètre environ, à limbe en forme de cœur très large, et supportées par un pétiole de r"50. La spathe mesure près de 30 centimètres de longueur, et est d'un rouge chair sombre. Alstroemeria pelegrina alba. — Espèce à fleurs blanches légèrement tachetées de vert clair, grandes et très abondantes. Elle est connue sous le nom populaire de Lis des Incas. Elle est un peu délicate, et réclame un coin abrité et chaud lorsqu'elle est cultivée à l'air libre. Cette belle plante fut introduite du Chih en 1877. Exposée par sir Trevor Lawrence au dernier meeting de Londres, elle y a reçu un Certificat de mérite. Bégonia Flora. — Bégonia tubéreux double, à fleurs d'un rose saumoné chaud, et très élégant; les pétales sont larges, plats ou légèrement ondulés, disposés à peu près réguhèrement autour d'un même centre. Certificat de i^^ classe au Palais de Cristal. Stenandrium Lindeni. — Cette plante, qui a été figurée dans L'Illustra- tion Horticole (ancienne série), a obtenu un Certificat de l""® classe au Palais de Cristal, où elle était exposée par MM. Laing et fils. gme Série. TOME P"". 11'"° Livraison. 15 Juin 1894 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal internalional populaire de rHorlicullure DANS TOUTES SES BRANCHES |)ul)li(' sons le |iali'oiiiiiio do J. Ll N DEN Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILHJSXRAXIOIV HOUXICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. soivnns/^A-ii^E Chronique liorticole 165 Plantes nouvelles ou recommandal^les , . . 170 Thrinax graminifolia 173 Serre Chapelle de Laeken 174 Le Temple Show 176 Pcliles noies de culture 179 TEXTE ET PLANCHE f.OI.OniÉE. PI. 11. Amaryllis « Le Triomphe » Fig. 33. Thrinax graminifolia . . » 3-1. Serre (Chapelle de Laeken. . » 3.5. Bégonia plalaiiifdlia derora . Page*. . 169 . 173 . 175 . 177 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE LUNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Gand. inipr. Eug. Vanderliacgben. TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX LILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOIUNAL DES ORCHIDÉES Les annonces paraissant à la fois dans L'IUustration Hortlcole et danf Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacur deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. Leui circulation universelle augmente considérablement de jour en jour ]%, B, — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lu assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelle) de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux ensemble : Pour l'aimée entière Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. daneles 2 journ. dansles2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 journ. Une page entière . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... . » 30 » 60 » 100 .. 180 « 300 Un tiers de page . . . . .. 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . » 20 .. 40 » 70 » 110 >. 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 » 90 » 150 Un huitième de page . .. 12 .. 25 » 40 » 70 » 125 Un seizième de page . . » 6 » 12 » 20 » 35 » 75 On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100^ 7'ue Belliard, à Bruxelles, avant le S et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnée; à l'un de ces journaux. — 165 — CHRONIQUE HORTICOLE 15 Juin 1894. Ananas en Floride. — L'importation en Europe des Ananas des Guyanes non seulement a rendu ces fruits accessibles aux petites bourses, mais souvent nos marchés en sont inondés. Néanmoins, en Europe comme dans l'Amérique septentrionale, les Ananas produits dans les cultures sont préférés au fruit sauvage. Au sud de la Floride, on a installé des cultures très étendues dont la production est dirigée entièrement sur New-York. L'année dernière, le nombre des Ananas expédiés de Floride a été de près de cinq millions et les producteurs songent à étendre leurs plantations. Baromètres et thermomètres. — Ces appareils, indispensables dans les établissements d'horticulture, ne sont pas toujours suffisamment réglés pour que leurs indications coi'respondent avec celles de TObservatoire royal publiées journellement par les journaux politiques. Peut-être quelques-uns de nos lecteurs apprendront-ils avec plaisir que l'Observatoire royal, conformément à l'art. 28 du règlement organique du 21 mai 1894, « procède à la vérification des instruments de météorologie (baromèti'es, thermomètres), qui lui sont soumis par les particuliers. Un certificat de ces vérifications est délivré gratuitement aux intéressés. » On sait que l'Observatoire royal de Belgique est établi à Uccle, près de Bruxelles. Plantes sacrées dans l'Archipel malais. — Ces plantes, pour lesquelles les indigènes professent le plus grand respect, sont plus spécialement le Cordy- Jhie tennuialis à feuilles rouges, le bambou à tige jaune, le lis des champs de riz ou Pancrafium amboinense et le Plumeria rosea, frangipane ou fleur du mort. Les Malais en ornent les temples et les autels de leurs ilieux. Le Gordyline provient de la Polynésie et de l'est de l'Australie. Le Pancratium est originaire des Iles Moluques. C'est une des i)lus belles espèces parmi les Amaryllidées ; elle porte une superbe couronne de fleurs blanches et parfumées. Ces plantes sont considérées les unes et les autres comme des dons de la divinité. — 106 — Le figuier de Lausanne. — Ce figuier était considéré comme le doyen des arbres de son espèce. On le trouve déjà indiqué sur un plan de cette ville de 1G24. L'hiver rigoureux de 1830 l'avait beaucoup endonnuagé; cependant, il se remit lentement. Il résista aux grands froids de 1879-1880. En 1891, il produisit une récolte telle que plusieurs de ses branches, mal étayées, se brisèrent. Finalement il a succombé à cet excès de production. Au point de vue des dimensions, c'est le Figuier de Roscoff qui occupait déjà la première place. Maintenant il l'occupe également au point de vue de l'âge. Expositions annoncées. — La Société royale d'horticulture du Hainaut ouvrira, avec le Comice agricole de Mons et sous le patronage de la Ville, sa 102"^^ Exposition, les 24, 25 et 2G juin 1894 dans les locaux du Waux Hall. Le programme, qui renferme une soixantaine de concours, peut être obtenu chez M. A. Wanin, l'un des secrétaires, à Mons. Tous les amateurs, horti- culteurs et jardiniers régnicoles ou étrangers sont invités à prendre part à l'exposition. — La Société d'horticulture La Flore, d'Ostende, organise une Exposition nationale de plantes, fleurs, fruits et légumes du 20 au 29 août 1894, dans les locaux de l'École communale. Pour le programme, on est prié de s'adresser à M. 0. Wagner, secrétaire de la Société La Flore à Ostende. — La Société roj^ale d'horticulture et d'agriculture de Tournai fêtera -cette année le 75"''' anniversaire de sa fondation par une Exposition internationale, organisée avec le concours de l'État, de la Province et de la Ville. Cette Exposition sera la 150'"^ organisée par la Société, elle aura lieu du 9 au 12 septembre prochain. Le progi-annue comprend 174 concours, pour lesquels il sera décerné des prix nombreux. LL. MM. le Roi et la Reine, la ville de Tournai, le Gouverneur du Hainaut, le Bourgmestre de Tournai et le Président de la Société ont offert plusieurs médailles d'or. Les intéressés sont priés de s'adresser à M. J. Vander Borght, secrétaire, à Tournai. Exportation des produits de l'horticulture. — Dans son livre. Le Développement commercial de la Belgique, qui vient de paraître, M. H. Martel donne l'aperçu suivant de notre exportation : « La Belgique exporte, en moyenne, chiffre ofliciel, 3,200,000 francs de plantes vivantes et de fleurs naturelles par an. Dans ce chiffre, la France figure pour 1,067,725 francs; l'Angleterre pour 796,993 francs; l'Allemagne pour 658,377 francs; les Pays- Bas pour 321,500 francs; les États-Unis pour 94,760 francs; la Suisse pour 50,000 francs; le Portugal pour 21,050 francs; le Grand Duché de Luxem- bourg pour 18,124 francs; l'Espagne pour 17,020 francs , etc. Nous consta- — 1G7 — tons une augmentation assez marquante pour nos exportations en France, en Hollande et en Portugal ; une augmentation plus modeste dans le Grand Duché de Luxembourg et une diminution considérable en ce qui concerne l'Angle- terre. En 1889, nos exportations de plantes et de fleurs en ce pays s'élevaient à 3,075,000 francs. En 1890 elles descendaient à 942,000 francs pour tomber à environ 797,000 francs en 1891. Quant aux autres pays, nos exportations horticoles y restent à peu près stationnaires. » Les horticulteurs doivent donc s'efforcer à étendre leurs relations dans toutes les contrées du continent. Société néerlandaise d'horticulture et de botanique. — Aux meetings du 10 mars, du 14 avril et du 12 mai 1894, dos certificats de première classe ont été décernés entre autres à M. H.-J. Lemkens, à Alfen s/R., pour le lilas à fleurs pleines Madame Lemoine; à MM. A. Glym-De Vos et G'®, à Utrecht, i)Ouv Adiantmn cimeatum fol. arg. var. et Bhododendron javanicxim ; à MM. Groenewegen et G''', à Amsterdam, pour Saintpaulia ionantha; à M. A. FiET, à Groningue, pour Heuchera sanguinea; à MM. de Graaff frères, à Leyden et M. van Waveren et fils, à Hillegom, pour des variétés nouvelles de Narcisses; à MM. G.-J. van Tubergen, à Haarlem, pour des variétés nouvelles d'Iris. Fleurs de Poinsettia. — Afin de compléter ce qui a été dit dans le numéro du 15 février, page 50, à propos des Poinsettia, nous ajouterons que, pour utiliser les fleurs et les garder longtemps fraîches, le mieux est de plonger les tiges, aussitôt après la coupe, dans de l'eau bouillante pendant une couple de minutes seulement. Ce procédé est préférable à celui qui consiste à brûler les bouts des tiges avec un fer chaud, ce qui arrête l'absorption de l'eau fraîche; l'emploi de l'eau chaude n'a pas cet inconvénient. Fleurs en verre. — L'Université Harvard possède dans son Musée de Cambridge une collection unique offerte par M'"^ Elisa L. Ware et M'"' Mary L. Ware en mémoire du D"" Charles E. Ware. Cette collection, rangée dans trente-trois cases, comprend des modèles de i^Iantes et de fleurs faits avec tant d'art et tant de perfection qu'on les croirait naturelles. En 1854, Léopold Blasciika, fileur de verre qui naquit en 1822 à Aich, village du nord de la Bohème, entreprit de reproduire en verre les fleurs rai-es qui s'épanouissaient dans le jardin du prince Camille de Rouan. En 1802, il possédait soixante espèces d'orchidées en verre qui furent détruites dans un incendie. Quatre années plus tard il reprit son travail et depuis lors Blasciika père et fils se sont engagés à consacrer pendant une série d'années tout leur temps au — 168 — Muséum de la Harvard University dont la collection de modèles en verre s'enrichit tous les ans. Le Meehan's Monthhj de mai 1894 attribue au pro- fesseui" (lEORGE GoGUALE, directeur du Jardin botanique de Cambridge, rinitiativc de la formation do cette superbe collection. Le mois de mai de cette année a été en général plus fi'oid que le mois précédent. A part les journées du IG au 19 qui ont donné une température variant entre 24" et 31° centig., le thermomèti-e a marqué des températures peu élevées. A plusieurs reprises il y a eu de la gelée blanche non-seulement dans l'est du pays, mais même dans les Flandres. La moyenne des basses températures a été de 7*^1 et la moyenne des températures élevées de 17°5. Ce mois n'a pas présenté, comme on aurait pu le craindre, la sécheresse de 1893. On a recueilli à l'udomètre de l'École d'horticulture de Gand 55'"'"3 d'eau. Le 17, par un vent d'est persistant et une chaleur élevée, on a constaté le soir la présence d'un brouillard à odeur de tourbe. Les cultivateurs attribuent à tort à ce phénomène une influence fâcheuse. Ce brouillard coïncide le plus souvent avec le vent d'est et est causé fréquemment par une très basse température. Or, dans la nuit du 17, la température la plus basse a été encore supérieure à 10 degrés. En Angleterre, le mois de mai a présenté plusieurs fois d'assez fortes gelées, ainsi que des orages avec accompagnement de grêle. Hannetons. — Nous n'avons pas besoin d'insister sur les déprédations commises dans beaucoup de cultures par les larves du hanneton, appelées vers blancs. Tous les moyens de destruction doivent être mis en œuvre : il faut par toutes les voies encourager la chasse faite aux hannetons, même primer le hannetonnage, et protéger les oiseaux insectivores. Le Bulletin d' arboriculture du mois de mai rappelle qu'il est bon d'entourer d'une bordure de gazon d'Espagne [Armer la maritima) les planches de fraisiers et autres plantes qu'on veut soustraire aux vers blancs. On sait que le hanneton a pour ennemi le Botrytis tenella. Ce champignon a la propriété de momifier les vers blancs. On peut donc enfouir dans le sol des vers blancs sur lesquels on a déposé un mélange contenant quelques spores du champignon. On prépare ce mélange comme suit : deux tubes de spores de Botri/tis tenella, une cuillerée de miel, une cuillerée de sel de cuisine, deux blancs d'œuf sont remués dans trois litres d'eau. Au moyen de ce liquide visqueux on humecte les hannetons ; puis on les jette au soleil, et bientôt séchés ils s'envolent et portent de tous cotés les germes du champignon destructeur. Néanmoins, le hannetonnage lui-même reste un excellent et sûr moyen. Ém. Rodig.\s. — 169 PI. XI AMARYLLIS « LE TRIOMPHE > Aucun genre de plantes n'a excité plus vivement l'étonnement aux grandes expositions qui se sont succédé dans les dernières années que l'Amarjilis ou Hippeastrum. Ceux qui ont visité l'exposition universelle de Paris en 1867 se souviennent peut-être encore de VAmarijlUs pardina ^. Hook., qui produisit une si profonde impression avec sa superbe fleur à la fois étrange et gracieuse, au coloris vert pâle, sur lequel le pourpre se jouait en bigarrures et macules chatoyantes. Et combien, depuis lors, la fleur tigrée a-t-elle revêtu de riches parures! Combien a-t-elle varié dans ses coloris et même dans sa forme! Il serait difficile d'énumérer les variations que la culture a successivement amenées. On ne peut qu'admirer l'inépuisable énergie de la nature, quand on voit ces centaines de fleurs si grandes et si belles, les unes striées ou rubanées, les autres bordées de toutes les nuances depuis le blanc pur jusqu'au plus riche cramoisi. La fleur, reproduite avec la plus grande exactitude par l'artiste sur la planche ci-contre, répond-elle aux exigences de l'esthétique florale ? Un coup d'œil jeté sur le dessin permettra de répondre aflîrmativement à cette question. Néanmoins, il sera utile d'ajouter que l'exiguité du format n'a point i^ermis de présenter la fleur de face et de manière à faire voir l'élégance de ses propor- tions. L'Amaryllis Le Triomphe est une admirable fleur, d'un coloris hors ligne, remarquablement brillant. Elle mesure près de 0'"20 de diamètre, du bout d'un sépale à l'autre; dans le dessin, il a fallu réduire la hauteur. Les pétales sont marqués vers l'onglet d'une macule vert opale que l'artiste n'a pas voulu dissimuler; car, pour certains amateurs, cette macule constituerait une tache originelle qui devrait être remplacée par du blanc immaculé. Est-il besoin de faire ressortir la teinte violacée, légèrement purpurine, confinant autour du coloris blanc et sur les limites du fond carmin orangé des segments floraux ? Dans les fleurs des Amaryllis, la nature semble vouloir défier toutes les règles que l'observateur a cru pouvoir imposer à la combinaison des coloris. La variété Le Triomphe en fournit une nouvelle preuve. ÉM. R. 170 — PLANTES NOUVELLES OU RECOM M AN DABLES Myrosma nana Baker. — Cette nouvelle espèce de Marantacée a fleuri à Kew vers la fin de mai dernier. Elle provient probablement du Brésil. Les fleurs sont petites, d'un coloris blanc pur ; elles sont très fugaces et disposées en épis distiques avec des bractées persistantes. La plante est remarquable par son port très trapu et ses feuilles très poilues, panachées d'une bande longitu- dinale jaunâtre le long de la nervure médiane. M. J. G. Baker donne dans le Gardeners' Chronicle du 26 mai une diagnose complète de la plante. Rhododendron Maddeni var. longiflora. — Le type de B. Maddeni est une espèce du Silvl\.im qui se prête parfaitement à la culture, forme une belle touffe et fleurit abondamment chaque année. Ses feuilles oblongues et coriaces sont vertes au dessus, glauques au dessous et couvertes de petites écailles grisâtres. Les fleurs, disposées en corymbes, ont la corolle étroite et tubulaire à la base et longue de 0"^07; le coloris est blanc lors du complet épanouissement, le bouton est rose. Les Bhododendron Jenkinst et calophyUa ne sont probablement que des variétés, à moins que le premier nom ne soit qu'un simple synonyme. La variété, dont il est question dans le Gardeners' Chronicle, p. 684, diffère du type par ses fleurs plus allongées et leur coloris rouge rosé à l'extérieur et rose tendre intérieurement. Aloë striata var. oligospeila. — Cette variété signalée par M. J.G. Baker, dans le Gardeners' Chronicle, fut découverte par Th. Cooper, il y a une trentaine d'années, dans la Cafrerie. Elle diffère du type par son port plus érigé, sa tige plus courte, ses feuilles plus étroites, largement marginées de blanc. Les feuilles sont très glauques et sans stries, montrant à la face infé- rieure quelques macules allongées. Hillia tetrandra. — Cette Rubiacée est un arbrisseau à feuilles large- ment ovales, originaire des Indes orientales et du Mexique. Les fleurs sont blanches, solitaires, munies à la base de deux grandes bractées allongées. Le tube de la corolle est cylindrique, mince, ayant 0'"05 à 0"'06 de long, se déve- loppant en un limbe blanc, plat, quinquelobé. L'espèce est reproduite d'après un exemplaire des jardins de Kew dans le Botanical Magazine de niai dernier. Greyia Sutherlandi Hook. — Cette espèce, d'abord admise parmi les Saxifragées anomales, a été placée depuis dons la famille des Sapindacées, bien que, d'après J. E. Planchon qui décrivit la plante dans la Flore des lierres iXYII, p. 45), elle se rappi'oche à plusieurs égards des Erytroxylon et des Ixionanthes, deux types aujourd'hui rattachés de près à la famille des Linées. Elle est originaire de Port Natal d'où les premières graines furent — 171 — envoyées au Jardin botanique de Dublin; M. Moore en envoya des exem- plaires vivants à Louis Van Houtte qui fut le premier à la publier. Depuis cette époque, ainsi que le constate M. André, dans la Revue Horticole du l^"" juin, la plante s'est fort peu répandue et est encore rare. C'est un arbris- seau dont le feuillage rappelle celui d'un Pelargonium. L'inflorescence, en grappe terminale, porte des fleurs d'un beau rouge orangé, nombreuses et serrées, à pétales échancrés. C'est une plante franchement ornementale. Isoplexis canariensis Lindl. — Ce sous-ai-brisseau, qui atteint plus d'un mètre de hauteur, a les tiges et les feuilles tomenteuses; celles-ci sont persis- tantes, lancéolées et luisantes au dessus. Les fleurs sont d'un beau jaune d'or et sont disposées en grappes terminales, érigées, longues de C^SO. La corolle a 0"^03 de long; le tube est court et les lobes inférieurs lancéolés aigus; la lèvre supérieure est plus longue, tronquée et bilobée. Cette plante est extrême- ment rare dans les jardins et mériterait une place à cause de sa brillante floraison. C'est loin d'être une nouveauté, puisque son introduction des Iles Canaries remonte à 1G98. Stenospermatium multiovulatum. — Cette Aroïdée est de loin, suivant M. N. E. Browx, Gardeners' Chronicle du 2 juin 1894, la plus belle espèce de ce genre que l'on connaisse jusqu'à ce jour. Elle fut découverte en 187G, par M. Éd. André, en Colombie, dans la province de Nouvelle Grenade, à une altitude de 2100 mètres. M. F. C. Lehmann la trouva plus tard dans la province de Cauca, à une altitude moindre. Engler, dans les Botanische Jahrhucher, 1885, VI, p. 281, décrit la plante comme une variété du StenospennafiiDu Spniceanum. M. N. E. Brown en donne une diagnose complète. L'inflores- cence est défléchie, la spatlie est largement elliptique, blanche. Le spadice, également blanc, est cylindrique, long de 0"'12 à 0'"15. Aristolochia gigas var. Sturtevanti. — Quel dommage qu'une fleur aussi curieuse et aussi étrange ait une odeur aussi malencontreuse ! Quand on l'a vue une fois de près, on éprouve presque du malaise à devoir en pai-ler. La vai-iété dont il s'agit a fleuri récemment au château de Lostwitchiel, résidence de M. W. Pease. La plante portait quatre fleurs dont l'une, entièrement épanouie, mesurait 0'"30 de large et l'"."50 de longueur depuis le sommet jusqu'au bout de l'appendice. Le coloris interne de la fleur est bleu de prune; à l'exté- rieur le fond grisâtre est pointillé de petites taches brunes. Streptocarpus "Wendlandi et S. X Dyeri. — La première espèce fut répandue en 1891 par MM. Dammann et C'^ et considérée à tort comme une forme du S. Saiindersi. Aux jardins de Kew elle est regardée connne consti- tuant une espèce parfaitement di.stincte. Les feuilles atteignent 0"™75 de long, 0"'60 de large; les tiges florales, également de 0'"75, portent vingt fleurs et plus à la fois. La page inférieure de la feuille est d'un riche coloris lie devin. Le — 172 — Streptocarpus Dunni et le S. Wendlandi ont donné à Kew, par croisement, un hybride appelé Streptocarpus x Dyer'i. C'est, dit le Gardeners' Chronide, le plus noble de tous les Streptocarpus, espèces ou hybrides. Les fleurs sont grandes comme celles des parents, et la plante est couverte de gerbes de fleurs d'un coloris rouge pourpre éclatant. C'est une plante de serre d'une beauté exceptionnelle. Osteomeles anthyllidifolia. — Cet arbrisseau de serre tempérée a les feuilles pennées et des fleurs blanches rappelant celles des Potentilles, aux- quelles succèdent des fruits rouges comme ceux du rosier. L'espèce figurée dans le Botanical Magazine du mois de mai dernier est originaire de l'Asie orientale et des Iles de l'Océan pacifique. Sa distribution géographique est très étendue. On l'a rencontrée aux Iles Hawaï, en Chine, et jusque dans l'ile Pitcairn, dans le sud de l'Océan pacifique. Antholyza Sch-weinfurthi Baker. — Cette nouvelle Iridée fut trouvée dans les montagnes de l'Abyssinie orientale, en 1890, par le D"" Schweinfurth et répandue par MM. Dammann et C'*'. M. J. G. Baker en donne la diagnose dans le Gardeners' Chronide du 12 mai dernier. Elle appartient au groupe ayant les lobes du périanthe très inégaux. Elle est plus petite que V Antholyza ahyss'mica; elle a les spathes plus courtes que les fleurs et un périanthe rouge passant au jaune vif. Ém. R. Cours de Botanique ('). — Sous ce titre, M. Oscar Terfve, docteur en sciences et professeur à l'Athénée royal de Namur, vient de publier deux ouvrages destinés l'un aux élèves des Athénées et des Collèges, l'autre à ceux des Écoles moyennes. L'auteur, dans la rédaction des deux livres, .s'est con- formé au programme officiel de l'enseignement. En les parcourant superfi- ciellement, nous constatons que tous les deux sont écrits avec un parfait esprit de méthode et dans un langage simple et correct. Bien que le Cours de bota- nique à l'usage des Athénées soit plus développé que l'autre, celui des Ecoles moyennes est sufl^samment complet pour permettre à ceux qui se destinent à l'étude des sciences naturelles d'acquérir des notions exactes en vue de celle-ci. Le cours de botanique à l'usage des Athénées et des Collèges a étp adopté par le Conseil de perfectionnement de l'enseignement moyen. (1) Volumes in-8°, avec nombreuses gravures intercalées dans le texte. Namur, librairie classique de M. Ad. Wesmael-Chaklier, éditeur. 1894. Le livre destiné aux Ecoles moyennes coûte 2 fr.; celui à l'usage des Athénées coûte 2-50 fr. — iT. THRINAX GRAMINIFOLIA La famille des Palmiers, qui compte un si grand nombre de beaux genres et dont on connaît aujourd'hui onze cents espèces, ne renferme pas de groupe Fig. 33. — TJir'nia.r i/iyniiiiiifolia. plus gracieux que celui des Thrinax, représenté par une dizaine d'espèces, toutes charmantes, appartenant aux Antilles et à La Floride. Les arbres dont il se compose ont un tronc peu élevé: mais les feuilles, toujours palmées nndti- fides, presque peltées, divisées en lanières assez solides, ont une rare élégance. Le Thrinax f/m)iiinifolia (tig. 33) en est la plus parfaite image. De son tronc peu élevé s'élance un spadice très rameux avec des rachis d'une longueur consi- dérable, portant des frondes divisées jusqu'fi leur- base en lanières linéaires et aj'ant chacune l'apparence d'une feuille de gi-aminéc, l^M. R. — 174 ~ SERRE CHAPELLE DE LAEKEN Cette année encore le public, grâce à la bienveillance de S. M. Léopold II, a pu visiter à des jours déterminés, pendant le mois d'avril et de mai, les splendides serres du domaine royal de Laeken. Les vrais connaisseurs, les amateurs de ce que le monde végétal produit de plus varié, de plus beau, de plus riche, ne choisissent pas ces jours de foule où il est bien difficile d'ad- mirer à son gré les exemplaires uniques que recèlent les serres et les galeries; ils connaissent mieux le chemin de Laeken et savent que les portes de la rési- dence royale s'ouvrent facilement devant ceux qui ont le désir de s'instruire. Aujourd'hui nous n'avons pas l'intention de parler longuement de ce que l'on peut voir dans ce domaine, où tout respire un goût exquis allié à une connais- sance parfaite de l'art de l'architecte de jardins, et où l'horticulture s'est élevée jusqu'à la hauteur de ses adeptes royaux. Nous désirons mettre sous les yeux de nos lecteurs un coin du parc avec la coupole de la nouvelle serre chapelle, véritable innovation dans son genre, conçue par le l'oi lui-même et construite sous sa direction. Nous devons à notre confrère, le Gardeners' Chro?iide, la communication du dessin ci-contre (fig. 34). On voit que la serre chapelle se compose d'une nef centrale ou dôme entouré de constructions semi-circulaires dont chacune est une véritable serre s'ou- vrant sur la partie centrale. Au moyen d'une galerie garnie de plantes et de fleurs, on communique avec la serre aux palmiers qui est en communication directe, au moyen d'autres galeries, avec le jardin d'hiver et le château royal, La construction dont nous avons parlé déjà dans L'Illustration Horticole, J893, p. 120, a reçu les plantations qu'elle attendait. Le dôme est supporté par douze colonnes de granit rouge poli posées sur des socles blancs, et autour de chaque couple de piliers est ménagé un espace dans lequel se trouvent main- tenant de grands palmiers et des fougères arborescentes avec une bordure de plantes fleuries qui sont remplacées par d'autres à mesure qu'elles passent. Au fond des nefs latérales sont disposés des groupes de palmiers et d'autres plantes à feuillage, quelques-unes à demeure, d'autres pouvant être enlevées ou renouvelées à volonté. Ces groupes encadrent des statues de marbre; le tout est disposé avec beaucoup d'art ; le temps fera mieux encore ressortir les beautés de ces dispositions à mesure que les végétaux acquerront un développe- ment plus considérable. Èm. Rodigas. — 176 LE TEMPLE SHOW La Société roj-ale d'horticulture de Londres tient ses grandes assises florales dans les Temple Gaydens, de là le nom de Temple Show donné à ces floralies. M. Lucien Linden, en rendant compte de cette fête dans sa Causerie sur les Orchidées, p. 87 du Journal (lef< Orchidées, dit que cette exposition des 23, 24 et 25 mai 1894 « a été un succès de plus à porter à l'actif de la Société roj-ale d'horticulture de Londres. Il faut voir une exposition de ce genre pour constater combien l'horticulture est en faveur en Angleterre et combien toutes les classes de la Société s'intéressent aux plantes et aux efforts des horticul- teurs. On ne peut, sur le continent, se faire une idée du nombre de personnes, de dames spécialement, qui visitent avec intérêt l'exposition et savent apprécier les mérites ou la rareté des plantes exposées. Le temps, malheureusement, était très mauvais; le vent soufflait avec rage, et je crains bien que maintes belles Orchidées (et autres plantes) exposées sous des tentes auront eu à souffrir du froid et des courants d'air qui régnaient sans discontinuer. L'effet des grandes tentes espacées sur les pelouses des « Temple Gai'dens » est certainement très pittoresque — on eût dit un grand camp militaire — la lumière voilée fait bien valoir la beauté des plantes, mais je m'étonne qu'une Société aussi puis- sante que la Société royale d'horticulture de Londres n'ait pas son local à elle, une vaste construction vitrée dons le genre du Casino de Gand. Je sais que c'est un desideratum souvent exprimé par les journaux anglais; je sou- haite vivement qu'il prenne forme bientôt, dans l'intérêt des plus frileuses Orchidées et dans l'intérêt de l'effet d'ensemble. » Les apports étaient nombreux et considérables; le Gardeners' Chronide fait remarquer le contraste résultant de la comparaison faite entre l'exposition actuelle et une autre grande exposition d'autrefois. Maintenant tous les spéci- mens sont moins grands et beaucoup sont cultivés pour être utilisés directement pour la coupe des fleurs ou des feuilles; à peu d'exceptions près tous les apports étaient marqués au coin de l'utilité générale. Les Miscellanées ou plantes orne- mentales à fleurs et à feuillage, les Roses, les Caladium, les Fougères, Galcéo- laires, Œillets, Pelargonium, Bégonia tubéreux, Gloxinia, Plantes vivaces. Aza- lées et Rhododendrons, Clematis, Epacris et Bruyères du Gap, formaient des groupes nombreux, souvent même imposants; l'intérêt cependant était surtout aux Orchidées et aux plantes nouvelles. Pour ces dernières, trois exposants étaient en présence : MM. J. Laing et fils, F. Sander et C'^ et MM. Linden de L'Horticulture Internationale, à Bruxelles. Voici comment s'exprime à — 177 — l'égard des plantes exposées par l'établissement belge, le Gardeners' Chronicle dans son compte-rendu du 26 mai 1894. « MM. LiNDEN ont maintenu leur réputation pour l'introduction des plantes nouvelles ; ils montraient en cette occasion une série de plantes entièrement nouvelles. « Six jolis Maranta du type Massangeana méritent d'être notés pour l'écla- tant coloris et le charme de leur feuillage ; ce sont M. albo lineata, M. metal- lica, M. smamgdina, M. atmta, M. florentina et M. fulgens, dont le feuillage Fig. 35. — Bégonia pJdtanlfuUa décora (d'après le danleners' Magazine). allait du vert noirâtre au plus délicat vert glauque. De nouveaux Bégonia attiraient aussi les regards, entr'autres une belle espèce, le B. platanifolia dont le feuillage mesurait O'^SO de diamètre et avait un coloris glauque foncé légèrement lavé d'argent ; la variété Bégonia platanifolia décora (fig. 35), est la plus remarquable, parce que la panachure d'argent y prédomine. Les B. platanifolia illusfrifi et pulrinaf(( complétaient la collection, dont le type — 178 — ainsi que les variétés peuventêtre considérés comme des acquisitions désirables surtout au point de vue de l'hybridation. « Le Befjonia Lansbergeac était montré pour la première fois en Angleterre. Il a le feuillage velouté et légèrement poilu sur les deux faces. a ISAdiantum Claesianum, une charmante nouvelle fougère, d'origine sud- américaine, était très admirée par tous les visiteurs ; les fi'ondes sont composées de pinnules arrondies, elles sont d'une couleur vert pâle avec une tache d'ar- gent à la base et des lignes également blanches ra3onnant vers la marge qui est munie de dents obtuses. Un groupe de ces plantes sera très apprécié. « Un clou de l'exposition était le groupe de nouvelles fougères arbores- centes au nombre de seize et comprenant les nouveautés suivantes sous les dénominations ci-après qui, probablement, sont provisoires : « Cijathea Mastersiana, plante d'un beau port, dont la tige après avoir acquis son complet développement ne dépassera guère 0'"G0 de hauteur, portant de gracieuses frondes de 1 mètre à 1"'30 de longueur, la base étant garnie de nombreuses épines; « ISHeniiteUa Lindeni est une plante réellement remarquable; la tige complètement développée n'a que 0"'05 de circonférence et la hauteur seule- ment 0™30. Les frondes de cette jolie plante sont posées bien solidement et forment un gracieux tableau; « IjAhojjJiila Marshalliana est une plante d'un port nain, à pinnules très crispées et gracieusement ondulées; les frondes sont d'un coloris sombre avec un reflet très distinct; (c Le Gyatheapygmaea a une tige de 0'"G0, les frondes étant d'un vert foncé, agréable, remarquable par l'absence de la teinte brillante qu'on voit d'ordi- naire chez les Gyalhea ; « Le Ccdadium adamantuium est une espèce péruvienne à feuillage vert, de forme hastée, marqué de lignes rose pâle. « Parmi ces plantes nouvelles, le Comité floral (jury) a choisi onze plantes auxquelles il a attribué à l'unanimité des certificats de première classe ainsi qu'une coupe en argent pour le groupe entier. » Voici comment ces résultats ont été mentionnés au procès-verbal : Coupes, prix, médailles, etc., attribués à des exposants par le Conseil de la Société : Coupe en argent à MM. Linden, à Bruxelles, pour leurs fougères arbores- centes, etc. Certificats de première classe à MM. Linden, à Bruxelles pour : Hemitelia jLm(/e«i (Rodigas), Cyathea Mastersiana, Cyathea pygiiu(ea, A'sopJilla Mars- halliana, Heliconia illustris rubricaidis, Bégonia plafanifolla décora (Serra de Amyores), Adiantum Claesianum, Maranta Massangearia fiorentina, M. M. metallica, M. M. atrcda et Miconia vesicaria. Km. K. 179 — PETITES NOTES DE CULTURE Coleus. — Les plantes de ce beau groupe dont les feuilles montrent aujour- d'hui les coloris les plus brillants et les plus variés, sont beaucoup eniplo3ées pour l'ornement temporaire des tables comme aussi pour la décoration des serres où la floraison a diminué. Les boutures du printemps servent surtout à ce dernier usage ; les plantes qui en sont provenues sont déjà trop grandes pour être utilisées autrement. Il faut donc continuer le bouturage en très petits godets, en préférant les boutures de tête; un sol très sablonneux leur va parfaitement. Le développement des feuilles est d'autant plus considérable qu'on aura employé du terreau plus riche. Nous recommandons d'arroser de temps en temps avec de l'engrais liquide. Cliveia. — Ceux qui possèdent un certain nombre de Gliveias en voient fleurir une grande partie de l'année. Cependant la floraison normale dans nos serres est le printemps. On peut actuellement rempoter les plantes se trouvant à l'étroit; on se borne à faire le surfacage des autres en enlevant la vieille terre jusque contre les racines. On emploie avec le plus de succès un mélange de terre fibreuse, de sable blanc, de charbon, de terre calcaire avec addition de quelques os concassés. Lapageria. — Fréquennnent les Lapageria ne se développent pas conune ils devraient le faire. Les plantes se refusent à toute culture. Un cori-espondant dtt Gardeners' Chronich attribue le fait à une sorte d'action galvanique pro- duite par le fil métallique auquel les pousses sont palissées, et le fait est constaté particulièrement quand on emploie du fer galvanisé, c'est-à-dire du fer zingué. Tant que l'enveloppe de zinc demeure intacte, tout est bien; mais lorsque le zinc est entamé par une cause quelconque, le gaz acide carbonique et l'humidité produisent une action galvanique et les plantes se trouvent facilement endommagées en ce qu'elles ont à subir l'influence d'un courant électrique en miniature. Acacia dealbata. — Cette espèce austi-alienne est une des plus belles qui aient été introduites dans nos serres. Ses bi-anches pendantes et ses fleui's d'or produisent un superbe effet et répandent une odeur suave. Les cultiva- teurs australiens obtiennent d'une façon assez cui-ieuse la floraison foi-cée de cet arbuste. Plusieurs semaines avant la floraison, dit le Gardeners CJirotiicie, les branches liées ensemble et placées dans de l'eau sont enveloppées dans des morceaux d'étoff'e tenus constamment humides par le seringuage ou par des plongeons successifs dans de l'eau à la température de 20 à 25 degrés centi- grades. Quand la fleur est épanouie, on la laisse sécher un petit temps et aloi's — 180 — les fleurs sont prêtes pour l'exportation. Si la floraison ne se produit pas au bout de cinq à six Jours, c'est que la ])lante n'est pas assez avancée. Latania borbonica. — M, Georges Truffaut, qui s'est occupé spéciale- ment de l'étude des propriétés physiques et chimiques du terreau de feuilles et de son utilisation dans la culture de plusieurs genres de végétaux, a examiné l'effet de ces terreaux dans la culture du Latania. Les hoi-ticulteurs des environs de Paris, dit-il, reçoivent chaque printemps, de jeunes Latanias provenant d'Algérie. Ces plantes sont placées, à leur arrivée, sur des couches chaudes, en pleine terre, dans du terreau de feuilles. Elles se développent rapidement et produisent en six mois une moyenne de trois feuilles. Huit plantes de Latania occupent environ un mètre de superficie. Le poids moyen des feuilles est de 45 grammes, celui des pétioles de 30 grammes. Dans l'analyse, chaque feuille donne 9 grammes de matières sèches, et chaque pétiole 6 grammes, ce qui correspond à 4 gr. 215 d'azote poui' huit plantes en six mois. Le total des matières minérales est dans le même temps de 41 gr. 904. La nitrification du terreau de feuilles assure et au delà les besoins du Latania. La terre de bruyère donne également assez d'azote nitrique. Il en est de même du phosphate de chaux, de la potasse, de la chaux et surtout de la silice. « En résumé, le Latania borbonica^ cultivé dans du terreau de feuilles, semble pouvoir se passer d'engrais. » Il est cependant hors de doute qu'en lui donnant des prin- cipes immédiatement assimilables on activera de beaucoup sa végétation. Dracaena. — La plupart des Dracaena peuvent servir à l'ornementation temporaire des salons ; on les trouve partout dans la moindre comme dans la plus riche jardinière. Néanmoins, au bout d'un certain temps, tous les exefli- plaires ont besoin, pour se refaire, de retourner à la serre. Souvent on a tort d'être avare d'un rempotage, sui'tout lorsque les plantes sont destinées exclusi- vement au jardin d'hiver ou à la serre même. Le terreau constituera la base du compost avec une certaine quantité de terre fibreuse ou terre de bruyère, un peu de terre de gazon et du sable blanc. Les Dracaena ierminalis, Dr. Baptisti et quelques autres Dracaena à larges feuilles feront toujours bon effet parmi les Dracaena elegantissima, superba, etc., à feuilles étroites. Choisya ternata. — Bien que cette plante fleurisse abondamment à bonne exposition, par exemple contre un mur au midi, on peut lui accorder une place dans la serre oti elle exige peu de soins et où elle fleurit tout l'hiver. Le sol qui lui convient sera un mélange de terreau et de sable. La plante ne demande aucun soin particulier. On la taille comme on veut et on la rempote tous les ans; à moins qu'on ne veuille se contenter d'un simple surfaçage. Après la floraison, elle est placée en plein air où elle continue à se développer régulièrement. R. d'Eelen. gme Série. TOME r ±2'^" Livraison. 30 .loin ]SÇ)4 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal iaternalional populaire de l'Horliculture DANS TOUTES SES BRANCHES |)iil)lié sous le palroiiiigc ilc J. Ll N DEN Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX EMILE RODIGAS Numéro nn mis sa ni le 15 (lu mois MAX GARNIER Numéro nariiissaiil le ôO du mois ReprolQction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSXRAXIOrV HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. sons^i5va:.A.ii^E Pages. Causerie horticole 181 Culture des Tomates pendant toiilp raiHiée . . 185 Renseignements et cultures 186 Nouvelles fraises anglaises 190 Du pincement 191 Plantes primées 194 Les roses de 1893 en Angleterre 105 Pngp?. TEXTE ET PLANCHE COLORIEE. PI. 12. Cinéraires 184 Fig. 36. Fraise « Royal Sovcreign » » 37. Fraise « Sensation « » 38. Fraise « Noble "... 190 190 191 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS P.VR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE LUNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Gand, iiiipr. Eug. Vaiulerliai-glieii . TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX ^ILLUSTRATION HORTICOL] ET LE JOLlRNAL DES ORCHIDÉES Les annonces paraissant à la fois dans L'IUustration Horticole et da Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse ê1 présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaîl leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chac deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. Le" circulation universelle augmente considérablement de jour en joi ]^« B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvel de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux ensemUe : Pour l'année entier Pour 1 insertion Pour 3 insRrtions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dansles 2 journ dansles 2 journ. dansles 2 journ, dans les 2 journ. Une page entière . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 600 Une demi-page .... . » 30 " 60 .. 100 ., 180 .' 300 Un tiers de page . . . . ). 25 » 45 » 80 „ 125 » 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 » 90 » 150 Un huitième de page . .) 12 » 25 » 40 » 70 » 125 Un seizième de page . . » 6 » 12 » 20 « 35 » 75 On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidéei 100^ rue Belliard, à Bruxelles, avant le S et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonntH à, l'un de ces journaux. 181 CAUSERIE HORTICOLE LES PROPRIÉTAIRES SONT MAL PAYÉS ET LES FERMIERS SE RUINENT! QUE FAIRE? 30 Juin 1894. Un hectare en prairie-verger, conditionné d'après nos indications, peut rapporter en moyenne de 1200 à 1500 fr. par an. Nous n'avançons pas ici un chiffre à la légère; les preuves en sont visibles et nombreuses dans les pays du Limbourg, de Namur, de la Hesbaye et du Hageland en Brabant. La fermière veuve Van der Eycken, à Woenroden, près de Montaigu, a vendu le produit de 83 arbres, et cela en sept récoltes seulement, pour la belle somme de 15,000 fr. Je dis quinze mille francs. Le contrôle en appartient à tous les intéressés. Ces 83 arbres fruitiers n'occupent pas même un hectare entier de terrain. Ensemencée depuis quelques années en prairie, cette terre fournit en même temps une riche pâture pour ses animaux de ferme. Donc double récolte (des fruits en haut, de l'herbe en bas), deux récoltes qui rapportent beaucoup et qui ne nécessitent pourtant pas ces nombreuses peines et dépenses, réclamées par les cultures ordinaires à base de céréales. Depuis, nous a dit la veuve Van der Eycken, beaucoup de fermiers voisins ont tenu à faire des vergers comme moi et c'est un bonheur pour la contrée; au lieu de croire que ces nouvelles plantations me feront concurrence, je constate au contraire qu'ensemble, nous centralisons mieux le commerce des fruits, en appelant les marchands sérieux dans notre pays et sur la place. Et, en effet, c'est « avoir Vatout dans son jeu » d'attirer sur place des négo- ciants habitués à opérer sur de larges bases. Dans un temps où la main d'œuvre à la campagne coûte fort cher, et où la culture ordinaire ne rapporte plus de bons bénéfices, n'y a-t-il pas un inmiense avantage à ensemencer des prairies riches en herbes fourragères, et à planter de bons vergers peuplés d'espèces d'élite, fertiles et de grand rapport ? Toutefois, soyons sur nos gardes ; les sérieux marchands de fruits ont raison de donner un conseil profitable à tous; ils disent que l'abondante ])roduction de fruits médiocres, en 1893, est une leçon pénible, mais juste, pour faire — 182 — comprendre à nos cultivateurs (qui ont toujours planté n'importe quelles espèces), que désormais il n'y a plus que les fruits qui plaisent à l'œil et au palais qui rapporteront toujours de hauts prix. Plus que jamais, donc, faut-il qu'à la place des espèces médiocres, insipides et sans valeur, nos cultivateurs ne plantent plus que des sortes d'arbres, à fruits d'élite (fertiles, de bonne saveur, de bel aspect, résistant au transport et ne se gâtant pas vite). Dans ces conditions (et mille exemples le prouvent) les prairies, garnies en bas de bonnes herbes et peuplées en haut de bons arbres fruitiers, offrent, sans contredit, le meilleur remède, pour atténuer les effets de la crise agricole. D'ailleurs, quels sont les domaines agricoles qui s'afferment le plus facile- ment et le plus avantageusement ? Quelles sont les fermes où les fermiers font des bénéfices sérieux et certains, tout en payant régulièrement leur fermage et tout en améliorant de plus en plus l'ensemble des terres de ces fermes? C'est incontestablement là où il y a beaucoup plus de prairies et vergers que de terres en labour; là on ne sent même pas les effets de la crise agricole. Au contraire, toutes les fermes où les prairies-vergers font défaut ou ne sont pas en proportion suffisante, occasionnent le malheur des fermiers qui s'en chargent. Et pourquoi? Parce que la culture ordinaire, à base de céréales, exige une main-d'œuvre coûteuse et pénible, un personnel nombreux et exercé à gages et à la journée, des chevaux ou bestiaux de labour en quantité, des harnais et des instruments de toutes sortes fort coûteux d'achat et d'entretien, des semences annuelles, etc., et tous les ans la même répétition de sacrifices, de dépenses et de travaux ardus qui, après tout, aboutissent à quoi?... à un résultat presque nul! Aussi les propriétaires sont mal payés et les fermiers s'y ruinent! Par contre les Prairies- Vergers, après une seule et sérieuse installation, ne réclament plus que de bien simples soins d'entretien, qui paient au centuple pendant une longue suite d'années, à condition bien entendu : 1° Qu'on crée ces herbages au moyen de semences pures et d'élite, appro- priées à la nature du terrain, bien préparé; 2° Qu'on peuple les vergers d'arbres fruitiers sains, vigoureux, en espèces fertiles, de rapport avantageux, de grande valeur commerciale, des espècTes de fruits qui plaisent aux yeux et au palais, et qu'on vend toujours à des prix élevés. Propriétaire et fermier, vous avez un profit égal, tous les deux, à bien vous entendre dans la création des Prairies-Vergers! Déjà beaucoup de propriétaires l'ont heureusement compris. Pour éviter que leurs fermiers ne changent continuellement de place et ne promènent leur misère de domaine en domaine, ils ont consenti à faire un bail sérieux à long terme. Dans ces — 183 — conditions, tout fermier honnête et solvable ne sera point tourmenté par l'angoisse du lendemain; il se considérera en quelque sorte comme maître et pourra sans crainte, par son travail, son talent et son attactiement, seconder le propriétaire dans les avances que celui-ci ne refusera jamais pour des amé- liorations de haute valeur et de bonne durée, faites à sa propriété, comme, par exemple, la création des Prairies- Vergers. Est-il possible de donner une plus belle réalisation à la célèbre formule de FouRiER : L'association du capital et du travail! G. Michiels. Aralia Sieboldi. — Ce bel arbuste ou petit arbre japonais réussit bien dans nos climats, écrit un correspondant du Gardeners' Clironide, et donne tous les ans en octobre et novembre ses grappes de fleurs blanchâtres, qui ornent élégamment les appartements, surtout associées aux bouquets de Pelargonium. Nous en avons plusieurs pieds, notamment un qui a 3'"30 de hauteur, 4'"80 de diamètre, et 14 mètres de circonférence à 2 mètres au-dessus du sol, et qui atteint sur une seule tige 50 centimètres de circonférence à la base; c'est probablement l'un des plus grands qu'il y ait en Europe pour le contour et la surface du feuillage. Tous les exemplaires ont produit une abondance de gracieuses baies pourpre foncé, renfermant chacune de 2 à 5 graines; c'est probablement le seul exemple de germination de cette plante en plein air dans nos climats. A la Riviera, des arbustes de taille moyenne donnaient des graines presque tous les ans, mais pour le volume des grappes de fleurs, ils étaient moins beaux. Il est intéressant de noter que l'année dernière, un pinson établit son nid et éleva ses petits sur l'une de ces plantes. La forme panachée se trouve dans le nombre; c'est un charmant petit arbuste, mais jusqu'ici il ne montre pas bien sa panachure. Une bouture enracinée, mise en place en février dernier et gardée sous veri*e pendant peu de temps, a produit distinctement les dessins blancs. Les personnes qui désirent cultiver ces belles plantes en plein air doivent, autant que possible, les abriter contre les vents froids, et leur donner un compost de bonne terre de bruyère, de terreau de feuilles et de fumier, avec un bon drainage, car elles réclament beaucoup d'eau pendant la végétation. Les boutures prises à la base des plantes s'enracinent facilement au début du printemps avec un peu de chaleur de fond. On peut aussi reproduire les plantes de semis ; on obtient des graines chez la plupart des cultivateurs. iVL G. 184 PI. XII CINÉRAIRES La planche ci-contre montre groupées un certain nombre de variétés de Cinéraires, remarquables par leur grandeur, la parfaite régularité de leur forme, et la beauté de leur coloris. Les Cinéraires sont des plantes extrêmement utiles pour l'ornementation des appartements et des jardins, où elles peuvent passer toute la belle saison ; elles doivent être rentrées uniquement à l'approche des premières gelées, qu'elles ne sauraient supporter. Leur feuillage est très élégant, leur port est beau et d'une hauteur moyenne. Leurs fleurs, très abondantes, sont de longue durée et se succèdent depuis février jusqu'en mai, juin et même juillet. Le coloris de ces fleurs est d'une diversité, et parfois d'une intensité remar- quable. Il va du bleu indigo au rouge pourpre foncé et au blanc en passant par toutes les nuances intermédiaires, violet foncé, violet clair, lilas, mauve, lilas très pâle, bleu de ciel, carmin plus ou moins vif, etc. Dans certaines formes, la plus grande partie des fleurons est blanche, et bordée seulement à l'extérieur par une zûne colorée plus ou moins éclatante, ce qui produit un charmant contraste. Les semis de Cinéraires s'effectuent au mois de juin ou juillet; on repique les jeunes plantes en godets que l'on place près du vitrage. On donne des pots de plus en plus grands, deux ou trois fois, selon le besoin, jusqu'au printemps. Les Cinéraires craignent l'excès d'humidité, et doivent recevoir un bon drainage. Max Garnier. Il existe à Modwena House, Burton-on-Trent, une Clématite qui recouvre deux faces de l'habitation, mesurant près de 24 mètres de longueur sur i)lus de 9 mètres de hauteur. Cette Clématite se compose de cinq tiges, dont chacune mesure environ Gl centimètres de diamètre à 00 centimètres de hauteur au-dessus du sol. On suppose qu'elle doit avoir été plantée il y a plus de cent ans. 5 185 CULTURE DES TOMATES PENDANT TOUTE L'ANNÉE Lorsque l'on veut cultiver des Tomates sous verre, et en produire au début du printemps ou pendant l'hiver, je ne crois pas qu'il y ait une race qui vaille VOrangefield. Elle pousse rapidement et donne une abondance de fruits, même en hiver, et lorsqu'il y a très peu de soleil. Elle est de taille naine, et dépasse rarement une hauteur de 75 à 90 centimètres, de sorte qu'elle convient parfaite- ment pour la culture en pot, spécialement dans les serres où l'on cultive aussi d'autres plantes. Dans un pot de 25 à 30 centimètres, une plante produit une moyenne de trente fruits de bonne grosseur, qui mûrissent toujours bien et ont une saveur excellente, quoique produits à l'aide de la chaleur artificielle. Quand on veut avoir des Tomates toute l'année, on doit semer quatre fois par an et disposer d'assez d'espace pour pouvoir mettre un assez grand nombre de pots. J'ai vu cultiver beaucoup de plantes dans des pots de 25 centimètres, dans une serre de Pêchers munie d'un gradin des deux côtés du sentier ; dans cette serre on obtenait une abondante récolte au printemps et au commencement de l'été. Les graines étaient semées au commencement de février, trois graines dans un pot de 7 à 8 centimètres ; les pots étaient ensuite placés dans une serre à concombres, oti la germination s'effectuait rapidement ; le repiquage s'opérait dans des pots de la même grandeur, mais avec un compost plus substantiel, formé de bonne terre franche mélangée de terreau de feuilles, et d'un peu de sable. Les pots étaient replacés ensuite dans la même serre jusqu'à ce qu'ils fussent complètement remplis par les racines, puis on donnait des pots de grandeur double et un peu d'engrais. Lorsque les nouveaux pots étaient remplis à leur tour, un dernier rempotage était opéré, dans de la terre franche mélangée de fumier de couche, et arrosée d'engrais avant le rempotage. Les plantes étaient alors transportées dans leur serre définitive, où elles poussaient activement et mûrissaient parfaitement leurs fruits, malgré l'ombre produite par les feuilles des Pêchers. Peu de temps après le rempotage, il convient de tuteurer les Tomates ; on prend des tuteurs de 1 mètre à 1™20 de hauteur, on en place un dans chaque pot, et l'on y fixe les plantes par des ligatures lâches. Dès que les fruits com- mencent à se colorer, on arrose d'engrais animal, engrais d'étable ou de chevaux. Il n'est pas bon de recourir trop tôt à cet engrais, car les plantes produisent alors beaucoup de feuilles, aux dépens des fruits. En faisant les semis au commencement de février, on récolte les premiers fruits à la fin d'avril; on en aurait même plus tôt en chauffant davantage. On — 186 — peut tenir en réserve de jeunes plantes pour succéder aux premières quand celles-ci sont épuisées. Lorsqu'on a une serre spéciale pour la culture des Tomates, on [)cut planter des variétés robustes que l'on palisse le long du vitrage, tout en cultivant en pots, en dessous, une série de plantes — 191 — Cette remarquable acquisition est due à MM. Laxton, de Bedford, qui ont eu l'obligeance de nous communiquer le cliché ci-contre. Fraise « Sensation. » — Cette variété, qui provient également de l'établis- sement de MM. Laxton, est un peu moins hâtive que la précédente. Elle a les fruits remarquablement gros, presque arrondis, d'un beau rouge vif, à chair rouge, et d'une excellente saveur. Elle se prêtera bien au forçage. Elle a reçu un certificat de 1''® classe à l'Exposition d'horticulture et des forêts, à Londres, en mai 1893. Fraise « Noble. » — C'est encore une des brillantes acquisitions de MM. Lax- ton. Elle est remarquable par sa préco- cité, ainsi que par la grandeur et la beauté de ses fruits. Elle est également très fructifère. Cette variété date déjà de plusieurs années ; elle a donc pu faire ses preuves, et conquérir la haute estime dans laquelle elle est tenue, non seulement en Angleterre, mais déjà sur le continent. Fig. 38. — Frai.'ic « Xuble. » DU PINCEMENT LE GRAND REGULATEUR DE LA VEGETATION CHEZ LES ARBRES FRUITIERS C'était à peu près en cette saison qu'il y a quelques années feu Désiré BuissERET, l'adroit et spirituel auteur des « Conférences sur la culture et la taille des arbres fruitiers, » vint nous honorer de sa visite, loi'squ'il me trouva précisément occupé à pratiquer le pincement des bourgeons sur les arbres de nos pépinières. « A la bonne heure ! me dit-il, avec sa bonhomie bien connue, il n'y a pas de plus grand régulateur de la végétation que le pincement. Vous faites bien d'en user de la sorte ! » C'est bien aussi mon avis, maître, lui dis-je, et notre conversation continuait alors à rouler pendant tout un temps sur la manière de pratiquer le pincement — 192 — chez les différentes essences fruitières et sur les importants résultats que nous en obtenons dans nos cultures. Voici, en somme, les princijjaux traits de notre conversation. Que nos lecteurs en i)rofitent, puisque c'est le moment de pincer leurs arbres fruitiers. Un ai'bi'e fruitier soumis à n'importe quelle forme ne peut se composer que de deux soi'tes de branches seulement : 1° les branches charpentières, 2° les productions fruitières. Voyons d'abord les branches charpentières; comment faut-il les pincer? Bien des personnes se contentent de les tailler en hiver et les abandonnent ensuite à Dame Nature; aussi, le plus souvent le prolongement de ces branches charpentières s'allonge outre mesure et elles se dégarnissent beaucoup trop en bas. A ce point de vue, et généralement, je conseille de pratiquer le pincement : il suffît de pincer, d'enlever le sommet herbacé des bourgeons (destinés à prolonger la charpente de chaque branche) aussitôt qu'ils ont atteint de vingt à trente centimètres de longueur. C'est simple comme bonjour, et l'opération se fait avec les ongles ou avec la pointe d'une serpette. C'est par le pincement que nous pratiquons sur nos arbres de pépinière durant les mois de mai, juin et juillet, que nous complétons et corrigeons si heureusement notre taille d'hiver précédente ; car, j'ose le dire, la taille d'hiver — fùt-elle faite par l'arboriculteur le plus adroit du monde — aura toujours ce défaut de faire naître des branches de force irrégulière. Non, ce n'est pas par la seule taille d'hiver qu'on formera ces belles pyramides, ces belles palmettes, ces jolies hautes tiges, ces magnifiques cordons et candélabres; c'est par le pincement surtout qu'on procure à chaque branche la juste force et forme qu'elle doit avoir selon sa position sur l'arbre. J'ose même affirmer que sans taille d'hiver aucune, je ferai de belles formes de pyramides, palmettes, hautes tiges et autres, rien qu'au moyen de pince- ments répétés. J'ai obtenu de cette manière de véritables modèles d'arbres fruitiers, et cela encore dans les variétés qui s'y prêtent le plus difficilement. J'ose affirmer, par contre, qu'au moyen de la taille seule on ne parviendrait pas à les dresser et à les former si régulièrement. Le pincement est donc une arme puissante, et j'approuve complètement mon regretté et excellent confrère M. Désiré Buisseret, qui me disait : « Le pince- ment est le plus grand régulateur de la végétation, tant pour former les arbres que pour les mettre à fruits. » Voilà pour la formation des branches charpentières, par le pincement chez nos poiriers, pommiers, pêchers, cerisiers, abricotiers et pruniers. Les branches charpentières de toutes ces espèces doivent être vigoureuses et bien — 193 — constituées en proportion de la place que chacune d'elles occupe sur l'arbre : longues en bas, généralement, et courtes en haut; et c'est précisément contraire de ce que veut la nature. J'ai démontré dans les lignes précédentes combien le pincement est une pratique puissante pour bien dresser nos arbres fruitiers. J'ai même osé affirmer que je suis parvenu à faire des formes modèles de pyramides, de palmettes de hautes tiges ou autres, rien qu'au moyen du simple pincement que je pratique consécutivement, au fur et à mesure du besoin, durant les mois de mai, juin et juillet. Lors d'une conférence que j'ai donnée récemment à la Société Royale de Botanique et d'Agriculture, à Louvain, j'ai montré de véritables modèles d'arbres fruitiers, dressés et formés, sans le secours d'aucune taille, d'aucun coup de serpette, rien qu'avec les ongles, c'est-à-dire rien qu'en enlevant le bout herbacé des bourgeons dès qu'ils ont acquis le degré de force dont ils ont besoin selon leur destination. Ces beaux arbres, formés rien que par le pincement lau lieu de les former au moyen delà taille comme cela se pratique encore le plus ordinairement), n'ont pas manqué d'éveiller la curiosité de mes auditeurs, qui étaient de mon avis lorsque je leur disais que je défie le plus adroit tailleur d'arbres fruitiers, qui se contenterait tout purement de la taille, de présenter des arbres aussi bien faits et aussi bien équihbrés. Toutefois, je dois bien déclarer que dans nos pépinières, nous nous servons de préférence des deux armes : d'abord une taille raisonnée en hiver, puis un pincement répété, durant l'été, qui corrige et perfectionne la taille précédente. Voilà donc pour ce qui concerne la formation de la charpente des arbres. Voyons cette fois comment nous pratiquons le pincement en vue de former de bonnes productions fruitières. Pincement des productions fruitières chez les poiriers et les pommiers des jardins. — J'ai toujours vu que les meilleures productions fruitières chez les pommiers et les poiriers sont celles qui ont environ 12 à 15 centimètres de longueur. Dans ces conditions, elles sont courtes, solides et capables de nourrir de beaux fruits en abondance. Il importe donc de veiller à ce que tous les bourgeons qui voudraient dépasser la longueur d'une quinzaine de centimètres, soient pinces (l'extrémité herbacée seulement). Par le fait, on ari'ète la sève au profit des fruits et des boutons de la base appelés à fructifier à leur tour. Pincement chez les pruniers^ les cerisiers, les abricotiers. — Ici encore, dès que leurs productions fruitières auront atteint environ 20 centimètres, on les réduira à une douzaine de centimètres de longueur, et pour le même motif; sans cela les productions fruitières se dégarnissent à leur base et ne portent du fruit qu'à leurs extrémités trop éloignées de leur insertion. — 194 — Pour ce qui concerne les productions fruitières chez la vigne et le pêcher, il importe aussi de les pincer, et dans le même but; mais ces deux essences nécessitent des explications un peu plus étendues. Cela fera l'objet d'une prochaine causerie. Gustave Michiels, Arboriculteur diplômé, à Montaigu. PLANTES PRIMEES Pelargonium Mrs. J. "Wright. — Très belle variété, d'un port robuste et compact. Les fleurs, produites en élégants bouquets bien touffus, sont larges et bien colorées, d'un rose vif, avec une étroite bordure blanche sur les pétales, et des macules cramoisi-marron à la base des pétales supérieurs. Exposé par M. H. J. Jones, de Hither Green, Lewisham, ce Pelargonium a obtenu un Certificat de mérite au dernier meeting de Londres. Fuchsia Princess May. — Sépales presque blancs, mais lavés de rose pâle; pétales rouge carminé vif. Certificat de mérite à Londres, où il était exposé par MM. Gannell. * Bégonia King of Italy. — Variété double, à fleurs grandes et bien pleines, d'un rouge écarlate, avec les pétales ondulés. Certificat de 1'*^ classe au Palais de Cristal. Bégonia Queen of Denmark. — Fleurs simples, grandes, et parfaitement orbiculaires; les pétales, d'une belle largeur, ont les bords ondulés, et sont d'un beau rose uniforme. Certificat de 1'® classe au Palais de Cristal. Bégonia Empress Frederick. — Variété double, à pétales plats rose vif, gracieusement disposés autour d'un centre unique, et offrant l'aspect d'une rose. Certificat de l''^ classe au Palais de Cristal. Œillet Uriah Pike. — Les tiges florales atteignent une hauteur de près d'un mètre, et la plante elle-même foi-me des touff'es de 30 à 45 centimètres de haut. Les fleurs, très parfumées, sont d'un rouge cramoisi foncé, tirant sur le marron. Elles sont très abondantes. Cette nouvelle variété promet beaucoup. r — 195 — Phlox Canadensis. — Cette charmante plante vivace rustique, qui atteint une auteur de 30 centimètres environ, produit une profusion de fleurs bleu azuré foncé. Exposée au Palais de cristal par M. T. S. Ware, elle a obtenu un Certificat de 1'"'^ classe. Lilas Souvenir de Louis Spath. — Exposé récemment à Londres, et récompensé d'un certificat de l""® classe. Ce lilas produit de très grandes et massives grappes de fleurs lilas pourpré foncé; les boutons sont d'un coloris encore plus sombre. Chaque fleur est grande et très parfumée. C'est, paraît-il, le coloris le plus intense qui ait paru jusqu'ici, et la forme la plus distincte. Gloxinia Ladas. — Les fleurs de cette espèce, écrit le Garden, sont grandes, bien disposées sur une tige trapue, et très richement colorées ; elles sont presque entièrement recouvertes de taches cramoisi foncé, laissant une bande claire blanche. C'est un des Gloxinia les mieux tachés que nous ayons vus. Certificat de mérite à Londres le 12 juin (MM. Cannell, de Swanley). Pivoine Mrs. Manning;. — Superbe variété double, d'une très belle forme et du coloris cramoisi le plus intense. Certificat de mérite à Londres le 12 juin (MM. Kelway, Langport). Pyrethrum Alfred Henderson. — Belle forme double, d'un rose très foncé. Certificat de mérite à Londres le 12 juin (MM. Kelway). Pélargonium Duke of Fife. — Très belle variété, d'un bon port, florifère à fleurs d'un rose vif, bordées de blanc et à centre blanc. Certificat de mérite à Londres le 12 juin (MM. Jones, Lewisham). Œillet Duchess of Fife. — Grandes fleurs pleines, d'un rose tendre très doux. Certificat de mérite à Londres le 12 juin (M. T. S. Ware). LES ROSES DE 1893 EN ANGLETERRE En parcourant la liste des variétés qui ont reçu des médailles en 1893, on peut relever quelques points intéressants. Au premier rang, nous trouvons cette superbe variété, Mrs. Joint Lahuj, tenant la tète avec sept médailles, — 19G — Maréchal Niel ensuite avec cinq, Horace Vernet avec quatre, puis Madame Hoste, A. K. Williams^ et Souvenir d'Elise Vardon avec trois chacune. The Bride, Ulrich Branner, Prince Arthur, Comtesse de Nadaillac et Charles Lefehvre, ont reçu chacune deux médailles ; une seule a été décernée à chacune des suivantes : Cleopatra, Ernest Metz, Madame Ciisin, Marie Badi/, Dupuij Jamain, Alfred. Colomb, Pierre Nottiny, Madame Margottin, Gabrielle Luizet, Madame Charles Crapelet, Emilie Hausherg , Madame V. Verdier, La France et Comtesse d'Oxford. Si nous exceptons Horace Vernet, toutes les Roses qui ont reçu deux distinctions ou plus sont des variétés dignes de confiance. En même temps, nous sommes heureux de rencontrer dans cette liste quelques variétés anciennes ou peu connues qui se sont montrées les meilleures de leurs classes respectives à certaines expositions. Prenons par exemple Emilie Hausherg et Madame Margottin; on les voit rarement dans les expositions, quoique la première soit parfaite à tous les points de vue comme fleur, mais elle est de culture difficile et chétive. Catherine Mermet n'a pas obtenu une seule fois le premier rang, mais sa variété blanche {The Bride) a remporté deux succès. D'autres bonnes Roses-Thé qu'on aurait pu s'attendre à trouver sur la liste sont Anna Olivier, Innocente Pirola, Niphetos et Marie Van Hoiitte. Dans le groupe des hybrides perpétuels, il est étonnant de voir manquer Marie Baumann, Gustave Piganeau, Camille Bernardin et quelques autres, et de trouver Pierre Notting, Emilie Hausherg, John Bright et Madame Charles Crapjelet sur le même rang que La France et Alfred Colomb. Mais il ne faut pas oublier que dans bien des cas, il y avait peu de roses exposées. Les roses qui ont obtenu des médailles d'or en 1893 sont Marchioness of Londonderry, de A. Dickson et fils, et Mrs. Sharman Crawford, ainsi que la nouvelle Rose grimpante Crimson Eambler. En parcourant la liste des Roses qui obtinrent des médailles d'or — lesquelles, il est bon de le rappeler, ne sont données qu'aux nouveaux hybrides ou aux sports distincts, nous voyons que la célèbre firme irlandaise en a cinq sur douze, à savoir : Margaret Dickson, Marchioness of Dufferin, Mrs. W. J. Grant (aujourd'hui répandue dans le commerce sous le nom de Belle Siebrecht) et les deux que nous venons de nommer. Feu M. H. Rennett en a deux, Her Majesty et Mrs. John Laing; MM. Mack et fils, avec Sir Bowland Hill; M. Prince, avec Souvenir de S. A. Prince (synonyme The Queen); MM. G. Paul et fils, avec Mrs. Paul, et MM. \V. Paul et fils, avec Salamander, complètent la liste. t {GarJmiers' Chrunicle.) gme Série. TOME F^ 13"^° Livraison. 15 Juillet 1894 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal internalional populaire de rHorticullure DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. Ll N DEN Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEUES PRINCIPAUX : EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le ôO du mois I Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILHJSXRAXIOIV HORXICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les sig-nataires des articles en assument seuls la responsabilité. &(D1s/li^^a.t:ei:e: Clii'onique horticole 197 Plantes nouvelles oU recommandables. . . . 202 Les Oi'chiflées exotiques et leur cullui-e en Europe, par Lucien Linden 20.5 Oncidium Kranierianum 206 Les Heurs aux funérailles du président Carnol . 208 Moyen d'arroser les plantes en pots suspendues au vitrage 209 Petites notes de culture 210 TEXTE ET PL.VNCHE COLORIEE. Pages. PI. 13. Bcrtolonia guttala Hook. var. Alfred Bleu 201 Fig. 39. Oncidium Kranierianuni » 40. Moyen d'arroser les plantes en pots pendues au vitrage 207 209 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE LUNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Gand, impr. Eug. Vanderliaegbeii. TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX ^ILLUSTRATION HORTICOLI ET LE JOLUiNAL DES ORCHIDÉES Les annonces paraissant à la fois clans L^Illustration Horticole et dai Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse êti présenté aux ^producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaît; leurs i3roduits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chaci deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture. Lei circulation universelle augmente considérablement de jour en jou I^. B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture li assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvellj de serre. Prix des annonces ians les 2 journaux ensemble : Pour l'année entièr< Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. tlansles 2 journ dansles2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 joura. Une page entière . . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... » 30 » 60 » 100 -> 180 „ 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 „ 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 » 70 » 110 „ 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 » 90 » 150 Un huitième de page . » 12 » 25 » 40 » 70 » 125 Un seizième de page . » 6 » 12 » 20 « 35 » 75 On est prié de faire parvenir les annonces aux bureaux de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidée 100^ 7me Belliard, à Bruxelles, avant le S et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnes à l'un de ces journaux. 197 — CHRONIQUE HORTICOLE 15 Juillet 1894. Visites prineières. — L'établissement de L'Horticulture Internatio- nale a reçu, le 26 et le 28 mai dernier, les visites de LL. AA. RR. le prince héritier et la princesse héritière de Roumanie, le prince et la princesse Guillaume de Hohenzollern, la princesse douairière de Hohenzollern, la princesse Frédéric de Hohenzollern, le prince Frédéric Léopold, de Prusse, présents à Bruxelles à l'occasion du mariage de la princesse Joséphine de Belgique. Les visiteurs princiers ont exprimé à plusieurs l'eprises le plaisir qu'ils ont éprouvé en parcourant les diverses serres de l'établissement. Ils ont féhcité la direction au sujet de la tenue, de l'élégance et de la propreté de celui-ci. Forêt de cèdres. — Au château de Stein, près de Nurenberg, il existe une forêt de cèdres unique en Europe, couvrant un espace de six hectares environ et appartenant à M. Faber, le célèbre fabricant de crayons. Le bois de cèdre est indispensable pour cette fabrication. Seulement, comme le fait remarquer le Gardeners' Chronicle, l'arbre qui compose cette forêt n'est pas un cèdre dans le vrai sens du mot, mais un genévrier, le Jimiperus virglniana. Fumigation dans les serres. — Le journal Le Jardinier Suisse rappelle qu'en Angleterre (et nous ajouterons en Belgique), au lieu d'employer direc- tement le tabac en fumigation dans les serres, on fait, au moyen des eûtes, une décoction dans laquelle on laisse tremper du papier d'emballage grossier et assez épais que l'on met sécher ensuite. Quand il s'agit de fumiguer, on fait brûler les feuilles de papier sur un petit brasier. Les feuilles se consument lentement sans flamber et dégagent beaucoup de fumée. On a eu soin de ne pas mouiller les plantes pendant la journée et on opère le soir en tenant la serre bien fermée. * ♦ Widdringtonia Whytei. — Cette espèce de conifère a été introduite au moyen de graines envoyées aux jardins de Kew en 1893 du Mont Milanji, Niassaland (Afrique). Le genre Widdringtonia ne compte que fort peu — 108 — d'espèces; celle qui nous occupe a été dédiée à M. "Whyte qui a exploré la région de Milanji en 1891. Les cyprès sont le caractère principal de la bota- nique du plateau ; la forêt la plus étendue se trouve dans la vallée de Lutslienya. Un des arbres mesurait 50 mètres de hauteur et l'"50 de diamètre, à 2 mètres au-dessus du sol. Les feuilles rappellent celles des Juniperus; le bois est d'une couleur blanc rougeâtre, d'excellente qualité. » * Toujours Chicago. — La célèbre cité américaine veut continuer à se distinguer par des choses étranges. Maintenant, suivant le Florists' Exchange, il s'agit de construire une statue florale de 7 mètres de haut en l'honneur d'un citoyen décédé. Le chapeau aura un mètre de diamètre. La redingote sera à la mode de celle du prince Albert (?) ; la main droite sera posée sur la redin- gote, la main gauche tiendra un rouleau de parchemin. La carcasse de la statue sera en fil de fer et le tout entièrement recouvert de plantes vivantes dont les branches seront palissées dans tous les sens. Prix des Orchidées. — La vente des Orchidées délaissées par le célèbre amateur anglais M. Georges Hardy a montré une fois de plus que les espèces et variétés d'élite réalisent constamment des prix considérables. Il a été vendu 520 numéros; la vente a duré deux jours et a produit environ 75,000 francs. Nous lisons dans le Journal des Orchidées (5'"^ année, p. 101) qu'un spécimen de Cattteya Mossiae Rardyana, superbe plante ayant cinquante pseudobulbes, a été cédé pour 4,330 francs; un Cattleya Mendeli var, Quorn Hoiise, pour 3,937 francs; un Laelia jmrpurata Hardyana, ayant soixante pseudobulbes, pour 3,412 francs (cette plante avait été vendue il y a deux ans par L'Horti- culture Internationale de Bruxelles au prix de 750 francs); une belle plante de Cattteya Skinneri alha, 4,200 francs. On voit que les Orchidées sont loin de baisser de valeur. Manguier en Floride. — La culture du Manguier a été importée, non sans succès, dans la partie méridionale de la Floride. Cet arbre, Mangifera indica, de la famille des Anacardiacées, est originaire de l'Asie méridionale et ses fruits sont délicieux. Il est cultivé aux Antilles, et il est pour ainsi dire naturalisé à la Jamaïque. Balcons fleuris. — Nous avons déjà fait connaître aux lecteurs de L'Illustration Horticole l'initiative prise par M. Buls, bourgmestre de Bruxelles, pour engager les habitants de la capitale à décorer les balcons et les fenêtres de leurs demeures. Les journaux bruxellois ont annoncé que le — 199 — Comité de Bruxelles-Attractions a organisé pour 1894 des concours pour les façades fleuries, les balcons fleuris, les fenêtres fleuries. Pour les deux premières catégories, les prix consisteront en œuvres d'art; pour la troisième, il y aura, outre les médailles, des primes en argent et, pour les quartiers populaires, des livrets de la caisse d'épargne. Pivoines herbacées de Chine à fleurs doubles. — L'IUusf ration Horticole a donné en 1892, p. 44, une liste de quelques nouveautés de ces remarquables fleurs. Dans le même volume on a fait ressortir, p. 50, la facilité de culture de ces plantes. L'établissement E. H. Krelage et fils, de Haarlem, qui possède la collection la plus complète qui existe des variétés connues de Paeonia sinensis ou alhiflora, a bien voulu envoyer à la rédaction de L'Illus- tration Horticole, un choix de fleurs coupées de ces variétés. Ces fleurs étaient splendides et dignes de figurer à une riche exposition et il n'est pas étonnant que le Jury du meeting d'Amsterdam a décerné une haute récompense à un lot semblable. Les variétés présentent toutes les nuances des plus brillants coloris : crème avec taches carmin, rouge sang velouté noir, amarante vif, rose carminé, rose nuancé lilas, hlas rosé avec centre chamois, blanc pur avec centre maculé pourpre, rose saumoné, rose chair nuancé soufre, blanc pur à centre bordé carmin, rose avec centre jaune d'or et huppe rose vif, etc.; elles sont, en outre, un élément précieux pour la confection des bouquets. Leucadendron argenteum Rob. Br. — Ce petit arbre, de la famille des Protéacées, dont le Jardin botanique de Gand possédait naguère une série de représentants, est très répandu dans la région du Cap de Bonne Espérance. Sur les versants de la montagne de La Table, ce Leucadendron vit en société et ses groupes y produisent un superbe effet. Un correspondant du Gardeners' Chronicle raconte que les rameaux de cet arbre sont vendus couramment dans la ville du Cap à chaque arrivage des steamers et que les passagers en font grand cas, comme les voyageurs dans les Alpes aiment à emporter do l'Edelweiss. Il craint de voir l'espèce décimée et il pense qu'il serait utile de faire des démarches afin d'en prévenir la destruction. État de l'horticulture en Néerlande. — Notre confrère Sempervirens cite quelques données du Rapport officiel sur l'agriculture dont 25 pages sont consacrées à l'horticulture. Les établissements horticoles occupaient en 1891 1313 hect. 43; les cultures de plantes bulbeuses 1178 hect. 44; les cultures des particuliers, jardins et vergers, avaient une étendue de 28,925 hect. ; les vergers de vente, 19,402 hect. ; les pépinières, 1C03 hect. 09. — 200 — Fleurs et feuilles en fer. — Les journaux horticoles d'Angleterre parlent avec éloge de feuillages en fer battu dignes des temps antiques. Bien des fois, chez les peuples de même origine et parvenus à un égal degré de civilisation, on constate les mêmes progrès. A l'exposition florale qui a eu lieu à Gand à la Société Guillaume Tell, le 29 avril dernier, les visiteurs ont beaucoup remarqué un lot de fleurs et de feuillages exposé par M. De Schepper, professeur à l'École professionnelle de Gand. C'étaient des fleurs en fer forgé, plus spécialement des roses, façonnées avec un art exquis et dont la grâce égalait la légèreté. Monument à J. M. Hildebrandt. — Un monument funéraire a été inauguré récemment à Johann Maria Hildebrandt, le botaniste voyageur qui naquit à Dusseldorf en 1847 et qui mourut à Tananarive (Madagascar) le 29 mai 1881. Hildebrandt fit trois voyages sur la côte orientale de l'Afrique et à Madagascar. Il est probable que le voyageur fut empoisonné par les indigènes. Son corps repose au cimetière de Tananarive; une inscrip- tion est gravée sur le modeste monument surmonté d'une colonne brisée et placé à l'ombre d'un grand Eucalyptus. Commission de pathologie végétale. — Dans son assemblée du 6 mai dernier, la Société royale botanique de Belgique a constitué, dans son sein, une commission chargée d'étudier les maladies qui attaquent nos plantes. Cette commission a son siège au Jardin botanique de l'État à Bruxelles. En créant cette commission, la Sociétés a pour but de fournir aux cultivateurs, aux horticulteurs, aux sylviculteurs, les renseignements que la science possède pour combattre les maladies et les insectes qui attaquent les végétaux. Cette commission se met à la disposition du public et recevra les échantillons de plantes, feuilles, fragments de feuilles, écorces, fleurs, fruits, fragments de tubercules, de bulbes, de racines, qui pourront être expédiés comme échan- tillons sans valeur (5 centimes par 100 grammes), dans les dimensions régle- mentaires. Les envois devront être faits à MM. Marchal et Nypels, au Jardin botanique de l'État, à Bruxelles. Espèces du monde végétal. — Au Congrès de botanique qui a eu lieu à Gênes l'an dernier, le professeur Saccardo a évalué à 173,706 le nombre des espèces de plantes actuellement connues. Ce sont : phanérogames, 105,231 ; fougères, 2,819; autres cryptogames vasculaires, 565; mousses, 4,609; hépatiques, 3,041; hchens, 5,600; champignons, 39,603; algues, 12,178. M. Saccardo pense que probablement le nombre total des espèces de cham- pignons existant dans la nature s'élèverait à 250,000 et celui de toutes les autres plantes à 135,000. Emile Rodigas. 201 PI. XIII BERTOLOMA GUTTATA hook. var. ALFRED RLEU Le nom d'hybride, afin d'éviter toute confusion, doit être réservé aux pro- duits du croisement de deux espèces du même genre ou de genres différents, assez rapprochés. Les résultats obtenus par la fécondation artificielle de deux variétés, quelle que puisse être leur différence au point de vue jardinique ou hor- ticole, doivent prendre le nom de métis ou simplement de variétés. Considérées à ce point de vue seulement, les ravissantes obtentions itératives de M. Alfred Bleu, dans le genre Bertolonia, sont des variétés et nullement des hybrides. Ses premiers types furent le produit de la fécondation artificielle du Bertolonia Van Houttei et du Bertolonia roseo-punctatissima qui sont tous deux, sous le rapport botanique, des formes distinguées du Bertolonia cjuttata. Une douzaine de variétés, les unes plus remarquables que les autres, figurèrent en 1888 à l'exposition quinquennale du Casino de Gand et y rencontrèrent le plus brillant succès. La plante qui nous occupe aujourd'hui et qui rappelle le nom de son obtenteur, fait suite aux produits de la même provenance. M. Alfred Bleu nous écrit qu'elle est une simple variation se distinguant surtout par la richesse de coloris des nervures et des ponctuations dont le rouge aniline est fortement réchauffé de carmin. La planche de V Illustration reproduit avec fidélité cette riche coloration. Nous pouvons ajouter que, pour la vigueur et le port, ce superbe gain ne laisse rien à désirer. L Illustration Horticole de 1891 a publié, pp. 59 et 61, deux ravissantes variétés appartenant à la première série des gains de M. Alfred Bleu, les Bertolonia 3/™® Léon Saij et Baron Adolphe de Rothscliild. En jetant un coup d'œil sur notre planche, on sera convaincu de ce que la nature n'avait pas dit son dernier mot quand parurent les premières nouveautés d'il y a une dizaine d'années ; celles qui suivent actuellement ne sont pas moins admirables et elles ont droit à l'accueil le plus chaleureux. Quant à la culture de ces Mélastomacées, nous ne pouvons que répéter qu'elle n'est pas aussi difficile qu'on voudrait le faire croire. Ces plantes croissent de préférence dans du terreau de feuilles ot du sable, leur place est — 202 — en serre chaude, à l'abri des rayons directs du soleil. L'air de la serre doit être humide, mais on doit éviter de mouiller les feuilles. Ce que nous avons à redire, c'est qu'elles n'ont pas du tout besoin d'être tenues sous double vitrage, ni sous des cloches, ainsi qu'on les montre aux expositions, où cette couverture est le plus souvent indispensable parce que l'air y est généralement aride et que fréquemment il y règne des courants d'air. Ém. Rodigas. PLANTES NOUVELLES OU RECOM MANDABLES Phœnix canariensis iiel tenuis. — Il y a quelque trente ans, le Phœnix des Canaries fit son apparition sous le nom de Phœnix tenuis, sous lequel il fut répandu dans les jardins de l'Europe par l'horticulture gantoise. Mainte- nant on en voit des centaines d'exemplaires dan? les jardins et les rues de Cannes où leur développement est remarquablement rapide. Des exemplaires d'une dizaine d'années, non seulement donnent des frondes superbes mais fleurissent et fructifient abondamment donnant des fruits d'un beau jaune. Ce Phœnix est probablement l'espèce qui résiste le mieux en plein air. Aloe heteracantha. — Cette espèce, une des plus remarquables du genre est répandue dans beaucoup de collections. Un exemplaire a fleuri pour la première fois à Kew cette année, ce qui a permis à M. J. G. Baker de décrire la plante. Elle a le port de VAloe vera {barbadensis). La tige a environ 0"^30 sous la rosette de feuilles. Les feuilles, au nombre d'une trentaine, forment une rosette compacte ; elles sont lancéolées, toutes ascendantes, ayant 0"'30 de long et 0"'05 de large à la base ; elles sont glauques et munies sur les bords de nombreux aiguillons, petits, irréguliers, deltoïdes, verts. Le pédoncule, y compris les racèmes, a 0"'60 de long, il est très solide et profondément fourchu. Les racèmes sont comi)acts, long de 0'"15 à 0'"25; le périanthe est cylindrique, d'un rouge brillant [Gardeners' Chronide, 19 mai). Gmelina hystrix. — Les huit espèces connues de ce genre de Verbénacée appartiennent à l'Asie orientale et au nord de l'Australie. On rencontre assez souvent en culture le Gmelina arborea, qui s'élève à 20 mètres de hauteur et le G. asiatica, qui n'est qu'un arbuste à petites feuilles. La nouvelle espèce G. hystrix a été introduite à Kew de Baroda, il y a deux ans. La plante a fleuri récemment dans la serre aux Nénuphars, conduite sur un treillis déve- loppant de nombreuses ramifications rappelant le port du Bougainvillea. Les feuilles sont elliptiques et les branches portent, dit le Gardeners' Chronide, de grandes fleurs tubulaires jaunes disposées en panicules terminaux; elles — 203 — ont 0'"05 de long, sont singulièrement enflées, ont trois petits lobes et un quatrième beaucoup plus grand en forme de labelle. Les grandes bractées ovales attirent aussi les regards et distinguent l'espèce de toutes les autres. Imhofla Duparquetiana. — Cette remarquable Amaryllidée qui croît dans l'Afrique équatoriale, au Kalahari, est décrite par le D'' Bâillon dans le Bulletin de la Société Linnéenne, de Paris. Nous extrayons de sa diagnose les renseignements suivants. Les feuilles sont loriformes, droites ou arquées, et atteignent 0^30 de longueur au moment de la floraison. Le pédoncule porte une vingtaine de fleurs blanches, avec une large côte carminée, qui atteignent 0'"05 de long. C'est une plante à grand effet. Napoleonaimperialis. — Cette espèce, dont il existe une variété à fleurs d'un beau bleu, une autre à fleurs pourpres, une autre à fleurs d'un jaune abricot, représente seule le genre Napoleona dédié au premier Bonaparte par Paliseau de Beauvois et la petite famille des Napoléonées, à moins qu'on ne l'annexe à celle des Myrtacées. Elle fut découverte dans l'Afrique occidentale. C'est un arbrisseau glabre, à feuilles alternes, coriaces, ovales lancéolées, entières, à nervures pennées. La fleur est solitaire, axillaire, de forme étrange, rappelant quelque peu une petite passiflore. Elle est d'un coloris crème pâle avec un anneau interne pourpre rosé. Bien que la plante soit de culture très facile, et qu'elle puisse être traitée comme les Ixora, elle est peu répandue. Ce n'est certes pas une nouveauté puisque son introduction remonte à plus d'un demi siècle, mais la plante mérite une place parmi les arbrisseaux de serre chaude. Aspidistra typica. — Le Bulletin de la Société Linnéenne de Paris donne la description de cette nouvelle espèce qui a fleuri récemment au Muséum d'histoire naturelle de Paris. La plante se distingue de \ Aspidistra elatior, dont elle a le port, par son périanthe constamment trimère de même que les autres verticilles floraux. La plante est décrite par M. Bâillon. D'après la Revue Horticole eWe est d'origine tonkinoise et aussi ornementale que VA. elatior. Le limbe des feuilles est asymétrique. Les fleurs, très nombreuses, ont des pédicelles courts et épais, leur coloris devient totalement d'un rouge terne et vineux. Les sépales et les pétales s'écartent bien les uns des autres, mais ne se réfléchissent pas comme ceux de 1'^. elatior. Nymphaea Laydekeri rosea. — Ce Nénuphar, probablement d'origine japonaise, est signalé par la Bévue Horticole comme une ravissante variété, relativement nouvelle et qui mérite de prendre place parmi les plantes aqua- tiques les plus séduisantes. Ses fleurs ne sont pas très grandes, mais elles sont d'un beau rose vif passant au rouge en vieillissant. Il ne demande pas plus de soins que les autres espèces rustiques du genre Nymphaea. Croton Carrierei. — Les fouilles de cette nouvelle forme sont oblongues — 204 ~ et analogues à celles du C. Veitchi, mais d'un vert olive foncé, avec la veine médiane et les veines latérales jaune d'or. Certificat de l'"^ classe au Palais de Cristal. Iris variegata Prince of Orange. — Très gracieuse forme à lames jaune d'or, à limbe orangé, maculé et marbré de rouge cramoisi et de rouge- sang. Certificat de mérite à Londres le 12 juin (MM. Barr, Covent Garden). Delphinium Alfred Henderson. — L'une des plus gracieuses variétés qui aient jamais été produites, d'après le Garden. Fleurs amples, disposées très symétriquement, d'un coloris bleu intense, avec le centre blanc crème. Certi- ficat de mérite à Londres le 12 juin (MM. Kelway). Spiraea bracteata. — Une floraison récente a permis d'étudier cette espèce qui doit être considérée comme synonyme de Spiraea nipponica et de S. rotundifolia fl. alho. Le nom spécifique fait allusion à la bractée foliacée qui accompagne les fleurs inférieures du corymbe. Cette bractée va successive- ment en diminuant et, sur les pédicelles du sommet, elle n'est plus qu'un minus- cule organe filiforme. Le feuillage d'un vert brillant et les pousses rouges qui contrastent avec les fleurs blanches font de la plante une des plus jolies espèces de Spiraea. Sanseviera Kirki. — Cette nouvelle espèce, originaire du Sud-Est de l'Afrique tropicale, y fut découverte par Sir John Kirk. Elle est figurée dans le Botanical Magazine du mois de juin 1894. Les feuilles, pointillées, sont disposées en touffes ; le pédoncule porte un capitule de fieurs blanches, munies d'un très long tube étroit s'ouvrant en un limbe avec six divisions étroites, réfléchies. Trochodendron aralioides. — Il s'agit d'un arbuste toujours vert, rustique, d'origine japonaise. Il reçut un certificat botanique à un des derniers meetings de la Société royale d'horticulture de Londres. Le D'" M. T. Masters en donne une description complète dans le n° du 9 juin du Gardeners' Chro- nicle. La plante croît dans les bois alpins et humides du Japon, les feuilles coriaces, épaisses, d'un beau vert sont disposées en groupe aux bouts des branches d'une façon toute particulière. Les fleurs sont vertes et réunies en bouquets aux extrémités des branches. Caraguata eonifera. — Cette espèce, originaire de l'Equateur, fut envoyée aux jardins de Kew par M. André. Elle est figurée dans le Botanical Magazine^ n° 7359. La plante a le port d'un Tillandsia; elle a les feuilles larges, entières et des fleurs disposées en épis terminaux compacts, entourées de bractées jaune écarlate, d'un bel effet, Em. R. — 205 — LES ORCHIDÉES EXOTIQUES ET LEUR CULTURE EN EUROPE!') par LUCIEN LINDEN Cet important ouvrage, dont la publication fut annoncée au commencement de l'année dernière, vient de voir le jour. Il comprend des notions générales sur la classification botanique des Orchidées, leur nomenclature, leur distri- bution géographique, leur habitat ; il donne une liste complète des genres avec clef dichotomique permettant, même aux amateurs novices, de se retrouver aisément parmi les différents groupes. Il renferme aussi un vocabulaire de la terminologie et met à la disposition des chercheurs un catalogue des princi- paux ouvrages concernant les Orchidées. Un chapitre est réservé à l'histoire des Orchidées, un autre à leur exportation. Vingt-six chapitres sont consacrés à la culture de ces plantes. Toutes les conditions réclamées par elles y sont l'objet d'une étude approfondie et marquée au coin d'une connaissance pratique complète. La température, le sphagnum, la terre fibreuse, le drainage, les récipients et les supports, les rempotages, arrosements, seringages, lavages, l'eau, le repos, les serres, leur construction et leur ombrage, l'aération, la propreté, le chauffage, les insectes et les maladies, la multiplication, l'hybri- dation, le traitement des Orchidées importées, tels sont quelques-uns des objets que M. Lucien Linden a traités de main de maître. Les descriptions des principales Orchidées cultivées dans les collections européennes ont été faites avec un soin particulier et plusieurs sont de véritables monographies. L'ouvrage de M. Linden contient, dans une forme précise et méthodique, tout ce que l'amateur ou le cultivateur d'Orchidées peut avoir de l'intérêt à connaître. Il est écrit dans un style simple et clair, et est appelé à rendre des services journaliers à ceux qui auront l'occasion de le consulter. Nous allions dire que c'est un dictionnaire traitant des Orchidées exotiques; mais il est mieux que cela, c'est un monument élevé par son auteur à cette famille de végétaux dont la conquête, la connaissance et la culture sont inscrites parmi les importantes découvertes du XIX® siècle. Non seulement cet ouvrage prendra une place distinguée dans les bibliothèques botaniques et horticoles, mais il marquera parmi les grands œuvres de notre époque. Ém. Rodigas. (') Un volume grand in-8°, de 1020 -xiv pages, avec 141 gravures. Bruxelles, rue Belliard, 100 ; Paris, Octave Doin, place de l'Odéon. Gand, impr. Eug. V^anuek Ha.eguen. Prix : broché, 25 francs. Richement relié, 30 francs. 206 ONCIDIUM KRAMERIANUM Diagnose des Oncidium : Sépales souvent presque égaux, étalés ou réfléchis, libres ou les latéraux plus ou moins soudés inférieureraent. Pétales semblables aux sépales dorsals ou rarement plus grands. Labelle attaché à la base du gynostème, dont il s'écarte à angle très ouvert, rétréci inférieurement en onglets courts, trilobés; lobes latéraux souvent courts, étalés ou réfléchis, le médian étalé, souvent très large et échancré au sommet de l'onglet, rarement étroit et entier; disque presque toujours muni, au sommet de l'onglet, de crêtes ou de gros tubercules. Gjnostème court, épais, sans pied, muni en avant et au moins à la hauteur du stigmate de deux larges ailes pétaloïdes. Anthères terminales, en forme d'opercule, très convexes, généralement uniloculaires, deux polhnies cireuses, obovoïdes, inappendiculées, reliées au rétinacle par un pédicelle plan, souvent étroit et allongé, mais parfois très court et large. Capsules générale